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Tour du Monde aérien

Le Monument à Barral et Bixio. — Nous insistons à nouveau auprès de nos amis, dont. l'appui généreux nous à vivement touché, pour qu'ils nous aident à mener à bien l’œuvre de justice que nous avons entreprise, en décidant délever à Barral et Bixio, un modeste monument commémoralit de leurs célèbres ascensions scientiliques à grande altitude. Ea partie sculpture du monument est aujourd hui terminée, et le bas-relief dont l’Aérophile de mai 190% a publié la maquette, figure en ce moment sous la forme définitive du bronze, au Salon des Artistes français. Ce bas-relief très remarqué, fait honneur au talent du jeune statuaire Nava, qui s'affirme comme un de nos artistes les mieux doués, et devant qui s'ouvre le pius bel avenir.

Un exemplaire de cette œuvre prendra place sur le tombeau de Barral, contigu, on le sait, à celui de Bixio, au cimetière Montparnasse. L'autre exemplaire sera placé à l'Observatoire de Paris, d’où eurent lieu les deux départs de Barral et Bixio.

Ci-dessous, notre troisième liste de souscription :

Société -ationale d'Agriculture de France, 50 fr. ; Société des Agriculteurs de France, 100 fr. ; M" de Voguë, de l'Institut, P‘° de la Société des Agriculteurs de France, 20 fr. ; Maurice Lœwy, de l'Institut, D' de l'Observatoire de Paris, 5 fr. ; Albert Gaudry, de l’Inslitut, 10 fr. ; Edmond Perrier, de l'Institut, D' du Muséum d'Histoire naturelle, 5 fr. ; Alfred Mézières, de l'Institut, ancien barbiste, 5 fr.: Paul Pierrotet, D° du Collège Saïinte-Barbe, ancien barmste, 10 fr. ; Guinard, D’ de l'Ecole Nationale äes Ponts et Chaussées, ancien barbist?, 20 fr. ; Georges Toutée, lieutenan®colonel, D' des Etudes de l'Ecole Supérieure de guerre, ancien barbiste, 10 fr. : René d'Hubert, de l'Echo de Paris, ancien barbiste, 10 fr. ; J.-F. Fayolle du Moustier, ancien inspecteur principal de la Compagnie d'Orléans, ancien barbiste, zu fr. ; Georges Scellier, de Gisors, architecte, mspecteur général des bâtiments civils, ancien barbiste, 5 fr.; Félix Alcan, libraire-éditeur, 5 fr. ; Wilfrid de Fonvielle, homme de lettres, 2° souscription, 5 fr. ; Fraissinet, à l'Observatoire de Paris, 5 fr. ; Camille de Lacroix, manufacturier, à Mulhouse, ancien barbiste, 20 fr. : Charles Sachs, fabricant de produits chimiques, ancien barbiste, 5 fr. ; D' Baldet, adjoint au médecin en chef de 1a Préfecture de la Seine, ancien barbiste, 3 fr. ; D' Georges Rosenthal, chef de laboratoire à la Faculté de Paris, ancien barbiste, 3 fr. ; Louis Vandernotte, contrôleur des Mines, ancien barbiste, 10 fr. ; Léon Bourdier, négociant en diamants, ancien barbiste, 10 fr. ; Charles Dubourg, commissaire-priseur, ancien barbiste, 10 fr. ; Henri Lenoble, avocat à la Cour d'appel, ancien barbiste, 5 fr. ; Henri Yché, expert comptable, près la Cour d'appel, ancien barbiste, 5 fr. ; Julien Rougeot, avoué de 1"° instance, ancien barbiste, 10 fr. ; Alfred Rougeot, avoué à la Cour d'appel, ancien barbisie, 10 fr. ; M. L. Aucoc fils, bijoutier-joaillier, président de la Chambre syndicale, ancien barbiste, 10 fr. ; Ernest Lefébure, négociant en dentelles, ancien barbiste, 10 fr. ; E. Béguin, commissaire-priseur, ancien barbiste, 5 fr. ; Emile Dupuis, négociant, 2° souscription, 5 fr. :; Henri Paulin, libraire-éditeur, ancien barbiste, 3 fr.; Lefebvre, fabricant-joaillier, ancien barbiste, 2? fr. ; Gauchet, à La Ferté-uaucher (Seine-et-Marne), 2? fr.: Henri Baum, négociant, 5 fr.; J. Grouvelle, professeur à l'Ecole centrale des Arts et Manufactures, 5 fr.;: H. Arquembourg, ingénieur, 5 fr.; Paul Tissandier, 20 fr. — Total de la troisième liste : 418 fr. ; Total des deux premières listes : 867 fr. ; {8lal général : 1.315 fr.

La pratique de l’aéronautique et la loi sur les accidents du travail. — M. J. Imbrecq, avocat à la Cour d'appel, qui traite avec autorité dans La Vie Automobile de la loi sur les accidents du travail, au point de vue de l’automobilisme, discute incidemment dans le n° du 4 mars l'application de cette même loi à la pratique de la locomotion aérienne. Voici ce que dit M. J. Imbrecq :

« Et que penser de la locomotion aérienne au point de vue qui nous occupe ? Question neuve qui n’a encore. à notre connaissance, fait l’objet d'aucune jurisprudence et au sujet de laquelle nous ne pouvons qu'émettre une opinion personnelle.

Le sporisman qui ne se livre aux joies de l'ascension que pour le plaisir et l'amour de l'art, sans aucune idée de lucre et de spéculation, doit être assimilé au sportsman chauffeur et n’est pas assujetti à la loi sur les accidents du travail. Donc, s'il a sous ses ordres un mécanicien ou homme de peine qui vienne à être blessé, soit en gonflant ou en dégonflant

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son ballon, soit par une chute de la nacelle ou dans un atterrissage mouvementé, il ne sera pas tenu de l’indemniser.

Mais quid de celui qui s'occupe d'aérostation dans un but commercial ou industriel ? Quid par exemple du prcfessionnel qui fait métier de faire des ascensions payées ou du commerçant qui, pour vendre ses ballons, en fait faire des essais ? Si ces personnages ont sous leurs ordres un personnel, que l’un de leurs préposés soit blesse au cours de son travail, devront-ils l'indemniser ?

Nous avons conclu, par l'affirmative, dans des cas analogues en ce qui concernait les mécaniciens d'automobiles, nous basant ailleurs, pour cela, à la fois sur l'avis d'un comité spécial et sur la jurisprudence. Mais ici?

Notre opinion est que « l’aéronautisme » doit être assimilé à l’automobilisme, et que le commerçant qui tire un parti ou un profil commercial de son ou de ses ballons doit être assujetti à la loi du 9 avril 1898 et imdemniser, en cas d'accident, les ouvriers ou employés qu'il a sous ses ordres.

Et de cela nous donnons deux raisons :

Sans doute, cette loi ne vise pas spécialement l'aérostation ; il est même à peu près certain que le législateur n’y. a pas un seul instant pensé ; mais, aux termes de son article premier, la loi s'applique aux ouvriers et employés occupés... « dans toute exploitation ou partie d'exploitation dans laquelle sont fabriquées où mises en œuvre des matières explosives. ou dans laquelle il est fait usage d’une machine mue par une force autre que celle de l'homme ou des animaux. ».

Or, dans les cas que nous venons de citer, celui de l’ascensionniste professionnel ou du négociant faisant essayer ses ballons, ne peut-on dire à la fois : qu'il est « mis en œuvre » une matière explosive (c'est le gaz dont le ballon est gonflé et qui fait toujours courir aux hommes certains dangers), et qu'il y est fait usage d’une machine mue par une force autre que celle des hommes et des animaux ? C’est le ballon lui-même qui est mu par qui? par quoi? Par l'air, par le vent, c’est-à-dire par une force tout autre que celle de l'homme ou des animaux, force à laquelle, je le répète, le législateur de 1898 n’a probablement pas songé, mais qui rentre bien dans le texte et surtout dans lesprit de la loi largement interprétée.

Nous estimons donc que quiconque se livre à l’aérostation dans un but de lucre et de commerce, ayant sous ses ordres des mécaniciens ou des employés, se trouve assujetti à la loi du 9 avril 1898, et qu'au cas où l’un de ses préposés serait blessé, soit en cours d’ascension, soit en cours de gonflement ou d'atterrissage, il devrait l'indemniser. »

L’aéroplane à moteur Ferber. — Le nouvel aéroplane du capitaine Ferber, le n° 6, sera muni d'un moteur Peugeot de 12 chevaux, ne pesant, en ordre de marche, que 27 kilos, soit 2 kil. 25 par cheval.

Aéronautique et topographie. — Dans son assemblée générale du 19 février, la Société Française de Topographie a décerné les récompenses suivantes, qui intéressent particulièrement le monde aéronautique : médaille de vermeil (prix du Conseil Général dans le concours du département de la Seine) à M. Paul Bordé, pour ses photographies topographiques de Meulan-Hardricourt, prises de deux altitudes différentes en ballon monté; médaille d'argent à M. Wenz, pour photographies topographiques prises au moyen d'un cerf-volant.

MM. Paul Bordé et Wenz ont obtenu des résultats vraiment remarquables dans ces intéressantes applications de la s’ience aérienne, qui n'ont point encore rendu tous les services qu'on peut en attendre.

Le record i‘alien de durée. — L'aérostat Fides 11 (1.200 m°) de la Société Aéronautique Italienne, parti le soir du 22 mars, du siège de la Société, s'arrêta en Toscane, près Redda, dans la vallée de Chianti, après avoir parcouru 220 kilomètres en 15 heures.

Il était piloté par le lieutenant Sianetti, accompagné de l'aéronaute Hauffman et du capitaine Castagneris. De très intéressantes études furent faites par eux aux cours de la traversée à cause de la nature des terrains, riches de lacs et de volcans.

Cette ascension constitue le record italien de durée.

Rappelons à ce propos que le record mondial de durée sans escale en ballon ordinaire libre appartient au comte de La Vaulx (1,925 kil. en 35 h. 45 m.). On peut citer plusieurs

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