AVENUE DE CHOISY. PARIS
J’'Aérophile 113
sés aux pires dangers, ainsi que l'ont prouvé des exemples multiples et fameux, à moins que l’on ne se décide à sacrifier les milliers de francs que représente l’hydrogène contenu dans leurs flancs. Encore pour certains centre eux, tels que les types rigides, le danger de destruction, si le vent vient à fraichir, ne se trouverait-il que bien peu diminué par cet expédien£. Le dégonilement dun Zodiac en lin d'ascension est l'opération simple, naturelle et peu coûteuse, tout à fait comparable à celle-qui “bôt-tout vorage-aérien en ballon sphérique ; elle évite tout risque de destruction du matériel au cours d’une escale imposée.
I1 existe deux modèles de petits Zodiac, dont l’un de 700 m°, le Pelil-Journal, le premier de cette catégorie, représenté par nos gravures, a dejà fait sous la conduite du comte Henry de La Vaulx deux ascensions d'essai qui ont permis de conslaler que les construc teurs avaient pleinement atteint les intéressants résultats cherchés. ; :
Le Petit-Journal, âirigeablie type Zodiac possède une carène pisciforme en tissu spécial imperméabilisé intérieurement, à maîlre-couple reporté vers l'avant. jau-
Le Petit Journal, dirigeable “Zodiac” de 700 m3 en pleine marche.
geant 700 m° sous une longucur de 30 m. et un diamètre au fort de 7 m., soil un allongement de 4 diamètres 3. Surface du maitre-couple : 38 m°; surface de la carène 550 m°. ?
Sur l'enveloppe sont montées 3 soupapes de manœuvre et un volet de déchirure. (Voir légende du croquis.)
Deux ralingues situées chacune sur les flancs .du ballon, au-dessous de l'équaleur, donnent aitache par l'intermédiaire de bâtonnels, à la suspension ; les pattes d'oie en chanvre avec roulements de la partie supérieure se terminent par des suspentes mélailiques supportant la nacelle qu’elles relient à la carène par un réseau funiculaire rendu indéformable par une triangulation approprice. La solidarité absolue de la nacelle et de la carène se trouve ainsi assurée.
La nacelle est formée par une poutre armée en sapin rouge, à quatre arêtes. Elle est démontable en trois parties, grâce à un dispositif brevelé de boulons et de tubes dont l'étude a élé trés savamment faite en vue de simplifier l'opération el d'en assurer la rapidité. Depuis le moment où le ballon à allerri jusqu’au départ du camion qui le trarsportera démonté à sa remise ou sur un truck de chemin de fer qui le rapatriera, il ne s'écoule pas plus de rois quarts d'heure. La poutre armée a 13 m. 50 de long, 1 m. 25 de hauteur au fort et se trouve à 3 m. 50 au-dessous de l'enveloppe.
La nacelle contient lé moteur (à bord du Pelit-Journal c’est un moteur Clerget de 16 chx à circulation d’eau 4 cyl., monobloc, radiateur nid d'abeille avec ventilateur), qui actionne par arbres à cardans une hélice de 2 m. 30 de diamètre, démultipliée, tournant à 650 tours, à l'extrémité arrière de la nacelle.
Le moteur actionne aussi un ventilateur destiné à maintenir la permanence de la forn:e de l’enveloppe au moyen d’un dispositif spécial de poche à air ménagé dans la carène.
Le poste d'équipage situé en avant du moteur peut
contenir au besoin deux voyageurs, si l'an mélange au gaz d'éclairage une centaine de metres cubes d’hydrogène. Gonilé au gaz d'éclairage pur, ce Zodiac suflit amplement à enlever un pilole avec de l'essence et du lest pour un voyage de plus de trois heures. Dans le poste sont disposés les manettes de commande des divers organes du moteur, les volants des gouvernails a les instruments utilisis durs loute ascension aérosalique. ‘
Un empennage-quille vertical de 6 m° et un empennage horizontal de 4 m° placé. sous la poupe du ballon assurent la stabilité de route et de hauteur.
ll existe, en outre, un gouvernail de profondeur monoplan de 4 m° à l'avant de la poutre armée et un gouvernail vertical de 5 m°, placé dans sa position neutre, dans le prolongement de l'empennage vertical.
La vitesse d'un Zodiac mocèle Pelit-Journal atteint 25 à 28 kilomètres et son prix n'excède pas 25.000 fr. Il emporte % kil. de lest sable et de l'essence pour les 3 heures de marche à pleine puissance.
Montage du « Zodiac » 700 m'. — La nacelle se démonte en trois parties.
Les sections s’assernblent entre elles aux points 1 et 2 de notre dessin, a moyen de houlons et d’écrous à orcilles. Le dispositif est en principe semblable à celui employé pour le montage el le démontage des yoles de régates.
Au point d'assemblage de la seclion centrale avec la section arrière, il sufil de retirer l'axe de l’un des cardans pour couper la transinission et rendre complètement indépendantes les deux parties. Les cardans placés sur la transmission, ont pour but de remédier au mauvais alignement des arbres résultant des. déformations permanentes ou passagères de la nacelle. Un manchon coulissant, faisant partie de l'arbre, permet également un cerlain jeu longitudinal, parant ainsi aux dilierences de longueurs possibles.
Pour le montage, pendant que deux hommes s’occupent de la partie aérostatique,. étalent le ballon, posent les soupapes et cabillotient la suspension sur les ralingues, déux autres préparent la- nacelle. Ces derniers réunissent les sections en commencant par l'avant. Une fois que le tout ne forme plus au'un bloc. ils installent le gouvernail de plongée, composé de deux châssis entoilés ; un tube solidaire de ja nacelle. leur sert d'axe. Des mñis et des haubans assurent la rigidité de l’ensemble. L'extréiité des mâts est reliée au volant de manœu\res placé sous la main du pilote. par deux tireveilles que l’on raccorde par l'intermédiaire de deux tendeurs.
Ce travail terminé, on procède au montage de l’hélice sur son arbre et l’on fixe en raênie temps à l’extrémité de cet arbre un émerillon à bille qui doit recevoir un groupe de suspensions de l'arrière du ballon.
Toutes ces cpérations terminées ef le ballon gonflé, entre temps, par l’autre pailie de l'équipe, on peut indifféremment porter la nacelle sous le ballon ou bien amener le ballon sur la nacelie. C’est Ic personnel dont on dispose ou l'emplacement ou l'on se trouve qui déterminent le choix à faire entre ces denx méthodes.
Le tout étant en place, on monte le ballon par les cordes de manœuvres, en descendant les sacs comme s'il s'agissait d'un ballon sphérique, et l'on cabillotte les suspentes sur la nacelle. 11 ne reste plus qu'à relier les drisses du gouvernail arrière au volant de direction, et ce dernier détail termine l'appareillage.
— Le deuxième type des Zodiac démontables, dont un échantillon prendra prochainement l'atmosphère, est sensiblement plus puissant tout en gardant les mêmes avantages de maniabilité dans l'alniosrhère et de manutention facile à teïre. 11 jauge 1.200 mi ; muni d'un moteur de 45 chx, il donne une vitesse de 30 à 35 kil. à l'heure ; gonflé au gaz d'éclairage, il enlève aisément deux voyageurs ; gonilé à l'hydrogène, 1l peut en emporter trois.
Sans doute, les Zodiac Aémentables avec une puissance proportionnée à leur cube, ne lulteraient pas contre des vents aussi vifs que leurs gigantesques camarades de 3.000, 4.000 et 12.000 m° ! Aussi, la Société francaise des ballons dirigeables Zodiac construit-elle des croiseurs aériens de 2.000, 3.500, 4.000 n°, doués d'une haute vitesse et à grand rayon d'action. Elle construit aussi les appareils d'avialion, Mais sous nos climats,
LS journées de grand vent sont encore les moins nombreuses ; quand bien même le pilote d'un Zodiac rencontrerait au cours d'une ascension un courant aérien, d'une vitesse supérieure à la vitesse propre de l'engin, il peut toujours s'écarter du lit du vent, obliquer vers une région qu'il veul explorer, se rapprocher à son oré d'un lieu d'atterrissage commode, elc., il manœuvre dans le vent au lieu de demeurer son jouet et ce doit même être là pour un bon aéronaute une sensation délicieuse, On pourrait même organiser de très intéressants concours sportifs de pelits ballons de ce genre, avec autant de facilité et aussi peu de frais que des concours de sphériques.
Grâce à leur facilité de transpurt, de montage, de gonflement et de démontage, des Zodiac démontables amenés à la suite d’un corps de troupe pourraient même rendre, dans des circonstances bien choisies, de sérieux services militaires en permettant d'improviser rapidement sur le terrain une frucluense reconnaissance aérienne des dispositions de l'erucini.
Mais nous avons surtout vouiu envisager ici leur application au tourisme. A côlé des longs-courriers de l'atmosphère, qui répondent à autres besoins, il y avait lieu de créer des vachls de plaisance, des caboteurs aériens d'un maniement aisé et d'un prix abordable. On ne sauruit trop reniercier la Société française des ballons dirigeables Zodite d'en avoir eu l'idée et d'avoir si heureusement résolu ce problème difficile.
A. DE MASFRAND
Dirigeables en France et à l'Étranger Les dirigeables Zeppelin. — Les ateliers et les
hangars Zeppelin sont actuellement transformés en école pratique de démontage du Zeppelin V (officiellement Zeppelin 11, voir Aerophile du 1" février, p. 60), de ses agrès, moteurs et apparaux, école suivie par des officiers ou sous-oliiciers qui constitueront le personnel des futurs aéronats militaires. Dans le Zeppelin 11, où l'emploi de l'aluminium a été encore augmenté, pour accroître la charge utile transportée, qui s'était révélée insuffisante durant le grand voyage si malheureusement terminé du Zeppelin IV, les 4-5 août. Or, les officiers redoutent, paraît-il, qu’on n'ait ainsi sacrifié la solidité a la légcrele et qu'on ne se trouve exposé à des ruptures ei dislocations nécessitant de fréquentes réparations de détail.
Où annone, d'autre part, que l'équipage militaire envoyé à Friedrichshafen ne comporte pour l'instant qu'un officier, ? sous-officiers, 18 hommes. Mais le 26 février, les capitaines d'acrosliers George et von \éna, avec 8 sous-ofticiers eb 75 hommes, se rendront à Friedrichshafen pour effectuer les sorties d'essais du Zeppelin 1 (ancien Zeppelin 111 de 1907, modifié en 1968), essais qui comporleraient trois sorties au cours desquelles on s’exercera surtout à descendre sur la terre ferme. En mai, le ballon sera transporté à Metz.
Le nouveau « Parseval » de 4.500 m°, à fait, le 19 février, sa première sortie d'essai qui dura 45 minules, autour du hangar de Billerivld, sans incidents. Evolutions sur Greppin à 259 m. d'alt. et retour au point de départ. A bord MM. le capilaine von Kehler, le lieutenant Stelling, les ingénieurs Kieffer et Wendt, 2 mécaniciens. Vitesse annoncée : 50 kil. à l'heure.
Caractéristiques du Parsevat III : Longueur : 69 m. : diamètre : 11 m. ; volume : 5.600 m°. Le ballon pèserait 6.000 kgr., dont 1.100 kgr. pour l'enveloppe seule. 2 moteurs de 100 chx actionnant 2 hélices. Provision d'essence : 500 litres, suffisants pour 10 h. de marche. Voyages projetés à Berlin puis à l'Exposition de Francfort. Les essais ont continué par des ascensions encore peu prolongées, mais satisfaisantes.
Hangar de relâche, — On vient de terminer à Darmstadt, un hangar de 40 mètres de long, destiné à servir de port de relâche et de refuge, le cas échéant, aux dirigeables ou aéroplanes militaires.
1 1 Mars 1909
SRI