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autres ascensions au-dessus de 24 heures. Quant aux voyages de 15 heures et au-dessus, ils sont assez nombreux, même à bord des ballons d'un cube inférieur à celui du Fides. 11 n’en est pas moins vrai, étant donnée la configuration de la péninsule italienne, limitée de toutes parts par la haute chaine des Alpes ou par la mer, que le voyage du Fides 11 constitue une jolie performance.

Concours d'aviation à Nice. — l'Automobile Club de Nice a décidé d'organiser un concours d'aviation qui aura lieu en 1906. L'’aérodrome que le capitaine Ferber avait fait établir à Nice lorsqu'il y commandait la dix-septième batterie alpine et dont l’Aérophile de février 1903 publia alors la description et le dessin, sera utilisé, à cet effet.

Fiançailles d'aéronaute. — L'aéronaute suédois Fraenkel, frère de l’infortuné compagnon d'Andrée au Pôle Nord, va se marier dans des conditions peu banales. Parti dans le courant de mars de Copenhague à bord de son ballon le Svenske, il atterrit dans l’île d'Oeland (mer Baltique), au milieu du pare d’un gros industriel qui célébrait ses noces d'argent. La fille de la maison vint offrir une coupe de vin « à l’homme descendu du ciel », qui répondit par un si aimable compliment que leurs fiançailles furent célébrées le soir même.

Pallon militaire en fuite. — [e 14 mars, un ballon sans voyageurs est venu tomber à Schyndel (Hollande), et a été péniblement dégagé des arbres où il restait pris. Il s'agit d'un ballon captif militaire évadé.

Ballons et chasseurs. — Nous avons relaté (voir Aérophile de décembre 190%) que le ballon l’Aéro-Club bordelais II, élevé de Bordeaux le 4 décembre 1904, à l'occasion du centenaire l::.-ppe Lebon, recut deux coups de feu alors que, voulant opérer sa descente, il passait à 120 mètres environ au-dessus du village de Saint-Sauveur (Gironde).

M. Joseph Briol, qui pilotait le baïlon, déposa une plainte entre les mains du Procureur: de la République. L'enquête faite amena sur les bancs du tribunal correctionnel de Libourne, le 3 mars, un sieur P.., de Saint-Médard-de-Guizières, inculpé d’avoir commis cet acte d'imbécile sauvagerie. Les aéronautes n'avaient pas été atteints, mais 150 trous ont été constatés dans l’aérostat.

Le sieur P.. a nié toute culpabilité, et les témoins n'étant pas d'accord, il bénéfcia du doute et fut acquitté.

Epilogue de l’accident du « Printania ». — On se rappelle l'évasion du ballon captif de la Porte-Maillot, le Printania, le 2% juillet 190%, et la dramatique descente qui s’en suivit, sans dommage sérieux pour les passagers (Voir Aérophile d'août 1901). L’excellent pilote au captif, M. Léon Lair était cependant poursuivi, par pure formalité, le 10 avril dernier, devant la 10° chambre du Tribunal de la Seine, à la requête du ministère public. Après audition des témoins et plaidoirie de M° Coulon, M. Lair, dont on se rappelle la brillante conduite en ces circonstances, n'eut pas de peine à se disculper et fut acquitté.

La traversée des Pyrénées en ballon. — On sait que la traversée des Pyrénées en ballon, a Eté accomplie une seule fois, par Eugène Godard père, à bord du ballon le Saturne, le 29 mars 1875, en compagnie de MM. Senamaud, H. Julien et Pinson, de Bayonne à Sizur-Mayor, près Pampelune, c'est-à-dire dans la partie la plus basse de la chaîne et avec un parcours de 80 kil. environ, à vol d'oiseau.

Tout récemment, M. J.-F. Duro, le jeune et sympathique aéronaute espagnol, membre et pilote de l'AE. C. F. et qui vient de contribuer si activement à la création du « Real Aereo- Club de España », s'est mis en tête de renouveler cette performance, mais en traversant la chaîne dans sa partie la plus élevée. Ne pouvant trouver dans les filles du versant espagnol le gaz nécessaire au gonflement de son ballon El Alcotan (1.000 nv), il a fait de Pau, le 27 mars 1904. une ascension d'essai que nous mentionnons dans notre Bulletin des ascensions. Il renouvellera prochainement sa tentative.

‘D'autre part, séduits par la même idée, deux aéronautes français bien connus, MM. Paul Tissandier et Henry de La Vaulx, sont allés le 29 avril, après leur succès au concours de Bordeaux, se renseigner sur place à l'Observatoire du Pic du Midi sur les régime des vents dans la région.

Des renseignements recueillis, il résulte que l'époque la plus favorable à une traversée de France en Espagne, par-dessus les Pyrénées, est l'hiver, saison où les courants du nord

L'AÉROPHILr,

ER ee à UK 4, dominent. MM. Tissandier et de La Vaulx ont donc ajourné leur tentative à octobre o novembre prochain. : ANRT : à

Nécrologie. — Nous apprenons avec un vif regret, la mort prématurée, à 33 ans, de M. Vizard, attaché à l'aérodrome de Moisson, et qui accompagna maintes fois M. Tuchnce en qualité d'aide, dans les voyages du Lebaudy. Les obsèques de cet aéronaute modeste et méritant, ont eu lieu le 7 mai 1904, en l’église de Moisson. Les amis du défunt L personnel de l'aérodrome y assistaient.

* Après la cérémonie religieuse, le corps a été conduit à la gare de Bonnières pour être transporté à Angers, pays d'origine de M. Vizard, où s’est faite l'inhumation.

Le droit et les ballons. — [Le développement et les progrès de l'aéronautique cormencent à attirer l'attention des légistes sur les questions de propriété et de nationalité de l'atmosphère. Dans un article de l'Aérophile de mars 190%, M. Emile Janets résumait l'opinion des juristes sur les ballonet le droit international. Rappelons qu'il y à quelques années, la question a été gravement examinée à l’Institut de droit international, à Bruxelles. et l’on a décidé que jusqu’à 1.500 m. de hauteur au moins, l’atmosphère appartient au pays qu'elle domine. Au-dessous, tout aéronaute doit obéir aux sommations des autorités et de la loi.

Ajoutons enfin, que l'on prépare en ce n#ment, la publication d’une revue spéciale de droit appliquée aux sports, dans laquelle les questions juridiques d'aéronautique tiendront une place importante. Signe des temps !

Brevets relatifs à l'aéronautique. — Voici la liste des brevets demandés en France, du 9 ncvembre au 17 novembre 1904 : 348.167 (15 février 1904), Chaplet, Johannet et Fauchon-Villeplée : Aéroplane. — 348.909 (26 février 1904), A. Dufaux et H. Dufaux : Aéroplane. — 348.999 (15 décembre 190%), Klopcic : Appareil d'aviation. — 349.166 (4 octobre 1904) Brown : Aérostat. — 349.169 (17 novembre 1904), Knapper : Dispositif destiné à imprimer un mouvement horizontal ou vertical aux aéroplanes. (Communication de MM. Marillier et Robert. Office international pour l'obtention de Brevets d'invention en France et à l'étranger 42, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris).

Inauguration du « Real Aereo-Club de España ». — [Le 18 mai, en présence de S. M. Alphonse XIII accompagné des Infantes Isabel et Eulalia, du marquis de la Mina et de MM. Loriga et Ripoller, aides de camp, a eu lieu l’mauguration du Parc aérostatique créé à Madrid, par le jeune et déjà puissant « Real Aereo-Club de España ». Les honneurs de la réception étaient faits par le marquis de Viana, président du R. A. C. E., MM. D. Juan Rugama, secrélaire, Sanchez Arias, trésorier, et plusieurs membres du Comité directeur du Club. Le cortège fit le tour du Parc, acclamé par une foule considérable, appartenant à la plus haute société madrilène, qui fit au roi une chaude ovation.

La course-poursuite aérienne, organisée à cette occasion, était conduite par le ballon L'Avion {450 m'), par M. J.-F. Duro, l’aéronaute espagnol bien connu, un des plus actifs fondateurs du R. A. C. E. et pilote de l’'AE. C. F. Les poursuivants étaient : l’Alfonso XIII (1.600 m‘), piloté par le colonel Vivès y Vich, des aérostiers espagnols, accompagné de MM. le marquis de Viana, Juan Rugama et Santiago Liniers ; El Alcotan (1.000 m°), piloté par le capitaine Gordejuala, accompagné de MM. Sanchez y Ariar et le comte de Berberana ; Vencetan (1.200 m°, appartenant au marquis de Viana et piloté par M. Kindelau, accompagné de MM. le marquis de la Rodriga et Luis Hurtado de Amézaga.

Une poursuite en automobile, à laquelle prirent part de nombreux chauffeurs était organisée par l’Automobile-Club d'Espagne.

Après avoir pris la direction du Nord, les ballons atterrirent dans la bantieue de Paris, bien groupés autour du ballon poursuivi. Plusieurs chauffeurs rejoignirent à la descente et ramenèrent les aéronautes à Madrid.

Le roi rentra au Palais avec les infantes en automobile, très applaudi sur son passage.

A l'occasion de cette superbe fête, de cordiaux télégrammes de félicitations furent échangés entre le R. A. C. E. et l’AE. C. F.

Accident de montgolfière. — Le 20 février, un aéronaute forain nommé Suncr. après s'être élevé, à Barcelone, de l'arène tauromachique, avait atteint une hauteur considérable lorsque sa montgolfière s'enflamma et commença à descendre vertisineusement. L'aéronaute sauta hors de la nacelle et tomba dans la rue, se faisant des blessures mor-

telles.

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