RÔLE DES THESSALIENS
semble bien que la liste de Cleon-automne est la première qui ait été gravée entière depuis la paix ^
Il reste donc seulement vraisemblable que les Delphiens soient entrés à l'amphictyonie en même temps que le roi de Macédoine recevait les deux voix enlevées aux Phocidiens.
Aux Thessaliens appartient la présidence de l'assemblée amphictyonique : les textes des orateurs contemporains, des lexicographes et des scoliastes sont confirmés en ce point par les inscriptions. Ds y sont toujours nommés en tête du conseil. Tant que Delphes avait été occupée par les Phocidiens, on a vu qu'aucun habitant de Larisa, de Pharsale, de Crannon ou de Gyrton n avait siégé même au collège des naopes. La ruine et l'expulsion des sacrilèges permit aux Thessaliens de reprendre leur ancienne place. De même qu'en 363 Andronicos comme hiéromnémon thessalièn ^ a la responsabilité des poursuites engagées contre Astycrates et les dix personnages qui furent exilés avec lui, de même Cottyphos met les propositions aux voix quand on décide la guerre contre Amphissa. Il est nécessaire de rappeler l'autorité des hiéromnémons comme garantie, dans des textes financiers, mais on juge inutile de répéter la suite des vingt-quatre noms : ceux des deux Thessaliens suffisent à représenter tout le conseil : l£po[Jt.va[jt.ove6vT(i)v tcoijl {xsTa Kottu^ou xai KoXo- 9i(jilxou. La formule revient souvent, et par exemple dans le compte de Palaios, même à la session de printemps, c'est-àdire à un moment où déjà Daochos et Thrasydaos ont remplacé Cottyphos et Colosimnos comme représentants de la Thessalie au conseil amphictyonique. C'est que l'on tient à rappeler le rôle qu'a joué dans la création des trésoriers le collège qui siégeait six mois plus tôt.
On a eu raison de faire ressortir que ces hiéromnémons thessaliens avaient été dans leur patrie des hommes puissants
1. Du moins on est sûr que c est la première dans la série des acquits de l'amende phocidienne : au-dessus de cette liste, ce n est pas celle de 346 qui avait été recopiée dans la partie du texte qui manque, cf. BCH^ XXI, p. 328.
2. /G, II, 54. Le décret est de Bocdromion (:=Boathoo8) 363. Comme la session d'automne est à cette époque du mois Heraios, larrét de bannissement n'a pas été pris à Delphes, comme le croit M. Pomtow (Pauly-Wissova, Delphoij p. 97 du tirage à part), à la session d'automne, mais à la session de printemps 363.
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et considérables : la série des statues que Daochos fit dresser à Pharsale en T honneur de ses ancêtres et pour sa propre gloire suffit à Tattester. Les copies de ces statues furent consacrées à Delphes ; c'est comme la preuve matérielle que d'autre part, le fait de siéger au conseil amphictvonique assurait, en Thessalie comme ailleurs sans doute, un grand honneur. En 361, lors de l'alliance conclue entre les Thessaliens et Athènes, les hiéromnémons appelés à jurer le traité en même temps que l'archonte, les polémarques, xal ol aXXct ap^ovTsç bizbfjoi uiràp toîj xcivcj toj ©sjjaXûv ap^rouaiv ^ sont bien, comme on l'a reconnu ^, ceux de l'amphictyonie delphique. Mais nos textes ont fait connaître tout un ensemble de détails qui jettent un jour nouveau sur les rapports de Delphes et de la Thessalie.
C'est d'abord ce fait singulier que, quelques années après que leur rôle amphictyonique est fini, nous retrouvons Cottyphos et Colosimmos locataires à Delphes ^ l'un d'une maison, l'autre d'une terre. C'est encore et surtout l'importance que prend et que garde pendant de longues années ^ l'autre sanctuaire fédéral. Nous savions que les hiéromnémons faisaient un sacrifice aux Pyles, à chaque session semestrielle ; mais les comptes nous ont appris les grands travaux qu'ils y ont fait exécuter. La revision des frontières, pour ce second domaine amphictyonique, précéda celle qui fut faite à Delphes, et quand le conseil fédéral décida en 338 la frappe d'une monnaie nouvelle qui fût vraiment sienne, 'ApL^ixTiivwv, c'est le profil de Demeter Pylaea qui en a été l'effigie principale. Notons encore qu'aux Thermopyles on date par le calendrier thessalien , et que les entrepreneurs auxquels les grands travaux ont été confiés sont presque tous des Grecs du nord. L'auteur du péan à Dionysos où le temple de Delphes est chanté comme le symbole de l'union panhellénique , idée chère aux amis de la Macédoine, est un Locrien hypocnémidien, de Scarphée '\
De tous ces faits il résulte que les liens anciens, dont la