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LE TRIOMPHE DE RLÉRIOT

Paris fait à l'Aviateur une réception inoubliable

A la Gare du Nord. — Après l'accueil enthousiaste de l'Angleterre, Blériot avait quitté Londres le 27 juillet et passail la nuit à Calais. Le lendemain, il partait de celte dernière ville par le rapide de 1 h. 1/4.

Le public parisien avait été prévenu par la presse de l'heure d'arrivée de Blériot et plus de 100.000 spectateurs s'étaient rendus à la Gare du Nord.

A 5 h. 1/4 enfin, avec une demi-heure de retard, le train fait son entrée sous le hall. Malgré le service d'ordre dirigé par le préfet de police en personne, les quais ont été envahis et c’est, submergé au milieu de la foule, que Blériot, accompagné de Mme Blériot,

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Blériot acclamé par la foule qui entoure sa voiture. (Photo Rol.)

MM. A. Leblanc, A. Fournier et quelques amis, est reçu à sa descente de wagon par les représentants du gouvernement, MM. Louis Barthou et Millerand, ministres de la Justice et des Travaux publics ; M. Léon Barthou, représentant l’Aéro-Club de France, etc.

Péniblement, le petit groupe gagne alors la salle des douanes décorée avec simplicité et où, très démocratiquement, a lieu la réception officielle, M. Louis Barthou prononce une allocution d’abord familière, puis plus large, émue pour finir par une vibrante péroraison que l’on acclame: « Vous avez inscrit un nom de conquête, de victoire et de gloire au Livre d'Or de l'humanité ; au nom du gouvernement et de la France, je vous dis simplement merci! »

Mais, lorsque l’aviateur pénètre dans la cour d'arrivée, c’est un éblouissement ! Voyant les landaus qui attendent le cortège, débordant agents de police et gardes municipaux, la foule, la foule s'étend à perte de vue... Un cri éclate alors, une clameur énorme, qui monte, assourdissante : « Vive Blériot ! »

Une voiture s'avance dans laquelle prennent place M. et Mme Blériot, MM. de Lapeyrouse, Anzani et Marchal. Fontaine, du Malin, est sur le siège avec le drapeau de l'atterrissage déployé. è

A. Leblanc suit dans un seconde voiture, veillant gentiment sur les quatre aînés de Blériot qui, dans cette cohue, n’ont pu encore embrasser leur papa.

Le rortège, encadré par un peloton de gardes à cheval, s'ébranle enfin. Par les grands boulevards, la rue toyale, la place de la Concorde, les Champs-Elysées — aclamé sur tout le parcours par les spectateurs massés sur les trolloirs, penchés aux fenêtres — le triomphateur gagne l’Aéro-Club de France.

A l’Aéro-Club de France. — À l'Aéro-Club, la réception est plus intime, mais tout aussi chaleureuse et plus cordiale encore. C'est un peu tout l'Aéro-Club qui triomphe avec Blériot.

Et M. de La Vaulx, vice-président de l’Aé.-C. F., qui, point encore remis de son récent accident d'atterrissage, est venu, appuyé sur une canne — tout comme celui qu'il vient recevoir — M. de La Vaulx prononce alors la charmante allocution suivante :

Mon cher Blériot,

Permellez-moi en l'absence de notre président, M. Cailletet, relenu loin de nous par son élat de santé, de vous souhaiter au nom de lous nos camarades la bienvenue à l’Aéro-Club de France.

Nous sommes tous ici, fiers de la glorieuse performance que vous avez su mener à bien; car en traversant la Manche à bord de volre aéroplane, vous n'avez pas seulement accompli un bel acle sportif, mais vous avez accompli un acle d’une portée bien plus haute, un acle humanilaire ; vous nous avez permis d’apercevoir dans un avenir prochain l'exlension rapide des relations amicales entre les peuples ; vous nous avez montré la vraie, la belle, la noble solution, si je puis m'exprimer ainsi, de l'entente internalionale.

C'est pourquoi votre exploit a provoqué l'admiration du monde entier, et c’est pourquoi nous sommes fiers que cel exploit ait été accompli par un Français, par un de nos

Folkestone

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