Ibid.. p
2. La restitution de ce nom dans le texte de Palaios ^append.» col. I, 1. 22) me parait sûre. Il ne reste que la première et la troisième lettre, et comme cette partie de la pierre est particulièrement illisible, on pourrait admettre que j'ai confondu H avec II et restituer *H[p]a[^ioul , conformément à la rèjcle du IV* siècle. Mais dans la colonne II du môme texte, à la hauteur de la lijcnc 14 de la col. I, après le début certain 7;p[iv^; TtuXai]»;, le frraveur a inscrit un nom de mois que j'ai dû relireà plusieurs reprises: il est tout àfait inattendu en cet endroit c'est Bo[a]6o[ou] sans aucun doute possible. Il y a donc eu ici une confusion qui d'ailleurs n'a pas été corrij^écet cette confusion n'a pu se produire que parce que le résumé de la première session de l'archontat portait au début le nom de ce mois. ^ ^
144 LES AMPHICTYONS
compte de Palaios : elle se tint exceptionnellement un mois plus tôt que d'habitude *. On pourrait tenter de l'expliquer. La réforme de l'administration financière fournirait sans doute une raison vraisemblable. Mais les considérants du décret qui institue les trésoriers ont disparu, la base solide manque pour toute hypothèse. Au contraire, Tenchaînement des faits certains ne peut être accepté que parce que la session d'automne 339 a été avancée de quelques semaines. Philippe n'y assistait pas; il fut prévenu de la décision qui le nommait général, partit avec son armée, traversa la Thessalie, prit Nikaea et s'établit à Elatée ; l'envoi de Démosthène à Thèbes, les débats et Talliance conclue, tous ces événements se placent dans les derniers mois de l'année, avant les premiers engagements de la campagne dont l'un est appelé par Démosthène la ^stfxsptvtj \t.(r/y]. Si la pylée n'avait commencé, selon Tusage, qu'en Heraios, les deux limites entre lesquelles se trouvent forcément groupés tant de faits seraient trop rapprochées.
Une vingtaine de listes, — quelques-unes très mutilées, mais sept à^peu près intactes — , nous ont fait enfin connaître l'amphictyonie telle qu'elle était constituée sous les règnes de Philippe et d'Alexandre^. C'est encore un point que les textes financiers ont fixé avec précision.
1. Je n'oublie pas qu'Kschine cite (III, 126j les termes exprès du décret que Démosthène lit passer dans l'assemblée à Athènes, quelques semaines après la session de printemps 339 : lôv UpoavrfjjLOva xal toÙ; TZ'jXayjpou^ izopvjiiOa.i eî; nûXa; xal êi; AeXçoùç ev toÎç TEiaYfxevoi: /^povoi; 0;:6 tcov rpoyovwv. Ce texte semble prouver deux choses : d'abord que, malgré ce qui a été dit plus haut, la session semestrielle des Pyles avait lieu nvnni celle de Delphes; en second lieu, que la session d'automne 339 doit être rapportée à la date traditionnelle, au mois Ileraios et non Boathoos. Je crois qu'en fait il ne prouve ni l'une ni l'autre. Démosthène vise directement la réunion extraordinaire des Pvles à laquelle il ne voulait pas qu'Athènes fût représentée : ce qu'il dit sous forme positive : on ira au moment traditionnel, doit être entendu comme prohibition et sous forme néj^ative : on n'ira pas à une autre époïjue. Au moment où il lit voter ce décret, il ne pouvait pas prévoir que, pour une raison quelconque, la date » lixée par les ancêtres •> serait avancée. Quant à l'ordre £Î; OjXxç (ou IluXa^av, liCH, XXIV, 139! xai eî; AeXçouç, il est habituel dans cette formule et rappelle l'amphictyonie plus ancienne des Thermopyles.
2. Le tableau d'ensemble pour les listes amphictyoniques du règne d'Alexandre est dressé liCII, XXIV. p. i9<>-i97 ; il faut y ajouter la liste de Theolytos ^printemps?^ i7)i(/.. XXV. p. 112-113.1. il i«. Cette liste a montré que la combinaison proposée XXIV. p. îkk. pour le nom de l'Achécn Xenopeithes était juste. — Pour le règne de Philippe, il n'y a pas de tableau d'ensemble : les li»les. de rarch^)njtat de Cleon se trouvent HCH, XXI. p. 322,
COMPOSITION bu COLLÈGE 145
La composition de ces listes est toujours la même ; et, sauf une exception sur laquelle on reviendra, l'ordre dans lequel sont énumérés les dix peuples, la cité et le roi représentés est aussi constant :
Thessaliens 2 Béotiens 2
de Philippe ou d'Alexandre 2 . . ( hypocncmidien 1 > o
Delphiens 2 Locriens ^ ^g^péricn 1 \ '
^ . ( de la Métropole i ) a Achéens 2
( du Péloponnèse i ) Magnètes 2
. . ( d'Athènes 1 ) « iEnianes 2
Ioniens ^ ^.^^^^^ ^ p , ^^ Lamia 1 ) ,
Perrhèbes-Dolopes 2 ^^^^^^^^ ^ d'Héraclée 1 ) "
Total : "iT
On Ta déjà vu (ch. iv, § 1), c'est sur cette liste qu'a été calquée exactement celle des trésoriers.
Des irrégularités dans la rédaction ou dans la transcription des listes ne peuvent permettre de révoquer en doute ce classement. Il est absolu pour la première partie de ce que Ton peut appeler la période macédonienne dans l'histoire de l'amphictyonie, c'est-à-dire de 346 à 328. Sous Gharixenos-printemps, dans le compte sur le fonds de dépôt, le graveur a oublié d'inscrire l'ethnique AsX^wv à sa place habituelle, après les noms des deux représentants d'Alexandre : il s'est aperçu de son omission assez tôt pour la réparer, en ajoutant cet ethnique au nominatif, après les noms des deux hiéromnémons qui représentaient Delphes ^ Tantôt on mentionne après le nom de l'amphictyon celui de sa ville, tantôt on ne le mentionne pas ; quelquefois enfin l'ethnique précède le nom du personnage ^.
col. I ; celles de Chairolas, XX VI, p. 27-29 ; celles de Peithagoras XXI, p. 322, col. II, et XXVI, p. 6 ; celles d'Aristonymos, ibid., p. 7 et 8 ; les misérables débris qui restent pour celles de Palaios, à rappend.,ct pour une session sous Damochares, XXI, p. 492.
1. BC^, XX, p 206-207, l. Sl-i9. — Les deux fragments raccordés et publiés BCH, XXIV, p. 490-1, ont donné la preuve matérielle que la composition de rassemblée amphictyonique était bien celle qui avait été donnée d'abord (XX, p. 241). M. Keil (fermes, XXXlI,p.339 et suiv.) suivi par M. Dittenbcrger (5i/(^,140, n. 93)et par A.Mommsen {Philologus, 1901, p. il), avaient soutenu au contraire qu'Alexandre fut représenté par quatre hiéromnémons, tous Delphiens. Avant de connaître le témoignage décisif M. Pomtow {Neue JsLhrb. 1897. p. 7i4 suiv., p. 759 suiv.) et M. Baunack (D/, 2502, p. 666) avaient accepte le véritable classement.
2. P. ex. 'ApYÊiO'j Aeivojj.£veo;, BCH, XXI. p. 322, I, 1. 26.
146 LES AMPincrvoNs
Il est impossible de dire s'il y avait un ordre fixe, dans lequel devaient se suivre les deux représentants d'un peuple ayant deux voix ou de deux peuples qui en avaient chacun une : tantôt le Perrhèbe précède le Dolope, le Lamien THéracléote, le Dorien de la Métropole celui du Péloponnèse ; tantôt c'est Tordre inverse. On avait pu croire, dans certains cas du moins, à une règle assez sûrement établie : ainsi l'Athénien est en général placé avant TEubéen, et le Locrien d'Oponte avant celui dWmphissa ; mais les exceptions sont assez nombreuses pour que Ton n'ait pas le droit d'affirmer qu'un usage a été prédominant.
Sans insister davantage sur cette variété dans le détail des listes, il faut revenir à la suite des ^riXetç — c'est le terme propre du décret qui institue les trésoriers — représentées à l'amphictyonie. A deux époques très différentes, au iv* siècle et au II", c'est-à-dire avant et après la période étolienne, la composition de l'assemblée fédérale a été exactement la même K L'unique différence tient aux vicissitudes des deux mêmes suffrages qui, selon le moment, ont appartenu aux Phocidiens ou au roi de Macédoine ^.
C'est la meilleure preuve que l'assertion formelle de Diodore 3 était bien empruntée au ^zy\kx amphictyonique de 346. Il faut donc s'en tenir là, et ne pas supposer que Philippe a reçu une voix enlevée aux Perrhèbes et une voix enlevée aux Dolopes, tandis que les deux voix des Phocidiens avaient été données aux Delphiens.
Le fait que la liste amphictyonique est établie pour ce
1. Cf. les listes des textes financiers avec celle de rarchontat de Praxias (Fuucarl, BCH, VII, p. 427; Pomtow, iVeiie Jahrb, 1891, p. 663 : il n'y manque ([uc le Dorien du Péloponnèse] et celle d'après 146 (Wescher, Afon./ïiî. p. 56, Pomtow, ihid.^ p. 671). M. Pomtow avait justement pensé, avant que la liste de Chari.xenos fût venue lui en donner la preuve, que la liste de 178 donnait l'idée la plus exacte de ce qu'avait été le conseil fédéral après 346. Il faut ajouter maintenant, sur les listes d'après 146, les remarques de M. Colin, BCH, XXVII, p. 128-129.
2. Les deux voix qui étaient primitivement celles des Phocidiens. attribuées au roi de Macédoine en 3i6, rendues aux Phocidiens après 279, ont été de n«»uvcau données au roi de Macédoine : Persée en 178 envoie deux représentants. Après 169, les Phocidiens recouvrèrent délînitivement leurs deux sulTrafres.
3. XVI, 60 : aeTaoojvai <]>'.Àt::7:(;) xa» toi; àzoyovoiç «Oto'j t^ç àjxyixTuovtaç. Pausanias (X, 3, 3) est moins exact : May.sooatv peut induire en erreur, c'est le roi de Macédoine qui était personnellement représenté à l'amphictyonie : Tcapà <t>i).i::::ou, Tiapà J^a^iXéco; 'AXe^âvSpou et, plus tard, Tzoïpk ^aatXécoç Ilcpaéaiç.