‹ L'Aérophile (volume 3)Chapitre 406 sur 698 · F — SV · texte numérisé non relu

F — SV

dans laquelle F désigne soit la poussée verticale (courbe 1), soit la poussée horizontale (courbe 2), soit la

poussée totale (courbe 3) résultant des deux précédentes. S est la surface de la plaque estimée en mètres carrés, et V la vitesse initiale de l'air en mètres par seconde. Le poids spécifique de l'air était toujours ramené à Ce qu’il est à la température de 15° et à la pression de 760 m/m de mercure.

D'après les résultats obtenus avec la plaque plane, on voit que pour de petits angles jusqu'à 15 ou 20°, la poussée verticale est proportionnelle à l'angle d'incliuaison 4 de la plaque, ou mieux, si l’on veut, à son sinus. La poussée horizontale est représentée par une “ourbe à allure parabolique.

À partir de l'angle de 20°, ou même de 15°, les courbes de poussées ne montent plus aussi rapidement, elles arrivent même à redescendre Dans le voisinage de 30°, la courbe s'interrompt pour reprendre plus loin, à partir de 36°, encore avec une allure régulière, mais fort différente de la précédente. Entre 29 et 36°, l’on peut trouver des points différant d’une expérience à l’autre et l’on constate que le cadréSupportant la plaque Sautille, ce qui indique bien qu'il ne s'établit pas de régime stable : le mode d'écoulement se transforme continuellement suivant l'un ou l'autre régime.

Pour la piaque de forme cylindrique, la poussée verticale est nulle pour 4 = — 4°30. A partir de cette inclinaison, la courbe a une allure analogue à celle obtenue avec la plaque plane. La poussée verticale croît linéairement, la poussée horizontale est représentée par une Çourbe à allure parabolique présentant un minimum

pour =0. Vers 20°, les courbes redescendent et nous retrouvons une période d'inslabilité comme précédemment.

En considérant les pelits angles, les seuls intéressants pour les aéroplanes, on peut déduire les formules de ces poussées.

Poussée verticale. — La poussée verticale étant représentée par une ligne droite, on peut la mettre sous la forme :

Fr —KS V?5

à est ce que j'appelle l'angle de déviation, tel que +,

% étant l'angle pour lequel la poussée verticale est nulle ; pour la plaque plane à — y.

K est un coefficient qui est le même que pour toutes les surfaces ayant mêmes dimensions, il augmente avec

l'envergure.

Ainsi pour les plaques de 500 x 300 K = 0,180 — — = 00 x 150 KA=MO 2)

Poussée horizontale. — Pour nous rendre un compte plus exact de la poussée horizontale, nous avons trace les courbes obtenues en portant en abscisse l'angle + et en ordonnée y la racine carrée du coefficient o de poussée horizontale ; pour les petits angles, £ette courbe est sensiblement une hyperbole ayant son sommet sur l'axe des y, c’est-à-dire de la forme y° = A x? + LB.

La poussée horizontale peut donc se mettre sous 1a forme :

F, = KSV? (r9° + 5)

ou en se rapportant à l'angle

Fi = KSV? (7° + #5 + s).

Comme on peut le voir, nous retrouvons par ces expériences les formules données par M. Soreau (Bulletin des Ingénieurs civils, juillet 1908). Pour la poussée horizontale, nous trouvons un terme en à. que n’indiquail pas M. Soreau, mais le coefficient £ est faible. Quant au terme $, nous n'avons pas trouvé dans nos expériences qu’il puisse être négatif ; nous pensons que cette contrerésistance qui est, du reste, en contradiction avec les lois de la mécanique, doit provenir d'erreurs d'expériences.

3° Direction de la poussée

La connaissance exarte des deux composantes horizontale et verticale nous permet de trouver la direction de la résultante, et en comparant cette direction à la normale, à la surface, on peut voir de combien elle s’en écarte et dans quel sens.

Pour une surface plane, la résullante penche dans le sens du mouvement de l'air pour de petits angles, mais pour des angles supérieurs à 15°, la résultante penche en sens contraire, en sorte qu'il y a le long de la plaque une composante en sens inverse du mou vement de l'air.

La théorie que j'ai donnée pour l'hélice explique très bien ce fait, mais ces considérations théoriques nous entraineraient un peu loin ; je préfère donner ici des résultats intéressant plus directement l'aviation.

!° Rapport entre la sustentation et la résistance

à l'avancement,

Dans l'étude des diverses formes de surface, la grandeur et les variations du rapport entre la sustentation et la résistance à l'avancement, donnent de précieuses indications sur la qualité de la surface, particulièrement au point de vue de Ja stabilité.

J'ai expérimenté une série de surfaces. planes ou courbes, minces ou épaisses, ayant toutes 300 m/m de largeur perpendieulairement au lit du vent: elles sont définies par leurs profils indiqués sur la figure ci-contre (fig. 5) et numérotés de 1 à 6.

Pour chacune de ces surfaces, j'ai tracé la courbe

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obtenue en portant en abscisse l'angle d'inclinaison #

qui pour les surfaces courbes est l'angle de la corde

avec la direction du courant), en ordonnée le rapport

Fe de la poussée verticale à la poussée horizontale.

nu ; Le D'après ce graphique (fig. 6), on voit que, pour le

plan, la courbe est très pointue avec un maximum de

14 pour = 1°30 ; Pour les surfaces cylindriques, la courbe est beau- Fig. & 7 9 :

re £ —— ee ER RESTO, ns 5 00 RE

/ RE NN EEE

w FE ge 10°

coup plus arrondie et la surfate plane surmontée d’un dos cylindrique donne la courbe la plus étalée.

Ces résultats sont, à mon avis, très intéressants et quelque peu inattendus. Ils montrent la grande influence du dos de l'aile et en particulier des éléments de sortie, fait que j'avais déjà signalé dans ma théorie des hélices.

Nous sommes portés à conclure de ces premières expériences, que, pour les aéroplanes, les surfaces

épaisses composées de deux toiles sont préférables aux surfaces minces, même en dehors de l'avantage qu'elles offrent de pouvoir dissimuler et soustraire à l’action de l'air une grande partie des armalures.

A. RATEAU Ingénieur des Mines

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