Ces catalojnies sont publiés liCH, XXVII, p. Jl
2. Les listes incoinplèies sont données par le eomple sur le fonds de déjxM BCH, XX, p. 198-202; cf. le commentaire, p. 2:U et sniv.
3. Us sont 13 sur 36 sous Damoxenos, 22 sur i3 sous Capliis. 20 sur 3W sous Theon.
70 LES NAOPES
et deux ou trois Béotiens. Le cas des Phocidiens, on pouvait s y attendre, est inverse : à partir de la paix, ils disparaissent du collège comme de Tamphictyonie.
Les Athéniens ont eu, d'une manière suivie, deux ou trois représentants; les Locriens, de l'Est et de l'Ouest, ont varié de un à quatre.
Il n'est pas nécessaire d'insister davantage sur ces disproportions numériques. Un fait apparaît dès à présent comme sûr. On eût pu conjecturer que les villes où Ton travaillait surtout pour le temple, d'où l'on tirait les matériaux bruts, d'où l'on apportait les morceaux d'architecture, devaient être représentées au collège des naopes par un plus grand nombre de voix. Ce n'est pas à cette utilité toute pratique que Ton a pensé. Les carrières n'étaient pas en Thessalie, ni les entrepreneurs à Sparte; Corinthe qui a fourni le tuf, Athènes d'où venaient tant de constructeurs et aussi quelques fournitures, n'ont pas l'importance à laquelle elles semblaient avoir droit. Je ne mets pas en doute la compétence financière des personnages qui ont composé le collège, mais on accordera sans peine que leur nationalité surtout a été prise en considération par l'amphictyonie.
C'est que, fondé tout récemment et ne pouvant encore avoir cette longue tradition que l'on était, sauf en des cas très graves, obligé de respecter au conseil amphictyonique, le collège des naopes subissait plus directement les influences qui ont dominé à Delphes pendant le iv** siècle ; son histoire reflète assez exactement les vicissitudes de l'histoire générale. S'il n'y a ni Thessaliens ni Thébains h l'époque de la guerre sacrée, c'est que ce sont précisément les ennemis les plus acharnés contre lesquels les Phocidiens maîtres de Delphes aient eu à lutter.
Après 346 il n'y a plus de Phocidiens au collège des naopes. Les Macédoniens au contraire y entrent, en même temps qu'au conseil amphictyonique, mais tandis que les deux hiéromnénons zapi i^ùdT.Tzzj sont les représentants personnels du roi, le naope macédonien (il n'y en a eu deux que sous Charixenos et Caphis) garde son ethnique.
A l'automne de 339, quandla guerre sacrée contre Amphissa est déclarée, il serait surprenant qu'un Locrien Hespérien *
1. Diodes, f. d'ApsopIios, Aoxco; 'KaTripio:. Voir la lisle à rappciiclicc : compte lie rarchoiilul de Palaios. col. I. I. 06-78. Celle lislo est intércssanle
influf:>xe des événements extérieurs 71
figurât parmi les naopes, si en dehors des Âmphisséens la Locride de TOuest n'avait pu être représentée par un habitant d'une autre ville moins importante. A la même session, le trésorier qui a été envoyé par ce même peuple n'était naturellement pas d'Amphissa, c'était un MsjŒaTCtcç.
L'année de Chéronée *, les comptes de Damochares donnent la preuve que l'habileté de Philippe après la victoire eut un plein succès. Il avait traité les deux vaincues, Athènes et Thèbes, de façon fort différente. Thèbes était amoindrie et menacée: aussi, des trois naopes béotiens, n'y en a-t-il aucun de Thèbes, tandis qu'ils étaient tous trois Thébains sous Damoxenos : encore sous Palaios, le seul naope béotien était de Thèbes, mais c'est le dernier que Ton rencontre au iv® siècle : les autres seront de Tanagra, deThespieset de Platées. Thèbes est détruite deux ans après Chéronée, et quand trois naopes thébains sont de nouveau inscrits à la fois dans le catalogue chronologique, c'est que non seulement elle a été reconstruite mais Demetrios lui a rendu la liberté -. Athènes au contraire gagna à sa défaite la possession d'Oropos : le roi de Macédoine avait su diviser ses deux ennemies après les avoir battues et il y aura toujours, après comme avant, deux ou trois Athéniens au collège des naopes.
En résumé les événements politiques ont sur la composition du collège un contre-coup immédiat. Il faut donc faire ici au conseil amphictyonique une part très large -^ et admettre qu'il a eu, sur la manière dont le collège fut composé aux différents moments de son histoire, une grande influence. C'est cette part dont il faut à présent marquer les limites.
M. Dittenberger n'en accepte aucune. Voici ses deux arguments: si les naopes avaient été désignés par leurs cités respec-
pour l'histoire de radmiuisfration financière elle-même autant qu'au puinl de vue où nous étudions maintenant la suite du eoUèjçe. On la retrouvera en arrivant à la création des trésoriers.