‹ L'administration financière du sanctuaire pythique au IVe siècle avant J.-CChapitre 40 sur 138 · I. Dém. XXIV · texte numérisé non relu

I. Dém. XXIV

LE œNSElL ET LES REVENUS 53

si Ton jugeait Thypothèse plausible, il faudrait admettre que la mesure n'était valable qu'une fois ratifiée à la pylée suivante par les hiéromnémons. Et encore le conseil ne devaitil intervenir que dans des cas peu graves et déjà fixés par des précédents.

La conclusion serait donc, pour l'entrée des revenus sacrés, que le conseil n'a que le droit de les contrôler, tandis que* sa commission des finances les reçoit et les encaisse. Mais tandis que ces attributions des prytanes sont assez visibles, on distingue moins bien celles du conseil. Elles ne se traduisent {>as pour nous en faits palpables et nous serions tentés d'y voir une autorité morale qui avait peu d'occasions de s'exercer.

Il est pourtant un fait dont j'ai déjà indiqué la portée ^ et auquel on peut ici, me semble-t-il, donner tout son sens.

On se rappelle les textes d'Elatée où sont gravés les reçus de quelques versements faits par les Phocidiens sur leur amende. Dans tous, sauf un^, les prytanes sont nommés, comme à Delphes pour les 2®, 4®, 5«, H^ et 18® versements, etlesbouleutes n'apparaissent pas une seule fois à Delphes. Ils apparaissent au contraire à Elatée, mais une seule fois. Le texte qui présente cette différence essentielle d'avec tous les autres, est celui qui est daté par Tarchontat d'Eribas, c'est-à-dire l'acquit du vingt-deuxième versement. Si l'on ne peut pas affirmer que les prytanes n'y figuraient pas, puisque la partie supérieure de la stèle est brisée, on est sûr du moins que les quatre premiers bouleutes du semestre, pour la première fois, y étaient énumérés. Si, comme je le crois, les concessions antérieures pouvaient faire prévoir un allégement plus grand encore des conditions imposées aux Phocidiens, si donc le vingt-deuxièmeversementestle dernier, les choses s'expliquent d^elles-mémes.

Tant qu'il ne s'agissait que de percevoir une somme régulièrement fixée, les prytanes assistaient avec les trésoriers à la rentrée du revenu. Quand ce fut pour la dernière fois que les Phocidiens apportèrent leurs dix talents annuels, il fallut sans auciui doute un acte du conseil représentant la cité pour enregistrer la mesure nouvelle prise en faveur des condamnés de 346 et lui donner le caractère officiel.

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