‹ L'aéronautique des origines à 1922Chapitre 22 sur 42 · TOUS LES · texte numérisé non relu

TOUS LES

Le Petit Parisien

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DIRECTiON : 18, rue d'Enghien, PARIS

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Ur.e Expérience Tragique

Les Ballons Dirigeables

57. — Le ballon dirigeable a F Aigle)), construit en 1834 par le comte de Lennox.

La direction des ballons a été cherchée dès leur apparition, et il a été rappelé plus haut que, lors sa première ascension, le 2 mars 1784, Blanchard avait muni son ballon d'ailes battantes et d'un gouvernail. Esprit avisé, expérimentateur méthodique, Blanchard sut utiliser ses ascensions publiques pour expérimenter différentes sortes de rames, d'ailes et d'hélices, qu'il parait avoir été le premier à appliquer en grand à la navigation aérienne. B faut rappeler encore les deux tentatives des frères Robert, avec des ballons allongés munis de rames et, pour la première fois, d'un ballonnet; celles de Guyton de Morveau, à Dijon; de Lunardi, en Angleterre; d'Alban et Vallet, à Javel, déjà citées en leur place; enfin le grand et remarquable projet du général Meusnier, qui établit en 1785 l'étude complète d'un ballon dirigeable, dont la plupart des caractéristiques se retrouvent dans les dirigeables modernes.

En 1804 et 1805, l'armurier Pauly, patronné par le maréchal Ney, fit plusieurs ascensions intéressantes avec un ballon allongé, construit tout en baudruche et pourvu de grandes nageoires, avec lesquelles il semble avoir obtenu des déviations appréciables. En 1816, Pauly construisit à Londres, avec M. Egg, un nouveau ballon, du même système, mais beaucoup plus considérable. Cet aérostat ne fut jamais essayé.

Entre temps, d'autres tentatives avaient eu lieu : en Italie, Zambeccari, Andreoli, puis Orlandi; en Autriche, puis en France, Degen; à Paris, les essais infructueux de Guillé, en 1814, et de Guillaume, dont le ballon est figuré à la page 22, en 1816, pour ne parler que des essais ayant reçu une exécution en grandeur réelle.

En 1832, le comte de Lennox, associé au D"^ Le Berrier, ayant construit en grand secret dans les carrières de Montmartre un ballon dirigeable allongé, avec de grandes rames mues, comme toujours jusqu'alors, par la seule force humaine, ils en firent un essai fort intéressant. Partis dans la nuit du 27 août 1832, ils traversèrent Paris et purent dévier suffisamment pour passer au-dessus de la place Vendôme et jeter sur la colonne une couronne d'immortelles, hommage de Lennox, bonapartiste convaincu, à Napoléon.

Lennox fonda ensuite une Société Aéronautique et construisit un nouveau et grand ballon dirigeable, V Aigle, qui fut gonflé dans un vaste hangar édifié sur le Cours-la-Reine. Le prospectus de rexpérience en donne la description suivante :

« Ballon-navire de 130 pieds de longueur sur 35 pieds de diamètre... 2.800 mètres cubes de capacité. Un filet et des échelles de cordes l'enveloppent entièrement. A Fintérieur, il y a un second ballon contenant de l'air, de 200 mètres cubes, qui communique à l'extérieur au moyen d'un tuyau.

« Nacelle de 60 pieds de longueur et 30 pouces de largeur, soutenue par des sangles attachées au filet à 18 pouces de distance.

« Vingt rames de 3 mètres carrés, construites à palettes mobiles pour agir dans différents sens.

« Un long coussin remplissant l'espace contenu entre le ballon et la nacelle est soumis à l'action d'une pompe foulante et aspirante... »

L'étoffe avait été préparée avec une soie spéciale et devait pouvoir tenir l'hydrogène pendant 15 jours. 17 personnes devaient prendre place dans la vaste nacelle. La lithographie reproduite ici, bien que d'une exactitude douteuse, montre de curieux détails, notamment les deux moyens de descendre des voyageurs en cours de route, un parachute et une nacelle à treuil, analogue à celle qui fut employée pour les observateurs des Zeppelin pendant la guerre mondiale.

L'essai du 17 août 1834 aboutit à un échec lamentable : pendant le transport du ballon, de son hangar au Champ de Mars, l'enveloppe perdit beaucoup de gaz, se plissa et, brusquement, s'échappa du filet, pour retomber quelques instants après, déchirée, sur le Champ de Mars. La foule se précipita sur les débris et se les partagea. Les gamins en vendirent des morceaux toute la journée, jusque sur les boulevards, aux spectateurs qui se dirigeaient vers le Champ de Mars.

t.. .n Angleterre et v fonda une nouvelle Société pour essayer à nouveau son pre-

un jeune mécanicien de 19 ans : Henri GiCfard. Collection Charles Dollfus.

58 - Projet de ballon dirigeable rotatoire de Pierre Ferrand (1835).

Le proiet de Pierre Ferrand, de Montfermeil. décrit d'une façon obscure dans une curieuse brochure intUulée Pro/ef pour la Direction de l'Aérostat par les Oppositions utilisées, est un type caracte- S^ue de ces conc/ptions étranges qui dénotent, chez les inventeurs, un esprit aussi complique qu'une

ignorance absolue ^ ^^^^^^^^^^f^ ^^ tout autour de l'enveloppe, devait tourner en entier autour de son axe horizontal. Les conceptions chimériques de ce genre abondent dans les bjbl-thè^e^ Sronautiaues • l'idée du ballon rotatoire a été reprise souvent, notamment par Luntley en 1850 Lassie e^rSôtcarmien de Luze en 1863. Desplats en 1878, le colonel Le Mat, AUain, Dillon Gregg et autres presque jusqu'à ces dernières années. ^^^,^ ^^ l'Aéronautique, à Chalais-Meudon.

59. — Projet de ballon remorqué par un gypaète apprivoisé, publié par M- Tessiore,

née Vitalis, en 1845.

Ce nroiet de M- Tessiore donne une autre idée de ce que certains inventeurs ont pu imaginer : l'idée qu'elle a traduite dans cette lithographie avait déjà été exprimée dans les premiers temps de l'aérostation. et, chose plus fâcheuse, a souvent été reprise dans la suite et même jusqu a nos jours.

D'autres projets, à l'époque même de M- Tessiore, ont été, tout au contraire, fort en avance sur leur temps : il faut citer le ballon dirigeable rigide à hélices du pasteur Lurtzing, de Strasbourg (1835); les « rigides », très proches, comme formes et dispositions, des Zeppelins, proposés par Prosper Meller en 1851 et par l'abbé Carrié, curé de Barbaste. en 1853; enfin la tentative de direction faite avec un ballon ovoïde muni de deux hélices, par le facteur de pianos Eulriot, à Pans, en 1839.

Musée de l'Aéronautique, à Chalais-Meudon.

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