LES ARCHITECTES. TRAVAUX DU TEMPLE
môle avait été construit, avec une machine pour le débarquement des matériaux ; Tachât des diverses pièces de cette machine, Tinstallation sur un socle de pierre, les réparations et Tentretien, le goudronnage des bois, tels sont les principaux frais que nous voyons acquittés pour ce chapitre * . A Delphes même, au faubourg de Thyiai '^, plusieurs ateliers s'élevaient où les pièces d'architecture pouvaient être travaillées avec plus de liberté qu'aux environs immédiats du temple. Ces ateliers étaient construits en briques crues, les comptes des naopes portent la mention des moules à briques, façonnés en clayonnage pour que la brique séchât plus vite ^. Enfin il fallait nettoyer la plateforme qui entoure le temple : les débris de pierres et tous les déchets de la construction l'auraient rapidement encombrée, les naopes paient, pour les faire enlever, des sommes parfois élevées '•. Sur cette terrasse dallée, à la fin de Thiver et après de fortes pluies, leau séjournait déjà à cette époque, renouvelée par les infiltrations qui descendent de la fontaine Cassotis. On dut à plusieurs reprises la détourner et l'amener à l'extérieur, puis on exécuta des travaux plus considérables pour l'empêcher de revenir autour du pronaos et de l'opisthodome ^.
L'occupation de Delphes par les Phocidiens et leurs troupes de mercenaires avait produit sur ce point du sanctuaire plus que sur tout autre des bouleversements et des dégâts. Ce n'est pas de la fouille qu'ils tentèrent dans le temple inachevé que je veux parler, ni des vols par lesquels ils avaient dépouillé cette partie du téménos où étaient les offrandes les plus précieuses. Les multitudes qui campèrent à Delphes comme en pays conquis durent occuper, sur ce flanc abrupt de montagne, la terrasse la moins exiguë. Les matériaux laissés sur place dans un chantier moins actif, puis complètement abandonné par les ouvriers, restèrent exposés aux intempéries, mais surtout aux outrages des hommes, pendant plusieurs années, ils souffrirent beaucoup ; on dut nettoyer les uns, qui pouvaient être encore utilisés, remplacer les autres '». On
1. BCH, XX, p. 199 et suiv., 1. 12, 26, 27, i5, 46, 33, 36, 36, 62.
2. Voir la note sur 0uîai-HjaTiov : Mélanges Perrot, p. 23 et suiv.