Ailes refermables pour le garage
Il. — Ailes extensibles en cours de vol.
1, — Procédé de construcrion des ailes d’un aéroplane-biplan, permettant de les refermer pour en diminuer l'encombrement et faciliter le re-
misage.
Le vol, la maniabilité, l'équilibrage, le départ, et l’atterrissage une fois bien assurés, comme C'est le cas pour l'appareil de M. Wright, l'une des premières conditions que doit remplir un aéroplane, est certaineent de se prèter à des voyages si petits qu'ils soient. On ne saurait, en ellet, concevoir une exploitation industrielle d'engins qui obligeraient leurs acquéreurs à s'assurer la jouissance d'un vaste champ au milieu duquel iis devraient édilier un hangar pour étre ensuile réduits à lourner en rond autour de ce hangar et contraints de recourir à des équipes de manœuvres pour rentrer. après chacune de leurs sorties, le susdit engin dans le susdit hangar. 11 faut, pour que l'aviation soit intéressante, qu'elle n'ait aucun lil a la patte. 11 faut que l'aviateur puisse changer d'air. Et pour cela, il est indispensable de pouvoir, à terre, diminuer le volume de l'appareil pour avoir la possibilité de le garer dans un local qui n'aura pas été créé spécialement pour lui.
J'ai breveté dans ce but, une construction en croisillons articulés à plat dans le plan des ailes et telle que tout l’ensemble des deux surfaces et des montants-entretoises se replie au moment du garage par la manœuvre d’un cable müû à volonté par un palan où un treuil ou tout autre moyen approprié. Dans ce mouvement, les toiles sont entrainées et plissées à gros plis, mais sans cesser, cependant, d'adhérer à leurs membrures de forme.
. Lorsqu'au sortir du garage, on opère la manœuvre inverse, toutes les pièces ayant repris leurs positions de vol, les toiles se trouvent tendues, sans aucun pli apparent et les surfaces ont exactement les courbures convenables qu'elles sont assujeties à conserver par les nervures-membrures.
Cette construction est d’une extrême solidité et d’une extrême rigidité dans tous les sens, lorsqu'elle est étendue. Elle ne comporte qu'un cupage de charpente très légèrement supérieur à celui actuel, et, par conséquent, elle arrive paradoxal que cela puisse paraître) à ne pas peser sensiblement plus lourd.
Le prix d'établissement du système pourra également et pour les mêmes raisons, entrer en comparaison avec le prix actuel.
Si j'ajoute que l'aspect de l'aile ainsi construite reste, à faible distance, le même que celui de l'aile actuelle et que c’est seulement de près que l'observateur pourra remarquer une différence entre les deux constructions, il paraîtra certainement plausible que j'aie pu avancer que ce système méritait d'être expérimenté et peut-être adopté.
Au cours d’un examen un peu succinct qu'en a fait un ingénieur très compétent. qui a reconnu l'intérêt de la question et s'est déclaré favorablement impressionné par ma solution, une objection m'a cependant
été présentée par lui. C'est celle qui à trait à la confection des bords d'attaque et de sortie avec de simples ralingues sans longerons. Cet éminent ingénieur m'a cité, à l'appui de ses observations, des cas intéressants de déformation des toiles ralinguées dans certaines constructions de dirigeables.
Mais, cet inconvénient qui ne serail d'ailleurs, en aéroplanie, que très relalil, puisqu'il consisterait uniquernent à augmenter légèrement les courbures des bords au bout d’un temps assez long, n'existerait pas dans le cas qui nous occupe, car, nous l'avons vu, les toiles sont maintenues, non seulement, par leurs ralingues, mais aussi par leurs membrures. D'ailleurs, j'ai, au cours de ma carriere maritime, très souvent obvié à des cas de ce genre ; les moyens en sont très simples.
11. — Procédé de construction des ailes d’un aéroplane biplan, permettant de varier l'étendue des surfaces alaires pendant le vol pour obtenir des variations de vitesse, adoucir les atterrissages et faciliter les départs du sol.
Un certain nombre de bons ingénieurs et d'excellents aviateurs commencent à entrevoir le temps ou il sera nécessanre de pouvoir faire varier l'étendue des surfaces alaires pendant le vol. D'abord, pour partir du sol sans exagérer la vitesse, on augmenterait cette surface. Puis, on la réduirait une fois en l'air, ce qui diminuerait la dépense de force motrice tout en augmentant la vitesse. Enlin, à l'atterrissage, on augmenterait de nouveau la surface atin de reduire la vitesse tout en augmentant le pouvoir de sustension, ce qui permettrait de reprendre lerre aussi doucement qu'on le voudrait el rendrait, par conséquent, la pratique de l’aéroplanc presque sans danger.
Pour parvenir à ce résultat, j'ai étudié un système de construction des ailes analogue au précédent, mais dans lequel les ailes formant les surfaces ne se replient pas quand on réduit ces dites surfaces, elles rentrent vers l'intérieur, sans former aucun pli, et cela, bien que leurs courbures concaves et convexes subsistent même pendant le mouvement.
Bien que légèrement plus compliqué, ce mécanisme a cependant tous les avantages du précédent, c’est-àdire : qu'il est des plus robustes, qu'il conserve et maintient rigoureusement les formes courbes des surfaces, qu'il est léger, peu coûteux, et ne change pas l'aspect de l’aéroplane au repos. Bien entendu, ce dernier système peut et doit tenir lieu du précédent, car il remplit les deux fonctions de varier l'étendue des surfaces en marche et de diminuer l'encombrement au remisage.
J'ai breveté un aéroplane genre Wright auquel je faisais l’application intégraie de ce systeme et que je repliais entièrement jusqu'à la région comprise entre les deux montants centraux, mais, peut-être serait-il genant de déplacer, au repliage les arbres des hélices et vaudrait-il mieux, de toute façon, ce qui est d’ailleurs encore plus facile,.s'en tenir aux extrémités des ailes extérieures à ces hélices.
Cela donnerait déjà une notable réduction de l’encombrement et serait, bien éntendu, plus que suffisant pour le cas de variabilité des surfaces pendant la marche. Le même système est d’ailleurs applicable à tout autre type d'aéroplane, et je construis moi-même un monoplan de 40 mq. qui en comporte l'emploi.