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CONCOURS ET FÊTES AËROSTATIQUES

Concours et rallie-ballons d'Amiens.

La Fête historique de l’aérostation à Bruxelles. — Concours de Caen

Concours et rallie-ballons d’Amiens (30 juillet 1905). — |.vs fêles organisées le 30 juillet, à Amiens, avec le concours de l'AE. C. F. à l’occasion du Concours de véhicules industriels, comprenaient un Concours de ballons, donnant lieu en outre à un rallie-ballons automobile. Ce fut certainement une des manifestations les plus réussies de cette Pelle journée sportive.

Le gonilement, assez laborieux, avait commencé la nuit précédente, et de soudaines rafales rendaient les départs assez difficiles. Tout se passa néanmoins sans incidents et les concurrents s'élevèrent, devant une foule considérable, dans l'ordre suivant : MM. Blanchet (Aéro-Club IV), 530 m° à 5 h. 33 ; Bachelard (Régina), à 5 h. 58: Barbotlte (lEstérel), 430 m°, à 6 h. ; ({touelle), 350 m°, à 6 h. 15.

M. Georges Besançon, secrétaire général de l'Aéro-Club, commissaire sportif, assistail au départ. L'épreuve était un concours d'atterrissage au plus près d'un périmètre routier, passant par Bapaume, Péronne, Roye, de 48 kil. de développement et distant également de 48 kil. du point de départ. Le vent soufflait de l'Ouest, et les concurrents, partis avec une grande force ascensionnelle, s'élevaient promptement à une grande altitude.

Les résultats sportifs ont été des plus brillants, et font honneur à lhabileté des pilotes de l'Aéro-Club de France, d'autant plus méritoire que le vent violent nécessitait une grande sûreté de manœuvres.

Voici le classement :

1. M. Georges Blanchet (Aéro-Club IV, 530 mn), descendu près Villers-Carbonnel, exactement sur la route constituant le périmètre à atteindre, à 43.500 m. du point de départ.

2. M. Edouard Bachelard (Régina), atterri près de Crémery, aux environs de Roye, à 1.200 m. à l’est du périmètre assigné.

3. M. Ernest Barbotte (lEstérel, 430 m‘), descendu à Lihours, 1 kil. au delà de Chaulnes, à 2.300 m. du périmètre.

4. M. Charles Levée (l’Alouelle, 350 m'), atterri entre Lihours et Chaulnes, à 4.500 m. du périmètre.

Les prix sont de : 300, 150 et 100 francs.

Notons aussi l'ascension très réussie de M. Henri Robart, l’aviateur-aéronaute amiénois, qui, parti, sans prendre part au Concours, à bord de son ballon 'ille-d'Amiens, aurail également approché beaucoup le périmètre désigné.

Le classement que nous donnons n’a rien d'officiel et devra être soumis à l’'homologation de la Commission sportive de l’Aéro-Club de France.

Le rallie-ballons a donné les résultats suivants : M. Rabœuf capture un ballon, M. Rube un ballon, et notre confrère de l’Aulo, M. Faroux, réussit un joli « doublé » en ralliant les deux autres.

La Fête historique de l’Aérostation à Bruxellzs. — [a Fête historique de l’Aérosta-

tion, organisée par l'Aéro-Club de Belgique, sous le haut patronage du gouvernement belge et de la Ville de Bruxelles et inscrite au programme des Fêtes commémoratives du

F5 anniversaire de | Indépendance de la Belgique, n'avait pu avoir lieu le 23 juillet, en raison du mauvais temps et avail été reportée au jeudi, 3 août.

Ce jour-là, le temps ayant daigné se montrer favorable, cette belle manifestation a obtenu le plus magnifique succès, devant une foule immense et sympathique.

A trois heures, une salve d'artillerie annonce le lâcher de ballons-pilotes.

Il est ensuite procédé au lâcher d'une flottille de petits sphériques semblables au premier ballon libre gonflé au gaz de houille que Minkelers lança le 21 novembre 1783, dans le parc d'Hèverlé, sous les auspices du duc Louis-Englebert d'Arenberg. (Voir Aérophile de janvier 1905.)

À 3 h. 30 s'élève un ballon de 800 m° à fuseaux alternativement jaunes et bruns, à la nacelle élégante de style Louis XVI. C’est la reconstitution exacte, admirablement exécutée, par l'habie ingénieur aéronaute parisien, Louis Godard, du premier ballon monté, gonflé

Ballon caplif militaire Le Charles el Robert L'Entreprenant belge moderne La Fête historique de l'Aérostalion à Bruxelles (3 août 1905), avant le départ.

à l'hydrogène, lancé à Paris le 1* décembre 1783, par Charles et Robert. Le pilote est M. Van den Driessche. EURE

A 3 h. 55, le ballon captif l'Entreprenant,cepie fidèle du premier captil militaire el nployé le 8 messidor, an II (6 juin 1794) à la bataille de Fleurus, par l’armée française. L'Entreprenant à été également reconstitué avec un remarquable souci d'exactitude historique par l'ingénieur-aéronaute Louis Godard. Pourcompléter l'illusion, les hommes de manœuvre. fort habilement dirigés par le capitaine Mathieu, des aérostiers belges, portent le costume des volontaires de la première République.

Le ballon l'Aéro-Club de Belgique n° 1 s'élève à 3 h. 45 : il est monté par NINT- le commandant Soucy et Dessy qui abandonnent à 1.000 m. de hauteur environ un parachute semblable à celui qu'employa, le premier, Garnerin, le 22 octobre 1797.

Presque aussitôtaprès, départ du Gusmao (600 m'), piloté par M. Capazza qui emporte avec lui un parachute moderne de son invention, dénomime « sauveteur aérien » à bord duquel il effectue sans incidents sa descente, à 4 h. 18, à Evere.

Le départ de la montgolfière, un peu retardé, à lieu à 4 heures. L'immense sphère bleue, reproduit la décoration, familière à ceux qui connaissent l'histoire ce l'aérostation, du fameux « globe » lancé par les frères Montgollier, le 19 septembre 1783, en présence de Louis XVI, à Versailles.

Presque en mème temps, la foule applaudit au départ de la Belgique (1.600 m‘, que pilote son propriétaire, M. le comte Hadelin d'Oultremont, accompagné de MM. le comte J. Van den Burch et Ooms, notre confrère du Patriote. Le ballon est gréé pour une ascension scientifique.

Entre temps, on suit avec intérêt le gonflement et la manœuvre d'un ballon captif militaire belge moderne, sous la direction du chevalier de Saint-Marcq, commandant les aérostiers et des lieutenants, P. Van Meenen et Michelet.

La manœuvre d'un drachen-ballon, où ballon cerf-volant adopté par l’armée allemande est suivie d’un lancer de ballon-sonde comptant pour les ascensions internationales mensuelles.

C’est maintenant au tour äes ballons libres, des ballons purement sportifs, de prendre successivement l'atmosphère. Plusieurs des pilotes présents le 23 juillet n’ont pu revenir le 3 août. Neuf aérostats figurent pourtant malgré la remise de la fête, ce qui est encore un fort beau chiffre. Ils prennent l'atmosphère dans l’ordre suivant : À 5 h. 15, Le Roilelel 250 m°\, pilote : M. Moucheraud : — à 5 h. 18, le Rôve (100 m'), pilote : MM. Gheude : — à 5 h. 20, l'Ulopie (600 m°), pilote : M. de Brouckère ; — à 5 h. 23, Radium 11, pilote : M. A.

de La Hault ;: — à 5 h. 28, Le Griffon (800 m'), pilote : M. Cormier ; passagers : MM. Henry et Solinot : — à 5 h. 30, L'Aiglon, pilote : M. Lassagne : — à 5 h. 32, Libellule (1.000 mr),

pilote : M. Louis Godard ; passagers : MM. Jean d’Ardenne, Coesson, Mme Louis Godard : — à 5 h. 30, le Congo (C0 n°), pilote : M. le capitaine Mathieu : passagers : M. Sterckvaal : à 5 h. 40. L Aurore (1.100 in°), pilote : M. L. Gheude ; passagers : MM. Rodriguez, Deroy.

Pour ecloturer cette fête, dans un bouquet de 3.000 ballonnets multicolores, s'élève au son de la Brabanconne, le majestueux sphérique le Jubilé, aux couleurs de la Belgique et de la ville de Bruxelles, piloté par M. Scutenaire, accompagné de MM. le lieutenant Malftéi et Christiaens.

On voit l'importance et Je succès de cette magnifique manifestation aérostatique. L'honneur en revient à l’'Aéro-Club de Belgique qui donne cette année des preuves éclatantes et heureuses de sa féconde activité. {1 y a lieu de féliciter plus particulièrement, M. Fernand Jacobs. président de la Société et le secrétaire général, M. le capitaine du génie lathieu qui avaient réglé tous les détails de cette délicate et complexe organisation.

A peine le dernier ballon était-il parti que le mauvais temps faisait un retour offensif, lrop tard heureusement pour empêcher le succès de la fête. Un violent orage éclatait, qui rendit pénibles certains atterrissages.

Voici les descentes venues à notre connaissance :

L'Aéro-Club de Belgique, n° 1, descendu à 5 h. 45 près d'Anvers, à 20 m. de l’Escaut : la Belgique, à 5 h. 51 chez le duc d'Ursel, à Hingène, après avoir plané quelques minutes sur l'Escaut : la montgolfière est tombée sur une maison du quartier Nord-Est de Bruxelles, au grand émoi de deux vieilles demoiselles habitant l'immeuble ; le Roïtelel a repris terre, à 6 h., au château d'Impden ; le Rêve descendu à Vilvardé ; la Libellule dont le pilote, M. Louis Godard, voyant venir l'orage sur l'Escaut, exécuta, sans appeler l'attention de ses passagers, les manœuvres de descente, atterrit sans incidents quelques minutes avant les rafales à Saint-Nicolas, près Merchtem. Le Charles el Robert est descendu avant l'orage, à Saint-Léonard. =

Les autres ballons., surpris par le mauvais temps, ont plus ou moins souffert. L'Ulopie descendit après un long et pénible trainage à Grimberghen. Le Radium 11 descend sous l'orage à Evere, près de Malines. L'Aurore eut un atterrissage mouvementé et fut lacéré à Volwerthern. Le Griffon traina sur deux kilomètres heurtant le toit d'une maison et brisant deux arbres. Un des passagers, M. Henry fut projeté par dessus bord et le ballon eut des avaries graves. De même pour le Congo, M. Sterckval, passager, fut projeté à terre et le ballon ne s'arrèta qu'après un traîinage de deux kilomètres à Grimberghen.

Concours de Caen (7 août 1905). — l'épreuve aérostatique organisée à Caen, à l'occasion des fêtes du Souvenir Normand, par un comité spécial, présidé par M. Lecornu, l'historien érudit et atltravant de la locomotion aérienne, avec le concours de l’Aéro-Club de France, a eu lieu le 7 août avec le plus complet succès. Aux averses de la matinée succéda heureusement un temps très favorable, quoique couvert.

Le comte de La Vauix et le comte Arnold de Contades, commmissaires sportifs délégués par l'Aéro-Club de France, décidèrent un concours d'atterrissage au plus près de la route reliant Gonneville à Varaville, à 18 kil. au sud de Mirville et Cabourg.

Le ballon Le Fol n'étant pas arrivé à Caen en temps opportun, trois aérostats concurrents prennent presque en même temps vol à 5 h. 15. Ce sont : le Micomégas (430 m'), piloté par le marquis de Kergariou : l'Aéro-Club-IV (530 m°), piloté par M. Edouard Bachelard, accompagné de M. Albert Omer-Decugis ; l’Alouelte (350 m°), piloté par M. Charles Levée.

M. Bachelard (4éro-Club-IV) descendu à 280 m. en decà de la route de Varaville à Gonneville, s'adjuge la première place et le premier prix de 300 francs.

Le deuxième et le troisième prix sont de 100 francs et de 50 francs. La deuxième place

semble iudécise entre NM. de Kergariou et Levée atlerris tous deux à 80 m. environ de la route prise comme but.

Ces deux concurrents seront départagé par la Commission sportive de l'Aéro-Club de France, après pointage rigoureux, lors de l'homologation du Concours.

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