A ISSY-LES-MOULINEAUX
Les expériences de Blériot. — Blériot poursuit les expériences de son monoplan n° XII Le 8 juin, il réussit deux beaux vols d'environ 500 mètres, le premier seul à bord, le second avec son mécanicien.
Le 11, nouveaux essais. Seul à bord, Blériot, exécute d’abord plusieurs petits vols de 5 à 600 mètres très près du sol, puis une envolée magnifique d'au moins deux kilomètres, se terminant par un double virage en S à 4 mètres d'altitude, magnifique d'audace et d’habileté. L'aviateur prend ensuite à bord M. Guyot, le
Louis Blériot en plein vol à Issy, avec un passager dans son monoplan n° XII (Photo Branger)
gagnant du Grand Prix des Voiturettes 1908, membre de l’Aé-C. F., qui vola déjà avec Wright, et réussit un superbe vol d'un kilomètre et demi à 7 mètres d’altitude.
Le « Blériot N° XII » eniève trois personnes, — Le 12 juin, Blériot réussit une performance remarquable, volant sur 250 mètres environ, avec MM. Santos-Dumont et À. Fournier à bord ; c'est la première fois qu'un plus lourd que l'air enlève trois personnes !
. Blériot exécute ensuite plusieurs vols avec passager : le plus long, sur 2? kilomètres environ, à 6 mètres de hauteur, avec notre confrère Ed. Poillot, de l'Auto, puis termine par une envolée, seul à bord, sur 5 kilomètres.
Nouveaux vols. — Le lundi, 14 juin, Blériot reprend ses essais de son N° XJI. Après un premier vol de 4 kilomètres, l’aviateur atterrit pour réparer sa magnéto décalée, puis exécute une magnilique envolée de 10 min. 1/2. Le petit monoplan parcourt le champ de manœuvres en tous sens et Blériot, pour prouver la parfaite stabilité de l'appareil, lâche à plusieurs reprises son volant.
Le 15, nouveau vol de 5 minutes à 6 mètres de haut. Une envolée de 200 mètres avec M. A. Fournier est interrompue par une panne de moteur: le vilebrequin a
asse.
Le 18, Blériot sort son monoplan N° X/ muni d'un moteur Anzani et vole 4 kilomètres.
Les essais de Santos-Dumont. — [e 12, Santos- Dumont tente quelques vols avec sa Demoiselle ; le petit monoplan s'enlève, mais pour regagner le sol aussitôt. L’aviateur attribue ce défaut à la déformation des nervures en bois de bambou de ses ailes qu'il change.
Le 19, Santos-Dumont effectue à une hauteur variant entre 15 et 20 mètres. plusieurs vols magnifiques de 3 à 900 mètres, mais, le soir vers 8 heures, au cours
d'un essai, le petit monoplan se cabre et tombe. L’aviapa est indemne, le petit appareil n’a qu'une roue aussée.