‹ L'Aérophile (volume 3)Chapitre 586 sur 698 · L'apprentissage · texte numérisé non relu

L'apprentissage

l'appareil.se prépare à voler sous la conduite de W. Wright. — 2. À Reims :

le comte de Lambert va prendre le

départ. — 3. M. de Lambert passe devant les tribunes à Port-Aviation. — 4. Le comte de Lambert double la Tour

Eiffel dans son biplan Wright (fortes toiles Continental).

m'a guidé. Puis j'ai aperçu dans le lointain un grand réservoir blancs e& j'ai piqué droit sur Juvisy. Je crois avoir atteint 600 mètres. Et, arrivé à quelques kilomètres de Juvisy, je suis descendu, et voilà.

« Que vous dirai-je encore ? Quand je suis descendu, j'ai trouvé Orville Wright qui venait d'arriver et cela a été une vérilable récompense, pour moi, de ce que vous appelez un exploit. »

Il nous sera permis de ne pas envisager la superbe performance du comte de Lambert avec le même sanegfroid. Sans doute il n’est pas plus difficile à un aéroplane de voler au-dessus de Paris qu’au-dessus d’un aérodrome ; ce qui esb diflicile c'est d’oser le tenter. Malgré le soin apporté à la mise au point d'un appareil, il demeure sujet à défaillance, comme toutes les mécaniques humaines. Une panne au-dessus de Paris, et c'était l'impossibilité presque certaine d’un atterrissage normal, la catastrophe à peu près sûre. Le comte de Lambert le savait mieux que personne, mais il était résolu depuis plusieurs jours à tenter l'aventure. Les dirigeants de la Compagnie Générale de navigation aérienne, dont le comte de Lambert dirige l’école des piloles, n'en avaient même pas été informés. Seul, notre distingué confrère Paul Rousseau, chargé de chronomélrer le passage à la Tour Eiffel, était au courant de ce projet. Pendant plusieurs jours le temps ne fut pas propice ; M. de Lambert toujours calme el méthodique eut la patience d'attendre le moment favorable el lorsqu'il le crut venu, délibérément, sans une hésitation, il partit Cette audace raisonnée, ce tranquille courage ajoutent encore si possible à la beauté du geste.

A huit ans de distance il renouvelait sous une forme nouvelle, l'exploit de Santos-Dumont allant doubler la Tour Eiffel dans son dirigeable n° 6 et revenant ensuite à son point de départ, le Parc de l'Aéro-Club (19 octobre 1901). Le succès de Santos-Dumont avait donné le signal des progrès modernes des autoballons.

L'audacieux voyage du comte de Lambert aura la même heureuse influence sur l'aviation. Il nous donne

(Pholo Eranger)

plus nettement conscience des possibilités immédiates du vol mécanique, il augmentera la confiance des aviateurs dans leurs ailes de toile ; il nous rappelle que l’aviation ne saurait limiler son avenir à des compétitions, d’ailleurs intéressantes et uliles, autour d’un aérodrome, qu’elle est avant tout un moyen de transport celui qui peu à peu, grâce à de telles démonstrations, nous rendra le plus indépendants, le plus insoucieux des obstacles terrestres.

L'Aéro-Club de France a décerné sa plus haute récompense, sa grande médaille d’or au comte de Lambert. La remise aura lieu le 4 novembre au cours d’un banquet, organsé par le Club au Palais d'Orsay.

La carrière de l'aviateur, — Le 28 octobre 1908, il commença son apprentissage aux côtés du maître. Ce furent d’abord des vols de 10’.

Le 17 novembre 1908, c'est le comte de Lambert qui lient les gouvernails pendant quinze minutes, sous l'œil vigilant de Wilbur Wright.

Le 17 mars 1909, à l'aérodrome du Pont-Long, près de Pau, le comte de Lambert mène, seul à bord, le biplan Wright, pendant rois minutes ; le 19 mars, 23.

Le ?% mars 1909, volant 27 minutes 12 secondes, il gagne le Prix des Débutants de l'Aéro-Club de France, le même jour, du reste, que Paul Tissandier, l'autre élève de Wilbur Wright.

Le 15 mai 1909, le comte de Lambert vole à l’'hippodrome de la Napoule, à Cannes.

Le 1% juin 1909, il débute à Port-Aviation, à Juvisy. Le 27 juin, il boucle le kilomètre à Essen en Hollande. Il est encore applaudi à Port-Avialion les 4 et 5 juillet : sur la plage de Wissant, le 27 juillet, quand il voulait passer la Manche ; enfin à Bétheny, dans la Grande Semaine de Champagne, où il fait 116 kilomètres en | heure 55 minutes.

Le 7 octobre 1909, sur demande de la Commission d'aviation, l’Aéro-Club de France lui décernait le brevet de pilote-aviateur.

484 1 Novembre 1909

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