PUTEAUX
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l'AÉROPAILE
Revue technique et pratique des loeomotions aériennes
Directeur Fondaleur : GeorGEs BESANÇON
ABONNEMENTS ANNUELS (Au gré de l’abonné, du 1er janvier ou du mois de la souscription) Sans frais dans tous les bureaux de poste : 206 liste, 16 août 1908 France et Algérie. . . . . . UN AN: 15 fr.
Colonies et Etranger . . . . . . . . . . . . UN AN: 18 fr.
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17° Année.- N° 21 4: Novembre 1909
SOMMAIRE: Aialeurs contemporains : comte Ch. de Lambert (François Peyrey). — En aéroplane sur Paris (Philos). — la Gran ie Quinzaine d'Aviation de Paris: les résultats (M. Degoul). — Progrès de Maurice Farman. — Les Progrès de l'aviation en 1909 : après Reims et l'Exposition (René Gasnier). — Le Laboratoire d'essiis des Arts et Métiers cl la technique aéronautique : essais d'hélices, moteurs et matériel d'aviation (suite et fin). — A propos du « Vent louvorant» (commandant Thouveny). — L'Ine dence optima dins les hélices aériennes (W. Jarkowsk\). — Mesure s mple et rapide de ia hauteur des vols d'aéroplane (A. Boyer-Guillou — De l’utilisation pratique des aéroplanes G. Garnierl. — Le dirigea le España. — Le: dirigeable ('oloner-Renard. — Dirigeable Ziherté- — Dirigeible autrichien. — Dirigeable militaire italien. — Conseils pratiques de pholo-topographie aérienne (capitaine Sacconey). — Observations militaires par cerfs-volants monlés. — Le barquet du Salon. — Aéronaulique-Club de France.
SOMMAIRE DU BULLETIN OFFICIEL DE L’AERO-CLUB DE FRANCE : Convocations. — Ba:quet du 7 octobre 1909. — Don de M. Henry Deutsch de la Meurthe. — Banquet du 4 novembre 1909.
Comte Charles de Lambert
Aviateur hautement estimé de ses pairs, le comte de Lambert s’est soudainement révélé au grand public par son inoubliable randonnée aérienne à 400 mètres au-des-. sus de Paris, de Port-Aviation à la Tour Eijfel et retour. le 18 octobre 1909. Nous empruntons à notre très distingué confrère Francois Peyrey, l'excellente notice biographique, parue dans l'Auto du lendemain. Elle montrera toule la valeur de l’homme qui vient de réussir ce magnifique exploit.
CoMTE:CnARLES DE LAMBERT (Photo Branger).
D'origine française, — sa famille émigra pendant la Révolution, — le comte Charles de Lambert, sujet russe, est né à Madère, le 30 décembre 1865. Son grand-père et son père ont été généraux dans l’armée russe.
M. de Lambert, en 1903, fut champion du club le Fusil de Chasse; mais je rappellerai surtout qu'il est
l'inventeur des bateaux glisseurs, des hydroplancs. M. de Lambert avait à peine vingt ans, en 1885, lorsqu'il expérimenta, en rivière, son premier glisseur, que remorquait un cheval galopant sur la berge. Il savait déjà que l’inertie de l’eau, la résistance due aux frottements de l’eau sur les parties immergées, la résistance de l'air sur les parties non immergées, et la perte de force provenant du rendement défectueux des propulseurs, sont les causes principales qui s'opposent à la marche rapide d'un navire. Afin de détruire, de diminuer notablement tout au moins l’importance de ces causes, l'inventeur songea aux plans inclinés.
A la rigueur, on pourrait faire remonter à la dale de naissance de celle idée heureuse, les débuts, en aviation, du comte de Lambert. Les plans inclinés aqualiques n'étaient que le prodrome des plans inclinés aériens.
Tout en poursuivant ses travaux hydronautiques, le comte de Lambert s’'intéressait à la locomotion aérienne exclusivement mécanique. En 1893, il montait à bord du gigantesque aéroplane Maxim, qui roulait entre deux voies ferrées, sur un mile de longueur.
En 1894, le comte Charles de Lambert entre en relaions avec Otto Lilienthal, qui lui cède, moyennant 500 francs, l’un de ses planeurs. A vrai dire, comme il ne disposait pas, ainsi que l'ingénieur allemand, d'un favorable terrain d'expériences, M. de Lambert n'étudia pas longtemps le vol plané. Il avait, d’ailleurs, la prescience du vol mécanique. À celte époque, il construisait son premier glisseur à moteur, et son contremailre était loratio Philips.
Sa foi dans l'avenir de l'aviation ne fit que s'affirmer, ‘an dernier, en présence des évolutions révélatrices de Wilbur Wright, au camp d’Auvours. Il devait naturelement devenir l'élève du premier homme-oiseau. Son apprentissage fut très bref : il atteignit une durée totale de 5 heures 22 minutes 7 secondes 1/5. Livré à lui-même, e nouvel avialeur se révélait brusquement, immédiatement. par un vol de 25 kil. 250 mètres. Classé, dès ses débuts, dans le lot des avialeurs de tête, le comte de ambert figura parmi eux lors de la Semaine de Cham-
pagne.
Durant la Quinzaine de Paris, il obtenait à peu près ous les prix.
FRANÇOIS PEYREY
17 Novembre 1909