TRAVAUX DU TEMPLE
à dater de 356 la construction du mur parallèle au long côté nord du temple. Plus tard, on a édifié une charpente légère, un toit provisoire qui s'appuyait à Vla-^éy^ov, pour abriter ceux qui venaient consulter l'oracle : les travaux du temple étaient à ce moment-là fort avancés. Quand on a élevé cette muraille de soutien, k Talignement des roches éboulées, ils étaient commencés certainement, mais le collège ne pouvait y consacrer alors que des sommes modiques, fonds de dépôt et souscriptions, et nous ne savons pas exactement où Ton en était.
C'est en arrivant aux travaux du temple, Tœuvre propre du collège, que Ton peut surtout regretter Tétat de mutilation où sa comptabilité nous est parvenue. Pour toute la première période de la reconstruction, jusqu'à la fin de la guerre sacrée, nous n'avons que les indications très incomplètes du compte sur le fonds de dépôt. Puis, de Tépoque où Touvrage fut poussé avec le plus de vigueur, surtout quand Tamende phocidienne permit d'y dépenser plusieurs talents à chaque session, il nous reste seulement des fragments auxquels on ne peut pas donner leur date exacte ; il est même impossible d'apprécier rétendue de ce qui nous manque. Aussi ne m'est-il permis ici que de rappeler les grands ensembles de dépenses; mais on voudrait un classement plus rigoureux, surtout un tableau plus complet et plus détaillé. Trop souvent, dans le compte sur le fonds de dépôt, des mots comme XaTcpi^a, X{6a)v TOjjui, ou les paiements versés entre les mains des XaTs;j.otou des XiôaYWYcl xaxi ôaXaacrav cachent des commandes précises, la fourniture par exemple du calcaire de Saint-Hilie pour les murs de la cella. tout au moins pour la partie inférieure de ces murs. Quand les comptes particuliers des naopes interviennent pour
contraire directement. Et si c'est bien contre celui-là qu'a été dressé le toit pour les consultants, on en conclura que le mur N. du temple, le axéXo; x6 7C0T Twi rioTEiSavitot était alors terminé : autrement la place n'eût pas été suffisante dans ce boyau étroit. En outre, cette manière de désigner les murailles de la cella , l'une que je viens de rappeler et l'autre to 7:otî to Tôt; Fa; lepdv, n'a qu'une valeur topo^raphique. Il n'y a strictement rien de plus à en tirer que de la mention du même sanctuaire dans un dialogue pythique de Plutarque. Enfin on n'a pas le droit, parce qu'un entrepreneur était charjré de travaux très dilTérenls, de les confondre tous en un seul : ToCi îx/eyàou xoO ajtO'J ipyou n'est pas du tout é(iuivalent à toj e&yoj toj tzc^I tov otJLfaXov. M. Foucart [Mémoire sur Delphes, p. 71-72) et M. llomolle C. H. Acad. inscr. 1895, p. 33i>j avaient déjà pensé que l'ôjiçaXo, était dans le temple. C'est maintenant démontré, puisque la mention des travaux qui furent faits au portique « autour de l'omphalos »> , comme aux portiques du prodomos et de l'opisthodome, se trouve dans les comptes des naopes.
104 LES NAOPES
nous donner les détails minutieux de ces fournitures, on en est déjà aux parties supérieures de rédifice et à la colonnade, aux portiques extérieurs et au portique intérieur, celui qui entoure TsfjKpaXoç : on ne trouve donc pour les matériaux de la construction que des commandes de tuf.
Blocs d'assise, blocs courants et blocs de coin, épistyles, triglyphes, pierres intérieures et non moulurées de la corniche, morceaux de coin de cette même corniche, plafond à caissons de la colonnade, voilà les principales pièces que nous suivons de la carrière où elles ont été taillées jusqu'à Tendroit où elles sont définitivement mises en place. Quand un portique, celui de Topisthodome ou celui du pronaos, est dressé, ou que l'un des longs murs est fini, commence de haut en bas le ravalement, puis on peint les pierres, c'est lï^xxjfjt,^ , Le travail n'avance pas de la même allure sur tous les points : les poutres du toit, les tuiles de couverture provisoire peuvent être en place d'un côté ; tout est terminé, les mufles de lion qui ornent le chéneau, les étoiles en bois doré qui décorent la corniche, quand de l'autre côté on s'occupe encore à sceller au plomb les crampons et clous d'assise qui assurent la solidité de la muraille.
Les parties du temple où l'on parait avoir poussé le travail et achevé la décoration aussi tôt que ce fut possible sont naturellement celles qui devaient frapper tout de suite les yeux des visiteurs et des fidèles, la grande porte, la colonnade et les portiques. Pour le t^éyx OJpwjxa, une fois les grands jambages établis , on bâtit un mur provisoire qui permit de terminer la construction du cadre et de poser les énormes linteaux du haut. C'est alors qu'on enleva le mur et qu'on mit en place les battants : ils étaient incrustés d'ivoire *, à Delphes comme ailleurs. Le dallage sous la colonnade était fini, l'assise de soubassement s'y terminait par une moulure ondulée, on n'avait aucun ornement à ajouter aux parties inférieures de la construction, on put fermer les entrecolonnements, puis le pronaos au moyen d'une grille : elle était formée de lattes en bois, assujetties par des chevilles de fer, puis enduites de poix ''^. On passa alors aux parties hautes ; ainsi s'expliquent les importantes commandes de bois de charpente, à Sicyone
1. Cf. sur ces travaux do la grando porte BCII, XXVI, p. 67-71.