‹ L'administration des intendantsChapitre 42 sur 60 · AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE

faites pour vérifier s'il y a lieu ou non d'accorder l'autorisation demandée par divers particuliers de planter des terrains en vigne (1). Puis l'administration eut la sagesse de laisser tomber en désuétude cette restriction inintelligente à la liberté des cultures.

Nous signalerons enfin les mesures prises pour empêcher la multiplication exagérée des colombiers (2), et une prohibition locale et momentanée de la vaine pâture (3).

L'intendant était considéré par les populations comme le protecteur né des intérêts agricoles, les cultivateurs s'adressaient à lui dans toutes les affaires sérieuses ou non qui les préoccupaient. L'intendant est appelé par des requêtes à examiner^ avec son subdélégué, quels graves dangers peut présenter la fréquentation d'un abreuvoir par des oies (4), et si un propriétaire peut forcer un voisin à couper des noyers où se réfugient les liannetons qui dévastent le vignoble environnant (5).

(1) Archives de PAube, G. 895-1322-1450-1468 etc.

(2) Archives de TAube^ G. 295-448-1153.

(3) Archives de TAube, G. 1570.

(4) Archives de TAube, G. 645.

(5) Archives de TAube, G. 1269.

STATISTIQUE

Les travaux de statistique tiennent aujourd'hui dans les bureaux des préfectures et dans ceux des ministères une place considérable ; il en résulte une multitude de beaux tableaux dont tout l'honneur revient à de hauts fonctionnaires qui n'ont que la peine de les signer ; et souvent ni ces hauts fonctionnaires, ni les auteurs irresponsables ne se sont préoccupés de vérifier l'exactitude des renseignements qui ont fourni les éléments fondamentaux des calculs compliqués dont ils livrent au public le résultat. L'administration française n'est pas arrivée du premier coup à cette organisation savante.

La France du xvii* siècle n'avait guère d'autre statisr tique que les états de feux ou ménages qui servaient de base à l'assiette des impôts.^En multipliant le nombre des feux par cinq on trouvait le chiffre approximatif de la population (1). Au xvm' siècle, on voulut faire mieux : D'après l'ouvrage intitulé Statistique de la France, territoire et population, p. ix et 154, il aurait été fait en

(1) Coquelin et Guillaumin, Dictionnaire de l'économie politique, au mot Population, II, 406.

1762 un dénombrement individuel des habitants de toutes les Généralités. On a contesté la réalité de ce dénombrement dont les résultais seuls sont connus (1). Il est certain que nous n'en avons Irouvé aucune trace. Le premier dénombrement individuel de la population de la Champa'j^ne paraît avoir été commencé en 1787 et lînien 1788. Les syndics de chaque communauté devaient faire connaître le nombre d'hommes et de femmes mariés, de veuis et de veuves, de j^arç^'ons et de filles de leur paroisse. Les ré[)onses données par une partie d'entre eux subsistent encore et montrent ([ue le sens des mots garçon et tille échappait à la plupart de ces respectables fonctionnaires. Dans la seconde moitié du xvm* siècle on ne se contentait pas de renseignements sur la population. Nous voyons l'intendant de Champagne faire dresser par ses subdélégués des étals des fbrèls, des houillières (2), des forges, des manufactures de toute sorle, des métiers, des récoltes, des défrichements, du vin, des denrées (3). Toutefois, le recensement de la population est la partie la plus intéressante de ces travaux de slalistique ; c'est ce qui nous décide à terminer ce chapitre par deux tableaux qui concernent la population de rWection de Troyes. L'un remonte au xvii'' siècle, il est extrait du manuscrit de la Hil)liothè{pie nationale côté 500 de Golbert 273 ; l'autre est de 1787 et fait partie de la liasse C. 1171 des Archives de l'Aube.

(1) Dictionnaire dr l'rrono)/nf ijolitiquc, au moi liecenscment, H. 40G.

(2) Archives de TAube, G. 300.

f3) Archives de l'Aube, C. 1171, 1175.

STATISTIQUE

COMMONAUTÉS

NOMBBB

DES FEUX

en 1685

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