RÔLE DES THESSALIENS
persistance est attestée par le septerion et la fuite jusqu'à Tempe, par la dédicace thessalienne à Aploun Leschaios, par la théorie annuelle au tombeau de Neoptolème, par les tages et les ^xpi'OLi des Labyades, ont été resserrés au iv® siècle d'une manière plus étroite que jamais. Ils Tont été d'abord au profit du plus ancien des deux sanctuaires fédéraux qui, au cours de l'histoire, était passé au second rang ; ils l'ont été surtout au profit de l'homme dont les hiéromnémons thessaliens s'étaient faits les agents, de Philippe.
Je crois qu'il faut distinguer avec soin la présidence du conseil amphictyonique et la présidence des Pythia. C'est cette dernière que Ton a donnée au roi de Macédoine en 346 en même temps que les deux suffrages dont on privait les Phocidiens. On a enlevé aux Thessaliens, pour une occasion exceptionnelle, Tagonothésie qui était aussi un de leursanciens privilèges : c'est comme tage thessalien que Jason de Phères voulait présider les Pythia de 370. Mais il est sûr que l'on n'a pas substitué à leurs représentants un autre président de l'assemblée fédérale. La politique de Philippe ne s'est pas imposée ainsi : c'est à la faveur de « l'ombre qui était à Delphes » qu'il s'est introduit en Grèce, il s'est donc servi du conseil amphictyonique, mais sans brusquerie. Il a su mettre au service de ses intérêts politiques l'autorité de ce concile, toujours respecté, bien que ses sentences ne fussent pas toujours exécutées, et dont le sanctuaire panhellénique rehaussait encore le prestige. Bien plus encore que les deux délégués qui le représentaient personnellement, les hiéromnémons thessaliens ont fait à Delphes les affaires de Philippe.
Dans la création des trésoriers, Daochos et Thrasydaos ont peut-être obéi aux instructions du roi, mais le rôle de Cottyphos dans la guerre d'Amphissa apparaît bien plus nettement. La présence, au printemps de 327, d'un seul hiéromnémon thessalien, Kyrsilos de Phères, n'est probablement pas sans corrélation avec le fait qu'Alexandre n'est représenté h cette même session ni parmi les amphictyons, ni parmi les naopes.
Ce dévouement au roi de Macédoine semble être l'une des raisons pour lesquelles les hiéromnémons thessaliens restaient plusieurs années de suite en fonctions. Cottyphos et Colosimos ont siégé à Delphes depuis l'automne de 34G jusqu'à l'au-
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tomne de 339 ; Daochos et Thrasydaos, du printemps de 338 jusqu'en 335 sans doute ; Politas et Nicasippos, de 335 à 328. Leurs noms ont permis de déterminer dans les listes de hiéromnémons plusieurs groupes, à Tintérieur desquels on a ensuite essayé de les classer chronologiquement*.
Cette durée de leurs fonctions n*étonne que parce qu'on s'était habitué à considérer comme uniforme Tordre de succession pour les amphictyons des divers peuples. Or il est certain qu'il n'y a pas eu au iv® siècle une règle suivie par tous. Les uns, comme les Delphiens, les Doriens, les Ioniens et les Béotiens, semblent bien avoir renouvelé leurs hiéromnémons tous les ans. Comme chaque TzbXiq se conformait à son calendrier qui n'était pas toujours celui de Delphes, il est plus exact de dire que ces peuples n'ont pas laissé leurs représentants en charge plus de deux sessions de suite. Donc le même amphictyon Athénien, les mêmes Delphiens, le même Dorien de la Métropole assistent aux deux sessions d'un archontat delphique ; tandis que le Dorien du Péloponnèse, r Ionien d'Eubée et les deux Béotiens assistent à la session de printemps d'un archontat et à la session d'automne de larchontat suivant. A l'époque de Philippe, au moins pendant quelques années, les Locriens ont aussi suivi cette habitude. Mais il y a eu des irrégularités. La plus étonnante est la présence à Delphes d'un hiéromnémon athénien pendant deux ans. Ce fait qu'on avait eu tant de peine à accepter et qu'on avait eu raison enfin de ne pas admettre pour Diognetos '^, l'amphictyon dont parle Eschine, est aujourd'hui démontré : Apemantos a siégé exceptionnellement sous Theolytos et sous Caphis 'K On a vu de même un Delphien, Damon, représenter sa ville sous les deux archontats successifs de Cleon et de Chairolas '».
11 ne semble pas que, pour les autres peuples, aucune règle ait existé. Les mêmes TrdXsiç, à quelques années de distance, agissent de deux manières tout à fait différentes : sous Philippe, les Maliens changent de représentants à chaque session : sous Alexandre, ils gardent les mêmes plusieurs années de suite. Philippe, surtout au début, tenait à renouveler le plus