Une ascension de fête vers 1830. Tableau à Fhuile
Les ascensions libres accomplies dans les 60 premières années du XIX" siècle ont presque toutes été exécutées dans des fêtes publiques, soit dans des établissements tels que le jardin de Tivoli, puis l'Hippodrome, à Paris; les jardins de Vauxhall, de Cremorne et du Crystal Palace à Londres, soit en province et à l'étranger, à l'occasion de foires, cérémonies patronales ou simplement du passage d'un aéronaute en tournée.
Depuis Blanchard et Lunardi, en effet, les aéronautes de carrière ont souvent effectué à l'étranger de véritables « tournées » analogues à celles des artistes. On peut citer à cet égard nombre d'aéronautes français : ce furent Garnerin et sa femme, M°^« Blanchard, Elisa Garnerin, Robertson et ses deux fils qui moururent, l'un aux Indes, l'autre au Mexique, au cours de leurs lointains voyages; Augustin, puis Margat et sa femme. On peut noter, en Allemagne, M. et M°^® Reichard; Sadler en Angleterre et John Wise, aux Etats-Unis. Après 1830, le nombre des aéronautes diminue : en France, on ne voit plus guère que Dupuis-Delcourt, scientifique, passionné pour son art, et Margat qui poursuivit inlassablement sa carrière, de 1817 jusqu'à sa mort en 1854.
Né à Ivry en 1786, Jean Margat, ancien jardinier au service de Garnerin, s'était fait aéronaute et avait débuté en 1817 par une ascension acrobatique, faite au jardin de Tivoli : il était parti monté sur un cerf apprivoisé, libre dans la naceUe, exercice qu'il répéta, notamment en 1824, avec. Coco, le célèbre cerf de Franconi. Margat fit plusieurs tournées aéronautiques en France, en Belgique et en Allemagne.
Il est probable que l'ascension figurée sur ce tableau est, comme sembleraient l'indiquer les couleurs du ballon, une de celles qui furent exécutées en Belgique par Margat.
Appartient au comte de La Vaulx.
25. — Portrait de Charles Green, aéronaute anglais. Manière noire par G.-L Payne,
d'après John HoUins.
Charles Green, le meilleur aéronaute de son temps, né en 1785 à Londres, où il est mort en 1870, a débuté dans la carrière aérostatique le 19 juillet 1821, en gonflant pour la première fois son ballon au gaz d'éclairage. Il effectua 526 ascensions, et est le premier également qui ait appliqué couramment le guide-rope aux ballons. Au cours de sa longue carrière, poursuivie sans accident, Green effectua deux traversées de la Manche en ballon, battant le record du monde de durée et de distance, les 7 et 8 novembre 1836, par son voyage de Londres au Duché de Nassau (700 kilomètres en 18 heures), en compagnie de HoUond et Monck-Mason, avec son grand ballon qui fut, par la suite, appelé le Nassau et dont le dessin, reproduit sur étoffe imprimée, sert de couverture à ce livre. Ce voyage eut un grand retentissement et les ascensions se multiplièrent en Angleterre dans les années qui suivirent. Nombre d'amateurs y prirent part et accompagnèrent dans leurs ascensions les aéronautes britanniques, Green, ses frères et son fils, M. et M™« Graham, Adams, Gypson, Hampton et plus tard Gale et Coxwell. Parmi ces amateurs, les plus passionnés étaient le Duc de Brunswick, qui traversa la Manche avec Green en 1851, et le capitaine Currie.
Green, esprit ouvert aux nouveautés, imagina plusieurs appareils ingénieux, étudia un projet de traversée de l'Atlantique en ballon, et c'est lui qui enleva, avec son ballon le Nassau, le malheureux expérimentateur Cocking, victime de son parachute en 1837. Green fut suivi dans la carrière par ses deux frères, sa femme et surtout son fils Charles-George puis son filleul Charles-Green Spencer, dont les descendants sont toujours aéronautes.
Collection Paul Tissandier.