‹ L'Aérophile (volume 3)Chapitre 512 sur 698 · SEE | BLÉRIOT XI · texte numérisé non relu

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l'Aérophile du 15 Septembre 1909

AÉROPLANE ‘ ANTOINETTE IV ” Monté par M. LATHAM

11 GRANDE SEMAINE D AVIATION DE REIMS

ji Prix de l’altitude 155 mêtres, LATHAM, sur monoplan ANTOINETTE 2 Prix du Grand Prix de la Champagne et de la Ville de Reims,

LATHAM, sur monoplan ANTOINETTE (154 kilomètres).

5e Prix du Grand Prix de la Champagne et de la Ville de Reims, LATHAM, sur monoplan ANTOINETTE 2° Prix du Prix de Vitesse, LATHAM, sur monoplan ANTOINETTE

M. Hubert LATHAM sur monoplan ANTOINETTE « parcouru en vol pendant la semaine de Reims

65G9 kilomètres {| RECORD DU MONDE DU MONOPLAN

28, Rue des Bas-Rogers, PUTEAUX

PAérophile 419

A Port-Aviation

Le 2 septembre, à 5 h. 1/2 du soir, sortie du monoplan Kæchlin, piloté par M. de Nabas. L'aéroplane exécute un beau vol de 400 mètres à 10 mètres de hauteur mais, pris par le vent, vient s'abalire sur les tribunes, Les balustrades et l'appareil ont été quelque peu endommagés. L’aviateur est indemne.

Le à septembre, l’aviateur de Rue dispute, en présence de son donateur. le Prix Déjardin, destiné au recordrian du kilomètre bouclé. Avec son biplan Voisin, de Rue vole la distance en 1 m. 15 s., battant ainsi le temps de 1 m. 18 s. réussi par Delagrange le 3 juin.

Roger Sommer à Nancy & y

i. Exposition de Nancy obtint de Roger Sommer qu'il alât effectuer RUEIQUES vols äu champ de courses de Jarville, près de Nancy, du 1‘ au $ septembre. Avec Ut désintéressement qui lui fait le plus ‘and honneur, Sommer décida de ne prélever aucun bénélice personnel sur les recetles, abandonnant tout bénélice personnel de Nanev et à ceux de Pierrepont, sa ville natale.

Le 3 septembre, à 6 h. du suir, Sommer s'élève à une hauteur de vingt mètres et, malgré l’exiguité du terrain d'évolution, il décrivit au-dessus de l'aérodrome de superbes virages, passant au- us de la Meurthe et du rideau d'arbres qui borde rivière. Un millier de personnes assistaient à cette expérience que Sommer

ne lardail pas à renouveler avec un égal succès.

Le lendemain malin, vol de 4 kilom. environ à 15 m. du sol. Le soir, à 6 h., nouveau vol magnifique de 4 kil. avec passage de la Meurthe.

Le 5 septembre, le mauvais temps sévit toute la journée, rendant toute sortie impossible. A six heures du soir, les 10.000 spectateurs énervés d'une longue attente, se fâchent, des cris, des coups -de sifilet partent de toutes parts et à 7 h. Sommer, pour calmer la foule, sort son appareil et vole un {our &e piste. 4 kilom.

A Dunkerque

Le 27 août, M. BARON qui fera seul son appren- Lis , Sortait pour la première fois un biplan Wrighl.

Il à fait un vol court d'environ 500 mètres avec virage, mais. à l'allerrissage, un patin a été légèrement endommapgé.

Le 3 septembre, après avoir réussi un vol de 200 m., M. Baratoux, par suite d’une manœuvre inexplicable, laisse choir son appareil, lequel s’est en partie brisé.

Fort heureusement, l'aviateur s’est liré indemne de cette chute malencontreuse.

A Odessa

Le 2% acûüt, sorlie du biplan Voisin, de l'Aéro-Club d'Odessa, piloté par M. Cotroneo.

Malheureusement, après un vol de 18 minutes, l’aviateur, au moment d'atterrir, dut faire un brusque crochet pour éviter quelques paysans. L'aéroplane piqua du nez et s’affala sur le sol. M. Cotroneo a été lortement écorché et s’est foulé un poignet. Les dégâts matériels sont insignilian(s.

L'arrivée de l'infortuné Lefebvre et de son biplan Wright était ofliciellement annoncée pour la fin de septembre.

L2 colonel Coly à bord de son aéroplane avec lequel il vient d'effectuer un vol de 75 kilometres.

Photo lol

420 15 Septembre 1909

Un vol d'Orville Wright à Berlin.

De Suède en Daremark

L'aviateur danois Folmer Hansen avait formé le projet de traverser le Sund en aéroplane.

Le 17 août, il effectua deux pelits vols d'essai ; malheureusement, au moment de quitter la côle suédoise, à la suite d’une fausse manœuvre, son biplan Voisin vint frapper le sol et le gouvernail de profondeur fut brisé.

Le 26 août, l’audacieux aviateur renouvelle sa ten tative.

A onze heure du matin, il s'enlevait à bord de son biplan dans une grande plaine située près de Helsingborg (Suède), dans l'intention de gagner Elsimore (Danemark).

L'acroplane se {rouvait déjà en mer à 25 mètres des côtes suédoises lorsqu'il s’abatlit dans l’eau cassant son hélice.

Folmer Hansen gagna facilement le rivage.

En Belgique

Le 29 août, dans l'excellent parc d'aviation que constiluait l'hippodrome de Stockel, avec sa piste de 3 kil., se trouvait une foule énorme, que l’on évaluait à 6.000 personnes et parmi laquelle on reconnaissail le prince Victor Napoléon et de nombreuses notabililés.

Gaudart, qui eut des difficultés avec son allumage, ne put mieux faire, au cours de cinq essais, que de courtes envolées de 400 mè&ires environ, sur biplan Voisin.

Il avait cependant exécuté la veille deux vols de 7 à 800 mètres.

Le lendemain 30 août, Gaudart réussit deux vols d'aulant plus intéressants qu'ils furent exécutés malgré un vert véritablement violent. Une première fois, Gaudart parcourut S00 mètres en ligne droite à 15 mètres de hauteur, mais eut un allerrissage asesz dur. Plus heureuse fut la seconde envolée. Cette fois, à 20 mètres de hauteur, Gaudart couvrit un kilomètre avec virage.

Le 5 septembre, Gaudart termine sa série d’exhibilions par deux vols d'une centaine de mètres à une hauteur de 5 à 6 mètres.

Aussitôt après, Legagneux à fait un vol de 700 mètres à une hauteur de 15 mètres au cours duquel il fit un essai de virage. Par suile d'une fau manœuvre, il alla briser la barrière qui délimite la piste. Son appareil n'eut qu'un des montants de cellule brisé.

En Angleterre

Le samedi 28 août, l'aviateur Cody effectue un vol de huil milles en neuf minutes quinze secondes, dans la plaine d’Aldershot. Il a fait ensuite diverses évolutions à plus de cent pieds de hauteur au-dessus des collines,

puis il a contourné la plaine de Laffan, ce qui canstilue la meilleure performance d'aviation exécutée jusque-là en Angleterre. Le 12 septembre, il couvre 75 kilorkètres environ, franchissant les arbres et les obstacles du camp d'Aldershoot.

Orville Wright à Berlin Le 31 août, Orville Wright exécute sa première sortie au champ de manœuvres de Tempelhof et vole 15 min.

Orville Wright (en casquette de sport) à Berlin. A côté de lui, M. Hart O. Berg.

Le 4 septembre, il exécute un vol de dix-huit minutes à une hauteur de 10 à 20 mètres.

La Semaine de Tournai

le dimanche 5 septembre, jour d'inauguration du meeling, le temps ne fut guère favorable. Quelques ondées et de violentes bourrasques de vent vinrent conlrarier les expériences de Paulhan. À 2 heures, le vent soufflait à une vitesse de 5 à 7 mèlres à la seconde, à 4 heures, de 3 à 4 mètres à la seconde.

A 4 h. 25, Paulhan sortit son appareil et fit un tour de la plaine à 10 mètres de hauteur, émerveillant par sa hardiesse les 20.000 personnes présentes. À 5 h. 25 fut effectué un autre vol de 200 mètres. Enfin, à 6 h. 20, troisième vol avec un passager.

Le lendemain, 6 septembre, le vent et la pluie empêchent tout essai. À 6 heures, le public se fâche et envahit la piste : les gendarmes la font evacuer.

Chute mortelle dEugène Lefebvre

Le 7 seplembre, vers 6 heures, Eugène Lefebvre effectuait, à Port-Aviation, une première sortie de mise au point, avec le biplan Wright de M. Defriès ; après un tour de piste très réussi, il revenait atterrir près du hangar.

Un peu plus tard, il repartait avec le Wright destiné à M. Schraeck et gagnait rapidement une hauteur de 10 mètres. Tout allait à merveille, lorsque arrivé près du restaurant des tribunes, on vit l'appareil plonger en avant, puis s'abatlre verticalement avec une vitesse effrayante. M. Michel Clemenceau, directeur de la Société Ariel, pour le compte de qui avait lieu les essars, et les autres assistants accoururent. L'appareil fracassé gisait sur le sol ; l'infortuné aviateur, projeté hors de l'appareil, râlait sans connaissance, étendu sur le dos.

Malgré les soins empressés qui lui furent prodigués par les médecins présents, Eugène Lefchvre transporté à l'infirmerie de l'acrodrome, expirait sans avoir repris connaissance.

Les obsèques du malheureux aviatceur, aussi admiré de ses camarades pour sa virtuosité exceptionnelle que sympathique par ses qualités d'esprit, de caractère et de cœur, ont eu lieu dans sa ville natale, à Corbie, le 10 septembre, au milieu d'une assistance nombreuse et profondément émue.

La Compagnie d'aviation, la Société d'encouragement à l'aviation, la Société Ariel et l’Aéro-Club de France dont le défunt était membre, avaient envové des délégations. Le ministre des Travaux publics et le préfet de la Somme avaient exprimé à la pauvre mère et à la famille, leurs sentiments de condoléances, auxquelles l'Aérophile joint l'hommage de ses sympathies émues.

Comment s’est produit ce pénible accident ? Le saurat-on jamais ? Lefebvre a-t-il laissé « engager » son gouvernail de profondeur, frappé en-dessus par un remous et amené hors de l'angle maniable? De la part d'un pilote aussi remarquablement habile, c'est peu admissible. On serait plutôt tenté de croire à une rupture de pièce ou un grippage dans le système de leviers articulés et de bielles, qui commande le gouvernail avant des Wrights. Cependant ce système est si simple et les organes si robustes, qu'on ne s'explique guère une ruplure ou un enrayage. L'état de l'appareil ne permettra jamais sans doute de tirer au clair cette énigme.

La carrière d'Eugène Lefebvre

La carrière du malheureux aviateur aura été aussi brève que brillante.

Eugène Lefebvre était né à Corbie (Somme), en 1878, le 4 octobre. Sorti ingénieur de l’Institut Polytechnique de Lille après de brillantes études, il s'occupe d'installations frigorifiques à bord des navires en Russie, puis en Algérie. 11 fonde à Paris une agence de vente d'automobiles et d'accessoires.

Au début de celte année, il entre comme ingénieur à la Société Ariel, concessionnaire de la vente des aéroplanes Wright en France. A force de patience et bien servi par ses connaissances techniques, Lefebvre envoyé en Hollande par sa Société, y apprend seul le maniement du biplan Wright selon l'ingénieuse méthode décrite dans l'Aérophile du 15 août, page 366, partant sans pylône sur un rail alongé.

Le 18 juillet, il couvre 100, 2C0 puis 800 mètres, acquiert vite cette habileté et cette audace extraordinaires qui émerveillent les spectateurs dès le premier jour de la Grande Semaine d'aviation. Si Lefebvre ne put. dans ce meeting, conserver jusqu’au bout les places d'honneur, il fut un des concurrents les plus remarquablement réguliers, le seul qui ait réussi à se classer dans toutes les épreuves de la Semaine.

Lefebvre était un parfait sportsman, que passionnèrent successivement, la bicyclette, l'automobile, la boxe. Energique, vigoureux, entrainé, il voyait s'ouvrir devant lui une brillante carrière d'aviateur pratiquant: ;

par ses connaissances d'ingénieur et ses observalions d'expérimentateur éclairé, il aurait pu contribuer aux

progrès techniques de l'aviation. La mort le foudroie à 31 ans.

LES

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