‹ L'Aérophile (volume 3)Chapitre 221 sur 698 · H. LEBLANC · texte numérisé non relu

H. LEBLANC

Tragique descente en mer. — Le dimanche, 4 avril, le ballon Gay-Lussac (900 m') quittait à 10 h. 5 le parc de l’Aéro-Club à Saint-Cloud, monté par ses deux propriétaires MM. Passion et Wateau, accompagnés d’une passagère, Mme Masson. Ce voyage qui s'annonçait à merveille, par un temps splendide devait avoir une issue tragique.

Emportés, par un bon vent d'Est, les voyageurs du Gay-Lussac reconnurent la mer au moment où ils passaient au $S. de Coutances, vers 4 h. À ce moment le

Le départ du Gay-Lussac,, le * avril. Eu nacelle, de gauche à droile : MM. Passion, Wateau, Mme Masson

(Photo du Monde Illustré, prise par M. Bergeron)

ballon se trouvait à 1.500 m. d'altitude et à une douzaine de kilomètres de la côte.

Les aéronautes soupapèrent à coups répétés, car le ballon en pleine dilatation n’obéissait pas et n'entrait pas tout de suite en descente. La vitesse du vent croissait à mesure qu'on se rapprochait du sol et, par malchange, sur le trajet de l’aérostat, s'étendait une série continue de villages et de hameaux, sans espage libre propice à l'atterrissage. Le Gay-Lussac manqua la côte et tomba dans la mer, près du petit port de Gouville, à moins de 100 m. du rivage.

La nacelle en touchant l'eau s'enfonça immédiatement, l’eau atteignant presque le cercle. La situation était critique mais nullement désespérée car le drame avait eu de nombreux témoins et au rivage une équipe de sauvéteurs s’occupait de mettre une barque à l’eau. Malheureusement appareillage de la barque fut long. Les aéronautes avaient dû se hisser dans le filet. Le ballon se dégontlait de plus en plus car la soupape était restée ouverte. Mme Masson n'avait pu maîtriser ses nerfs. Elle se déhatlait désespérément, inondée par les

- l’Aérophile du 15 Avril 1909 2 XV

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