‹ L'administration financière du sanctuaire pythique au IVe siècle avant J.-CChapitre 61 sur 138 · ne II, XXIV. p. îtii. I. v.K · texte numérisé non relu

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LES NAOPES DELPIUENS 81

mais rien ne rend compte de celle que nous constatons en 335. Il n'a pas assisté à la session de printemps de cette année, pour une cause que nous ignorons, mais il est probable qu'il était toujours naope. Comme Ety mondas fait partie du collège à ce moment, les attributions de Tancien vaoTuciéwv ont dû être partagées entre deux Delphiens ou sous Tarchonte de 337-6 ou à l'automne sous Dion.

Quelle que soit d ailleurs la date à laquelle eut lieu cette modification, qu'on la fasse remonter jusqu'en 337 ou descendre aussi près que possible de 331 , l'administration du sanctuaire a pensé assez tard à dédoubler les fonctions du naope delphien. Les travaux du temple étaient fort avancés, le gros œuvre allait être terminé, puisqu'en 328 on rouvrit Tancien compte sur le fonds de dépôt et que les retraits cette fois étaient destinés à Tentretien. On n'eut donc pas pour but de diviser les charges d'une responsabilité qui eut été trop lourde pour un seul: il est possible que Delphes ait obtenu deux naopes simplement pour que sa représentation aux trois collèges internationaux fût semblable : elle avait deux amphictyons depuis 346, deux trésoriers depuis 339.

Les deux naopes delphiens pouvaient faire partie du conseil : nous en avons la preuve pour Tarchontat de Menaichmos où Callicrates, fils de Callicles, est à la fois bouleute et naope * ; de même, Etymondas, fils de Larisios, remplit les deux fonctions sous Maimalos -.

Ils ont pourtant continué à remplir le rôle qui était autrefois celui du naope unique ; et même, dans cette seconde partie du compte sur le fonds de dépôt, ils sont seuls à représenter le collège entier pour les retraits fixes et invariables que désormais le conseil peut autoriser sans faire approuver le versement chaque fois par l'assemblée.

Il n'est pas plus étrange de voir les deux naopes delphiens siéger au conseil de leur ville et autoriser la sortie des fonds qu'ils allaient recevoir, qu'il ne l'est de constater le rôle exceptionnel que paraissent avoir joué dès le début les naopes de Corinthe et celui de Sicyone ^, On a déjà vu le vacTiciéwv de

1. BCU, XX, p. 209, 1. 78 et 82 ; cf. BC/f, XXVII, p. 50, 1. 34.

2. BC/7, XX, p. 210. 1. 96 et 100; cf. BCH, XXVI I, p. 50, 1. 33.

3. Cf. «C^, XX, p. 199, l. 20-25 ctlaicstitulion iiiccrlainc BCH^XXU. p. 320, 1. 7-8.

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Delphes leur porter Targent destiné à payer les travaux qu'ils surveillaient dans leur pays pour le temple. Extraction et transport des matériaux, surtout du tuf, embarquement à Leehaeon, tout cet ensemble que désignent dans nos textes les mots Tx ïpyx Ta £Y KopivOwt donnait à ces naopes une importance particulière, mais on ne peut pas toujours résumer en termes précis leur activité.

Il semble pourtant qu'ils ont été, selon la fonction propre de ce collège, des transmetteurs et qu'ils ont fait passer aux entrepreneurs divers les fonds qu'ils recevaient. Dans un autre cas, on voit au contraire un Athénien qui est en même temps naope et entrepreneur: c'est Epiteles K II est vrai que le travail dont il s'est chargé, la construction des conduites qui amenaient l'eau de Castalie au gymnase, ne rentrait pas dans les Ipya Ta e\ç tov vaôv et qu'il a été payé directement par les trésoriers.

Il faut encore mentionner une commission de quatre membres que Ton rencontre une seule fois, sous Charixenos ^ ; ses attributions, garde des archives et partage des travaux donnés à Tentreprise, sont celles mêmes du collège entier. La composition en doit être signalée : elle comprend un Thessalien, un des deux Delphiens (l'autre fait partie des xpcŒTaTsucvTe^), un Dorien du Péloponnèse, et le Macédonien.

Cette commission, telle qu'elle existe au printemps de 330, ne résume pas seulement les fonctions essentielles du collège, elle est aussi le reflet le plus exact des influences politiques qui en modifient la composition.

On peut étudier maintenant les naopes dans leur activité de corps ainsi constitué. Une part de leur rôle, indiquée déjà lorsque Ton énumérait les revenus du sanctuaire, ne nous retiendra pas longtemps. Ils ne s'occupent ni des revenus ordinaires^ ni des versements que les Phocidiens apportaient sur leur amende. Mais les mêmes hommes qui avaient pour tâche de reconstruire le temple ont aussi fait affluer à Delphes les ressources extraordinaires qu'exigeait cette reconstruction. C'est là seulement, il faut le redire, ce qui explique le fait au

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