BALLONNETS
Deux types de ballonnets sont en présence : le sphérique et le ballon allongé (drachen).
Quel que soit le type, la force ascensionnelle au départ doit être de 25 kgrs. au minimum permettant d'atteindre une altitude de 500 m. Ces 25 kgrs. se répartissent ainsi : 10 kgrs. pour l'appareil et ses accessoires, 10 kgrs. pour le câble de retenue, 5 kgrs. pour le délestage (2) correspondant à la variation d'altitude de 500 m.
Ballonnet sphérique. — Île ballonnet sphérique ordinaire, quoique fournissant le volume maximum (force ascensionnelle) pour le minimum de surface (poids
€ vent
mort), parait impropre à la photographie aérienne. Ce type d’aérostat est en effet incapable de résister au vent sauf à employer des cubes considérables qui nécessitent
(1) L'invention de la photographie par cerf-volants est due à M. A, Batut.
(2) Pour 800 m. d'altitude un ballon évaeue environ 1/10° de son volume de gaz.
une trop grande consommation de gaz et entraînent des difficultés de manœuvre hors de proportion avec le but à atteindre. La cause de cette instabilité réside tout entière dans la formation des poches dans lesquelles le vent s'engouffre, provoquant des oscillations et des rabattements brutaux.
Des ballonnets sphériques munis de dispositifs spéciaux peuvent toutefois rendre de bons services Nous signalons l’aérostat autodéformateur (1) du lieutenant Ranza, du génie italien, où la permanence de la forme est assurée d'une manière originale.
Le ballon (fig. 1) est traversé par le câble qui vient se fixer par l'intermédiaire d'un cône de suspentes intérieures à son pôle supérieur, Une gaine isole le passage du câble et empêche les fuites de gaz. Des que le vent s'élève, la partie inférieure de l'enveloppe, libre de glisser le long du câble, se soulève sous la poussée de l'air et comprime le gaz contre la partie supérieure maintenue fixe. Ce dispositif s'oppose automatiquement à la formation des poches. Afin d'augmenter la force ascensionnelle de cet appareil, l'inventeur a disposé à la partie inférieure une sorte de parachute excentré qui se gonfle sous l'influence du vent.
Ballonnet « drachen ». — Ce type de ballonnet (fig. 2j répond parfaitement aux opérations de photographie aérienne. Il jouit à la fois des propriétés du ballon et de celles du cerf-volant.
En tant que ballon, il peut s'élever en air calme grâce à la légèreté de l'hydrogène dont il est gonflé : en tant que cerf-volant, il prend appui sur le vent grâce
Trop plein du gouvernall
Ballonet avillon mféneur
du gouvernail
1” Parachute de la queue
Fig. 2.
à la forme spéciale de son enveloppe, long cylindre légèrement incliné sur l'horizon. La limite de bonne utilisation du drachen-ballon de petit cube est un vent de 10 m. de vitesse. A partir de cette vitesse, la manœuvre devient pénible par suite de l'augmentation de l'effort de traction et il y a tout avantage à recourir alors aux cerfs-volants proprement dits d'une manipulation plus simple.
Nous donnons ici les bases d’après lesquelles nous avons fait construire (2) et gréé le drachen-ballon ayant servi à nos expériences.
Volume. — En employant l’étoffe double caoutchoutée légère, on peut réduire le volume au strict minimum de 70 m°. Un tel ballon présente les dimensions suivantes : 11 m. de long sur 3 m. de diamètre.
Equilibre. — On réalise un équilibre convenable en réduisant au minimum le poids de la partie postérieure de l'enveloppe. L'aérostat gonflé doit s'équilibrer sous
(1) Ballonnet de 65 m° disposant de 50 kgrs. de force Rens ReNE et résistant utilement à un vent de
(2) Ateliers « Surcouf » de Billangourt,
l’Aerophile 499
un angle de 20 à 30° avec l'horizon. Pour atteindre ce résultat, on doit faire confectionner l'hémisphère postérieur du ballonnet en étoffe simple (le diaphragme restant en étoffe double) et réduire le diamètre et la longueur du gouvernail de type habituel. Cet appendice peut, en effet, être arrêté au-dessous du pôle de l’hémisphère postérieur du ballon, sans que ses qualités ni son rôle soient sensiblement modifiés.
Bridage. — On a une tendance à disposer la bride de retenue du drachen-ballon trop vers l'arrière. C’est à ce défaut qu'il convient d'attribuer les oscillations perpétuelles des appareils habituellement employés. Nous avons réussi à obtenir une stabilité parfaite en reportant le point d'attache de la bride en avant, vis-à-vis le tiers antérieur de la longueur.
Queue. — Les parachutes de queue que l’on met habituellement sur un brin unique seront avantageusement disposés en deux groupes séparés, chaque groupe correspondant à l’un des côtés de l’aérostat.
Manœuvre du ballonnet.
Ballonnet. — Nous avons dit que le ballon cerf-volant ne devait pratiquement être employé que par des vents de vitesse inférieure à 10 m. Cette condition étant observée le lancement du ballon ne présente aucune difficulté surtout si l’on a soin d'employer pour la manœuvre près du sol un cordage de retenue en chanvre facile à maintenir avec les mains.
A partir de 50 m. d'altitude, on substitue à ce cordage le câble d'acier et l’on suspend au point de jonction HApESreU photographique.
Les câbles employés devront avoir une résistance à la rupture de 300 kilos au minimum (1), (par vent de 10 m. la traction du drachen parfaitement équilibré (2) ne dépasse pas 150. kilos).
La montée et la descente du ballon s'effectuent au moyen d'un treuil aussi simple et aussi robuste que possible du type ci-contre (fig. 3). Deux hommes doivent
Fig. 3.
pouvoir assurer la manœuvre par vent de 6 m., l'équipe est doublée par vent supérieur, les manivelles doivent étre calculées en conséquence. Une poulie de renvoi (à) maintenue par deux aides, ou plus utilement fixée au
sol, permet de transformer l'effort incliné de traction du cable en effort horizontal. Dans ces conditions un simple amarrage à des piquets de retenue suffit pour
immobiliser le treuil.