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BULLETIN DES ASCENSIONS

li novembre. — Zurich. Ascension de M. Spelterini, accompagné de deux membres de l’Aérostatic-Club de Berlin. Atterrissage près de Corbatière, canton de Neuchâtel. Traversée des Alpes bernoises. Altitude maxima : 3.500 m. Froid intense malgré un brillant soleil ; comme à l'ordinaire M. Spelterini a pris plusieurs magnifiques vues photographiques.

18 novembre. — Usine à gaz de Rueil, 10 h. 15. Radium (650 m°) ; MM. A. de La Hault et Gourier. Atterrissage à 5 h. 15 à Champfleurs (Sarthe), près Alençon (Orne).

24 décembre. — Aérodrome de Moisson, midi. Ascension libre du ballon gazomètre fixe

de l'aérodrome (280 m'); Pilote, M. Léon Dubuc, qui fait sa seconde ascension libre en sphérique. Alterrissage à 2 h. 30, à Pacy-sur-Eure,

25 décembre. — Aérodrome de Moisson, 11 h. 30 du m. Ascension du ballon gazomètre fixe de l'aérodrome (280 m') ; Pilote, M. Dubuc. Atterrissage à 4 h. au Neubourg (Eure). 25 décembre. — Aérodrome de Moisson, 11 h. 30 du m. Ascension d’un sphérique de

910 m° ; MM. Juchmès, Rey, Landrin. Atterrissage à 1 h. 30, par brouillard épais au bord de la Seine en face de Port-Villez.

27 décembre. — Aérodrome de Moisson, 9 h. du m. Ballon sphérique de 540 m'°; SIM Juchmès, Landrin, Visard. Atterrissage à 2 h., à 14 kil. au S.-E. de Trouville-surer:

Nola. — Ces quatre dernières ascensions ont été faites avec le gaz hydrogène provenant du dégonflement du Lebaudy 1904.

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mp. Wellhoff et Roche.55,r. Fromont.Lev.-Perret. Le Direcleur-gérant : GEORGES BESANCON

Directeur-Fondateur : GEORGES BESAN NCON

13° Année — N° 2 Février 1905

PORTRAITS D’'AVIATEURS CONTEMPORAINS

CAPITAINE L'ERBER

Le problème du vol mécanique, l'imilalion du vol de l'oiseau resle à coup sûr une des plus anciennes et des plus constantes préoccupalions de l'intelligence humaine, mais c’est de nos jours seulement, que la solution a élé partiellement alleinte. Nous avons parmi nos contemporains des hommes qui ont réussi à se soutenir librement el à progresser dans l’atmosphère sans le secours d'aucun gaz léger.

Ils sont peu nombreux, il est vrai, mais le mérite de ces audacieux n’en est que plus grand. Parmi eux, on doit citer en loute première ligne le capitaine F, Ferher.

C'est en 1898 que le hasard d’une lecture fit connaître au distingué officier les expériences du regretié Lilienthal dont les premiers essais remontaient à 1891. Dans son esprit déjà préoccupé de questions de ce genre, ce fut un trait de lumière. « Nous arrivâmes alors, a-t-il écrit, à la conviction que Lilienthal avait découvert sinon le vol parfait, du moins la méthode pour apprendre voler... Le jour cù, en 1891, Lilienthal a parcouru dans l'air ses quinze premiers mètres a élé considéré par nous comme celui à partir duquel less hommes pouvaient voler : ils l’ignoraient auparavant, voilà tout. »

Et le néophyte conforme aussitôt ses actes à cette profession de foi. Un premier aéroplane du type Lilienthal, qu'il construit et essaye, ne lui donne pas satisfaction. M. Ferber ne se découragé pas et améliorant paliemment ses conceptions en même temps qu'il se perfechionnail dans son métier d’avialeur, négligeant les appareils brisés sous lui et les risques courus, il arrive bientôt à obtenir des résultats appréciables.

Sur ces cnlrefaites, il enlre en relations avec l'aviateur américain Chanule et, sur ses conseils,

se décide à conslruire des aéroplanes à deux surfaces. Au premier essai, il parcourt 25 m., au second 50 m. Un nouveau modèle expérimenté en 1903, au Conquet, et dans lequel le gouvernail avant était complété par deux gouvernails laléraux de direclion formant quille, marque un progrès sensible sur le précédent.

Suffisamment maitre de son équilibre, il songe à passer à l'appareil à moteur, à l’aéroplane complet. I1 a élabli un syslème moto-propulseur composé d’un moleur de 6 chevaux installé sur un chässis portant, outre les accessoires, un arbre faisant lourner en sens inverse deux hélices du même pas inverse. Ce mécanisme est placé à l'avant de l’aéroplane pour des raisons d'équilibre et l’aviateur lui fait contrepoids à l'arrière. Cet appareil fut essayé d'abord sur le curieux aérodrome que le capitaine Ferber avait fait construire à ses frais à Nice où il commandait la 17° batterie alpine.

Le Capitaine Ferber dans son aéroplane n° 5

(Voir Aérophile de février 1903). Le pas des hélices n’élant pas salisfaisant, la vitesse était insuffisante pour obtenir la sustentalion. Le capitaine s’allache à faire disparaître ces imperfections et nous conviera quelque jour à de nouveaux essais.

Poursuivant ses expériences coûteuses, avec un personnel payé par lui, le capilaine Ferber peut asséner aux sceptiques le péremploire argument de son propre exemple et de son désintéressement. I] cherche à faire des prosélyles, non point purement plaloniques mais praliquants. Il aime à citer cet aphorisme de Lilienthal, qu'il a pris pour règle de ses recherches : « concevoir une machine volante n’est rien, la construire est peu; l'essayer est tout. » Lui-même se plail à résumer sa pensée dans quelques axiomes simples qui jettent souvent le trouble dans l'esprit du ballonnier le plus endurci. À la fois inventeur, constructeur et conducteur de machines volantes, conférencier et vulgarisateur de talent, le capitaine Ferber est un apôtre fervent et persuasif de l’avialion. Mathémalicien émérite, il met quelque coquellerie à déclarer qu'il s’est loujours refusé à employer pour la construction de ses appareils d’autres calculs que la simple règle de trois. Il ne croit pas qu'il y ait un secrel en aviation où plutôt, dit-il, « il n’y en a qu’un pour réussir, c'est de se meltre dans sa machine et de se lancer dans l’espace. »

Né à Lyon, le 8 février 1862, F. Ferber entrait en 1882 à l'Ecole polytechnique. Successivement lieutenant d’artilerie à Clermont-Ferrand et à Belfort, il était nommé capitaine en 1893. Après avoir conquis son diplôme de licencié-ès-sciences en 1896, il devenait en 1897, professeur à l’école d’application de Fontainebleau. Il commandait depuis 1900 la 17° batterie alpine, lorsqu'il fut, il y a quelques mois, détaché au laboratoire central de l’aérostation militaire, à Châlais-Meudon, poste pour lequel il était particulièrement désigné par ses remarquables recherches d'aviation. Tout récemment,

le distingué officier était promu chevalier de la Légion d'honneur. GEORGES BESANÇON

BULLETIN OFFICIEL DE L’AERO-CLUB DE FRANCE

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