Paris-Madrid à vol d'oiseau; estampe par E. Montaut
L'aviation progressant sans cesse, l'idée vint aux organisateurs des grandes épreuves de tenter une course internationale; le Petit Parisien qui, avec FAéro-Club de France, organisa Paris-Madrid, eut le mérite de cette initiative. Après des péripéties diverses, Védrines se classait premier de l'épreuve, accomplissant ce parcours, escales comprises, en 37 heures 27 minutes 12 secondes, mais en réalité les 1.170 Mlom. de Paris à. Madrid avaient demandé 14 h. 55 de vo! effectif. ¥édrines fut follement ovationné à Mad'rid et le Roi lui-même tint à le féliciter.
Le départ de cette course fut malheureusement attristé par une terrible catastrophe; un pomcurrent, l'aviateur Train, revenant atterrir sur le terrain, son moteur fonctionnant mal, tua M. Berteaux, Ministre de la Guerre, et blessa grièvement M. Monis, Président du Conseil, et le Président de FAéro-Club, M. Deutsch de la Meurthe,
Collection Chcwles Dollfus.
89. — ^ Poésie autographe d'Edmond Rostand dédiée à Beaumont, le ¥ainqueur de
, Paris-Rome. ,
La course Paris-Rome, dont le départ fut donné le 28 mai 1911, était organisée par le Petit Journal et FAéro-Club; le parcours était de 1.465 Mlom. Ce fut une lutte épique entre Garros et Beaumont (pseudonyme du lieutenant de vaisseau Oinneau); celui-ci après avoir lutté contre la tempête, arriva à Nice à 7 h. 19; 38 minutes ap'ès atterrissait à son tour Garros.
Le lendemain, Garros prenait la tête, mais devait s'arrêter presque au but, à une centmne de kilomètres de Rome; Beaumont, qui avait pu réparer, partait de Nice à 3 h. 55 du matin, et à 3 h. 5i du soir planait le premier sur Rome.
C'était le d^ut des victoires d'André Beaumont; la même année il gagna le circuit européen et le tour d'Angleterre.
Appartient au comte de La Vaulx.
90. — Garros traversant la Méditen^anée. Estampe de la Vie au grand Air (1913).
C'est en 1910 que Garros passait son brevet de pilote sur une demoiselle Santos-Dumont; né en 1888 à File de la Réunion, venu en France continuer ses études musicales, il projetait d'entrer au Conservatoire quand, séduit par l'aviation, il s'y consacra entièrement.
Après une tournée d'exhibition en Amérique, il prit pari, sur un Blériot, à toutes les grandes courses à travers l'Europe et se classa toujours dans les premiers.
Le 23 septembre 1913, il s'immortalisa en traversant la Méditerranée de Saint-Raphaël à Bizerte, effectuant au-dessus des flots un vol de 800 kilomètres.
Survient la guerre; Garros s'engage immédiatement et accomplit de nombreuses prouesses; c'est lui qui fut l'inventeur du système de tir à travers l'hélice, et au cours d'une chasse à l'ennemi, il abattit trois avions coup sur coup. Victime d'une panne, il fut fait prisonnier, s'évada en compagnie de Marchai, reprit du service, puis fut tué dans un combat le 5 octobre 1918, peu de temps après avoir reçu la
croix d'Officier de la Légion d'Honneur. ^ „ ,. ^, , ,» u.
Collection Charles Dollfus,
91. — Inauguration du monument Pégoud à Petit-Croix, 31 août 1915. La municipalité
devant le monument.
Une des très belles figures de rAéronautique; par sa seule énergie a fait franchir à l'aviation une étape décisive.
Après avoir mûrement réfléchi et calculé ses chances de réussite, a su persuader à Blériot qu'il était possible, en avion, d'éviter la mort en employant le parachute, et qu'un aviateur, dans quelque position que puisse se trouver son appareil, pouvait se sauver.
La première expérience fut remarquable; arraché de l'avion par un dispositif spécial, Pégoud accomplissait sans danger une descente en parachute, tandis qu'il voyait son appareil s'écraser sur le sol.
Le 2 septembre 1913, devant quelques privilégiés, techniciens, sportmen ou journalistes, Pégoud volait la tête en bas et réussissait plusieurs loopings; devant une foule immense Pégoud renouvela son expérience; son succès fut triomphal.
Nous devons admirer sans réserves celui qui, froidement, tenta une chose que les oiseaux euxmêmes n'osent pas.
Ses prouesses, et sa mort qui le classe parmi les héros de la Guerre aérienne, le rendent immortel.
Service photographique de VArmée.
92. — Brindejonc des Moulinais apportant à Varsovie les journaux de Paris.
Des exploits nombreux de Brindejonc, nous retiendrons surtout son circuit des Capitales, ranfdonnée de 5.000 kilomètres qui fut un magnifique voyage aérien en même temps qu'une propagande merveilleuse pour la France et pour l'Aviation.
Par l'émotion profonde avec laquelle huit nations parcourues suivirent la course de l'aviateur, par la haute idée que son allure épique donnait à tous de l'énergie, de la vaillance et du génie de la race française, le voyage de Brindejonc dépassait la portée d'un simple exploit d'aviation, si éclatant qu'il fut. n rehaussait le prestige de notre pays dans le monde.
Dessin de Dutriac pour « Les Vainqueurs de l'Air », Hachette et C\ Editeurs.
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