LES FÊTES HÉROSTATIQUES DE LIÉGE
Nous avons publié dans notre numéro de juillet, les lignes essentielles du beau programme de Concours de ballons sphériques libres sans moteur organisés cette année par l’Aéro-Club de Belgique les 20, 27 août, 10, 17 et 24 septembre, à l’occasion de l’'EXposition internationale de Liége.
Le Comité d’organisateur des Concours, composé de notabilités sportives et scientifiques belges hautement estimées, réunit les noms de MM. Raymond Braconnier, le baron Pierre de Crawhez, le comte Hadelin d’Oultremont, le capitaine du génie Grensou, l'ingénieur Ed. Heïirman, le capitaine du génie Mathieu, le commandant Scucy, le lieutenant-colonæel Van den Borren.
Le comte Hadelin d'Oultremont, qui compte, en France comme en Belgique, les sympathies les plus vivaces et les plus nombreuses, a bien voulu assumer les fonctions de délégué général du Comité organisateur. Sa compétence, son activité et son dévouement ont été à la hauteur de la confiance que ses collègues avient mise en lui. Ce n’est point là une mince éloge, car les circonstances atmosphériques les plus défavorables vinrent, comme on le verra, compliquer singulièrement, au cours des deux premières épreuves, une tâche toujours ardue et délicate en elle-même.
Quant au jury des Concours, la simple énumération de ses membres établil assez sa parfaite compétence et sa haute impartialité. Voici sa composition : MM. F. Jacobs, président de l’Aéro-Club de Belgique ; A. Flamache, ingénieur en chef des chemins de fer de l'Etat, vice-président de l’Aéro-Club de Belgique , P. Hamoir, vice-président de l’Aéro-Club de Belgique ; le lieutenant-colonel du génie Van den Borren, vice-président de l’Aéro-Club de Belgique ; le capitaine du génie E. Mathieu, secrétaire général de l’Aéro-Club de Belgique ; Ad. de La Hault, secrétaire de l'Aéro-Club de Belgique ; L. Soucy, capitaine au 2° guides, conservateur du matériel et bibliothécaire : 1. Capazza, I. Closset, F. d'Aubreby, le baron Pierre de Crawhez, le comte Jacques de Liedekerke, le comte Hadelin d'Oultremont, A. Goldschmidt, le vicomte Roger de Grimbergehe, E. Hanssens, E. Heirman, Ruvs-Orhan, le comte Adrien Van den Burch. Il faut ajouter à cette liste. deux délégués de l'Exposition de Liége -et six personnalités aéronautiques étrangères désignées au moment des Concours.
L'emplacement affecté aux départs de ballons par l'Exposition de Liége se trouve au ‘5.5.0. de cette ville, non loin de la Meuse, sur un vaste mamelon, appelé le plateau de
L'AÉROlHILE 2,3
Cointe. De vastes halls, en partie utilisés pour les ballons, sont édiliés su: une large esplanade appelée la plaine des Sports. Cet emplacement très vaste est salisfaisant par temps calme. Malheureusement, les vents sont fréquents à Liége et le plateau de Cointe est particulièrement battu par les courants du $S. O. contre lesquels il nest point protégé. Il serait sucer qu'un emplacement mieux abrité püt être désigné par l'administration de l'Exposition.
ConNcoURS DES 20-21 aouT 1905, À L'EXPOSITION DE Liéce. — Le premier. concours devait avoir lieu le dimanche 2U août et consister en une épreuve d'atterrissage au plus près d’un point désigné par l’aéronaute lui-même.
Voici les noms des concurrents dont les ballons entraient en gonflement à la première heure : MM. de La Hault (Radium 11, 850 m') ; de Brouckère (Ulopie, 600 m'), aéronautes belges. MM. Cormier (Styx, 800 m') ; Bachelard (Aéro-Club de France IV, 530 m'); Zens (Phæœbe, 800 m'); Georges Blanchet (Archinmède, 90) m'); Ravaine (£Etoie Polaire 390 m'); Lassagne (4iglon) ; Vernanchet (X..., aéronautes français.
Toute la matinée, le vent souffla par violentes rafales. Le gonflement se poursuivit cependant sans encombre, mais vers midi, une véritable tempête se déchaïina. Un furieux coup de vent enleva l’aérostat de M. Vernanchet qui s’échappa de son filet et s'enfuit à demi gonflé dans la direction du N. E. Il fut retrouvé le lendemain, à Julémont. Le ballon «le M. Bachelard fut également lacéré el rendu indisponible.
Danc ces conditions, il était impossible d'achever le gowflement et de mettre les ballons debout sans risquer de graves avaries. On ne pouvait d'ailleurs pas faire disputer le concours par un temps pareil. Le Comité, sans perdre son sang-froid, décida donc sagement, apres avoir pris l’avis des concurrents, de renvoyer l'épreuve au lendemain. Le dégonflement général fut ordonné et s'effectua sans autre incident.
Plusieurs concurrents rappelés par leurs affaires ne purent rester à Liége le 21 août ct six ballons seulement prirent part à l'épreuve : Le Styx (M. Cormier), le Radium-I11 (M A. de La Hault), l'Ulopie (M. de Brouckère), l’Aiglon (M. Lassagne) le Phæbé (M. Zens) et le Simoun (600 m') obligeamment prêté à M. Bachelard par le comte Hadelin d'Oultremont, en remplacement de l’Aéro-Club IV, déchiré la voile.
Le gonflement commença à midi : les ballons avaient été installés sur le talus le mieux abrité du plateau de Cointe. La précaution était toute naturelle ; elle fut d’ailleurs inutile, car, il n'y avait qu'un vent très faible et le départ s’effectua à 3 h. 45 dans les meilleures conditions après que chaque pilote eut remis aux commissaires, sous pli cacheté l'indication du point d'atterrissage choisi par lui. Les ballons passèrent au-dessus de Liége dans sa plus grande largeur, du $S. au N., à la vitesse de 10 kil. à l'heure environ.
Les atterrissages s’effectuèrent très normalement et tous les aéronautes étaient de retour à Liége à 10 heures du soir.
C'était enfin, après les tribulations dûes aux bourrasques du 20 août, le plein succès bien mérité par les efforts du Comité et l'excellente organisation qu'il avait créée.
Lcs résultats sportifs font également grand honneur à l’habileté des concurrents. On en jugera par le tableau de classement ci-dessous, établi après vérification sur le terrain par le Comité organisateur et qui sera soumis à l'homologation de la Commission Sportive de l’Aéro-Club de Belgique :
1° M. Zens, descendu à 700 m. de La Chapelle-Agañffe, point choisi ; 2* M. de Brouckère, à 900 m. du clocher de Millen, point choisi; 3° ex-æquo : MM. Cormier et Lassagne, à 1.600 m. des points choisis : 4° M. de La Hault, à 2.000 m. du point choisi ; 5° M. Bachelard à 8.(00 m. du point choisi.
Il nous sera permis de souligner tout particulièrement le succes de M. Zens récemment recu pilote de l’Aéro-Club de France et qui fait de brillants débuts en épreuves publiques.
“CoNcOURS DU 27 AOÛT A L'EXPOSITION 1E LiùGe. — Ce Concours de même nature que
le précédent et doté des mêmes récompenses (Voir Aérophile d'août 1905). s'annonçait très réussi et la presque totalité des concurrents inscrits étaient présents, le 27 août, au plateau de Cointe. C’étaient : MM. A. de La Hault (Radium II, 850 m°) ; de Brouckère (Utopie, 600 m°), pour la Belgique : MM. Charles Levée (Phæbé, 800 m°): G. Lesage (Ville-de-Lille) ; Cormier {Stux) ; À. Moucheraud (Roïtelet, 250 m°) ; E. Piétri (Perle, 800 m°) ; C. Crombez (Faidherbe) : Victor Bacou {Fleur-de-Lys, 530 m°): Georges Blanchet (Archimède, 900 m'); Lassagne (Aialon).
Comme de 20 août. le temps fut atrocement mauvais. Les organisateurs avaient eu l'excellente idée de grouper les ballons dans un angle formé d'un côté par une façade du hançar, de l’autre par une rangée d'arbre. Les aérostats placés au somment de cet angle étaient, de cette facon, aussi garantis que le permettait la disposition des lieux. Mais ceux qui se trouvaient sur les bords demeuraient malgré tout soumis aux assauts d'un vent furieux du S. W. qui donna par à-coups une pression de 12 kilog. par m°, enregistrée à TObservatoire de Cointe. L
Cependant, le gonflement commencé dans la matinée, puis interrompu et repris vers midi, se poursuivait sous les veux d’une foule nombreuse retenue là, malgré le vent et la pluie, par l'intérêt de cette lutte acharnée contre les éléments.
Vers 5 h.30. le‘Comité fit mettre debout ie Faidherbe aui putprendre le départ aprèsles:fforts inouïs. Mais il fut impossible de faire davantage. Comme on allait procéder à l'arrimace des nacelles. le Flewr-de-Lys. très exposé au vent, eut son appendice arraché alors qu'il était encore fixé à la manche de gonflement : deux autres ballons eurent encore des avar'es.
Comme le 20 août, il fallut bien se résioner à dégonfler, et après avis tinanime des coneurrnt+. l'épreuve fut purement et simplement annulée pour raison de force maieure. Le Comité toujours soucieux de sauvegarder les intérêts des aéronautes qui avaicnt répondu
à son invitation, décida que les prix seraient partagés entre les pilotes en prévoyant toutefois une majoration pour M. Crombez qui avait pu s'élever à bord du Faidherbe. L’atterrissage de ce ballon eut lieu à Heerlen, à 15 kil. du point fixé par l’aéronaute. Il avait parcouru 40 kil. environ en 25 minutes, soit à raison de 96 kil. à l'heure !
Comme on le voit les deux premiers Concours de l'Exposition de Liége n’ont guère été favorisées par les circonstances. Il a fallu toute l’énergie et toute la sagesse éclairée du Comité organisoteur, à laquelle les concurrents sent unanimes à rendre hommage, pour parvenir dans de telles conditions à éviter tout accident et pour réussir, même, à mener à bien, malgré les difficultés de toutes sortes, le Concours d’inauguration.
Concours pu 10 SEPTEMBRE A L'EXPOSITION DE LiéGE. — Ce Concours constituait la première grande épreuve de distance organisée par l'Aéro-Club de Belgique, avec le concours de l'Exposition de Liége. 11 avait réuni un superbe lot de compétiteurs : Le Sylphe (1.600 m'), pilote : M. Paul Tissandier ; aide-pilote : le marquis Edgard de Kergariou. Le Djinn (1.800 m'), pilote : M. André Legrand ; aide-pilote : le comte de Castillon de Saint-Victor. L'Aéro-Club-I11 (1.200 m'), pilote : M. Ernest Zens : aide-pilote : M. Charles Levée. L'Aéro- Club-11 (1.550 m°), pilote : M. Edouard Bachelard. L’Archimède (900 m'), pilote : M. Georges Blanchet (tous de l’Aéro-Club de France). La Belle-Hélène (1.600 m°), pilote : M. Ch. Rodberg (de l’'Aéro-Club du Sud-Ouest). L'Ulopie (600 m'), pilote : M. de Brouckère. Le Radium-11 (850 m°), pilote : M. A. de La Hault (tous deux de l’Aéro:CJub de Belgique). Le Vivienne-.1, pilote : M. Leslie Bucknall (de l’Aéro-Club d'Angleterre).
Par une malchance dont la persistance confond, le temps était atroce ; dès la matinée, le vent faisait rage, suivi bientôt de la pluie. Le gonflement des ballons ne put même pas être commencé et l'épreuve fut supprimée.
Le lendemain, 11 septembre, bien que les circonstances atmosphériques ne se fussent guère améliorées, trois ballons prirent cependant l'atmosphère.
À 11 heures du matin, le Coloncel-Charles-Renard, piloté par M. de Brouckère, avec deux passagers : à 2 h. du soir, la Belgique (1.600 m'), piloté par son propriétaire, le comte Hadelin d'Oultremont, accompagné de M. Frank Butler, l'habile aéronaute anglais et Ernest Zens, de l’Aéro-Club de France : à 2 h. 30, le Vivienne-I11, piloté par son propriétaire, M. A. Leslie Bucknall, accompagné de MM. R. Bucknall et Spencer.
Le Colonel-Charles-Renard aîterrit à 1 h., près d'Heerlen ; la Belgique descendit à 4 h. 30, à Wynaudsrade {Limbourg hollandais).
CONCOURS DU 17 SEPTEMBRE, A L'EXPOSITION DE LIÉGE. — Pour avoir été longtemps attendu, le beau temps daigna enfin sourire, le 17 septembre, aux organisateurs du Concours de Liége, et le succès est enfin venu très complet à tous les points de vue et, disons-le bien vite, hautement mérité !
A l'heure où nous écrivons ces lignes, c’est à peine si les résultats de l'épreuve sont connus dans leur entier et le classement officiel n’a pu encore être établi. Nous en savons cependant assez pour constater les hautes qualités dont ont fait preuve les pilotes dans des circonstances difficiles.
Le gonflement commença dans la matinée et, malgré un vent assez vif, put s’opérer sans encombre, sous la direction compétente de MM. le comte Hadelin d'Oultremont et le capitaine Mathieu.
Les neuf ballons engagés s'élevèrent de 4 h. à 6 h. 10, dans l’ordre suivant : Le Sylphe (1.600 m'), pilote : M. Paul Tissandier ; aide-pilote : le marquis de Kergariou. Le Colonel- Charles-Renard (1.200 m'), pilote: M. de Brouckère, aide-pilote : M. Geerts. Le Djinn. (1.800 m'), pilote : le comte de Castillon ; aide-pilote : M. André Legrand. L'Eole (1.200 m°), pilote : M. René Gasnier : aide-pilote : M. Pierre Gasnier. L'Archimède (900 m'°), pilote : M. Georges Blanchet. L’Aéro-Club 111 (1.200 m°) pilote : M. Ernest Zens ; aïide-pilote M. Albert tSestérens. La Perle (850 m'), pilote: M. Cormier. parti seul à bord. Le Passepariout (1.250 m°), pilote : M. Van den Driessche : aide-pilote : M. Désiré Ghende. Le Radium (850 m°), pilote : M. Adhémar de La Hault : aide-pilote : M. Gourier.
.. Au moment des départs, le vent soufflait du N.-E. Ainsi qu’on va le voir, il tendit ensuite
à se rapprocher de la ligne est-ouest., sans arriver à l’atteindre, mais suffisamment cependant
pour limiter davantage le champ libre devant les aéronautes en les mettant plus vite en
ee de la mer, dans des conditions peu favorables à des tentatives de passage en Anglerre.
.Nous basant sur la situation des lieux d'atterrissage, tels que les concurrents Jes ont fait connaître jusqu'à présent, nous pouvons établir le classement approximatif suivant :
M. Georges Blanchet, de l’Aéro-Club de France, (l Archimède), se classe premier. Il est descendu le 18 septembre, à 3 h. du matin. à Saint-Victor d'Ymonville. entre Le Havre et Bolbec, au bord de l'estuaire de la Seine. Distance approximative : 395 kil. La deuxième place semble indécise entre le Passeparlout (M. Van den Driessche), descendu à 3 h. du Matin, près du phare d'Aïlly, à l’ouest de Dieppe (336 kil. environ) et l’Eole (M. René Gasnier), atterri vers minuit, aux environs de Londinières (Seine-Inférieure), à peu près la même distance.
. Viennent ensuite : le Radium-IT, atterri près du Tréport, à { kil. environ de la mer (305 kil. environ). Te Colonel-Charles-Renard, que montaient MM. de Brouckère et Geerts. Ce ballon est tombé dans la baie de la Somme, près Saint-Valéry, après un parcours de 286 kil. environ. Les aéronautes qui avaient dû se mettre à la nage et luttaient désespérément contre les flots, ont été recueillis par la barque le Métro, montée par le patron Désirier et le douanier, Dieu. La Perle, dencendue à Rue, près de l'embouchure de la somme (280 kil. environ). Le Djum, descendu à 10 h. 30, à Moufflers, arrondissement d’Abbeville, en vue du phare de Cayeux (263 kil. environ). Le Sylphe (1.600 mr), atterri à 11 h.,
oo
près Auxi-le-Château, à la limite de la Somme et du Pas-de-Calais (252 kil. environ). L'Aéro- Club-111, descendu près d'Amiens, à 11 h. (247 kil. environ).
Il nous sera donné d’applaudir, avec une sympathie toute particulière, au succès de notre excellent collaborateur et ami qui, avec des moyens matériels inférieurs, réussit à devancer des aéronautes de valeur plus puissamment outillés que lui.
La place nous manque pour insister comme il le faudrait sur le beau succès remporté par l’Aéro-Club de Belgique, organisateur technique de l’épreuve. Nous aurons sans doute l'occasion d'y revenir à loisir en rendant compte du Concours du 24 septembre, qui clôturera la série de ces belles manifestations. à
PHiLos
Bülletin des AsScensSions
10 août. — Usine à gaz de Pau (Basses-Pyrénées), 11 h. du m. Le Ludion (530 m°) : M. Paul Tissandier. Voir dans ce numéro le compte-rendu détaillé de cette ascension, article spécial.
13 août. — Bolbec, 6 h. du s. L’Archimède (900 m'); MM. Georges Blanchet, Donnette et Ravaine. Voir Tour du Monde aérien : Un ballon dans l'estuaire de la Seine.
15 août. — Nantes, 1 h. 30 du soir. Cambronne (800 m°) ; MM. Edm. David, Louis. Atterrissage à 4 h. 30, à La Ferrière (Maine-et-Loire).
Le ballon jera-t-il comme l'automobile, surgir une nouvelle catégorie de serviteurs Pourquoi pas ? M. Edmond David en commençant l'éducation aéronautique de son domestique, nommé Louis, qu’il emmenait avait lui ce jour-là, aura été un des premiers à entrer dans cette voie bien moderne.
18 août. — Trouville, 2 h. 30 du s., le Trouvillais ; MM. Jacques Faure, Mérino et Bertrand. Le ballon prit la direction d'Honfleur, traversa l'estuaire de la Seine et atterrit 35 minutes après le départ, à Rouville, près d'Yvetot.
Un rallye-ballon-automobile, organisé à celte occasion par les Sports, a eu pour lauréats, MM. d'Ideville et Rigault, qui traversèrent la Seine en bac, l’un à Bolbec, l'autre, à Quillebeuf. 5
18 août. — Bordeaux, 11 h. du s. L’Aquilaine (1.120 m°) ; MM. Ernest Loé, L. Maurel, Mme X.….. Atterrissage définitif à Marsales (Dordogne), le 19 août, à 9 h. du m.. après une escale. Ascension de l’Aéro-Club du Sud-Ouest.
20 août. — Paris. Exposition de l'Enfance, 4 h. du s. Le Micromegas {400 m°) : comte H. de La Vaulx. Atlerrissage à 4 h. 20, dans un carrefour du bois de Vincennes. Cette ascension fut précédée d'une conférence du comte de La Vaulx sur « La pratique des ballons » et d’un lâcher-concours de ballons-pilotes, qui obtint un grand succès.
20 août. — Bordeaux, 2 h. 50 du s. Le Cadel-de-Gascogne (700 m°); MM. Rodberg, Mahaud et de Somnolay. Départ laborieux à cause du vent. Escale à 4 h. 20, à Saint-Vincent-de-Pujols (Gironde), où un passager descend. Nouveau départ. * 4 h. 35. Ascension au-dessus des nuages, superbe auréole triple. Atterrissage définitif à 6 h. 30, à Thenac (Dordogne). Les aéronautes qui avaient cherché, à l'escale, à gagner le prix Panajou (réservé aux aéronautes atterris dans les communes de La Roquille, Mauguerou et Ligneux, furent trompés par la brume et alterrirent à 1.500 m. au delà du périmètre imposé. Ascension de l’Aéro-Club du Sud-Ouest.
20 août. — Taverny, après-midi. La-Ville-de-Taverny ; MM. Amiel et Pietri. Atterrissage à Aulnay-lès-Bondy (25 kil. en 30 minutes). 20 août. — Plaine-Saint-Denis, 4 h. du s. Le Cyclone ; M. Cabasset. Atterrissace à
5 h. à Chessy. Altitude maxima : 1.500 m.
21 août. — Liége. Concours de ballons, dont le départ n'avait pu avoir lieu la veille. Voir plus haut le compte rendu détaillé.
23, août. — Trouville, 3 h. du s., le Surcouf. M. Jacques Faure, Escale dans la propriété de Mme Réjane, à Hennequeville. Atterrissage définitif, à 5 h. au cap de La Hève.
Le rallve-ballon-automobile, organisé à cette occasion par Les Sports, à été gagné par M. Charrou.
27 août. — La Iaine-Saint-Jean (Belgique). Voir Tour du Monde aérien : Un aéronaute forain qui sème ses passagers.
27 août. — Plaine-Saint-Denis, 4 h. 10. Le Cyclone ; M. Cabasset. Atterrissage, à 4 h. 30, à Esbly, près Meaux.
30 août. — Ascensions à Constantine, Burgos, Bordeaux et Londres, à l'occasion de l’éclipse de soleil du 30 août (Voir plus haut l’article spécial). 2 septembre. — Berne, 2 h. 30 du s. Ballon militaire monté par trois officiers. Atter-
rissage à 5 h. 40, près Romanshorn. Altitude maxima : 3.000 m. Température minima : —3° Les aéronautes eurent peine à ne pas dépasser la frontière et à atterrir en territoire suisse.
3 septembre. — Constantine. Deuxième ascension scientifique du Centaure. Voir l’article : Les aéronautes et l’éclipse du 30 août.
3 septembre. — Yverdon, canton de Vaud (Suisse), 4 h. du s. MM. Kaiser, Spitzt. Atterrissage à 6 h. près de Belp, environs de Berne.
6 septembre. — Royan. Rallye-ballon. Cette fête qui terminait le meeting automobile de Royan était organisée par l’Aéro-Club du Sud-Ouest avec le concours de l'Automobile- Club bordelais et comportait l'ascension du ballon l’Aquitaine (1.120 m‘), piloté par M. de Lirac avec un passager, M. Villepastour.
Le rallye pouvait avoir lieu sur terre ou sur mer. Dans ce dernier cas, deux contretorpilleurs étaient ess a a sécurité des aéronautes. On n'eut pas à utiliser
rs services, le vent partant vers l’est.
Sn ae à 1 h. sous la direclion de MM. C. F. Baudry, président de l'A. C. S.-O. et de Lirac ; le départ eut lieu à 3 h. 30 et allerrit à 5 h. près Saint-Sulpice-ce- Cognac. ses ; : FE à É 2 5
De nombreux automobilistes et les cinq banderoles attachées à la nacelle et déterminant les prix revinrent dans cet ordre à MM. Moreau, Rodberg, Amigues, Hæveck, Tournié. Rallièrent encore : MM. Tricou, Secrestal, Eymard. ;
Le soir, un banquet au casino de Royan, réunissant les aéronautes et les chauffeurs.
6 septembre. — Crystal-Palace, à Londres, 7 h. 15 dus. Libellule (1.000 m°) ; MM. Jacques Faure, de Villalonga. Atterrissage dans la nuit, près Chelmsford (Essex). M. Jacques Faure qui voulait tenter la traversée aérienne de la mer du Nord, avait dû renoncer à son projet en raison de la mauvaise directien du vent et de la qualité déplorable du gaz qui lui fut fourni.
10 seplembre. — Paris. Exposition de l'Enfance. Le Baby (350 m'). M. Bœgler. Atterrissage après 25 minutes de voyage à Gagny. |
10 septembre. — Tours, 4 h. 3) du s. Paul-Louis-Courier : MM. Victor Louet, Gauchy, Chantreau. Atterrissage dans la forêt Bélier, près Monnaie, sans incidents malgré un vent violent. Ascension de l'Académie aéronautique de France.
10 septembre. — Lyon-Villeurbanne, 10 h. 45 du m. Arago (U0 m°) ; MM. A. Boulade, Guigard, Berger, Dutang. Atterrissage à ? h., à Dompierre, près Curtafond (Ain). Le ballon fut rejoint à l’atterrissage par M. et Mme Rochet, qui avaient suivi en automobile.
14 septembre. — Arcachon (usine à gaz), 9 h. 30 du m. L’Aquilaine (1.120 m°) ; MM. Ernest Loé, Etienne Giraud, Joseph Maurel. Allerrissage à 1 h. du s. sur une dune, entre l'étang de Biscarrosse (Landes) et la mer. Ballon pris dans les pins, les aéronautes durent descendre à terre par la corde d’ancre {Asc. de l'Aéro-Club du Sud-Ouest).
17 septembre. — Bordeaux (usine à gaz de La Bastide), 9 h. 30 du m. Cadelt-de-Gascogne (700 m°) : M. Ch. de Lirac et deux néophytes, MM. Seguin et d'Alhusset. Escale à midi, par vent faible d'E.-N.-E., à Saint-Jean-d'Illac, où les aéronautes vont déjeuner, puis font fnonter une vingtaine de paysans en ballon captif. À 2 h., le vent ayant diamétralement tourné, le voyage est repris et les aéronaules, faisant en sens inverse le parcours de la matinée, viennent atlerrir à 4 h. du s. dans la banlieue de Bordeaux, à l’Alouette. (Asc. de l'Aéro-Club du Sud-Ouest). Ù
17 septembre. — La Ferté-Macé (Orne), 4 h. du s. Le Mistral (100 m°) ; MM. E. Barbotte et David, de Nantes. Le ballon passa sur Fougères, Saint-Malo et Antrains, où le vent de mer repoussa les aéronautes vers l’intérieur. Allerrissage en pleine nuit, à 7 h. 30, à 5 kil. au nord de Rennes. Albtude maxima : 1.800 m. Par moment, le vent soufflait à la vitesse de 60 kil. à l'heure.
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Toûr du Monde aérien
Un balion dans l’estuaire de la Seine. — L'’Archimède (900 m°), s'élevait le 13 aout, à 6 h. du soir, de Bolbec, piloté par son propriétaire, M. Georges Blanchet, accompagné de MM. Ravaine et Donnette. Il y avait à bord, un poids considérable de vêtements et de provisions, accessoires obligés d’une ascension de nuit, ce qui empêcha d'emporter plus de 100 kilos de lest. Au départ, un vent d'E. poussa l’Archimède directement au large, mais à l'altitude de 1.000 m., il s’immobilisa à la hauteur de Honfleur ; plus haut, même immobilité. Force fut au pilote de revenir à de plus basses altitudes et de guideroper sur les flots n'ayant plus à bord que 150 kilos de lest. À ce moment, des remous violents, de direction mal définie, rabattent l’aérostat sur l’eau et la nacelle embarque brusquement deux ou trois limes qui noient le lest, les vivres et les vêtements, rendant impossible tout allègement du ballon. La marée montante qui produit un formidable courant, précipite par-dessus le bordage une trombe de liquide saumâtre et sollicite la nacelle à remonter le CO tandis que le vent, creusant les flancs de l’aérostat, l'incite à redescendre vers le arge. .
Drossé par le flot, ramené par le courant Est, l'Archimède accomplit à travers l’onde amère, un pénible zigzag de plus de ? kil. de développement en une heure exactement.
Le Fiqueileur, remorqueur des Ponts et Chaussées de Tancarville, mis rapidement sous pression, arrive dans la seconde demie-heure, escorté de deux canots à pétrole et de plusieurs voiliers. Une amarre est lancée, mais M. Blanchet, constatant que la mer étant devenue élale, le courant avait perdu une partie de sa force et que, d'autre part, le vent tournant Nord-Sud, poussait assez rapidement le ballon vers le phare de la Rocque, remercia les sauveteurs et largua l’amarre, C'était, paraît-il, un curieux spectacle, que de voir l'aérostat, dont la nacelle était presque entièrement submergée, s'avancer et parcourir 6.000 m. environ, flanqué à droite d'un steamer, à gauche, de deux voiliers et en arrière,
de deux rapides auto-canots, Le ballon atteignit ainsi sans autre difficulté, le phare de la ocque.
Imp.Wellhoff et Roche.55.r. Fromont.Lev.-Perret. Le Direcleur-gérant : GEORGES BESANCON.
Directeur-Fondateur : GEORGES BESANCON
13° Année — N° 10 Octobre 1905
PORTRAITS D'AÉRONAUTES CONTEMPORAINS
NIAOrn B. BADEN POWELL
Depuis que les aviateurs commencent à prendre leurs envolées, on se demandait avec étonnement comment il se faisait que le premier homme qui se soit laïssé enlever par un cerf-volant, le major Baden Powell, ne figurât pas aussi parmi les premiers expérimentateurs d’aéroplanes. 1 :
Cette abstention était toute naturelle — car le major, pendant ce temps, accomplissait son devoir de soldat, dans la rude guerre sud-africaine. Dès son retour, il s'est remis au travail et l’an dernier, nous avons appris ses essais d'aéroplane au-dessus de l’eau, au Crystal-Palace, à Londres.
C’est en 1881, que le major a reçu, en ballon, le baptème de l'air. En 1883, nommé aux Scots Guards, il exécutait des ascensions captives aux manœuvres des volontaires de Brighton. Dès ce moment, il étudie les aéroplanes et les propulseurs, tout en continuant l'aérostation à Aldershot avec son ballon l'Eclipse.
En 1884, il fait la campagne d'Egypte dans le corps des méharis. En 1887, il commence ses remarquables expériences de cerf-volant. En 1890, nous le retrouvons en Australie, à V'Etat-Major. En 1897, il construit des cerfs-volants capables d'élever un homme à plus de
cent pieds.
Le Transvaal le retient pendant toute la durée de la campagne où il essaye encore à
prêter à la télégraphie sans fil, l’aide de ses cerfs-volants. | À son retour, il est nommé président de la Société Aéronautique de Londres et il combat
en ce moment, par le fait, pour l’aéroplane.
Nous souhaitons à sa carrière déjà si remplie de nouveaux succès. S F. DE RUE
BULLETIN OFFICIEL DE L'AERO-CLUB DE FRANCE