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Defresne et Lefebvre. Les propriétaires fonciers sont en particulier représentés par Mandonnet, Maulbon, Michaud, Laligant et Causse. Le médecin Gibou et l'avocat Fouquerand, le maître de forges Pétot et le négociant Carteret sont les seuls représentants des professions libérales, du commerce et de l’industrie.
Sur les listes de présentation et de nomination on relève des fortunes de 30.000 et de 20.000 francs de revenus et d’autres de 1.200, de 500, de 300 seulement. À peu près tous les échelons intermédiaires peuvent être notés sur ces mêmes documents et dans les renseignements officieux. Une semblable variété se remarque parmi les candidats malheureux. Ladey n’a que 1.200 francs de rente et Dugay en possède 25.000 ; Teyssière avoue 3.400 et Rocaud 2.500.
Plus difficile est la classification politique des membres du conseil général. Les opinions de quelques-uns sont, il est vrai, assez notoires. De Louis Léjéas le préfet peut dire: « l’attachement au gouvernement est chez lui une vertu de famille ». Gibou a été vivement recommandé par Berlier. Mimard et Causse ont été présentés par le général Junot contre des émigrés soutenus par Guiraudet Celui-ci, ferme républicain cependant, avait proposé Le 6 floréal an XI (26 avril 1803) Legouz dè& Saint-Seine et Richard de Vesvrotte « jouissant de l’estime générale ». Junot s’empressa d'écrire au ministre de l’Intérieur: «Les amis du gouvernement ont été alarmés de ces choix du préfet :.. tous les deux, rentrés à peine depuis un mois sur le territoire français... (sont) sans doute de très honnêtes gens... mais dont les intentions ne sont pas encore bien épurées ». Son avis l’emporta pour un temps: de Saint-Seine n'entrera au conseil qu’en 1811. En 1815, Thibaudeau, commissaire extraordinaire, ne révoquera que deux des conseillers nommés de 1802 à 1812, deux anciens membres du Parlement de Bourgogne, de Bruëre et Legouz de Saint-Seine. Il est à présumer que leurs collègues dont l'opinion ne nous est pas connue appartenaient à cette classe, nombreuse dans la Côte-d'Or, d'hommes modérés, assez indifférents en politique et fidèles à tout gouvernement établi. Il est possible de constater dans l’ensemble une accentuation faible de l’élément royaliste ou constituant au préjudice du groupe des ex-révolutionnaires. Le conven-
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tionnel Hernoux disparu est remplacé par Édouard; mais de Bruère et de Saint-Seine rappellent l’ancien régime (1).
La composition des conseils d'arrondissement ressemble à celle du Conseil général. Toutefois, l'élément dominant est constitué par les fonctionnaires, notaires, juges de paix, maires où conseillers municipaux; les propriétaires sont moins nombreux. Les révolutionnaires d'origine sont représentés par Villeneuve, Corbabon et Locquin auxquels peuvent être joints Philippon, Lamblin et Chaussier ; Villers-la-Faye, Debruère et Sainte-Maure sont leurs adversaires politiques. Ici encore les fortunes diffèrent. Un notaire n’a que 200 francs de revenus personnels tandis que des propriétaires en possèdent 18.000, 16.000, 10.000 ou 6.500. Pour présenter les candidats aux conseils d'arrondissement comme au conseil général, les préfets semblent avoir plus tenu compte des aptitudes administratives ou des considérations personnelles que des ressources pécuniaires ; le ministre de l'Intérieur se borne à transcrire leur liste (2). Il les laisse également assurer à chaque canton, si possible, la présence d’un représentant qui dans ces assemblées soutiendra ses intérêts particuliers. Cette règle, intéressante à constater dans l’histoire de l’administration locale, fut suggérée et par des conseillers et par des sous-préfets ; on l’appliqua surtout aux conseils d'arrondissement chargés « notamment de la répartition de l'impôt (3) ».
(1) Le plus fortuné des conseillers nouvellement nommés paraît être Tavernier (ou Tavernier-Boulogne), 30.000 francs ; viennent ensuite Laligant et Viardot (20.000), Maulbon (1 3.000) et de Saint-Seine (12 000) : Debruère et Bazire (10.000), Lefebvre (6.000), Mandonnet (5.500:, Edouard (4.500), Fouquerand (4.000), Champagne (2.400), Borromée (1.200), Simon-(1.700), Gibou (500) et Jacotot (300).
(2) Les renouvellements réguliers de ces assemblées avaient lieu par tirage au sort et par tiers tous les cinq ans. En l'an XIII, des 12 places à pourvoir 11 furent accordées aux candidats du préfet : le notaire Carnot se vit préférer le sieur Gillotte qui semble avoir été recommandé par le groupe Maret, En 1810-11, on attribue 2 sièges à des notaires, 4 à des juges de paix, 4 à des administrateurs municipaux, un à un négociant (Ligeret), un à un administra teur d’hospice (Teyssière}), 4 à de simples propriétaires : tous sont appuyés par le préfet (M/4, 1 ; F 1b/Il, Côte-d'Or 3). Préfet et ministre attendent volontiers les dates de tirages pour remplacer les membres décédés ou démissionnaires: en 1810, cinq places sont ainsi vacantes.
(3) Conseiller Ant. Hernoux au préfet, 12 fructidor an IX : Atwanton au même, 22 messidor an IX (M/4, 1); sous-préfet de Châtillon au préfet