GEORGES BLANCHET
L’hélicoptère Bertin. — L'’entraineur motocycliste Bertin dont nous avons décrit dans l’Aérophile du 1" avril 1908, la première construction de machine volante vient d'achever avec la collaboration de M. A. Lieber un hélicoptère qui sera muni d'un moteur Bertin DD ChX, 3 cyli.
Ce moteur actionne ? hélices coaxiales à arbre verlical, superposées. L'hélice supérieure de 3 m. de diamètre, est commandée directement par le moteur et tourne à 1.000 tours. L’hélice inférieure entoilée, a 7 m. 80 de diam. et 4 m° de surfage alaire. Démultipliée avec embrayage progressif à plateaux, elle tournera à 120 tours en sens inverse de l'hélice supérieure. Dans les essais préliminaires le moteur tourna près d'une demiheure sans aucun échauffement et l'apnareil du poids total de 210 kgr., se trouva délesté de 170 kgr. sous la seule action de la pelite hélice,
Le premier aérodrome italien d'aviation es!
en voie d'organisation près Brescia a la Bryàäle Montechiari, et comprendra, outre l'enceinte. des hangars, une usine de construction, télégraphe, téléphone, pavillon pour la presse, terrasse de signaux et d’affichage, etc.
15 Avril
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A DIRIGEABLES
Le Zeppelin V
Depuis longtemps déjà le comte Zeppelin avait annoncé qu'il voulait accomplir avec son dirigeable le trajet de Friedrichshafen à Munich et retour. La tentative eut lieu le 1* avril.
Dès minuit, dans la nuit du 31 mars au 1* avril, l'appareillage était poussé avec la plus grande activité, et à 4 h. du m. le 1°“ avril, le dirigeable, ayant à son bord le comte Zeppelin, le commandant Sperling, deux ingénieurs et cinq mécaniciens, s'éleva. Le ciel était couvert, mais il n’y avait qu'une faible brise, et la traversée s'annonçait, en somme, sous des auspices favorables. l
Pointant d'abord presque completement vers le Nord. le ballon passa à Biberach à 5 h. 25, et à 6 heures du matin, il franchissait la frontière bavaroise dans le voisinage d'Ulm. Il avait commencé à pleuvoir et le vent s'élevait sensiblement. À ce moment le pilote mit le cap
vers l'Est, dans la direction d'Augsbourg, se tenant à une faible altitude, et ayant à lutter contre des cou-
rants assez violents du Sud-Est.
Passant au sud de la ville d'Augsbourg, le Zeppelin arriva en vue de Munich à neuf neures du matin. et fut salué par les hourras d’une foule enthousiaste. Le prince régent Léopold et le prince Louis attendaient sur la Theresienhæhe.
L'énorme vaisseau s'avance majestueusement à soixante mètres du sol. Répondant aux applaudissements frénétiques de la foule, il s'incline trois fois, puis salue le prince régent qui, malgré ses quatre-vingt-cinq ans. attendait. depuis huit heures du matin, avant l’intention d'inviter à déjeuner le comte et ses compagnons de vovage. L’équipage salue et fait des gestes joyeux de bienvenue. Mais, bientôt, il faut déchanter. Le vent souffle de plus en plus fort et pousse le dirigeable qui, à ce moment, ne l’est plus beaucoup, vers la ville basse,
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Carte du voyage du Zeppelin V en circuit avec deux escales les 1°7 et 2 avril 1905.
au delà du champ de manœuvres et, de plus en plus, vers l'Est. Il ne peut réussir à gagner le point d'atterrissage et les cavaliers et les hammes du bataillon des aérostiers, exécutant une course au clocher d’un nouveau genre, poursuivent le fuyard.
Le comte Zeppelin, qui ne rit plus, jette une carte sur laquelle sont ésrits ces mots :
« Merci, mes chers camarades : restez dans le voisinage jusqu'à ce que le vent fléchisse et que je puisse retourner à Munich. Salut. — Comte ZEPPELIN. »
A dix heures quarante, les hommes formant le cordon de troupes reçoivent l’ordre de regagner leur caserne. À partir de ce moment, le Zeppelin exécutera des
l’Aérophile 18:
Croquis semi-schématiques cotés du Zeppelin V (ancien Zeppelin III de 1907, modifié et dénommé officiellement Zeppelin 1). En haut, à gauche. vue par hout arrière : F5, empennage-quille vertical ; F1, F2, F3, F4, empennage de stabilisation contre le tangage; S1, S2. gouvernails triplans verticaux de direction latérale ; T3, T4, hélices d’arr ère avec leurs arbres obliques de co nmande W et W; H3 H4, gouvernail de profondeur en firme de persiennes. N2, nacelle d'arrière. — En haut, à droite, l'arrière du Zeppelin V: L, carène; K, attaches avant de la nacelle arrière N2 à la quille inférieure sous la carène ; T3, T4, paire d’hélices d'arrière ; F4, empennage inférieur de droite de stabilisation en profondeur, laissant voir par arrachement le plan supérieur d'empennage de stabilisation en profondeur du même côté F3; F4, plan inférieur de gauche d'empennaze de stabilisation en profondeur ; S2, S1, gouvernails de direction latérale. — En bas, élévation latérale : 1, 2, 3, 4, 5, les cinq premières vers l'avant des 17 alvéoles contenant les récipients à gaz proprement dits, vues en coupe et montrant la double enveloppe de la carène et quelques détails d'assemblage de pièces; K, quille inférieure d’assemblase et de renforcement ; N1, nacelle d'avant : T1, hélice de gauche d'avant; L, passerelle réunissant les 2 nacelles; N2, nacelle d'arrière; T3, hélice de vauche d’arrière ; H3, partie gauche du gouvenail de profondeur d’arrière ; F5, F1, F2, plans d'empennaages spécifiés plus haut ; S1, gouvernail vertical triplan de gauche.
voltes, des contre-voltes et des crochets quelque peu désordonnés et ce n’est qu’à trois heures cinq qu'il pourra “éussir, après une lutte héroïque, à atterrir, sans trop l'accident à Niederviehbach, près de Dingeolfing, à une soixantaine de kilomètres au delà de Munich.
Le ballon passa toute la nuit et la matinée du lendemain à l’escale, maintenu par une éauipe d'aérnstiers et de soldats qui l’orientaient constamment pointe au vent. Le 2 avril, le vent étant tombé, le comte Zeppelin commandait le lâchez-tout à 11 h. 15 du m. Il atterrissait à Munich au lieu convänu, à 1 h. 45; le prince régent de Bavière retint le comte Zeppelin à déjeuner au mess des officiers, et lui conféra la grande médaille d’or de Luitpold.
A 3 h. 36, le Zeppelin V repartait, salué par les musiques militaires et les acclamations de la foule et à
h. 39 descendait sur le lac à Friedrichshafen, pour “éintégrer bientôt son hangar.
Ce voyage mené à bien, dans des conditions difficiles
st tout à l'honneur de l'inventeur et de l'entraînement
de son équipage. La preuve est faite que les Zeppelin actuels peuvent descendre sur le sol ferme et y faire une esale prolongée, comme les autres modèles ; comme eux aussi, il est vrai, cette situation le met en péril. Ce péril est même plus grand, car les ballons à carène rigide n'ont point la suprême ressource d'un dégonflement instantané au panneau de déchirure. qui supprime la prise offerte au vent. Néanmoins, la ténacité ‘lu comte Zeppelin lui permet aujourd'hui de répondre par un fait à une des grosses objections qui lui étaient opposées.
Le 5 avril, le Zeppelin V part de Friedrichshafen à 9 h. {u m. pour tenter, a-t-on dit, un raid de 24 h. A bord
personnes. La violence du vent oblige le ballon à virer de bord à PBiderach à 3 h. et à regagner Friedrichshafen après une très méritoire ascension de 11 heures.
Le 6 avril à 9 h. 20 du m. sortie sur le lac de Conslance et retour à 11 h. 1/2 après diverses évolutions. A midi 1/2, nouvelle sortie : allerrissage au champ de manœuvres de Strohmeierdorf. Départ à 2 h. 1/2 pour Fricdrichshafen où la rentrée au hangar s'opère sans ncidents.
On dit que cette sortie rlôturerait la série d’éprenves de recettes imposées par l’état : Le Zeppelin V désormais militarisé sera dirigé à Metz dès que son hangar y sera lerminé.
Ascension nocturne. — Le 6 avril, à 9 h. 40, le Zeppelin V repartait de Friedrichshafen. Après de longues évolutions au-dessus du lac de Constance, il prit la direction de Ravensborg où il arriva à #4 h. du m.; continuant vers le N.-E., il passa à Wangen vers 8 h. et était de retour à Friedrichshafen, le 2 avril à 10 h. 2 du m. après une ascension de plus de 12 heures, ce qu approche le record mondial de durée sans escale en dirigeable établi par le dirigeable Gross, avec plus de 13 heures les 11-12 septembre 1908. (V. Aérophile du 1“ oct. 1908, p. 377, col. 2.)
Le dirigeable « Italia », du comte de Schio, modifié, a évolué aisément le 7 avril, à Schio (Venet), à une hauteur de 200 à 400 m. Une panne interrompit les essais et l'’aéronat subit de nombreux dégâts à la descente.
Le Clément-Bayard
Le 3 avril à 8 h. 45, le Clément-Bayard quittait l’aérodrome de Sartrouville, monté par MM. LL. Capazza, pilote, le colonel russe Nath et le mécanicien Dilasser. pour faire de l'altitude, 11 parvint à 850 m. en se servant surtout des gouvernails de profondeur et en usant seulement 2 sacs de lest. Mais à cette hauteur, le vent avait une vitesse supérieure à 20 mètres p. s. Le pilote résolut de descendre pour trouver une atmosphère moins agilée et réussit à revenir à l'aérodrome où l’atterrissage s'effectua correctement. Mais la rentrée au hancar fut plus délicate en raison de l'étroitesse de la baie, établie primitivement pour un ballon plus pelit et qui laisse à peine quelques centimètres de jeu. La manœuvre fut cependant menée à bien par l'équipe ordinaire renforcée de nombreux hommes supplémentaires. C'est pendant cette manœuvre que la nacelle étant entrée en contart aves un buisson eut un de ses tubes légèrement
faussés.
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