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RÉDACTION & ADMINISTRATION

63, Avenue des Champs-Élysées, PARIS (VIlI:). — Téléphone 666-21.

17° Année.- N° 22 15 Novembre 1909

SOMMAIRE : Aéronautes contemporains : Mlle Marie Marvingt (Gerrgss Bans). — Le meeting de Blackp0!. — Le mreti: g de Doncaster — La S:mai e d'Anvers. — Les aéroylanes en Alle nagne (E. Ruck-tuhl) — Pau han en Angleterre. — Blériot en Autriche et en Roumanie. — Les aéroplines en France — Henri Farman bal de nouveau les records. — L'avialion dans la Marine (P. V.). — La bicyclelle aérienne est-elle possible ? (Alexa: dre Sé:). — Anplication des lormiles pour le caleul des hélices a riennes (S. Drzewiecki). — Les 7 vite-ses remarquables de l'aéroplane (A. Sée). — A jropos des Brevets Wright (Armengaul jeune) — Les virigeables allemanos (E. Ruckstuhi). — M nœuvres m ltair:s des autohallons aliemands, — Un nouveau dirigerble allemand. — Raid du dirigeable italieu. — Expériences du dirigeable k&spaña (El. Poillo) — Le dirigeable Liberté. — Dirigeibles divers. — Brevets aéronautiques. — Bibliographie. — Aéronaulique-Club de France. — « Stella », Aéro-Club fémisin. — Le Zodiac 111 à Anvers (Philos).

SOMMAIRE DU BULLETIN OFFICIEL DE L'AERO-CLUB DE FRANCE : Convocations. — Comité de direction du 21 octobre 190). — Commission sportive du 22 olobr* 1909, — Le banquet « de Lambert ». — Ascensions au Parc de l'Aéro-Ciub.

Mademoiselle Marie MARVINGT

Bien que de nombreux aviateurs aient récemment conquis le droit de figurer dans notre galerie de célébrités aéronautiques contemporaines, il nous a semblé qu'ils devaient pour aujourd'hui céder leur tour à une femme aéronaute, à Mlle Marie Marvinçgt.

MADEMOISELLE MARIE MARVINGT

Mlle Marvingt vient d'exécuter le 26 octobre, le superbe raid aérien de Nancv à Southwood, comté de Suffolk (Angleterre), par-dessus le nord-est de la France, la Belgique, la Hollande et la mer du Nord: c'est l’une des nlus audacieuses traversées de la mer du Nord du continent en Angleterre, la première qu'ait effectuée une femme. et cette femme n'était point une simple passagère, elle était le pilote et le chef de bord.

D'après l'héroïne eile-mème, voici les phases principales du voyage, dont elle publiera, ici-même, le récit détaillé.

Mlle Marvingt pilctait le ballon l'Eloile Filante, superbe aérostat de 900 m', en tissu caoutchouté « Continental », construit par la Sociélé « Astra ». Son passager, M. Garnier, faisait sa première ascension.

Le.départ s'est fait le mardi 26 octobre 1909, du parc de l'Exposition de Nancy, à 11 h. du matin. Jusqu'à la nuit le voyage fut excellent, ciel pur au-dessus d'une mer de nuages à éclaircies qui ont pernus de reconnaître l’ouest de Metz, le massif de Briey, la Suisse Luxembcurgeoise. la Belgique, là Hollande et le Zuyderzée.

Vers 8 h. du soir, le ballon s’est engagé -sur la mer du Nord. Cinq sacs de lest restaient à bord.

A neuf heures et demie, le temps se gâta et, à minuit, faute de lest, la nacelle vint plusieurs fois en contact avec la mer. Le ballon allait heureusement assez vite vers le phare anglais de Southwood,

A une heure du matin, l'atterrissage fut très difficile, car la nacelle a plusieurs fois touché dans les arbres, qui, finalement, ont arrêté cette course vertigineuse.

Pour qui connaît la magnifique carrière sportive de Mlle Marvinçgt, il semble que le mérite d’une aussi audacieuse performance, lui était d'avance réservé. Elle a pratiqué tous les sports. À cinq ans et demi elle était déjà excellente nageuse. À onze ans elle pratiquait le grand bicycle, puis la bicyclette. Elle a suivi les grandes épreuves de 190%, de Nancy à Bordeaux ; en 1905, de Nancy à Milan ; en 1906, de Nancy à Toulouse.

Tireuse à la carabine et au fusil de guerre, elle a pris part aux grands championnats depuis 1900.

Elle a manié aussi avec succès le fleuret et le sabre, Elle fut, on s'en souvient, l’une des triomphatrices des traversées de Paris à la nage et ses exploils d’alpiniste, ses performances en sports d'hiver sont remarquables.

Sa carriè:c aéronaulique débute par une excursion aérienne sous la conduile de Georges Blanchet, avec qui elle faisait ensuite le joli trajet de Rouen à Lamballe, en 20 heures.

Mlle Marvingt a été l’ardente promotrice de l'Aéro- Club de l'Est, fondé à Nancy et qui a pour président l'excellent peintre et aéronaule E. Friant ; elle a fait ses débuts de femme-aviatcur. sous la conduite de Roger Sommer, La voici devenue pilote-aéronaute et, avant sa magnifique traversée aérienne de France en Angleterre, elle avail exécuté, en celte aualité, à bord de l’.Higlon un long vovage, de Nancy à Grabennendorf, près Carlsruhe, en 20 heures.

Voilà, n'est-il pas vrai, des débuts qui sont mieux que des promesses ?

GEORGES Bas

506 15 Novembre 1909

Le Meeting de Blackpool

Première journée, 18 octobre. — Succès colossal et publie énorme Le matin, Farman et Paulhan couvrent un lour de piste.

L'après-midi, nouveau vol de Fariman, sur biplan H. Farman sur sept lours, soit 28 kilomètres, en 22 m. 57 s.; Rougier, sur biplan Voisin, à 50 m. de hauteur, couvre neuf tours, soil 36 kilomètres, en 3% m. 27 s. A 80 mètres, Paulhan couvre également sept tours en 25 m. 42 s., sur biplan H. Farman.

Deuxième journée, 19 ociobre. — Malgré le vent furieux, Latham sort sur son monoplan Antoinette, vers midi, mais, dans un atterrissage brusque, brise sa héquille avant et fausse un châssis. Rougier casse également du bois.

L'après-midi, Paulhan vole dans un vent très vit qui soufile à 45 kil. à l'heure Follement ovationné, à couvre 7 tours de piste, soit 28 kil. en 32 m. 4/5.

Troisième journée, 20 octobre. — Malgré un vent de 40 kil. à l'heure, Henri Farman part à une heure de l'après-midi. bat les records anglais de la distance et de la durée, coùvrant 76 kil. 766, en 1 h. 32 m. 16 s. Rougier couvre 28 kil. 800 en 34 m. 27 s. 4/5. La rupture d'un tube de circulation l’oblige à atterrir. Essais de Paulhan et Latham.

Quatrième journée, 21 oclobre. — Un vent de 40 kil. à l'heure, qui emporte les loiles des hangars, empêche les aviateurs de dispuler la deuxième journée du Prix de la Distance, dont le classement devient donc définitif comme suit : è

1 pric (50.000 francs) : Henri Farman. sur biplan Henri Farman. Temps : 1 h. 32 m. 16 s. 4/5. Distance : 76 kil. 750 m.

2 prir (IS.000 francs) : Henri Rougier, sur biplan Voisin. Temps : 34 m. 27 s. 1/5. Distance : 36 kil.

3° prix (7.00 francs) : Louis Paulhan, sur biplan Ienri Farmen. Temps : 25 m. 50 s. Distance : 28 kil.

Cinquième journée, 22 oclobre. — Malgré un vent de soixante à l'heure, c’est-à-dire d'une vitesse égale à celle de nos aéroplanes. Latham part. C'esl un spectacle effrayant que de voir le monoplan Anloinette dans la Lempète, avancer à dix à l'heure, reculer, même dans le vent de hout. puis filer à 150 à l'heure, lorsqu'après le virage, il se trouve vent arrière. Latham

couvre ainsi deux tours; il est porté en triomphe à l’atierrissage et acclamé par ses concurrents enthousiasmés.

Sirième journée, 23 octobre. — Le dernière journée du meeting n’a pas été favorisée par le Lemps, une pluie tcrrentielle ayant empêché tout vol, désappointant ainsi 200.000 spectateurs.

Les Prix de la Ilauleur et des Passagers, n'ayant pu être disputés, ne sont pas décernés. Le classement des autres épreuves s'établit comme suit :

Prix de la Vilesse sur trois tours (12 kil), — 1 prit (10.000 fr.) : /lenri Farman, sur biplan Henri Farman. 72 kil. à l'heure. — 2° prix (2.540 fr.) : Paulhan. sur biplan H. Farman, 65 kil. à l'heure. — 3° prix: Rougier, sur biplan Voisin, 64 kil. à l'heure.

Prix de Lenteur. — 1" prix : Rougier, sur biplan Voisin, # kil., en 4 m. 22 s. — 2° : Paulhan, sur biplan Farman. 4 kil. en 4 m. 5 s. 3/5.

Prix de Mérite, — 1* Latham, sur monoplan Antoinette. —- ?° Rougier, sur biplan Voisin. — è° Paulhan, sur biplan Farman.

Prir des Mécaniciens. — Rougier, sur biplan Voisin.

Le Meeting de Doncaster

Première journée, 15 octobre. — Le temps épouvantable rend impossible le moindre vol.

Deuxieérne journée, 16 octobre. — Le matin, 10.000

spectateurs ; essais divers de Le Blon et Sommer. Cody pique du nez et endommage son appareil.

L'après-midi, 50.000 spectateurs ; Delagrange accompiit, le premier, le parcours du Prix de Vilesse, soit ciniq miles ; puis, Sommer couvre la même distance. D'où résuitats du Grand Prix d'Inauguralion (vitesse sur 5 miles 550) — 1* prix (1.500 francs el la Coupe) : Delagrange, sur monoplan Blériot, en 10 m. 48 s. 1/5. — ca prix (800 francs) : Sommer, sur biplan Farman, envl2im:

Délagrange fait, en outre, un vol de 11 m. 25 s. 1/5, s'évadant de l'aérodrome à 60 m. de hauteur.

Somuner fait quatre vols, dont deux avec passagers ; le plus long est de 21 m. 455.

Troisième journée, 17 octobre. — Public clairsemé. Seul, Sominer couvre trois tours de piste.

Quatrième journée, 18 octobre. — Foule nombreuse,

en dépit de la pluie. La plus grande distance, 22 miles 295, est couverte par Le Blon, en 30 m. 4/5, qui gagne la Couue Bradford (1.000 francs), pour 10 tours en 20 m. 22 s. 3/5. Delagrange couvre un tour en 2 m.5s.

Cinquivcme journée, 19 oclobre. — Pluie et vent.

Pour la Coupe de la Distance totale, Le Blon, sur monoplun Blériot, vole 20 m. 37 s. 1/5, et Sommer, 11 m. 22 s. Pelit vol de Cody.

L'aéroplane biplan Goupy II, vu de front.

(Photo Branger.)

-l’Aérophile du 15 Novembre 1909

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