‹ L'Aérophile (volume 3)Chapitre 302 sur 698 · L. DUTHEIL, KR. CHALMERS & C · texte numérisé non relu

L. DUTHEIL, KR. CHALMERS & C

81 et 83, Abenne d'Italie -= PARIS

l’Aérophile 261

Monument de Jules Verne, à Amiens (Photo Branger)

gie, des excitateurs de volonté; quels plus merveilleux maiires d'énergie et de vaillance que ces séduisants personnages, conquéranis de l'air, mailres de la terre, fouillant la mer profonde, descendant, comme des Kobolds, dans les entrailles même du sol, arrachant à la nalure ses secrets, domptant les éléments, soumellant à la force humaine les forces aveugles, ne comptant que sur eux-mêmes et domirant le monde de toule la puissance de leur intelligence et de leur courage! Ce sont aussi des « surhommes » qui méprisent le pessimisme et se font les apôtres de l’action, de l’aclion utile et généreuse. Ou plulôt ce sont des hommes, des hommes aimables, spirituels, alertes, entraïnés, entraïnants el — on va m'accuser de parlialilé peul-être — des nommes qui, en dépit de leurs nationalités diverses, anglais, américains, suédois ou russes, sont comme celui qui les créa, des hommes bien français. Ils ont le flegme brilannique, soit, le froid et indomplable courage slave, j'en conviens, la lénacité saxonne, je le reconnais. Mais ils ont surlout, ils ont par-dessus tout ce qui fait le charme de notre race : la gaielé dans le labeur et l'esprit dans la bataille. Ils ont aussi le panache, et ils sont bien les cousins de d'Artagnan le mousquetaire, ou de Cyrano le gascon parisien. »

A l'issue de la cérémonie d’inauguration, la fête organisée par la section aérienne de l’Automobile-Club de Picardie et du Sport d'Amiens, s’est déroulée avec un vif succès, à l’hippodrome du Petit-Saint-Jean.

M. Henri Robart, d'Amiens, a présenté son aéroplane biplan, moteur Antoinette, 50 chevaux, à deux hélices, mais en raison du vent du nord assez vif, il a dû se contenter de rouler sur la vaste pelouse.

Les rafales ont de même empêché de gontler le petit ballon dirigeable, et l'on s’est contenté d'admirer le mécanisme ingénieux dû à l'ingénieur Clerget.

A 4 heures, MM. René Ransson, Maurice Blériot, le comte de Castillon et Maurice Mallet, ont donné le départ aux quatre sphériques, disputant un concours d’atterrissage au plus près d’un périmètre routier, qui allait d’Abbeville à Roye, en passant par Aumale, Grandvilliers, Breteuil et Montdidier.

Le Vagabond, monté par M. et Mme Albert Omer- Decugis, gagne la course en descendant à 45 mètres de l'axe de la route désignée, près de Crèvecœur.

L'Azur (MM. Georges Suzor et Jacques Delebecque), est arrivé à 110 mètres ; l’Espérance (MM. Jean de Francia et Roger Minchin), à 172 mètres; Eole (MM. Maurice Bienaimé et Sydenham), à 250 mètres.

De nombreuses automobiles qui avaient suivi la course, ont ramené dans la soirée, les aéronautes à Amiens, où on leur a fait fête. GEORGES Baws.

Phénomènes électriques observés en ballon, —

Nous avons souvent relaté les curieuses observations de phénomènes électriques effectuées par divers aéronautes. En voici de nouvelles fort intéressantes, recueillies par M. E.-V. Boulenger, le distingué président de l’Aéro-Cluh du Nord, dans l'ascension du bailon Le Nord (1200 m'), le 24 avril 1909. L’excellent pilote était accompagné de MM. Pierre Motte, Achille Pollet et puguste Réquillart. Nous reproduisons son livre de ord :

« 11 h. 35. Départ de Roubaix par vent d'ouest. Beau temps, assez lourd, mais ne semblant pas indiquer un orage prochain. Dès le début, l'équilibre est contrarié par des nuages paraissant trop haut pour tenter de s'élever au-dessus d’eux.

« 11 h. 45. 500 mètres. Mouscron. Nous voyons se former du côté de Roubaix un énorme nuage noir qui nous gagne de vitesse; grosse dépense de lest. Le nuage commence à nous rattraper ; le ballon a toujours tendance à descendre ; il faut jeter le lest par sacs entiers pour le maintenir en équilibre. À ce moment, la pluie vient à tomber sur le ballon, d'abord fine, ensuite lourde.

« Depuis quelques instants, j'ai ressenti des picotements sur la tête et je m'aperçois qu'ils sont causés par des étincelles s'échappant d’un crochet métallique du baromètre enregistreur placé au-dessus de mci. Au même instant, M. Pierre Motte remarque que le bout de la corde d’appendice, pendant à 10 centimètres audessus de sa tête, lui cause des petits chocs électriques nettement perceptihles, malgré son chapeau.

Les passagers constatent que toutes les cordes de suspension de la nacelle qui sont encore sèches, dégagent à l'approche du doigt des séries d’étincelles crépitantes.

« 12 h. 20. 1500 mètres. Le gros nuage semble nous lâcher, la pluie cesse, ainsi que les phénomènes électriques ; le soleil reparaît. Nous sommes aux environs de Wareghem.

« 12 h. 35. Après un répit d'une dizaine de minutes, un autre nuage menaçant arrive sur nous. Nous ressentons l’effet de forts tourbillons de vent. Des éclairs brillent sur notre gauche, accompägnés de tonnerre. Lu pluie tombe de nouveau ; le lest tire à sa fin. Il faut descendre.

«12 h. 50. Notre atterrissage s'effectue sans incidents, par temps relativement calme, dans une prairie, près d'Olsene, entre Wareghem et Deynze.

« Le ballon est vidé immédiatement, au moyen de la déchirure, pour prévenir un accident de combustion spontanée.

« L'atterrissage fut suivi de deux ou trois ondées avec rafales de vent, puis le temps redevint parfaitemenv beau. Vers 4 heures, le temps se couvrit à nouveau et il éclata un très violent orage avec grêle et pluie diluvienne qui dura une. heure

« Le pilote et les passagers du Nord seraient heureux d'obtenir d’une personne compétente, des renseignements sur les phénomènes électriques qu’ils ont ressentis. Ep. V. BOULENGER

Fugue et incendie d’un captif militaire allemand. — Le 30 avril, au matin, à Tegel, près Berlin, par vent violent et temps orageux, les aérostiers manœuvraient avec un drachen-ballon ayant dans sa nacelle le lieutenant Gruber. Tout à coup, le câble se brisa et le vent sud emporta par 300 mètres de haut, le captif qui disparut en quelques secondes dans les nuages orageux. Le lieutenant ne put tirer la soupape qu'un peu plus loin, lorsque les nuages s’écartèrent et lui montrèrent des espaces libres et propices en dessous. S'étonnant de la

rapidité de la descente, le lieutenant regarde en l'air et voit de la fumée... Il comprend que l'enveloppe brûle. L'atterrissage, bien que rude, ne fut heureusement pa fatal et l’aéronaute en fut quitte pour quelques con-

tusions légères à la tête,

262 1°" Juin 1909

CONVOCATIONS

Conseil d'administration : le mercredi 2 juin 1909.

Comité de direction : le jeudi 3 juin et le jeudi 17 juin à 5 heures soir.

Commission scientifique :

SoIr.

Commission sportive : sur convocation du Président.

Commission d'aviation : les mardis 1° et 15 juin 1909, à 5 h. soir.

Commission des dirigeables : le lundi 7 juin 1909, à 5 h. 30 soir.

Commission des sphériques : le mardi 8 juin 1909 à 5 h. 30 soir.

Diner mensuel le jeudi 3 juin à 7 h. 1/2, en l'hôtel de l'Automobile Club de France, 6, place de la Concorde. Prix du couvert : 8 francs tout compris. Les inscriplions pour le diner, réservé aux seuls membres du Club, sont reçues, accompagnées du prix du couvert, la veille au plus lard.

ie lundi ?8 juin 1909, à 5 h.

COMMISSSION DES BALLONS SPHÉRIQUES DU 11 Mat 1909

Présidence de M. François Peyrey, vice-président.

Présents : MM. le comie de Castillon de Saint-Victor, Paul Tissandier, Louis Godard, Ernest Barbotte, J. Delebecque, Albert Omer-Decugis, A. Nicolleau, Edouard Bachelard, Georges Le Brun, comte de Contades, Ernest Zens.

Adresse du comte de La Vaulx. — Le président donne lecture d'une lettre que M. Léon Barthou, souffrant, adresse à la Commission :

Mon cher Président el ami,

Je suis assuré que vous adresserez demain à de La Vaulx les vœux de mes collègues de la Commission des sphériques.

Aux félicilalions que mérile notre camarade, ne manquez pas d'ajouler le témoignage reconnaissant de son compagnon de roule. Avant d'èlre sirudement accueillis par la « Gueuse parfumée » que nous abordämes d’une vitesse assurément irrespeclueuse, nous savions que l'atterrissage serait dur. Est-il besoin de dire la bonne humeur courageuse et le sang-froid merveilleux de notre ami? Mais il fut plus admirable encore quand, la jambe brisée, il Lira la corde de déchirure, à la minule tragique où le mistral nous emportlait vers la mer, lui grièvement blessé, moi élourdi par le choc.

Aux sentiments de la Commission, à ceux qu’à déjà exprimés dans la presse l’auteur d’Au fil du vent, auquel notre ascension élail en quelque sorle dédiée, joignez l'expression de mon admiralion et de ma gralilude.

Veuillez agréer, mon cher Président et ami, avec mes regrels de ne pas assister à la séance, l’affectueuse assurance de mes senliments dévoués.

Léon BartTHou.

La Commission, sur la proposition de M. Peyrey, envoie à M. le comte de La Vaulx et à M. Léon Barthou, l'expression de son admiration pour la science et l’énergie qu'ils ont prouvées dans leur dernier voyage aérien, et ses souhaits de prompt rétablissement.

Elle adresse à son président, M. Alfred Leblanc, actuellement à Pau, pour y faire son apprentissage d’aviateur, ses meilleurs souhaits.

Election de nouveaux Membres. — Il a été procédé à l'élection de deux nouveaux membres : MM. Edmond Sirven et André Schelcher.

Présidence de M. R. Soreau.

Présents : MM. R. Soreau, E. Guffroy, R. Esnault- Pelterie, Commandant Ferrus, Capitaine Ferber, L. Blé-

BULLETIN OFFICIEL DE L'AÉRO-CLUB DE FRANCE

SOCIÉTÉ RECONNUE D'UTILITÉ PUBLIQUE PAR DÉCRET DU 20 AVRIL 1909 Siège social: 63, Champs-Elysées, Paris (VIII*). — Télégr. : Aéroclub, Paris. — Téléph. : 666-21 Parc d'Aérostation : avenue Bernard-Palissy, coteaux de St-Cloud. Tél. 90 (Saint-Cloud). Parc d'Aviation : Issy-les-Moulineaux.

riot, R. Gasnier, Paul Tissandier, E Zens, F. Peyrey, G. Besançon. ‘

Le Prix du Voyage. — La commission a adopté quelques modifications aux règlements du « Prix du Voyage » afin de faciliter aux concurrents la possibilité de s'engager à temps pour courir cette difficile épreuve.

Elaboration des règlements des médailles fondées par M. Triaca.

COMITÉ DE DIRECTION DU 19 Mat 1909

Présidence de M. Léon Barthou, vice-président. Présents : MM. G. Le Brun, A. Nicolleau, E. Zens, F. Peyrey, R. Soreau, le comte de Chardonnet, le comte de Castillon, E. Giraud, G. Besançon, E. Janets, M. Mallet, H. Deutsch de la Meurthe, Dubois le Cour.

Ballottage. — Il est procédé au ballottage et à l’admission de MM. Gaston Bardies, Georges Bariquand, Gustave Cousin, Charles Fischmann, Henry Fournier, Ferdinand Gros, Georges Pentray, le prince Léon Radziwill, Charles Ratel, John M. Sneden, Georges Tharel, le comte Jean de Saint-Seine.

Brevel de pilote-aéronaute accorue au capitaine de frégate comte de Saint-Seine, ancien commandant du Parc aérostatique de la Marine.

Coupe des Grands Régionaux. — Le Comité décide de donner au Parc de l’Aéro-Club de France, Coteaux de Saint-Cloud, le départ de la première finale de la Coupe des Grands Régionaux, nouve:leement fondée, qui comprendra 5 ballons.

Ecole d'Aéronautique. — Un projet d'Ecole supérieure d'Aéronautique à Paris, établi par le commandant Roche, est mis à l'étude et renvoyé à la Commission du Laboratoire d’Aviation.

Concours de Tissus à ballons. — Devant la difficulté de trouver de bons tissus pour ballons, M. Jacques Balsan a annoncé qu'il offrait un prix pour un concours d'étoffes entre les tissus français.

La Commission des Ballons sphériques a été chargée de l'élaboration des règlements.

ASCENSIONS AU PARC DE L'AÉRO-CLUB DE FRANCE

4 mai 1909. — 11 h. du m., Alouette (350 m'). M. le comte de Fayolle. Att. à Toisley (Eure), à 8 h. s. Durée : ou

4 mai 1909. — 11 h. 45 du m., Epi-d'Or (660 mr). MM. Aug. Bailleau et Saulnier. Att. à 2 h. s., à Douville-sur-Andelle (Eure). Durée : 2 h. 15. Distance 85 km.

11 mai 1909. — Minuit 25, Aéro-Club n° 3 (1.200 mr’). MM. D' Chanteaud, Cosson, Mallerio. Att. à 4 n. 30 m.. à Membrolles (L.-et-C.. Durée: 4 h. 35. Distance : 113 km.

11 mai 1909. — 11 h. du m., Aéro-Club n° 5 (900 mr}. MM. Guffroy et G. Bariquand. Att. à # h. 30 s., à Allonnes (M.-et-L.). Durée : 5 h. 30. Distance : 241 km.

15 mai 1909. — 11 h. 25 du m., Aéro-Club n° 3 (1.200 m°). MM. Guffroy, R. Esnault-Pelterie, G. Paraf. Att. à 3 h., à Meaux (S.-et-M.) Durée: 3 h. 35. Distance : 55 km.

15 mai 1909. — Midi, Centaure (1.600 m'). MM. le comte de Castillon, Perrigot, Coolus, Mlle Perrigot. Att. non indiqué.

15 mai 1909. — 7 h. s., Austerlitz (1.600 m°). MM. À. Mélandri, Grégoire Stchoukine. Att. à 4 h. 10 m., à Lantillac, près Ploermel (Morbihan). Durée : 9 h. 10. Distance : 364 km.

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l’Aérophile du 1‘ Juin 1909 XVII

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