‹ L'Aérophile (volume 2)Chapitre 103 sur 145 · COMMISSION SPORTIVE DU 14 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

COMMISSION SPORTIVE DU 14 SEPTEMBRE

Sur le rapport de M. Georges Besançon, la C. S. a homologué les résultats du concours d'Amiens (30 juillet 1905) : 1* M. G. Blanchet (300! fr.); 2 M. Bachelard (4150 fr.) : 3° M. E. Barbotte (100 fr.).

ADrès avoir entendu MM. Surcouf et le comte de Castillon, la Commission décide d'annuler l'épreuve du 2 juin 1905, les concurrents n'ayant pas remis leurs papiers de bord en temps utile.

La Ce S. arrête le programme du concours fondé par M. Louis Vavasseur, épreuve qui aura lieu au parc d'aérostat'on dé J'AE. C. F. le 1° octobre.

LES ASCENSIONS AU PARC DE L'AÉRO-CLUB DE FRANCE

11 août. — 1 h. 35 du s. Aéro-Club-IV (530 m°) ; M. Frank P. Lahm. Atterrissage à 4 h.35, à Nangis. Distance : 70 kil. Altitude maxima : 2.100 m.

12 août. — 7 h. 15 du s. Saint-Louis (2.350 m°) ; MM. Jacques Balsan, le capitaine Voyer, le capitaine Sacconey. M. Jacques Balsan s'était fait inscrire pour la coupe de La Pelite Gironde, La direction du vent ne fut point favorable et le Saint-Louis après être passé sur le Mans vint atterrir le 13 août à 8 h. 15 du matin, à Dinan (Côtes-du-Nord). Grâce au ballonnet dont le Saint-Louis est muni, M. Jacques Balsan, demeura parfaitement maitre de son équilibre, si bien que dans la matinée du 13, malgré les rayons ardents du soleil levant, il se maintint constamment à l'altitude de 350 m. Au moment où l'approche de la mer imposa l'atterrissage, il restait encore à bord la moitié du lest. La température minima fut de 7°, la nuit, à l'altitude de 1.400 m. Jusqu'à 500 m. d'altitude, vent N.E. ; au-dessus, vent E. La distance parcourue est de 320 kil. environ. Durée : 13 heures.

13 août. — 1 h. 45 du s. Katherine-Hamilion (800 m‘) ; MM. Frank S. Lahm, Frank P. Lahm, Erwie. Atterrissage à 5 h. 45, à Bueil (Eure). Altitude maxima : 2.000 m.

14 août. — 7 h. du s. Aéro-Club-III (1.200 m°) ; MM. À Mélandri, Marcel Boissy d'Anglas, Mme Marcel Boissy d'Anglas. Atlerrissage le 15 août, à midi 20, à Saint-Sauveur-Châteauneuf après un grand circuit. Voir plus loin le compte rendu détaillé de cette ascension au cours de laquelle fut observée l'éclipse de lune du 15 août.

16 août. — 9 h. 30 du s. Centaure (1.600 m°) ; MM. de Castillon, Albert Omer-Decugis, Jacques Savary, Mme Albert Omer-Decugis. Alterrissage le 17 août, à 10 h. 30 du matin. à Chenonceaux (Indre-t-Loire). Parcours : 195 Kil. Durée : 13 h. On ne saurait trop féliciter Mme Albert Omer-Decugis de la remarquable énergie dont elle a fait preuve en accomplissant, sans défaillance, cette longue randonnée nocturne.

83 août. — Midi 15, L’Elfe (1.860 m'); MM. de La Vaulx, A. Vonvwiller, Vahrmann, de Mittag, Lekheym. Atterrissage à 6 h. du soir à Verdun (Meuse). Distance : 230 kil. Durée : > h. 45. Vitesse horaire moyenne 40 kil.

C'était le premier voyage de ce magnifique ballon en soie française, muni d’un ballonnet à air. L'Eljfe appartient à M. Alfred Vonvwiller. Il a été construit par M. Maurice Mallet. L'Elje possède deux nacelles : la première du type ordinaire et simplement proportionnée au cube du ballon est destinée aux ascensions sportives ; la seconde, plus volumineuse et plus lourde: est capitonnée, garnie de soules, de pochettes, de sièges ingénieusement truqués pour se transformer en lits de repos.

Elle est plus spécialement réservée au grand tourisme aérien. Il y a là un effort à noter vers l’amélioration du confortable en nacelle ; jusqu'ici on avait peut-être un peu trop négligé ce souci du confort et l'on avait eu tort. Cette amélioration sera bien accueillie de tout le monde et plus particulièrement des femmes que la perspective d'un long séjour dans un étroit panier d’osier empêchait parfois de venir au sport aérien.

25 août. — 3 h. 45, Aéro-Club III (1.200 m°) ; MM. Erik Tollander de Balsch, A. de Contades, X... et Mme X.. Atterrissage à 7 h. 15, à Nogent-le-Roi, près Dreux, sous la pluie battante.

14 septembre. — $ h. 40 du s. Phæbé (800 m') : MM. Bachelard et André Le Brun. Atterrissage le 15 septembre, à 7 h. 40 du m., à Saint-Froult, près Soubise (Charente-Inférieure), ‘entre Rochefort et l'Atlantique.

M. Bachelard voyant les circonstances favorables, s'était inscrit par lettre à lAéro- Club de France pour la coupe de La Pelile Gironde, mais dans la précipitation du départ, il négligea de confirmer en temps utile son inscription par un télégramme adressé à l’Aéro-Club du Sud-Ouest, selon les prescriptions du règlement de l'épreuve. à

Cette omission est d'autant plus regrettable pour M. Bachelard qu'il est le premier des aéronautes concurrents à pénétrer dans la zone des départements limitrophes de la Gironde, performance donnant droit à une indemnité kilométrique. Le lieu d'atterrissage -est à 45 kil. de la Pointe de Grave, point du territoire girondin le plus rapproché. Il s’en faut donc de peu que M. Bachelard devienne le premier détenteur de la Coupe. Dans tous les cas, ce premier succès stimulera l'émulation des pilotes parisiens en leur montrant que les conditions de Fépreuve ne sont nullement impossibles à réaliser. La distance parcourue est de 400 kil. environ. La durée du voyage est de 11 heures.

Doxs POUR LA BIBLIOTHÈQUE, LE MUSÉE ET LAS ARCHIVES

Les progrès de l'aviation par le vol plané, par le capitaine d'artillerie F. Ferber, article -e la Revue de l’Artillerie, don de l’auteur.

Rapport Sur l'ascension Scientifique dü 7 juin 1905

Au cours de l'ascension scientifique du 7 juin, je me suis proposé d'étudier les augmentations du nombre des globules rouges qui ont été déjà constatées par différents observateurs dans le sang de l'homme et des animaux, au cours des ascensions en bullon. Mes expériences ont porté sur deux lapins :

Sang de l'oreille Sang central 9 h. 30 Lapin A. 4.660.000... globules rouges. à terre (15°) Lapin B. 4.510.000...... — 11 h. 30 :

SA Lapin A. 5.310.000... = F 9 ue D TapineB 5 3700000. 2 midi à 3.000 à D 1 | Lapin A. 4.500.000...... — 3.695.000 (artère fémorale) 12° à a o a midi 30 à 2800 à cn m. Lapin B. 4.390.006 Ste — 4.080.000 (veine fémorale.) (1°

Il s'est donc produit, chez ces deux lapins, une augmentation brusque du nombre des globules rouges dans le sang périphérique. Cette augmentation, qui est environ d’un million de globules par mm. c. de sang, n'a pas duré. Au maximum de l'altitude atteinte le chiffre des globules était revenu à la normale. À ce moment, le sang profond (vaisseaux fémoraux) ne contenait pas plus de globules qu’à l’état normal ; la différence qui existe dans nos expériences entre le sang profond et le sang périphérique est connue et normale.

Les observations précédentes tendent donc à nous montrer que les augmentations de olobules brusques observées dans le sang, en ballon, sont dues à des répartitions inégales des globules dans le sang, et non à des néoiurmations ou à des afflux de globules venus des organes hématopoiétiques. Ceci confirme les vues qui ont été émises sur ce sujet par MM. Henri Lapicque, V. Henri, H. Mayer et nous-mêmes, à la suite d’ascensions faites l’an dernier.

La cause de ces répartitions inégales de globules rouges est peut-être due à des actions vaso-motrices influencées par le changement brusque de température. Cette hypothèse sera vérifiée par des expériences faites au laboratoire.

Je tiens en terminant à remercier l’Aéro-Club qui m'a donné l'occasion de faire cette expérience, ainsi que M. de Castillon de Saint-Victor.

DANANOLEN

CS

Êes préparauts du Eebadacde

Nous aurions été heureux de mettre sous les yeux de nos lecteurs le rapport fransmis au ministre de la Guerre par les officiers chargés de contrôler en son 1om les expériences militaires accomplies en juin-juillet derniers, par le dirigeable Lebaudy. Mais si le secret, sur ce point, a été bien gardé, — et nous ne saurions ous en étonner, — il est certain que les conclusions des officiers contrôleurs ont été hautement favorables, de même que les avis des divers services consultés.

Il suffit, pour en avoir la convaincante démonstration, de signaler dans quelle mesure importante le ministère de la Guerre a tenu à faciliter à MM. Paul et Pierre Lebaudy et Julliot, l'exécution de la deuxième partie de leur programme d'expériences. Après l'ouragan du 6 juillet, ce n'est ni au camp de Châlons, ni à Moisson, comme on le pensait tout d’abord, qu'a lieu la remise en état du dirigeable. Elle s'achève en ce moment à Toul, sous la direction de MM. Julliot et Juchmès, dans des bâtiments militaires mis à leur disposition par l'Etat, avec le concours des officiers du génie de la place, MM. le commandant Jullien et le capitaine Richard.

Tout au bout de la ville de Toul, sur le plateau de la Justice, à côté du champ de manœuvres, se trouvent les manèges dépendant de la caserne du 39 d’artillerie. C'est l'un de ces manèges qu'on est en train de transformer en hangar pour abriter le Lebaudy. De ce point, on jouit d'un joli coup d'œil sur la vallée, au fond de laquelle serpente le petit ruisseau d’Ingressin, que longe la ligne du chemin de fer et que dominent, en face, la colline d'Ecouvres et le fort du Mont Saint-Michel.

Ce manège, dont une consigne rigoureuse interdit l'accès aux profanes, est un vaste bâtiment rectangulaire, mesurant environ 60 mètres de long sur … ne. Sn sensiblement les mêmes dimensions que le hangar a es Men ê ner nn Sun métallique aux formes arrondies et la sortie du ballon et ie ne. ET en PIEROPS DO IN DOM AEne AO ce on à creusé à l'intérieur, une énorme fosse ou cuvette

: profondeur, destinée, comme à Moisson, à loger la nacelle et les

œuvres basses du dirigeable. Celte fosse s'étend en dehors, dans la campagne, et les manœu\res du ballon se trouveront ici facilitées par la déclivité naturelle du terrain à la sortie du hangar.

Tout à côté du hangar, la vaste plaine du champ de manœuvres servira admirablement de lieu de départ et d'atterrissage.

En dehors des ouvriers, civils, 150 hommes de troupe ont été mis à la disposition de MM. Lebaudy pour aider aux divers travaux. Le matériel accessoire qui servait à Moisson, pour le gonflement, le ravitaillement, le remisage et la manœuvre du ballon à été, en grande partie, transporté à Toul. Etant donné l'encombrenent de certaines pièces, ce n'était pas là une mince difficulté ; elle à été très heureusement résolue.

Près du hangar à ballons, dans une ancienne carrière, il a été procédé à la mise en place des installations annexes. Comme à Moisson, une locomobile actionne une dynamo qui fournit la lumière électrique nécessaire aux travaux urgents à continuer le soir. Le générateur à hydrogène est prêt à fonctionner.

Aux alentours sont rangés les nombreuses touries d'acide sulfurique et les tonneaux de tournure de fer destinés à la fabrication du gaz léger.

La grande carcasse métallique a été remise en état dans une des cours de la caserne.

Enfin, dans un autre manège du 39% d'artillerie, s’achèvent, sous les ordres de l’aéronaute, M. Juchmès. assisté du mécanicien Rey, par les soins de l’équipe spéciale de Moisson, complétée par une trentaine d'ouvrières, recrutées dans le pays, les réparations de l'enveloppe et de certaines parties métalliques.

Gräce à l'activité avec laquelle sont poussés ces différents travaux, on peut espérer que le mois de septembre ne s’achèvera pas sans que les expériences aient repr's. Le gonflement de l’aéronat a été commencé le 21 septembre.

Ces expériences porteront toujours sur l’utilisation militaire des dirigeables. Mais en quoi consisteront-lles exactement et pourquoi cette préférence donnée à Toul, comme centre d’évolutions ?

Elles ne seront que la continuation du programme primitivement tracé, et que aous æexposions dans l’Aérophile de juillet.

Le superle raid de 200 kilomètres, en trois étapes, de Moisson au Camp de Châlons, et les divers essais qui l'avaient précédé, ont permis aux officiers chargés de contrôler ces premières expériences de se rendre compte de l’aide qu'un dirigeable peut donner à une armée en campagne.

Il reste maintenant à expérimenter le rôle qu'un ballon de ce genre peut être appelé à jouer dans la défense d’une place forte. Ce rôle paraît, a priori, des plus imporlants. Le dirigeable peut renseigner le commandant de la place, bien mieux que ne le ferait un ballon captif, sur la situation et les forces de l'ennemi ; il peut sortir à volonté de la place et y rentrer ; il peut, de la sorte, se mettre en communication avec une autre place forte ou une armée de secours, en vue de préparer un action collective. Il pourrait enfin prendre l'offensive, en portant, au moyen d'explosifs, la ruine dans le quartier général ennemi, si la conférence de La Haye n'avait interdit ce genre d'application des ballons dirigeables, en limitant formellement leur rôle à un service de renseignements et de reconnaissances.

On voit par ce rapide exposé que les prochaines expériences de Toul seront particulièrement intéressantes.

Quant au choix de la ville de Toul, il s'explique très simplement. Après l’accident du camp de Châlons, survenu heureusement à la fin des expériences de « service en Campagne », il s'est agi de savoir où l’on trouverait l'endroit le plus convenable pour servir de centre à la seconde partie des essais, ceux concernant 12 « service des places fortes ».

Un examen approfondi permit à l'ingénieur M. Julliot de reconnaître que ni le camp de Châlons, ni Verdun, auquel on avait d'abord pensé, n'offriraient, à cet égard, des avantages comparables à Toul. Le programme dressé par lui et présenté par MM. Lebaudy, pour l'exécution des aménagements nécessaires, ayant reçu l'approbation du ministre @e la guerre, il ne restait plus qu'à le réaliser promptement. C'est ce que l'on a fait.

Nous ne tarderons pas à voir à l'œuvre le dirigeable Lebaudy dans ces nouvelles applications militaires. Cette seconde campagne sera, comme la première exéculée, sous le contrôle de M. le commandant Bouttieaux, du Parc de Chalais-Meudon, assisté de MM. le capitaine Voyer et le commandant Wiard.

Et grâce à l’initiative de MM. Lebaudy et Julliot, c’est encore à la France que reviendra, sans doute, l'honneur d’avoir fait faire un nouveau pas décisif aux méthodes de guerre modernes. GEORGES BLANCHET

Le Santos-Duamont XIV à Trouville

C'est à Trouville que le Santos-Dumont XIV à fait ses débuts dans l’atmospère. Retardé par des détails de mise au point de la partie mécanique, gêné par une longue période de mauvais temps, le vaillant aéronaute ne put faire les premiers essais au Parc de l'Aéro-Club, comme il l'aurait désiré.

Il fit donc transporter son ballon à Trouville, où il villégiaturait, l'abrita sous

Ê : re ë Cl ché de l''AUTOMOBILE?

Nacelle, moteur et hélice du Suntos-Dumont XIV.

un ingénieux hangar démontable, en charpente et toile, à côté de la jetée-promenade, et attendit la première journée propice.

Le iundi 21 août, le temps s'étant mis au beau, Santos-Dumont fit amener l’aéronat sur la plage, et à 6 heures du soir il prenait l'atmosphère aux applaudis-

Liu eue le AU M 7

Le Santos-Dumont XIV au parc de l’Aéro-Club de France. - te

ments à une assistance nombreuse et des plus élégantes, parmi laquelle nombre

de sportsmen et plusieurs aéronautes. Citons : MM. Jacques Faure, Paul Bordé,

Pierre Letellier, Fraizier, le comte Gérard de Ganay, le comte de Chazelle, Mme Sa-

cilly, ie comte de Pracomtal, Mme Arago, MM. Sautereau, Canaple, Prévost, le comte de Crisenoy, le marquis de Pracomtal, Sohège, Helleu, etc.

Pend-nt une demi-heure, le ballon évolua sous la main experte de son pilote,

L'AÉROPHIIE 201

le guicerope à la traîne à une hauteur fixe de 90 mètres environ, tantôt au-dessus de la plage, tantôt au-dessus de la mer. Santos-Dumont reprit terre ensuite ; pendant cette manœuvre, une des suspensions en fil d'acier se brisa. Sans écouter ses amis qui le priaient de ne point repartir dans ces conditions, le hardi aéronaute reprit l'atmosphère, filant dans la direction de son hangar, devant la porte duquel il stoppa avec une parfaite précision, au milieu des ovations.

Le lendemain, à 6 h. 30, eut lieu une nouvelle sortie dans les mêmes conditions. Elle dura un quart d'heure. Après avoir évolué à son gré et s'être quelque peu aven(turé en mer, Santos-Dumont regagna sans encombre son point de départ.

Le troisième essai fut fait le 25 août. Le temps était très beau et calme. Devant une foule énorme le Santos-Dumont évolua de 6 h. à 7 heures, décrivant de nombreux virages et des orbes gracieuses au-dessus de la plage st de la mer. L'aéronaë regagnaii ensuite son port d'attache par ses propres movens.

Ces expériences préliminaires seront sans doute continuées à Paris, et Santos- Dumont profitera des belles journées d'automne pour parfaire la mise au point de son nouvel aéronat.

À vrai dire, le Santos-Dumont XIV qui évoluait à Trouville différait sensible-

Le Santos-Dumont XIV modifié évoluant à Trouville, 25 août 1905.

ment dans sa partie aérostatique du Santos-Dumont XIV que l'on a pu voir au hangar de l’Aéro-Club et dont nous avons donné une description détaillée.

L'enveloppe, de forme extrêmement aïlongée, si caractéristique que nous avions pu voir au Parc de l'Aéro-Club et dont nous publions une;mouvelle photographie avait été remplacée à Trouville par une enveloppe beaueôup plus courte et plus ramassée, à maïtre-couple d’un diamètre relatif plus important, nettement reporté vers l'avant.

Un simple coup d'œil sur la photographie du ballon ainsi remanié, reproduite c'-contre, permet d'apprécier la très grande différence entre les deux types successifs et de voir également combien le ballon de Trouville se rapproche, comme aspect général, du Santos-Dumont IX. (Cons. Aérophile de septembre 1903, page 201.) Cette enveloppe, presque ovoïde, est plus favorable à la stabilité de l’ensemble, mais elle est aussi infiniment plus résistante à l'avancement.

Quant à la partie mécanique du Santos-Dumont XIV, elle est restée telle que nous l’avions décrite en détail dans l’Aérophile d'avril 195, caractérisée par une hélice métallique directement calée. sur l'arbre d’un moteur de 16 chevaux, en avant d'une armature très courte dans laquelle est insérée la nacelle proprement dite. Il sera intéressant de voir les résultats de ce dispositif. A. NICOLLEAU

hes Aéronautes et l'Éclipse du 30 Août 1905

À l'heure où nous écrivons ces lignes, on ne peut connaître encore dans leurs défails les résultats des observations de l’éclipse de soleil, exécutées le 30 août, sur divers points de la bande d'éclipse totale ou dans la zone d'éclipse partielle, à l’aide des appareils aériens les plus divers, depuis le ballon libre monté jusqu'aux cerfs-volants météorologiques ou aux simples ballons-pilotes. Les documents ainsi recueillis doivent être examinés avec soin, coordonnés, vérifiés, interprelés parfois par Comparaison ; c'est là un travail de cabinet qui ne pouvait s'exécuter sur place et demandera forcément quelques jours. Nous nous bornerons donc, pour le moment, à indiquer les principales recherches exécutées et les conditions dans lesquelles elles ont été faites, quittes à revenir, s’il y a lieu, sur les conclusions que les divers observateurs croiront devoir tirer de leurs travaux.

Les observations aériennes de l'éclipse du 30 août 1905 s'organisèrent : 1° à Constantine et à Burgos, pour les régions d'éclipse totale ; 2° à Bordeaux, à Paris, à Liége et à Londres, pour les régions d'éclipse partielle.

Observations aériennes de l’éclipse totale

A Constantine. — Nous avons annoncé dans notre numéro de juillet que le comte Henry de La Vaulx, accompagné de M. Jaubert, directeur du Service météorologique de la Ville de Paris, chargé des observations, se rendrait à Constantine, en mission officielle du Ministère de l'Instruction Publique, pour y étudier, à bord du Centaure, l'éclipse de soleil du 30 août, complète en ce point. L'expédition avait lieu sous le patronage du Bureau des Longitudes et de la Commission d'aérostation scientifique de l’Aéro-Club de France, avec l'appui moral et financier de plusieurs membres de cette dernière Commission tels que S. A. I. le prince Roland Bonaparte, MM. Gustave Eiffel, Henry Deutsch de la Meurthe, Robert Lebaudy.

Dès leur arrivée à Constantine, le 28 août, MM. de La Vaulx et Jaubert s'occupaient d'organiser, à l'Hôpital militaire, un poste d'observations terrestres très complet, pouvant. fonctionner pendant une dizaine de jours. Puis, il fut procédé aux préparatifs de gonflement du Centaure. Cette opération commença le 29: août. Le gaz fourni par l'usine de Constantine, distillé à part grâce à l’amabilité du directeur, fut excellent au point de vue aéronautique.

Le jour de l'éclipse. tout était prêt bien avant l'heure et une foule nombreuse, composée d'Européens et d'indigènes à qui la présence de cette machine insolite causait une curiosité mêlée de méfiance, se pressait autour de l'emplacement de départ. Le ciel était. parfaitement pur, ce qui faisait espérer la bonne réussite des observations.

Il fut procédé d'abord, par les soins de MM. de La Vaulx et Jaubert, au lancement d'un ballon-sonde, obligeamment fourni à la mission, par M. Teisserenc de Bort, et destiné à explorer les couches atmosphériques où les aéronautes ne pouvaient espérer pénétrer. Ge ballon-sonde était muni d’une carte sur laquelle étaient imprimées en français et en langue arabe les indications nécessaires pour le retour des instruments et les précautions. à prendre pour ce renvoi. Il fut retrouvé près de Jemmapes, en bon état.

Les indications des appartils sont en ce moment relevées par les soins du Bureau de Météorologie dynamique de Trappes, créé par M. L. Teisserenc de Bort.

Le Centaure s'éleva ensuite à 1 h. 15, piloté par le comte de La Vaulx, accompagné äâe M. Jaubert, muni des divers instruments nécessaires aux observations. Après avoir plané jusqu'à 2 h. 55 dans la région de Constantine pendant que s’accomplissait le phénomène astronomique il prit nettement la direction de la mer. Il vint atterrir à 3 h. 30 dans le douar Ouled-Messaoud, près d'El Arrouch. canton de Jemmapes, à 40 kil. environ de Constantine, à mi-chemin entre cette ville et la Méditerranée. Des pigeons-voyageurs. avaient tenu le poste de Constantine au courant des péripéties de la traversée et annoncèrent l'heureuse descente. Grâce aux instructions du Gouverneur général de l'Algérie et au bon vouloir du cheik, les indigènes firent le meilleur accueil aux aéronautes, tout en n'étant pas éloigné de voir une corrélation entre la descente sur leur territoire de cet énorme globe et la disparition momentanée du soleil. De retour à Constantine et après dépouillement des diagrammes et des photographies obtenues, MM. de La Vaulx et Jaubert purent constater que leurs observations avaient réussi selon leurs désirs.

Une ascension comparative eut lieu le 3 septembre, comportant les mêmes observations que le 30 août. Une foule immense, évaluée à 10.000 personnes, se pressait autour du Centaure qui s'éleva à 1 h. 15, monté par MM. de La Vaulx et Jaubert. L’atterrissage S'effectua dans l'après-midi, dans le douar Touzeline, commune mixte, de Canrobert, canton d'Aïn-Beïda, arrondissement de Constantine, à 70 kil. environ au sud-est de cette ville. Plus de 500 Arabes se rassemblèrent aussitôt autour du ballon, mais grâce aux

instructions répandues à profusion dans la contrée par les soins des autorités. ils s'empressèrent d'aider les aéronautes à terminer le dégonflement et le pliage. Cet empressement n'était point, à vrai dire, absolument désintéressé, car MM. de La Vaulx et Jaubert eurent à regretler la disparition de deux appareils pos SEA DRIAUe contenant de nombreux clichés de la région pris à des altitudes variées et qui demeurèrent introuvables malgré les objurgations du cheik et des propriétaires. On doit reoretter la perte de ces photographies intéressantes au point de vue pittoresque. mais heureusement les documents relatifs aux études scientifiques poursuivies étaient au complet.

MM. de La Vaulx et Jaubert sont rentrés à Paris le 13 septembre. Une première communication sur leurs observations élait présentée le lendemain à l'Académie des Sciences ce qui nous permet de nous faire dès maintenant une idée d'ensemble des résultats

obtenus.

Rapport sommaire sur | 5 observations a ricnnes du 30 août exécutées à bo: d du Centaure par la mission du Minislère de l'Ins ruction prblique. sous les auspi es du Bureau d's Longiludes et Commission d'afrostation de l’Aéro-Club de France (Résumé analytique).

Poste de terre. — Le poste de terre muni d'un outillage très complet était installé sur la terrasse Nord de l'hôpital mililaire de Constantine, à 660 mètres d'altitude et à plus de 100 mètres au-dessus de la plaine environnante. Il fonctionna du 28 août au 6 septembre et permit les constatations suivantes

La pression barométrique à peu varié, montant lentement du 28 août au 4 septembre. Pendant l’éclipse, la pression a baissé de quelques dixièmes de millimètres. Dénivellation totale : 7 millimètres.

Les vents ont soufflé le plus souvent du Nord-Ouest, parfois très forts.

Les maxima de température de chaque jour ont surpassé 30° atteignant plusieurs fois 35° et 36°, ce qui n’a rien d'anormal en cette saison dans la région.

L’humidité a été un peu basse chaque jour au moment du maximum de température, surtout si celui-ci dépassait 23°. L'hygromètre a accusé 10 à 12 centièmes.

Poste du « Centaure ». — Tes deux ascensions montées des 30 août et 3 septembre par ciel très beau et- temps favorable ont présenté de notables différences dans les observations recueillies.

L’ascension du 3 septembre a montré une plus grande régularité dans la marche des phénomènes. La direction suivie par le ballon a été orientée du Nord-Ouest au Sud-Est. Vitesse moyenne du vent : S m. par seconde (un peu plus au-dessus de 2.500 m., un peu moins au-dessous). De terre jusqu’à 1.300 m., la température s’est progressivement abaissée de 25° à 15° ;: de 1.300 m. à 2.100 m., le thermomètre a marqué presque constamment 15° : de 2.250 m. à 3.000 m., nouvelle baisse progressive de 14° à 10°. Pendant la durée de l’ascension, à Constantire, au niveau du sol. le thermomètre se maintenait presque sans variation au voisinage de 25°

En ce qui concerne la première ascension, celle du jour de l'éclipse. les variations de température ont été peu marquées. Le refoidissement déterminé dans les couches supérieures par le passage de l’éclipse ne paraissait pas dépasser 3° à 4° tandis qu'à terre, au poste de l'Hôpital militaire de Constantine, on constatait un abaissement de 5°.

La trajectoire suivie par le ballon et qui représente naturellement la divergence des courants et surtout leur mouvement tournant bien caractérisé, a été ns des plus intéressantes particularités de cette ascension du 30 août. Parti par vent S.-E.. le ballon était. un quart d'heure après, poussé par un vent S.-S.-E., qui, ensuite, ns S., puis S.-S.-0., O.-S.-0., O., et enfin N.-0., au moment de l'atterrissage dans le douar Ouled-Messaoud. Le tracé du trajet représente un arc de cercle de 27°. L'absence d'anémomètre n'a pas permis de constater scientifiquement si, au voisinage du sol, le vent avait eu un mouvement de rotation aussi régulier. Cependant, d'après les observations visuelles, cela semble probable. En outre, à Bougie, un observateur a constaté au moyen d'une girouette, que pendant le phénomène le vent a passé du S.-E. au N.-E. par l'O. pour revenir ensuite à son point de départ.

Pendant l’éclipse, le ballon a plané de 2.060 à 2.500 m.. aussi les aéronautes ont-ils pu suivre toutes les phases du phénomène. Une photographie de la couronne a été prise à cette altitude, mais, en raison des difficultés de mise au point, elle n’a pas dans tous ses détails une netteté absolue. Observée à cette hauteur. la marche du cône d'ombre a été tout à fait saisissante : les paysages algériens revêtaient une teinte grisâtre, les champs apparaissaient couleur terre de Sienne de plus en plus foncée à mesure qu'approchait la phase totale.

L'obscurité a été plus grande qu'à terre, puisque les aéronautes durent faire usage d'une lampe électrique pour lire les appareils, tandis qu'au poste de terre les lectures se firent entièrement sans recourir à la lumiere artificielle.

Du ballon, il ne fut pas possible de distingver la lueur du jour à l'horizon ni d'appré- Cier les stries ou ombres volantes qui précédèrent et suivirent la phase de totalité. Ces

phénomènes ont été suivis avec soin de la station terrestre ; . el été VUS sous trois aspects différents et ont duré environ 20 secondes avant el après la totalité de l’éclipse. Les ombres avaient la forme de longues langues d aspics isolées les unes des autres, ayant un mouvement irrégulier de va-et-vient, se tordant immédiatement après leur apparition, pour se former en croissants réguliers ayant mêmes dimensions entre eux. Après une ou deux secondes, ceux-Ci se sont, dans leurs mouvements, orientés de telle facon que la partie intérieure convexe était le prolongement de la partie extérieure concave de l’autre, ce qui a donné à cetle ombre l'aspect d'une longue langue tordue en tire-bouchon, ayant un léger mouvement de va-et-vient longitudinal. Ces ombres sinueuses avaient, sur le plan horizontal, la direction N.-E.-S.-0.; pendant la période de miroitement, six à sept secondes avant et après l'éclipse totale, on à pu remarquer sui les stries sinueuses, certaines ombres faisant avec celles-ci un angle de 25° environ, toujours dans la même direction et qui avaient la forme de longues barres ayant une largeur de G à 7 centimètres reliées entre elles par des bandes éclaiïcies environ six fois plus larges, parallèles entre elles. .

A mesure qu'avançait ia totalité, les phénomènes de diffraction sur les ombres portées s’accentuèrent. Si, dans la pénombre d'une ombre portée, on avançait un Corps à contours nets, une feuille de papier, par exemple, on pouvait constater très clairement sur la limite de la pénombre et de la lumière que l'objet apparaissait double. Des phénomèncs de coloration qu'on observe par de beaux couchers de soleil, ont été visibles et les spectateurs ont été surtout impressionnés par la rapidité avec laquelle les différentes colorations s° sont succédées.

Des observations actinométriques ont été faites ; elles permettront de déterminer la valeur de l’affainlissement de la lumière comparativement aux mesures prises dans les mêmes conditions en temps normal.

Poste des hautes alliludes. — Ce poste était constitué par le ballon-sonde dont nous avons parlé. Les indications des appareils sont relevées en ce moment à l'Observatoire de Météorologie dynamique de Trappes.

Influence de l'éclipse sur les animaux el sur les Arabes. — Cette influence a été remar-quée. Les pigeons sont rentrés au colombier. Un pigeon lâché de la nacelle, par les aéronautes, en pleine éclipse, est rentré beaucoup plus tard que ceux lancés à la descente du ballon. Les oiseaux de proie, nombreux dans les gorges du Rhummel, voletaient effarés en regagnant leurs aires. Aux environs de Constantine, des troupeaux se réunirent pour rentrer à la bergerie dès le début de l’éclipse, tout surpris de la brièveté de la nuit, ils revinrent ensuite à leur pâturage. Les coqs ont chanté.

Les Arabes eux-mêmes ont été influencés par le phénomène auquel les plus instruits d'entre eux ne comprenaient rien. Les Arabes de Constantine regardaient au travers de leurs verres fumés, non point l’éclipse, mais le ballon, car, pour eux, il y avait corrélation évidente entre l'ascension d’un ballon et l’éclipse. Certains croyaient même que c'était le ballon qui avait déterminé l'obscurité.

Les Arabes des douars étaient effrayés ; en effet, lors de la première descente, ceux qui virent l’aérostat se rapprocher du sol s'enfuirent en poussant des cris ; les femmes rentrèrent à leurs gourbis en chantant leurs « youyous » plaintifs. Aux environs de Constantine, les indigènes, en voyant le ballon s'élever dans les airs et dans leur pensée, partir pour éteindre le soleil, tiraient des coups de fusil.

Au moment de l'atterrissage, les Arabes qui se décidèrent enfin à s'approcher de la nacelle, le firent lentement et avec beaucoup de circonspection et il fallut toute l’insistance des aéronautes pour les décider à toucher la nacelle et à aider aux manœuvres de dégonflement car ils considéraient cela comme une chose surnaturelle.

Les autorités avaient heureusement pris soin de prévenir, par l'intermédiaire des administrateurs, tous les indigènes du territoire. Aussi, le premier mouvement de frayeur passé, les aéronautes furent-ils très bien reçus. Il est seulement à regretter qu'à la descente, lors de la deuxième ascension, un ou plusieurs Arabes peu scrupuleux se soient emparés de deux appareils photographiques contenant une série pittoresque de vues panoramiques, prises à bord du ballon, de toute la région qui s'étend entre Constantine et Aïn-Beïda.

Sonme toute, le succès de la mission a été complet et les observations très fructueuses.

A Burgos. — À Burgos, le système d'observations par appareils aériens, organisé comme nous l’avons dit (voir Aérophile de juillet), par le savant colonel Vivès y Vich. conformément au programme de la dernière conférence internationale à Saint-Pétersbourg, a été des plus complets.

Des stations d'observations de terre avaient été établies à Burgos et au parc aérostatique militaire de Guadalajara. Le capitaine du génie Miliau, fut chargé d'observer au théodolite ia trajectoire des ballons sondes et des ballons-pilotes et de dessiner la couronne, Le lieutenant du génie Ramis avec des hommes de troupe était chargé des appareils

enregistreurs, de la lecture directe des baromètres, thermomètres, hygromètres, anémomètres, etc. Le lieutenant du génie, Castilla y Rolandi, s'occupait, avec le personnel nécessaire, des travaux photographiques, muni de quatre chambres distinctes. dont l’une identique à celle qui était employée à bord du ballon Urano, pour obtenir des photographies comparatives. Le lieutenant du génie Pintos, avait pour mission l'observation des nuages. Le capitaine Lopez Soler devait faire des observations spectroscopiques avec un appareil semblable à ceux emporlés en ballon ; le capitaine Gordejuela et le lieutenant Mulero, tous deux du génie, devaient observer les ombres volantes, visibles au voisinage de la totalité, en se servant d'écrans blancs suspendus horizontalement à une certaine distance sous la nacelle. Les observalions de la station de Guadalajara, dirigées par le capitaine Rojas, portaient principalement sur la météorologie.

M. le professeur Berson, membre de la Commission internationale d'aérostation scienüfique et M. Rotch, directeur de l'Observatoire de Blue Hill (Boston), étaient également venus pour faire des observations. À signaler encore parmi les notabilités aéronautiques présentes, M. Hermite et notre directeur, M. Georges Besançon, heureux de voir l’importante application de ces ballons-sondes qu'ils eurent l'honneur de créer et d'utiliser les premiers ; M. Fernand Jacobs, président de l’Aéro-Club de Belgique, etc.

Les observations de Burgos comprenaient, en effet, des lancers de ballons-sondes, dont trois pendant l'éclipse, qui eurent lieu aux jours et heures indiqués dans notre numéro de juillet, page 165. Il y eut aussi des ascensions de ballons captifs montés par des observateurs ou munis d’enregistreurs et des lâchers de ballons-pilotes.

Mais la partie la plus intéressante de ces investigations aériennes était l'ascension de trois ballons libres montés, emportant, le 30 août, pendant l'éclipse, plusieurs observateurs. Les départs eurent lieu au quartier d’arlillerie, en présence du roi d'Espagne.

Le premier contact devait se produire à Burgos, à 11 h. 46 33’ (heure locale): la phase de totalité devait durer de 1 h. 6’ 57° à 1 h. 10° 39° ; le dernier contact devait avoir leurre

A midi 18, le Jupiler (900 m°) ballon militaire, s'élevait le premier, piloté par le lieutenant-colonel Vivès y Vich, accompagné du professeur Berson, représentant de l’Association internationale d’aérostation scientifique, chargé des observations météorologiques et du docteur Romeo, préposé aux observations spectroscopiques combinées avec celles de terre. Le Jupiter atteignit 4.300 m. et vint atlerrir à la Sierra de la Dernanda, à 70 kil. de Burgos.

Par un procédé emprunté aux aérostliers italiens, et dans le but de réfléchir les rayons du soleil pour éviter l’échauffement du gaz suivi de fâcheuses condensations, ce ballon avait été enduit de poudre d'aluminium qui le faisait ressembler à un globe métallique.

A midi 23, eut lieu le départ de l'Uranus (800 m‘), piloté par le capitaine Kindelan, accompagné de M. Arcimis, du Service météorologique, chargé des observations météororologiques et photographiques. L'Uranus s'éleva à 5.100 m. et atterrit à peu près au même endroit que le Jupiler.

Enfin, à midi 26, un autre ballon militaire, le Mars (800 m'), prenait à son tour l'atmosphère, conduit par le lieutenant du génie Herrera, chargé de dessiner la couronne solaire et accompagné d'un aéronaute civil, M. J. FE. Duro, fondateur du Real- Aereo-Club de España et pilote de l’Aéro-Club de France, chargé de diverses observations météorologiques. Le ballon Mars a alterri dans de bonnes conditions près de Vitoria, à environ 100 kil. au N.-E. de Burgos, après avoir atteint l'altitude de 4.600 m. Le lieutenant Herrera a pu dessiner très exactement la couronne solaire et ses protubérances. Le minimum de température en ballon monté fut de —10°.

L'ensemble des observations de Burgos formera la matière d'un rapport ultérieur du colonel Vivès y Vich, qui permettra de bien apprécier leur intérêt et leur importance.

Le lendemain de l'éclipse eut lieu une ascension libre de contrôle conduite par le Capitaine Gordejuela.

Observations aériennes de l’éclipse partielle

A Bordeaux. — Les observations étaient organisées par l’Aéro-Club du Sud-Ouest, avec le concours de La Pelile Gironde. Le temps très pluvieux et peu favorable rendit les départs difficiles et obligea même à les retarder.

Le ballon La Belle-Hélène (1.600 m'), obligeamment prêté par M. C.-F. Baudry, président du Club, servit d’observatoire aérien. Il était piloté par M. Briol, l'excellent pilote bordelais, aidé de notre confrère de La Pelile Gironde, M. Mauricé Martin. M. Eselancon, de l'Observatoire de Bordeaux-Floirac. était chargé des observations actinométriques et polarmatriques. Le départ eut lieu à 11 h. 57, dans la prairie avoisinant les gazomètres de Bacalan, où sera établi l'année prochaine le pare de PA. CHSMOAAOUdiMpanades averses continuelles: le ballon ne put dépasser 1.500 m. d'altitude et vint atterrir CRD El au moulin de Pont-Roudin, près Peaumont (Dordogne). Le minimum de température fut

S°. Malgré ces ciconstancés défavorables, M. Eselangon à pu faire des observations intéressantes dont le résultat détaillé sera connu dans quelques jours.

Trois autres ballons de tourisme s’élevèrent aussi de Bordeaux pendant l'éclipse

A midi 19, l'Aéro-Club III (1200 m'), piloté par M. Rodberg, accompagné de MM. G. Amigues, de La France de Bordeaux el du Sud-Ouest, et Lévy, ingénieur à la Compagne du gaz. Atterrissage définitif à 3 h., près de la commune de La Roquille-Ligneux, aux environs de Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), après une escale à Saint-Germain-de-Bucch causée par une très forte condensation.

A midi 46, l'Aquitaine (1.100 m'), piloté par M. Alfred Duprat, accompagné par MM. Dorville et Mariage. Atterrissage à 4 h. 30 dans la commune de La Roquille, après escale vers la fin de l’éclipse, au cours de laquelle un passager descendit. M. Duprat gagne ainsi le prix de 100 francs, créé par M. Panajou, pour les aéronautes atterris dans cette commune. Ce prix étant permanent, souhaitons qu'il soit souvent gagné.

À 1 h. 35, retardé par les bourrasques, le Cadel de Gascogne (700 m‘), piloté par M. Ch. de Lirac, accompagné de M. Max Champion. Atterrissage à 3 h. 15, sous la pluie, à Flaujagues (Dordogne), après avoir plané pendant la première partie du voyage dans un magnifique cirque de nuages qui faisait un admirable cadre au phénomène astronomique.

Le soir, un banquet réunissait, dans les salons de l’Automobile-Club bordelais, sous la présidence de MM. C.-F. Baudry et Lanneluc-Sanson, les aéronautes enchantés des merveilleux spectacles contemplés dans cette journée et des résultats scientifiques obtenus. crâce à l’heureuse initiative de l'A. C. S. O., dont l’œuvre de décentralisation sportive et scientifique se poursuit avec une activité el une intelligence dignes des plus grands éloges.

A Paris. — M. Paul Bordé, empêché par des circonstances indépendantes de sa volonté de faire l'ascension libre qu'il avait projetée avait organisé avec beaucoup d'ingéniosité et de dévouement une série d'observations aériennes qui ont donné d'excellents résultats.

Seul, le ballon-sonde en papier, lancé à 11 h. 30 du parc des grands ateliers aérostatiques de Vaugirard {ateliers Lachambre) se déchira sous l'effet de violents remous aériens, à 400 m. d'altitude environ. Les instruments furent retrouvés dans l'après-midi à Plaisance, dans la banlieue de Paris.

Le lancement d'un cerf-volant, porteur d'un nouveau météorographe imaginé par M. Bordé. se fit de la coupole de la Tour Eïflel avec un succès complet, en présence de MM. W. de Fonvielle, Masson, préparateur au Collège de France, qui voulut bien devenir un précieux collaborateur bénévole, Charles Levée. Henri Martin, Auguste Nicolleau, Alfred Leblanc. Les diagrammes recueillis sont relevés et contrôlés à l'Observatoire de inéléorologie dynamique, de M. IL. Teisserenc de Bort, à Trappes. Il fut fait aussi des observations télescopiques, spectroscopiques et actinométriques. Six photographies de l’éclipse furent prises avec des longueurs focales différentes. Pendant toute la durée de l’éclipse, l'ingénieux anémomètre enregistreur, installé par M. Eïlfel, indiqua un vent de 11 m. à la seconde, soit 40 kil. à l'heure.

A Liége. —- Si à Pordeaux le ciel fut nuageux et trop généreux en averses, à Liége, la journée du 30 août fut détestable avec de violentes bourrasques sous des nuées opaques. Le ballon La Belgique, à bord duquel le comte Hadelin d'Oultremont devait emmener MM. Deladreier chargé des observations et Zens, aïide-pilote, ne put partir sous une pareille tempête. Le capitaine Mathieu put cependant procéder avec succès au lancement d'un ballon-sonde et un peu plus lard d'un drachen-ballon muni d'enregistreurs qui tint l'atmosphère pendant toute la durée de l’éclipse.

A Londres. — Nous relatons d'aulre part, la belle ascension de M. Frank Hedges Butler qui, parti de Londres pour pholographier l'éclipse, réussit, en même temps. à traverser la Manche et à venir alterrir près de Caen (Voir à la première page de ce numéro : Portraits d'aéronautes contemporains).

Tel est, sommairement, le bilan de la journée du 30 août 1905, au point de vue aéronautique. Ce simple aperçu suffira, cependant, à démontrer quelle place importante l'aéronautique à su se faire comme auxiliaire de la météorologie et de l'astronomie. Le temps à marché depuis l’époque, pourtant récente, où Mme Dorothée Isaacs-Klumpke, dans la nacelle du Centaure, conduit par MM. de La Vaulx et de Castillon, exécutait. le 18 mai 1900, avec une méthode scientifique et un esprit d'initiative qu'on ne saurait trop: louer, la première observation d'éclipse en ballon. Le 30 août dernier, sans parler des. autres appareils aériens, c'élaient neuf ballons libres qui prenaient l'atmosphère, quelques-uns montés par de simples touristes, curieux de contempler un superbe phénomène astronomique, mais dont cinq au moins, emportaient dans les airs des observateurs d'une haute compétence, munis d'un outillage scientifique varié selon la nature spéciale de leurs. recherches et parfois construit pour la circonstance. Si, comme tout porte à le croire. les ballons ont démontré le 30 août, aux veux les plus prévenus, l'importance. la nécessité, même, de leur emploi, c'est sans doute à une véritable mobilisation aérienne que nous assisteront lors de l'éclipse de 1912. À. DE MASFRAND

CHLCURS SUR L'RÉROPRANE DE M. ARCHDEACON

expérimenté sur la Seine, les 8 juin et 18 juillet 1905

L’Aérophile de juillet 1905, donne, page 168, une photographie de cet appareil dont la coupe longitudinale ci-dessous donne les dispositions. Cet appareil a été conçu en son ensemble et en ses détails par M. Voisin, élève des Beaux-Arts ; entièrement et admirablement construit par lui, et sous les auspices de MM. Archdeacon et Surcouf.

Monté par M. Voisin, cet aéroplane remorqué par le canot automobile La Rapière s’est enlevé le $ juin, à 10 mètres de hauteur environ ; il s’est tenu parfaitement stable et à une incidence d'environ 15°.

Le 18 juillet, il s’est enlevé à quelques mètres et s’est très bien comporté, à une incidence de 10° environ, qui était celle désirée par M. Voisin.

Les calculs et l'expérience indiquent que le centre de gravité est un peu trop à l'avant, ce qui oblige, pour obtenir l’enlèvement, à tenir le régulateur fixé à l’avant, à sa position d'effet maximum comme sustension, soit à 37° d'incidence ; ce qui donne un notable surcroît de traction.

Nous avons calculé les conditions d'équilibre pour l'incidence de 10° pour toutes les voilures.

1° Voilures. — Les voilures sont des

surfaces très sensiblement planes ; elles

comprennent :

Le plan supérieur en avant : TOO DDR NP rem men et ouate re ne 0mUD DEtSDIAN SN IÉTeUTSLenMaAVONEMEMONCR DORE EEE En Ir 0) Deux plans en arrière : DO D MODO D ODA TR RS ATOS een ee ee — Le DmOU, PERTE SUa teur Cle RDS DECO HONNEUR Te Are = 0 0)

SUR ECS TOCIS oooodaccosoesee 6100

2° Posilion des résultantes de réaction. — Nous adoptons l'expression :

d=t (0.20+0.30 sinus à)

d est la distance du point d'application de la résultante au bord d'attaque du vent relatif.

l, largeur du plan.

i l'incidence=10°.

On trouve pour les voilures : d=0"50 Et pour le régulateur : d=0"20 Ce qui donne les points ç c’ c” de la figure.

3° Valeur des réactions. — Nous adoptons :

R=0.09 s v'xfoni

Si on appelle a la dimension du plan a usens du courant et b, la dimension en travers du courant, on à :

Ce 0 fon i=sinus à tre (ER EnUs | b Ce qui donne pour les plans d'avant : 0.42 — — d’arrière : 0.38 — pour le régulateur : 0.41 en faisant i=10°.

On a donc :

Voilure avant : R M ATTICTON: CE 0 Régulateur : R” —= 0

0.09 xX 37240 X 0.42 X v2 — 1.41 v? .09 X 20260 x 0.38 X vu? — 0.70 v?

.09 xX 3700 X 0.41 X v? = 0.41 v?

Réaction totale R1 = 2.22 v2

4° Charges. — Les charges comprennent :

appareil proprementedit- bee cer Lee Re CCC CCE E LEE 220* lercable mouillé) 300métres de longueur ee RE PRE Prec CCE 7 EduapresmdespannloleurS SOIR PEER EME CEE ETC LC CCC LE A nn PR ee G* M NIOTS IN SR en a ne tic ces Et nr GO*

ROIUSAIN ANR PEN ET EE ETETE 290"

La composante verticale des réactions étant de 290*, on a sensiblement :

Ri=300 Kk.

5° Vitesse nécessaire. — On a : EN UE —11"60, vent relatif.

Cette vitesse était obtenue par environ 8 à 9 mètres de vitesse du canot remorqueur et par 3"60 à 2"60 de vent contraire.

Le régulateur étant à 37° d'incidence, la vitesse nécessaire est moindre, 11°.30.

L'aéroplane étant à 15° d'incidence et le régulateur à 37°, la vitesse nécessaire est de 10"60 ; mais la traction dépasse 110 kilog.

6° Résistance au mouvement. — La résistance comprend :

1 SOUS Tes voiluress 200 Tamer ere eete rer = 5046 plus 1/5 pour la déclinaison de la résultante en arrière de la normale aux plans...= 1000 2° Résistances passives des pièces diverses : ridelles, traverses, montant, épaisseurs des plans, Aviateur et patins ; soit 3 mètres carrés de projection. DOS SC TLOOES RSS eretes e ee e ene De 12*04 3° Résistance par frottement des diaphragmes verticaux au nombre de ? et dont les deux faces donnent environ 40% DOM SAOSCTTLIO DR TR SR certe En De — 10:80

7° Travail de traction. — Ten =$83*30 x 11"60 = 966kem Soit 12 chx 80 C'est-à-dire que si, sans augmentalion de charge, l'appareil portait son moteur et deux hélices, il faudrait 25 chx sur l’arbre du moteur pour soutenir l'altitude à l'incidence de 10°. Mais pour s'élever en rampe de 0.05 par mètre, démarrer au départ et éviter les changements de vitesse au moteur, il faudrait un moteur capable de fournir 40 chevaux. On a donc pour un aéroplane de ce type, planant à 10° d'incidence,

Force en chevaux nécessaire :

= re lp:

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