LES COLLÈGES INTERNATIONAUX
LES NAOPES.
Les rouages internationaux. — 1. Début du collège des naopes ; composition. = — 2. Organisation, présidents et £;;t}xr[vio; ; naopes delphiens. — 3. Périodes dans l'histoiiv du collège. Ses entrées de caisse et sa comptabilité. — 4. Dépenses : devis et contrats, adjudications; travaux du temple. — 5. Destinées ultérieures du collège.
Le collège que Ton vient de voir en activité était delphien. On n'a pourtant à peu près rien pu saisir de son rôle qui eût rapport à la cité dont il était le conseil. Bouleutes et prytanes sont sans doute les représentants d'une ville déterminée, mais nous les apercevons surtout en tant qu'ils font partie d'un ensemble administratif à la fois local et panhellénique. Si le rouage delphique y est indispensable, on n'a pas à s étonner ï^e les rouages internationaux, dans les conditions qu'a traversées le sanctuaire au iv® siècle, aient été les plus nombreux et les plus importants.
Internationales sont les ressources que cette administration v» manier : Delphes cette fois, à part quelques offrandes individuelles, n'a en rien contribué à la réédiiîcation de son lennple. International est aussi le collège suprême qui gère les nnances au nom du Dieu auquel elles appartiennent. L'emploi "6 ces fonds panhelléniques ne peut être confié aux seuls l^elphiens. De plus, l'amphictyonie trouve, à se faire aider P^ï* d'autres collèges internationaux, un avantage certain : elle s assure le concours des hommes les plus compétents en matière financière, que les villes unies par le lien fédéral lui enveppQQ^^ Et enfin les circonstances politiques soumettent l'ad- ^'ûistration du sanctuaire ii des influences du dehors, certains ^s le feront voir assez nettement dans la suite. *-• ^ffet de ces causes multiples a été l'organisation dont on va re 1 exposé. L'établissement du compromis amphiciyonique, la ^*^Ppe de la monnaie neuve et les tentatives pour abandonner
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les formes du dialecte dans les textes financiers et se rapprocher de Tattique prouvent peut-être les efîorts que l'on a faits en vue de donner k cette organisation un caractère international. Ceux-là n'ont pas tous réussi, tandis que l'habitude d'écrire les chiffres en toutes lettres a enlevé dès l'origine à la comptabilité du \\^ siècle le caractère particulier et restreint que lui aurait donné l'emploi d'un alphabet de numération local.
On a entrevu les collèges internationaux au moment où les revenus arrivaient à Delphes. On va les voir plus nettement dans l'emploi de ces fonds à des œuvres précises, en premier lieu la reconstruction du temple. C'est en effet la dépense la plus considérable que les amphictyons aient eu à ordonner, les trésoriers à contrôler, les naopes à payer. Mais les trésoriers n'ont apparu que dans la dernière période de la construction; d'un autre côté, l'autorité de l'amphictyonie, qui s'étend à toutes les opérations financières, sera mieux comprise quand Texposé de l'administration, une fois terminé, pourra être embrassé dun coup d'oeil. Le complément nécessaire de cet ensemble sera alors l'étude du conseil souverain qui avait l'initiative toute-puissante.
Il faut donc commencer par les naopes l'énumération des collèges internationaux.
Deux séries de textes, qui se rapportent toutes deux k l'administration des naopes, ont conservé quelques indications chronologiques qui permettent de remonter jusqu'à l'origine du collège et d'en marquer la date avec vraisemblance. Ce sont d'abord les souscriptions recueillies dans tout le monde grec pour la reconstruction du temple. On ne se bornait pas à dater les listes par le nom de l'archonte et l'indication de la session, automne ou printemps; on attribua de plus k celles-ci, dans les débuts de la série tout au moins, un numéro d'ordre. Nous avons gardé ainsi la mention de la treizième, de la quatorzième et de la dix-huitième pylée ^ En second lieu, de la comptabilité que le collège tenait pour lui et où il énu-
1. fîC//, XXVII, p. 13; 1,1. 2-3; p. 14, II, 1. 33-34; p. 22, III, 1. 24.
FONDATION bU CiJLLKGK G7
mérait ses dépenses, il est resté quelques fragments. L'un d'eux est daté de la trente-cinquième pylée *, et cette mention se rapporte bien à la même série chronologique que les précédentes. L'ère des naopes- en marque le point de départ commun. Il peut subsister un doute sur la date de la trentecinquième session : le nom de Tarchonte sous lequel elle a été tenue n'est pas absolument certain. On est sûr au contraire que la treizième a eu lieu au printemps sous ^schylos ; or cet archontata été fixé, grâce à la liste des souscriptions recueillies cette année même, à 36i-3^. En remontant à la première pylée, on voit qu'elle date du printemps 369. Donc, quatre ans après la catastrophe qui avait détruit le temple '*, le collège international qui devait le reconstruire entrait en fonctions.
Je n oserais pas affirmer que nous possédons un morceau du décretamphictyonique qui institua les naopes. Le fragment que je transcris en note^ est trop incomplet et les lignes en étaient