E RENE
Par Wilirid de FONVIELLE et Georges BESANÇON || Un vol. illustré petit in-8, cartonnage percaline.
Prix : 6 fr. 50
En vente à l'AÉROPHILE 63, Champs-Elysées, 63, PARIS
BEerGER-LEVRAULT & C', ÉoiTEuRs Paris, 5--7, Rue des Beaux-Arts
sont montrés les dignes collaborateurs de l'ingénieur. Latham le 5 juin, n’était pas encore monté quinze fois en aéroplane et il a conduit son expérience avec un brio, une audace et une sûreté admirables, malgré une brise appréciable de 15 kilomètres à l'heure et les obstacles naturels qui jalonnaient son chemin.
Nous avons donné le 1“ janvier dernier une description détaillée des monoplans Antoinette. Le lecteur voudra bien sy reporter. Rappelons seulement que l’Antoinette IV, un peu plus petit que celui de lDemanest n’a que 30 m°, de surface portante (envergure : 12 m. 80 : longueur de bout en bout : 12 m). Actionné par un moleur Antoinette de 50 chx., tel que la société les livrait à ses clients il y a tantôt trois ans, mais muni des nouveaux dispositifs de refroidissement que nous avons décrits (radio-condenseur), l’aéroplane en ordre de raarche et approvisionné pour 1 heure, pèse 460 kil. sans son pilote. L’extrémité avant du corps de l'appareil a été mise en forme d'étrave coupante et un coupe-vent masque en partie la saillie du moteur.
Hubert Latham gagne le prix Ambroise Goupy.
— Hubert Latham s'était engagé pour disputer le 6 juin, le prix Ambroise Goupy. Ce prix de 1.000 fr. offert à la Ligue Nationale Aérienne par M. Ambroise Goupy excellent aviateur lui-même était destiné au premier aviateur qui franchirait à travers champs une distance minima de 5 kilomètres mesurée en ligne droite. Latham s’éleva à 7 h. 51 m. 50 sec. du soir. MM. Paul Tissandier et Ernest Zens, membre et commissaires de la commission d'aviation de l’Aéro-Club de France assuraient le contrôle de la tentative. Ils avaient mesuré
sur da carte du camp de Châlons au 30.000 Une distance
en ligne droite de 5.500 mètres de A en B. M. Tissandier demeura au point de départ en A ; M. Zens alla se placer en B. Des commissaires-adjoints avaient bien voulu aider au contrôle. Ils furent placés : le lieutenant Bisch
Terrain,reserve
aux Avidteurs
StHilarre-au Temple
Itinéraire de G. Latham dans le prix Goupy avec indication des dispositions de contrôle.
en CG: M. Buirette en D ; M. Crosnier en E. Notre croquis donne une idée aussi approchée que possible de l'itinéraire suivi par l’aviateur. Presque tout le trajet fut fait à grande hauteur, à une soixantaine de mètres, par dessus les semis de pins, le village de Vadenay, la haute rangée de peupliers qui l’avoisine : puis le point B fut doublé à 7 h. 56 3”, fort au large et à grande hauteur et le monoplan, admirablement stable, continuail “on vol vers l'aérodrome où il atterrissait sans incidents. L'expérience avait duré 14 minutes, au total, v compris les circuits au-dessus de l'aérodrome au départ et à l'arrivée, L'appareil ayant franchi à l'aller plus de
Hubert Latham, en plein vol par-dessus des arbres de plus de 15 m., dans son monoplan Antoinette 1V, dispute et gagne le prix Goupy. (Photo Branger).
» kilomètres à travers champs se trouvait, d’ailleurs, dès cet instant, avoir rempli les conditions du Prix Ambroise Goupy. Dans le trajet d'aller, alors que | &éroplane marchait avec le vent, la vitesse a élé estimée à 90 kilomètres environ ; au retour, contre le vent, cette vitesse fut évaluée à 50 kilomètres à l'heure à peu ès. La vitesse moyenne entre ces 2 chiffres (70 kilomètres à l'heure), paraît très approchée de la vitesse propre de l'appareil en air calme. Pas pius que dans ses expériences antérieures, M. Latham n'avait mis toute l'avance à l’allumage : c’est dire qu'il pourrait faire une vitesse encore supérieure.
Vols avec passagers. — Le Ÿ juin, Hubert Latham enleva successivement plusieurs passagers : le capitaine Burgeat, le lieutenant Chary, le mécanicien Cousin. Puis il fit avec le correspondant du Daily Mail un vol de 12 minutes. Une nouvelle expérience se termina par un retour au sol assez dur et l'appareil subit de légères avaries.
Hubert Latham évolue et descend en vol plane. — Au moment de mettre sous presse voici que parvient la nouvelle d'une nouvelle performance d'Hubert Latham, tout à fait remarquable parce qu'elle prouve la parfaite stabilité de l’admirable engin créé et mis au point par la société Antoinette et son éminent ingénieur Levavasseur. Dans son Antoinette IV, Hubert Latham a réussi le 8 juin avec une aisance absolue des évolutions en vol plané. Le correspondant du Journal qui y assistait avec deux ou trois officiers donne le compte rendu suivant :
« À 6 h. 30, M. Lalham prend place dans son appareil qu'il place « debout au vent ». Le vent souffle e ce moment, si j'en crois l’anémomètre, à une vites de 25 kilomètres à l'heure, M. Latham a trouvé l'oc«t sion désirée pour voir la tenue de son appareil par un vent aussi fort.
L'Antoinetle IV mis en route, roule pendant 60 ou So mètres, quitte la terre, et l’aviateur, très maître de son appareil, augmente peu à peu la hauteur pour se maintenir à une quinzaine de mètres d'altitude. Il fait ainsi le tour du champ d'aviation, soit trois kilomètres en à minutes. Il se remet ensuite debout au vent pour atterrir, ce qu'il fait correctement, et revient au hangar en roulant environ 100 mètres.
« La tenue de l'appareil a été magnifique, malgré les difficultés du pilotage occasionnées par le vent, mais ce n'est que le commencement. M. Latham veut m'étonner et, pour cela, il va tenter, pour la première fois, des essais de vol plané.
A 7 h 30, il remonte dans son aéroplane, quille le
274 15 Juin 1909
sol au bout de 50 mèlres, monte progressivement à une hauteur de trente mètres, disparaît à toute vitesse du côté de Mourmelon ; puis, brusquement, il revient vers nous, suivant une magnifique ligne horizontale. Tout à coup il coupe l'allumage et descend, d’une hauteur de plus de vingt mètres, dans un vol plané d’une stabilité magnifique. Au moment de reprendre contact avec le sol, M. Latham remet son moteur en marche el, comme un oiseau, l'appareil, docile, remonte à trente mètres. Trois fois, M. Ealham recommence la même expérienfe, loujours avec le même succès, TN revient alors au hangar, où il alterril en vol plané ».
Les expériences de Blériot.
Blériot à Issy-les-Moulineaux. — Je 21 mai, Blériot effectue sa première sortie avec son monoplan Blériot XII muni d'un moteur E. N. V. de 35 chx. Plusieurs envolées sont réussies.
Le 27 mai. — Entre deux ondées, Louis Blériot a essayé son petit aéroplane monoplan n° 11, muni du moteur Anzani 20 HP.
Il fait plusieurs fois, à 10 mètres de haut, le tour du champ de manœuvres.
Il a ensuite, à bord du monoplan n° XII, à moteur E. N. V. 35 HP., fait quelques envolées.
Blériot à Toury lente le 31 mai de renouveler le voyage accompli le 31 octobre 1908, de Toury à Arthenay et retour, mais une panne d'essence l'oblige à s'arrêter à Château-Gaillard. I1 gagne ensuite le Champ Perdu ayant couvert à travers champs 14 kilomètres environ.
Vol avec un passager. — [Le ? juin, à Issy, à bord de son monoplan n° XII {35 chx.; 24 m° de surface), Louis Blériot enlève aisément un de ses mécaniciens.
Le 7 juin, à la fin de la journée, malgré un vent assez fort, Louis Blériot renouvelait cel exploit. 11 enlevait celle fois, notre ami André Fournier fanatique d'aviation qui réalisait ainsi un rêve longtemps ca- TESSE:
sants de 600 à 800 mètres. Les commissaires n’arrivant pas, l’aviateur repartait pour une nouvelle tentative; il disparaissait bientôt derrière le fort de Buc et ne s’arrétait que devant les fils télégraphiques qu'il ne s’attendait pas à rencontrer. à cet endroit. Le vol fut contrüié officieusement par MM. Esnault-Pelaterie, Maurice Farman, les officiers et les sous-officiers du fort de Buc et atteignit 4 kil. environ.
Le lendemain, M. Guffroy faisait mieux encore, Inscril de nouveau pour un prix des 500 mètres, il leva devant M. Schelcher et M. Blanc, l'avialeur marseillais, chargés du contrôle. Mais l’aéroplane fut trop lôl Hors de vue, il fila vers Châteaufort, Vira au large el se disposait à revenir lorsque se trouvant trop haut, le pilote donna un coup de barre qui le ramena trop vite à terre, sans le moindre dommage d'ailleurs.
Le vol n'en avait pas moins duré 7 à 8 minutes pour un parcours de S kilomètres environ. Malheureusement, le prix des 500 mètres n'ayant pas été régulièrement couru, n’a pu être attribué.
Santos-Dumont à Issy-les-Moulineaux. — Le 14 mui, Santos-Dumont exécute avec sa Demoiselle une rouvelle série de beaux vols. un 1" de 1.000 m., puis un 2° de 500 m. ; enfin, à la 3° envolée, un atterrissage Ezvs que casse le souvernail. La réparation est faite de suite et le soir à 7 h. 15 le hardi aviateur reprend ses expériences, lorsque dans un virage après une envolée de 200 m. il capote et casse 3 tubes.
Le 1° juin, Santos-Dumont reprend ses expériences interrompues et exécute différents vols de 7 h. à S h. 15 avec le plus grand succès.
Demanest à Mourmelon-le-Grand, effectue le 21 mai, un vol de 13 m. 23 sec. à raison de 72 kil. à l'heure à bord d'un monoplan Antoinette.
Legagneux à Vienne, exécute le 23 mai quelques petits vols, sans importance, le public venu en grand nombre se retire quelque peu désappointé.
Le monoplan Blériot XII, vu de côté.
Le Rep Il bis à Buc.
M. Maurice Gulfroy poursuit méthodiquement à l'aérodrome de Buc son entrainement à bord du Rep I bis. ses progrès s'affirment de jour en jour ; nous ne piuvons relalter ici ses envolées quasi-quotidiennes, souvent ignorées, mais nous tenons à mentionner quelques-unes de ses meilleures performances. Les principaux vols de Guffroy dépassèrent largement les limites de l'aérodrome de Buc: ils rayonnerent souvent sur la campagne environnante, parmi les obstacles divers qui s'offriront aux aviateurs dès qu'ils auront abandonné les terrains spéciaux pour faire de véritables voyages. L'appareil est parfaitement au point, le pilote possède aujourd'hui toute la maîtrise nécescaire ; ils ne tarderont pas à nous étonner.
Le R? mai, Maurice Gulffroy qui s'était engagé rour
g sas
agé le prix des 500 mètres exécutait plusieurs vols intéres-
(Photo Branger)
Les aéroplanes Wright en France.
Le comte de Lambert à Cannes, à exéculé le IS mai à 6 heures du s. un vol de 3 m. 55 s. à bord dun biplan Wright. Il a parcouru trois tours complels de l'aérodrome de La Napoule.
Tissandier à Pau. — Je ?1 mai, Paul Tissandier donne à Alfred Leblanc sa première lecon en effectuant avec lui, un vol de 4 min. 25 sec. Ensuite, il fail un vol de 8 min. en compagnie de M. R. Gasnier.
Le 25 mai, Paul Tissandier peu salisfait de la marche de son moleur vole 4 kilom. et retourne à son hangar.
Le 31 mai, Paul Tissandier avec son élève M. Schreck, accomplit son dernier vol à Pau.
L'excellent avialeur participera au concours de Ponai, après avoir poursuivi quelques jours son entrainement à l'atrodrome de Juvisy.
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Ch. HOURY .:::"::2""