Ibid., p. 36, 1. 12et 13 ; cf. ibid., p. 38 et
36 NATLHE ET OKlGlNE DES FONDS EMPLOYÉS
constituée, avec le produit des souscriptions, en fonds de dépôt au nom des naopes. Or, la dix-huitième session de leur ère, sous Argilios-automne ^ ce fonds montait à plus de vingt talents. Mais, avant ce moment même, les naopes avaient déjà commencé à opérer des retraits : la preuve en est fournie par les premiers mots du compte conserv<^ : Xoi::i 7pr|{i.aTa toïç vaozotoïç. C'est donc quelques sessions plus tôt que le fonds de dépôt avait été créé. En outre, il ne s accroissait pas, puisque les dons des fidèles étaient versés dans une autre caisse. On peut donc conjecturer que, vers la quinzième pylée par exemple, les naopes avaient disposé d'un fonds de dépôt qui dépassait vingt-cinq talents et s'élevait peut-être jusqu'à trente. Ce calcul détourné nous ramène d'une manière assez vraisemblable au chiffre de deux talents par session.
Essayons d'évaluer ce qu'ont rapporté au trésor sacré les souscriptions et collectes des fidèles. Elles s étendent sur soixante-cinq ans environ, de 370 à 305, et peut-être davantage. Ecartons cinq années où la guerre sacrée, devenue une guerre générale, a sûrement empêché les naopes de se réunir à Delphes et où les contributions n'ont donc pas été perçues. Admettons même, malgré l'indication fournie par le texte de Megacles, qu'elles aient été, quand l'œuvre approchait du terme, moins fructueuses. Avec toutes ces réductions, je crois que deux cents talents ne paraîtront pas un total exagéré pour le temps dont j'ai marqué les limites. Encore une fois, je sais tout ce qu'a d'incertain un calcul de moyenne avec des données si insuffisantes : celui-là du moins ne parait pas inacceptable.
Même si l'on admettait que ce chiffre a été souvent dépassé, il faudrait se rappeler que vers 330, à ladateoù le gros œuvre du temple a été sans doute achevé, un peu plus seulement de la moitié de cette somme avait pu y être employé. Ajouté au revenu ordinaire des fermages, ce premier revenu extraordinaire des souscriptions n'aurait donc permis de reconstruire l'édifice qu'en un temps très long. 11 y eût fallu plus d'un siècle, sans parler de la décoration intérieure. Heureusement, peut-on dire en ce sens, les Phocidiens pillèrent Delphes. Certes la perte des œuvres d'art qu'ils envoyèrent à la fonte fut irréparable, et Ton eut le droit de regretter tant de statues,