PÉRIODES DE LEUR HISTOIRE
pmsque, pendant tout le temps qu'il a existé, ce nouveau collège international a été l'intermédiaire par qui ont forcément passé toutes les sommes que les naopes ont reçues. Mais nous sommes en fait très inégalement informés sur ces différents moments. Dans le compte du conseil (Chairolas-Aristonymos) les chiffres des sommes données aux naopes ont entièrement disparu, et nous n'avons pas le tiers des textes rédigés par les trésoriers. Il ne reste donc que le compte sur le fonds de dépôt dont les indications soient claires et suivies, mais il ne représente que la plus faible part des fonds que les naopes ont maniés.
D'autre part les naopes tenaient pour eux-mêmes une comptabilité à part, où ils inscrivaient toutes leurs dépenses. Quelques-uns seulement des fragments qui nous en ont été conservés appartiennent à la première des quatre périodes que nous venons de distinguer ; la plupart des débris n'ont pas de date et peuvent être tout aussi bien de la deuxième que de la troisième : la quatrième paraît exclue parce que les dépenses ne doivent plus, depuis Eribas, couvrir que des frais d'entretien et que les restes des comptes particuliers ne contiennent des détails que sur les frais de la construction. Mais, même s'ils étaient intégralement conservés et si la suite chronologique n'en admettait aucune lacune, ces comptes ne donneraient que très indirectement le moyen d'établir et de vérifier la division par périodes dans l'histoire des naopes. Ils n'y ont indiqué expressément qu'une fois, sous Damoxenos, l'origine des fonds qu'ils recevaient. Leur habitude constante a été de faire le relevé minutieux des dépenses qu'ils acquittaient, sans mentionner si les sommes avec lesquelles ils les payaient étaient prises au fonds de dépôt ou dans une autre caisse sacrée, ni s'ils les tenaient du conseil directement ou par l'intermédiaire des trésoriers.
II est donc impossible de suivre rigoureusement les contours du cadre ; mais sans doute cette division en périodes paraît-elle maintenant moins nécessaire. Ce qui faisait pour nous la différence de ces moments, c'était l'origine variée des fonds que recevaient les naopes : fonds de dépôt, fonds de réserve que nous retrouverons tout à l'heure, versements des Phocidiens. C'était aussi lïmportanceplus ou moins grande de ces sommes: dans la seconde et la troisième période, elles ont été certainement beaucoup plus importantes que dans la pre-
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mièreetia quatrième. Mais si Ton reste au point de vue où se sont placés les naopes eux-mêmes, dans les documents qui émanent d'eux, la différence n'est pas si sensible. Même Tintroduction entre eux et le conseil d'un nouveau collège international, par l'intermédiaire duquel passeront désormais les fonds dont ils ont besoin, n'a modifié en rien leur manière d'être.
Après comme avant, leur rôle a été le même ; c'est tout au plus si, après la disparition des trésoriers, on verra les naopes ajouter à leurs attributions essentielles quelques-unes de celles qui avaient appartenu au collège auquel ils survivaient. Leur organisation administrative, d'une de ces périodes à Tautre, n'a pas changé, pas plus que leurs procédés pour le paiement des dépenses. Le fait le plus important de leur histoire intérieure, le dédoublement du vasTCstéwv , s'est accompli entre Damochares et Caphis , c'est-à-dire il ne coïncide avec aucune des époques qui ont été signalées plus haut.
Nous pourrons donc tenter de présenter en un tableau d'ensemble l'activité des naopes, sans tenir plus de compte qu'eux-mêmes de ces différentes périodes. Mais l'origine diverse de leurs recettes nous donne auparavant le moyen, non pas de résoudre une difficulté qui n'a pas été, semble-t-il, expliquée d'une manière définitive, mais de voir du moins pourquoi elle ne pouvait l'être. Je veux dire les rapports de la double comptabilité, celle du conseil et celle des naopes.
Il nous est aujourd'hui impossible de faire tomber d'accord pour un moment quelconque, d'une part les diverses entrées de caisses qui étaient les recettes du collège, d'autre part Ténumération totale de ses paiements. Certes on peut en accuser l'état de nos textes qui ne permettent pas de suivre cette double série pendant un grand nombre de sessions. Mais il me parait très probable que, si nous les avions intégralement conservés, la tâche ne nous eût pas été plus aisée ; que Tadministration du sanctuaire, entre 346 et 340, s'est trouvée dans la même impossibilité que nous ; et que c'est là, — surtout parce que Tamende des Phocidiens permit de donner aux naopes des fonds beaucoup plus considérables — , la véritable raison qui a fait instituer les trésoriers.
Des comptes que les naopes tenaient pour eux, les fragments