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JOURNÉE DU SAMEDI 11 FÉVRIER

Le jury est réuni à 10 heures du matin pour recevoir les appareils. Ils sont suspendus de part et d'autre du pylône, au-dessus Ge tables dressées pour la circonstance, à un cordeau qui traverse la galerie dans toute sa longueur.

Les appareils se présentent ainsi dans la position vivante du vol. Ils sont pesés et mesurés.

Dans l'après-midi, à 2 heures, les portes sont ouvertes au public et l'accès du pylône est ouvert aux concurrents qui désirent essayer leurs aéroplanes pour les régler. D'ores et déjà se distinguent ce jour-là, l'aéroplane Henrion qui avance majestueusement après une abatée de 10 mètres environ et, parmi les appareils plus légers que 2 kg., les petits oiseaux de M. Mouren et les modèles de M. Weiss, particulièrement les plus petits.

Les oiseaux de M. Mouren notamment ont un équilibre absolument parfait, car, même quand ils heurtent un obstacle, ils reprennent au delà imperlurbablement avec des mouvements semblables à ceux de l’oiseau vivant, leur course interrompue.

Les uns et les autres décrivent les trajectoires dont le type constant est le suivant

Après une abatée plus où moins longue pendant laquelle l’aéroplane cherche la vitesse qui lui est nécessaire pour se soulenir, succède une période de mouvement uniforme qu'on peut appeler le relèvement. Le frottement réduisant peu à peu cette vitesse, une nouvelle

Trajectoire des planeurs dans le cas d'un lézer tangage. (Pour certains appareils, le tangage augmente Jusqu'au renversement, pour d'autres mi: ux faits, il s annule et la trajectoire devient une simple ligne droite.)

abatée plus courte se produit faisant un escalier suivi d'un nouveau relèvement et ainsi de

suite. Quelquefois, les escaliers sont tout à fait insensibles, la fin de la trajectoire est

rigoureusement une ligne droite.

JOURNÉE DU DIMANCHE 12 FÉVKRIER Les portes sont ouvertes à 2 heures et le concours commence avec les mesures d'ordre suivantes qui ont donné toute satisfuction. M. le commandant Renard fait les annonces

68 mars 1905

Cliché de « L’Automobtle »

L'orthoptère Meyer, l'héiice Latham, le cerf-volant Vareille, l'aéroplane Henrion, le gouvernail automatique Gilbert et l’aéroplane Herbster

L’AÉROPHILE 69

nécessaires au public au moyen d'un puissant porte-voix ; il est chargé de faire partir les concurrents dans un ordre prescrit remis à tous les commissaires. Il fait afficher le numéro du concurrent qui va partir, de sorte que le public, grâce aux programmes qu'il possède peut prendre intérêt à la course. M. Surcouf ayant trois manœuvres sous ses ordres fait hisser les appareils au sommet du pylône, puis, quand il le juge convenable, il ouvre la piste en sonnant une cloche. PE

Le capitaine Ferber, avec une manœuvre, préside, au sommet du pylône, au départ des appareils. Dès que la cloche retentit, il permet au concurrent ou à son représentant de lancer son appareil. Au moment du départ, il actionne une trompe d'automobile de manière à prévenir le chronométreur et le public. Enfin, sur la piste, M. Rousseau chronomètre et M. Kapiérer mesure les distances. Les chiffres sont remis au capitaine Ferber qui, dans la soirée, calcule les différents records. È

Dans cette journée se signalent, outre les appareils déjà cités, ceux de : M. Dargent, très stable qui descend avec lenteur, mais qui paraît difficilement réglable en direction ; l’aéroplane Peyret à deux surfaces en tandem qui, a moins de qualité, mais gouverne mieux ; l’aéroplane Burdin qui se maïntient également bien. L'appareil de M. Vareille qui n’est d'ailleurs qu'un cerf-volant n'arrive pas à faire son relèvement : la même chose arrive à l'aéroplane Blondel ; au contraire, celui de MM. Voisin et Archdeacon fait un relèvement presque vertical à la suite duquel, perdant rapidement toute vitesse, il est obligé de redescendre.

L'orthoptère de M. Meyer tombe verticalement sans résultat appréciable.

Cliché dec Automobile »

Les aéroplanes Peÿret, Dargent, Delizy, Burdin et Blondel

Après le concours, quelques records sont tentés par les aéroplanes Peyret, Dargent, . Weiss, Blondel: ce dernier s'améliore très légèrement. L'aéroplane 17 à M. Weiss reste 42 secondes ea l'air, les oiseaux Mouren jusqu'à 38 secondes. ; :

En dernier lieu. le jury assiste au départ de l’aéroplane 6° (Peyret) mû par une fusée. Au bout d'une vingtaine de mètres sous la poussée énergique du moteur, l'aéroplane prend trop de vitesse, le centre de poussée gagne à l'avant, de sorte que l'aéroplane se cabre, perd sa vitesse horizontale et tombe. Cetie expérience est importante pour les aviateurs tentés de placer un moteur sur la machine ; elle leur montre toute l'importance du point d'application de la force qu'ils ajoutent. ; 1

Le jury assiste au départ des aéroplanes à caoutchouc Delizy qui sont analogues à ceux de Pénaud ; ils fonctionnent très bien et reçoivent les compliments du jury ; toutefois leur poids trop faible les empêche de concourir. L ;

Enfin, le jury parcourt l'Exposition pour examiner les appareils qui ne volent pas et par conséquent, ne peuvent pas prétendre à un prix. Il remercie les exposants de ces appareils de leur participation à la fête de l’Aéro-Club. Ce sont :

N° 1. — Nacelle à 2 hélices à pédales de M. Deltour ; elle est suspendue par une longue corde et parvient à décrire une circonférence de 10 m. de rayon sous l’effort d'un cycliste vigoureux. Cela prouve une assez bonne qualité ;

N° 2. — Un oiseau mécanique de M. Gellit ;

N° 3. — Un aéroplane inachevé, type Langlev, à 2 hélices mues par un ressort de caoutchouc, appartenant à M. Herbster ;

N° 4. — Un aéroplane sans moteur, à M. Vizioz ;

N° 5. — Un dispositif pour photographie aérienne de M. Buisson ; N° 7. — 1 ’aéronat-plane de M. Roze :

N° 11. — Une turbine à air inventée par M. de Carlshausen ;

N° 18. — Des cerfs-volants. à M. Blin :

N° 19. — Les hélices réversibles de MM. Robert et Pillet ;

N° 21. —— Acroplane à mouvement d'horlogerie, à M. Mullot ;

N° 22. — Propulseur de M. Kieïfer ;

N° 23. — Un aéroplane, type Langley. à moteur de 1 ch. 3/4. fait par le sergent

Paulhan. 11 vient d'être achevé et ne peul naturellement être essayé qu'à la corde. Construction soignée ;

N° 28. — Un propulseur à aubes en toile se fermant et s’ouvrant automatiquement au moment convenable. Appareil soigné et très ingénieux, inventé par M. Klopcic ;

N° 29. — Une hélice de M. E. David ;

N° 30. — Une hélice à M. Latham.

Sn .

Cliché de « Arts et Sporis »

M. Lépine, préfet de police et quelques membres du Jury M. Soreau M. Lépine M. Surcouf M. Kapférer M. Rousseau

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