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LA VITESSE D'UN ENGIN AÉRIEN

mesurée directement

Appareil optique permettant de déterminer d'une manière pratique et rapide la vitesse d'un mobile en mouvement et en particulier celle d'un aérostat.

L'appareil que nous avons imaginé se compose d'un quart de cercle en cuivre portant, d'un côté, une lunette ou viseur et un petit miroir, incliné à 45° sur l'horizon. Ce miroir peut tourner autour d’un axe horizontAàl perpendiculaire au plan du secteur. Le centre de cette petite glace est sur l'ax: même de la lunette.

De l’autre côté du secteur, se trouve une réglette ou alidad» mobile dont le centre de rotation est sur l'axe prolongé du miroir. Cette réglette n'est pas solidaire de cet axe lui-même car elle reçoit son mouvement propre d'un système d’engrenages tel, que, quand le miroir est déplacé d'un angle À, la réglette se déplace elle-même d'un angle ?A. ;

A cet effel, le tambour qui sert de support au miroir comporte une couronne dentée intérieurement B, dont la circonférence primitive a pour diamètre 60 m/m., un pignon central C de 30 m/m.

de diamètre et un engrenage intermédiaire D, où, sur son axe et de 15 m/m. de diamètre — un huitième de tour de l’engrenage B. de 60 m/m., correspond donc bien à une rotation dun quart de tour du pignon C de 30 m/m.

Jai jugé bon d'adopter un pareil système, parce qu'il est plus facile de faire une lecture courante avec une lunette maintenue constamment horizontale que de commencer à observer un point donné avec une lunette placée à l’origine, verticalement, obligeant l'opérateur à faire une première visée en plongeant, le viseur étant d’abord vertical et subissant ensuite des inclinations graduellement ascendantes. Les quarante-cinq degrés de rotation du miroir équivalent, pour examiner l'horizon qu'on à devant soi, à un déplacement angulaire réel de quatre-vingt-dix degrés de la lunette employée isolément.

Du côté où se trouve la reglette sont gravées des lignes horizontales, marquées de cent en cent mètres, de zéro à deux mille mètres, indiquant les hauteurs au-dessus du sol, et des lignes verticales dont la graduation a été tracée de dix en dix kilomètres. de zéro à cent kilomètres. On sait qu'en géométrie analytique les premières droiles s'apellent des ordonnées, les se condes correspondent aux ahscisses.

Ces préliminaires posés, comment faire une ohservation ? L'appareil est soutenu verticalement à l'aide W'une cordelette rattachée au cercle de suspension du ballon, dans une position telle que le viseur arrive à la hauteur de l'œil du pilote.

Celui-ci, faisant face au vent, c’est-à-dire ayant le dos tourné au sens de la marche du ballon, observe pendant une minule et suit, en tournant le miroir, un objet quelconque, arbre, clocter, maison, croisement de routes, mare, dès que cet ohjet a passé au-dessous de la nacelle du ballon. 11 note de suite la hauteur indiquée par le baromètre, 1.200 mèires par exemple. En retournant l'appareil, il n'y a qu'à regarder le point où l'ordonnée 1.200 rencontre l’arête supérieure de la régletle (restée en place car elle est montée à frottement) et à voir quelle est la ligne verticale, l'abscisse, qui passe à leur intersection : c’est elle qui mdique la vitesse cherchée en kilomètres à l'heure et cela sans avoir à faire aucun calcul.

Si ce point de rencontre coïncide avec une abscissa déjà tracée il n’y a aucune difficulté: sinon, avec un peu de soin et d'attention on apprécie facilement la vitesse. Dans le cas où l’alidade tombe dans le milieu de l'intervalle qui sépare les verticales 40 et 50, c'est

L'appareil Joanneton pour la mesure directe de la vitrsse d'un aérostat, yu du côté de la lunette de visée et du miroir.

L'appareil Joanneton pour [a mesure directe de la vitesse d'un aérostat. Coté du secteur de lecture.

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du 45 kilomètres à l'heure, ou du 42, du 44, etc., la graduation pour les vitesses allant de 2 en ? kilomètres afin d’être plus facilement lisible. [1 y a là une question d'appréciation plus facile a sclutionner que si, comme élément d'estimation, on se base, suivant l'habitude, sur Je déplacement de l'extrémité inférieure du guiderope et la confiance toute personnelle que chacun est légitiment en droit d’avoir dans son œil.

On croit faire du 20 kil. et on file du 40, ou inversement, et le même œil encore, à bonne hauteur, vous laissera prendre des vaches pour de petites poules.

Les lignes verticales limitent simplement des longueurs bien définies de 500, 1.000. 1.500 mètres, qui correspondent, en tenant compte du temps écoulé, à des vitesses de 30, 60, 90 kil. à l'heure et toutes les autres vitesses intermédiaires graduées.

On peut se servir de cet instrument aussi bien de nuit que de jour. On prendra comme point de repère une lumière située à la surface du sol. Il n'y a qu’en cas de brouillard qu’on ne peut faire d'observation.

Veut-on un exemple de l'utilité qu'il y a, sans conteste, à connaître la vitesse d'un aérostat ; nous nous contenterons de citer un seul fait. Le lendemain du concours d'automne organisé par les soins de l’Aéro- Club de France, le 4 octobre dernier, au lever du jour, la brume épaisse permeltant mal de distinguer le paysage, un ballon planait à 1.500 mètres au-dessus du confluent de l'Allier et de la Loire. A première vue, les aéronautes croyaient se trouver dans le voisinage des Bouches-du-Rhône. Ces erreurs et ces surprises n'ont rien de maladroit ni d'extraordinaire, étant donné que, maintes fois, les circonstances climatériques les plus ordinaires et les plus naturelles s'opposent à toute vision nette à distance. Or, si, en cours de route, les aéronautes avaient relevé leur vitesse une vingtaine de fois durant leurs quatorze ou quinze heures de voyage par temps clair, ils auraient vu de suite qu'ils n'avaient pas fait 300 kilomètres ; ils étaient, dès lors. bien certains de ne pas être au bord de la Méditerranée qui, elle, est à plus de 600 kilomètres des Tuileries.

Cet appareil a été étalunné pour faire des observalions directes de la durée d'une minute. On peut tout aussi bien faire des observations réduites à 30, 20, 15 12 et 10 secondes ; en multipliant par 2, 3, 4, 5, 6, les MESeS ainsi trouvées ou aura la vitesse réelle cherchée.

Une observation d’une durée de 10 secondes s’imposera « en dirigeable » car, lorsqu'on se rapproche de terre, la réglette rencontre sous des angles de plus en plus aigus, les ordonnées ou horizontales et les lectures deviennent difficiles.

Cette détermination de la vitesse peut s'appliquer également à un train qui passe : 11 suffit de connaître la distance à laquelle l'observateur se trouve normalement de la voie ferrée et de placer le secteur horizontalement.

En ajoutant un mouvement d'horlogerie, avec déclic, permettant de faire des observations de la durée d’une seconde et même d’une fractio à de seconde, on cbtiendrait un instrument pouvant ccntrôler avec une précision suffisante, la vitesse d’une automobile jassant sur une zone déterminée de route. La graduation ne serait plus établie en kilomètres, mais en mèêtres, par seconde.

Cet appareil a été construit d'après nos plans par M. L. Maxant, à Paris.

Nous avons donné à cet instrument d'optique le nom de « OPUS OPTICUM », puis, par abréviation, celui plus simple d’ « OPTICUM » que, par une abréviation plus grande encore, nous écrivons « OCUM ».

Le poids de l'oCUM ne dépasse pas 970 grammes cet ses dimensions d’encombrement sont : 0 m. 20x0 m. 20 x0 m. 0S centimètres.

HENRY JOANNEroN, Ingénieur,

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