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XV. MARGOULIS

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Les Aéroplanes BLÉRIOT et les pièces détachées BLÉRIOT

pour Héroplanes

On sait avec quelle belle vaillance, Louis Blériot à mené le bon combat pour le vol mécanique. Depuis de longues années — nos lecteurs l'ont vu (Voir Aérophile du 1* janvier 1908, page 1), il y a consacré son temps, son argent, de hautes connaissances d'ingénieur complétées par une longue et brillante pratique industielle ; il a risqué sa vie, allégrement.

Cette lutte opiniâtre, couronnée d'un éclalant succès, se caractérise par le souci de la perfection, par la variété et l'originalité des moyens employés, par l’application d'une méthode de recherches adimrablement appropriée au résultat poursuivi.

Au milieu de la diversité des expériences qui ont fait de lui un des pionniers les plus utiles et les plus magnifiquement désintéressés de l'aviation, Louis Blériot ne perdait pas de vue les applications pratiques de l’aérolocomotion nouvelle. 11 les savait toutes prochaines ; mieux que personne, il pouvait en prévoir avec netteté le développement industriel et commercial, et il se préparait à y contribuer efficacement.

Dans la personnalité si complexe et si intéressante de Louis Blériot, le chercheur ne fait pas tort, en effet, à l'industriel, audacieux et plein d'initiative, tout en restant très méthodique. Ces qualités ont déjà assuré le prodigieux et rapide succès de la maison de phares et d'accessoires pour automobiles qui fit connaître, en premier lieu, le nom de Blériot dans le monde entier. Nous les retrouvons dans la facon dont le célèbre aviateur a envisagé la préparation, la mise au point des grands ateliers aéronautiques qu'il vient de créer et qui sont appelés à un rapide succès (1).

Doué d’une fertilité d'invention, d'une ingéniosité rares, capable aussi de donner un corps à ses conceptions et de les soumettre au calcul sans le secours de personne, Louis Blériot, tout en expérimentant, appliquait ses facultés à améliorer les divers organes ou dispositifs qui constituent les éléments de tout aéroplane. Il s’acharnait à perfectionner chacun d'eux et après ce travail d'analyse, il soumettait à l'expérience à bord de ses propres appareils, les modifications réalisées jusqu'à ce qu'il s’en trouvât satisfait.

C'est cette méthode d'analyse et de synthèse que l’on retrouve dans l’organisation industrielle et commerciale des ateliers de Louis Blériot : d'une part, les éléments constitutifs des appareils ; d'autre part, les appareils complets. C'est celle que nous suivrons aussi dans l’exposé des travaux de Blériot.

En décrivant en premier lieu quelques-uns des organes et éléments d'aéroplanes, créés par Louis Blériot, nous devons faire remarquer que la plupart d’entre eux peuvent être utilisées non seulement sur aéroplanes Blériot, mais encore sur machines de tous les ypes.

Il est inutile de louer le soin apporté à leur fabrication : le nom de Blériot est une garantie amplement suffisante. Mais nous tenons à faire remarquer leur bon fonctionnement, l'adaptation parfaite de l'élément au milieu dans lequel il doit se trouver. Chaque organe, chaque pièce, construits par Blériot, n'ont été adoptés et définitivement établis qu'à la suite d’études expérimentales et d'essais comparatifs, durant de longs mois de travaux. Chaque objet est le résultat d'éliminations ou de perfectionnements successifs indiqués par l'expérience et il y a lieu d’insister sur la haute valeur, sur l'importance capitale que leur assure cette sanction expérimentale.

Voici la description de quelques-uns des organes et dés détachés pour aéroplanes, imaginés par Blériot.

(1) Louis Blériot, maison d'aviation « l'industrie aéronautique. Blériot et les frères Voisin, d'un commun accord, viennent de résilier à l'amiable leurs engagements réciproques et voleront chacun de leurs propres ailes vers le progrès et le développement industriel de l'aviation.

récédemment propriétaire de la

es frères Voisin », faisait déjà de -

Pièces détachées RLÉRIOT d'Aéroplanes

Direction stabilisatrice L. Blériot (Brevetée en tous pays). — La direction de l’aéroplane présente une importance capitale. Son extrême mobilité dans l’espace, la lutte qu'il doit à chaque instant entamer avec l’air en mouvement, exigent une adaptation parfaite de l'organe de commande, et de cet organe dépendent en grande partie, non seulement la facilité de conduite, mais encore la sécurité de l’aviateur.

Jusqu'à présent, tous les aéroplanes avaient été commandés par leviers où combinaisons de leviers, plus ou moins compliquées. L'apprentissage en est forcément long, parce qu'il faut justement faire agir chaque levier sur un gouvernail déterminé.

L’'aéroplane étant un plan mobile dans l’espace, Biériot a pensé à résoudre le problème de l'équilibre, en le commandant, non plus avec leviers, mais au moyen d’un autre plan mû par une tige unique, montée en son milieu, et en utilisant, pour toutes les commandes de l’aéroplane, les variations de distance que présentent les différents points des deux plans, l’un par rapport à l’autre. C’est d’ailleurs le seul cas de commande d’un plan par un autre plan, qui ait été réalisé jusqu'à ce jour. Le dessin ci-contre fera comprendre le mode de fonctionnement de cette commande. On voit pour ainsi dire que l’aéroplane corrige lui-même son écart de stabilité en oscillant autour du plan qu'a en mains l’aviateur, quel que soit le sens de l’inclinaison que prenne l'appareil, quel que soit le nombre des gouvernails et leur position, s'ils sont judicieusement reliés au ccrele de direction. [ls concourent d’un seul coup et de la quantité voulue, à l'équilibre de l’aéronef, et cela, tout en laissant l’aviateur maître de son appareil, sans lui imposer l’équilibre automatique que tant de chercheurs, dit Blériot, essaient de réaliser, ne se rendant pas compte que toute automaticité sera non seulement nuisible, mais dangereuse, étant donné que les courants aériens demandent à être attaqués sous des incidents constamment variables, surtout dans le voisinage du sol.

Cette commande est absolument instinctive; l’aviateur ne peut pas faire d'erreur. De plus, en la combinant avec un niveau sphérique, on peut indiquer au pilote le sens dans lequel il doit se déplacer pour redresser immédiatement son aéronef. La direction stabilisatrice Blériot, brevetée en tous pays, peut s'établir en différents modèles, mais les directions mises dès aujourd’hui dans le commerce nous semblent répondre le mieux à la généralité des appareils.

Comme l'indique le dessin ci-contre, cette direction est constituée par une cloche montée sur cardan. Au bas de cette cloche sont fixés tous les fils de commande. On a adjoint au bras de manœuvre, deux leviers pour les commandes simultanées du moteur, commandes qui doivent se faire dans le même sens que les commandes des gouvernails do profondeur, sous peine d'accidents des plus graves,

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Fis. 1. — Lécevne: Croquis semi-schématique perspectil d'un aéroplane type monoplan Blériot IX vu d'en dessus, montrant la commande des dispositifs de stabilisation transversale (ailerons a à) et de direction en profondeur (ailerons a a’, postérieurs). AA, aile fixes; H, hélices; E,empennage fixe horizontal de stabilisation longitudinale; G, gouvernail de direction latérale.

Dans l'exemple de manœuvre figuré, la cloche de commande C, au bord de laquelle sont fixés les fils de commande numérotés, ayant été écirlée de sa position neutre par le pilote et inclinée au moyen du levier L, fl se produit les effets suivants :

1° En ce qui concerne les ailerons de stabilisalion transversale a a le fil 2 se trouve raidi par le déplacement de la cloche et vient tirer l'extrémité postérieure de la bielle schémalisée en 4 (à droite du lecteur) et l'abaisse tandis que, par le même déplacement de la cloche, le fil à se trouve relâché et preud du mou, ce qui permet à la bielle à (à droite du lecteur) d'obéir à la sollicilation commandée du fil 2, comme il vient d'être expliqué. Il en résulte que l'aileron a {à la droite du lecteur) rigidement relié à sa bielle par un arbre transversal horizontal, pivote autour de cet arbre en relevant son bord avant eten prenant un angle d'altaque positif dont on peut

varier la grandeur suivant l'amplitude du déplacement imposé, par le pilote, à la eloche C.

Simultanément, par l'intermédiaire des fils3 (tendu) et4(reläché), ce même déplacement de la cloche C, par l'intermédiaire de la bielle b {à gauche en regardant la figure), impose à l’aileron a (a gauche du lecteur) un mouvement de sens inverse de celui de son homologue a (à droite du lecteur) en lui

faisant prendre un angle d'attaque négatif, qui pourra devenir plus où moins grand suivant le déplacementdonné à la cloche C

2% En ce qui concerne les aîlerons postérieurs «a servant ici de stabilisateurs longitudinaux el gouvernail de profondeur. dans le cas figuré, le fil 1, raidi par le déplacement de la cloche, tandis que le fil 6 se trouve relâché, tire sur une extrémité de la bielle B' et oblige les ailerons, qui, eux sont directement connexés et non inversement comme les ailèrons a a, à abaisser simul. tané nent leur bord avant et à prendre un angle d'attaque négatif. Un autre déplacement approprié de la cloche pourrait évidemment, par le jeu inversé des mêmes fils 1 et 6, leur donner un angle d'atlaque positif, de grandeur variable.

On n'a pas figuré dans leur entier le trajet des fils de commande pour ne pas compliquer la figure, On remarquera que chaque paire de fils, 2 et 5, 3 et 4, 1 et6, commandant uo organe a, respectivement, un chef de ses 2 fils fixé aux extrémités d'un diamètre de la cloche,

tels que perte de vitesse à la montée, où vitesse excessive à la descente.

On peut ajouter sur le volant des appareils tels que: interrupteurs électriques, indicateur de vitesse, etc., que l’aviateur a le plus grand intérêt à avoir toujours devant les veux.

Pour chaque maison de construction, chaqne type d'aéroplane, on peut établir un modèle de commande par plan, embrassant d'un seul coup tous les organes de stabilité quels que soient leur nombre et leur position.

Châssis. — Le chàässis Blériot, qui à si brillamment fait ses preuves, se compose d’un cadre rigide forrné de montants en bois et de tubes d'acier assemblés à deux, entretoisés et sanglés par des lames métalliques. Ce cadre supporte la poutre et le fuselage de l’aéroplane et repose de façon élastique

Fig. 2.— Châssis porteur Blériot à triangle déformable, roues orieutables accouplées (pour plus de clarté, on n’a pas figuré le sanglage par lames métalliques, l'avant «u corps fuselé d aéroplane est figuré en pointillé pour montrer les rapports des parties); rrrr, ressorts: à b, articulalions supérieures à coulisse; a, vue des deux articulations inférieures ; B, entretaise d’accouplement des deux roues garnies de pneus.

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sur deux roues accouplées parallèiement entre elles, et pivotant autour d’axes verticaux (V. fig. 2).

La liaison du châssis proprement dit à chacune des deux roues est assurée par un triangle défor-

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