SOMMAIRE DU BULLETIN OFFICIEL DE L’'AERO-CLUB DE
FRANCE: Convocations, — Commission scientitique du 29 murs 1909.— Comité de direction du {°r avril 1909. — Diaer mensuel du 497 avril 1909. — Commission des dirigeables du 5 avril 1909. Commission d'aviation du 6 avril 1909. — Ascensions au Parc de l'Aéro- Club de France. — Do: s pour la Bibliothèque, le Musée et Les Archives.
Rodolphe SOREAU
Il a toujours existé, en France, un petit groupe d'ingénieurs éminents qui, sans avoir pu participer directement aux expériences de locomotion aérienne, en ont suivi, prévu et parfois p éparé les progrès, en indiquant la voie à suivre et les écueils
RODOLPHE SOREA
à éviter. Parmi ces hommes dont l'influence eut souvent de si heureux résultats, on doit citer au tout premier rang Rodolphe Soreau.
Ancien élève de l'Ecole polytechnique, Rodolphe Soreau, né Je 4 février 1865, a conquis de bonne heure une haute situation d'ingénieur civil. Membre du Comité d'organisation
du Congrès international de mécanique appliquée à l'F tion de 1900, 11 eut l'honneur d être le des Ingénieurs civils de France de 1898 à 1901; depuis 1902,
secrétaire de la Société
la sympathie et la haute estime de ses collègues le maintiennent au Comité de cette célèbre et puissante association.
Mathématicien subtil et profond, ainsi que l’atteste sa Contribution à la théorie et aux applications de la monographie », il ne se cantonne point dans le domaine de la science pure; il s’intéresse avec passion, en véritable ingénieur qu'il est, aux applications et plus particulièrement à la locomotion aérienne automobile.
Dés 1893, il publiait le Problème de la direction des ballons, important mémoire qui lui valut. en 1895, le Prix Michel Alcan, décerné par la Société des Ingénieurs civils de France. Cet ouvrage abondait en aperçus nouveaux; les études serrées de phénomènes non signalés ou mal connus jusqu'alors, de difficultés insoupçonnées avec l'indication anticipée des remèdes qu’on y apporta plus tard, y sont nombreuses.
Les mêmes qualités se retrouvent dans le Problème général de la Navigation aérienne, paru en 1897 et qui valut en 1900 à son auteur le Prix Nozo, attribué par la Société des Ingénieurs civils Qau plus important travail fourni pendant les trois dernières années sur la Navigation aérienne ).
Le rapport Sur la résistance de l'air, présenté par Soreau au Congrès dela C. P. I. A. à Milan, son importante note à l'Académie des sciences, en 1908, Sur le poids utile des aéroplanes, et aussi une étude sur La vapeur, le pétrole el l'électricité dans les automobiles, achèvent d'asseoir sa réputation.
Cette série magistrale se trouve couronnée, en 1908, par une communication à la Société des Ingénieurs civils, État actuel el avenir de l'aviation, récemment parue en volume et que tout aviateur instruit devra connaître et méditer.
Théoricien qui ne méconnait point la suprématie de l'expé-
rience en l'état actuel de la science aérodynamique, Rodolphe Soreau, sans l'avoir recherché, tout simplement par la haute valeur de ses travaux, s'est trouvé Rene au premier rang des militants de l'aviation. Président de Ja Commission d'aviation de l’Aéro-Club de France, président de la Société française de Navigation aérienne, membre de la Commission aériennt mixte, aussi lucide dans «le conseil » que dans ses œuvres, énergique, actif, plein d'initiative, il y délend avec vouement et autorité les intérêts de l'aviation, dont il demeurera Ll'u des maitres, GEÉONGESs BESANCON
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Les Hélices de sustentation
Résumé de Ia communication faite par M. Louis Breguet, a la Société de Physique, le 19 mars 1909
M. Louis Breguet explique les raisons qui l'ont conduit à parler « des hélices de sustentation » plutot que « des lois du planement et des qualités aviatrices des appareils d'aviation » comme 1l avait projeté de le faire.
Après avoir cité les fameuses communications du colonel Renard :
« 1° Sur la possibilité de soutenir en l’air un appareil volant du genre hélicoptère en employant les moteurs à explosions dans leur état actuel de légéreté (1).
« 29 Sur la qualité des hélices sustentatrices (2).
« 3° Sur un nouveau mode de construction des hélices aériennes (3) ».
Il montre comment l’intérêt que l’on avait témoigné à ces études remarquables sur les hélices, s’est tout entier reporté sur les aéroplanes, en raison des beaux succès que l’on connaît: des Wright, Voisin, ilériot, Ferrer, etc.
M. Breguct rappelle un article paru, il y a un environ, où il montrait tous les avantages que peuvent procurer aux aéroplanes de grandes hélices de sustentation; et il ajoute: « Voici que cette ques- « tion des hélices, restée longtemps dans l’ombre, « réapparaît: c’est M. Drzewiecki, qui par un cal- « cul habile, mais établi sur des bases imprécises, « prétend démontrer, d’une façon irréfutable, lina- « nité des espérances fondées sur l'emploi pour x « sustentation d'engins à réactions tels que les hé- « Jlices sustentatrices, etc...
« Cet article à peine paru dans l’Aérophile du « 1 mars, à déjà fait du bruit et un grand nombre “de contradicteurs se sont élevés contre les conelu- « sions de M. Drzewiecki. »
C’est pourquoi, M. Breguet, croit le moment venu de faire part des résultats de ses études et expériences, et il ose espérer qu’ils apporteront dans les débats qui vont s’ouvrir sur cette passionnante question, un peu de lumière.
M. Bréguet commence par justifier les formules générales données par le colonel Renard:
A—an?D' drain
Ces formules, dit-il, ont été contestées; aussi impértait-il de les justifier et de montrer quelles sont la base de la technique des hélices.
De ces formules, il tire deux expressions fondamentales qui peuvent s’écrire, en posant:
H ee dl =. = 4 7; 2 A=TDg
Ces formules, d’après M. Breguet, permettent
(1) Voir Aérophile de décembre 1903.
(2) Voir Aérophile de décembre 1903.
(3) Voir A4érophile de février 1905.
de discuter à peu près complètement toutes les questions qui peuvent se poser au sujet des hélices de sustentation.
M. Louis Breguet propose d'appeler : « qualité sustentatrice d’une hélice » l’expression: