‹ L'Aérophile (volume 3)Chapitre 658 sur 698 · AE · texte numérisé non relu

AE

—— RER n 274.6 4.9" 12.0

— AT et 25 4.1 4.8 12.4

(Lendenfeld) H. rustica..... 19.9 3.9 » »

(Moy. de I)

(Marey) H. urbica......:.... 18 4.2 » »

(Lendenfeld) H. rustica..... 15.7 4.6 » »

La moyenne de R est voisine de 4.5; celle de R’ est voisine de 5. Quant au rapport de l’envergure à la racine cubique du poids P, il est de 12 chez les hirondelles et de 15 chez les oiseaux de mer.

I] nous paraît intéressant maintenant d'examiner les minima de ces deux rapports observés chez des oiseaux capables de voler.

Nous ne nous occuperons ici que du rapport R: car pour le rapport R’ la queue et le corps de l'animal ne peuvent guère avoir de rôle sustentateur. D'ailleurs, les oiseaux à faible surface alaire et à poids considérable doivent avoir et ont en effet relativement une surface troncale forte. Nous ordonnerons ainsi, d’après leur rapport R, tous les oiseaux chez qui ce rapport est inférieur à 2.8 (1).

(Müllenhoff) Fuligula clangula.. 827 2:33 2.96 7.3 (Harting) Bombicylla garrula.. 60 2.40 » »

(Harting) Parus cæruleus...... 9.1 2.40 » »

Müllenhoff) Fuligea glacialis.. 022 2.41 3-00! 7.6 (Müllenhoff) Lagopus alpinus... 650 2.45 3.12 6.9 (Müllenhoff) Lagopus alpinus... 530 2.49 » 6.9 (Müllenhoff) Perdix cinerea..... 450 2.49 3.18 6.9 (Harting) Rallus aquaticus..... 11002:56...» 6.9 (Müllenhoff) Tetra tletrix........ 120 2150m2220m 629 fMüllenhoff) Tetra.............. » 2609 OUT (Müllenhoff) Phasianus colchi-

EUS rem enetelael en elles e oo cte 1.000 2.57 3.86 7.6 ‘Lendenfeld) Coturnix.......... 02° :2:6% >» » (Müllenhoff) Tetra bonass...-.. 216803252720 (Müllenhoff) Anas boschas...... 1.000 2.67 3.48 5

(1) Ce chiffre de 2.8 est celui que nous avons trouvé pour deux poissons volants (Exocetus vulg). Harting

avait trouvé 2.34 et 2.47 pour un Exocet et un Dactyloptère. j

(Müllenhoff) Tetra bonass...... 3700: 609235 0751 (Müllenhoff) Perdix cinerea..... » DOM TARN. 1 (Müllenhoff) Anas boschas...... 880 2.73 3.53 8.7 INAREV)MPELAIXE EEE etait PPT »

(Müllenhoff) Anas boschas...... 900 2.76 3.59! S.0 (Müllenhoff\ Phasianus colchicus 1.250 2.78 3.98 6.9 (Ch: Richet) Plotus anhinga.... 1.211 2.79 3.6 8.2

Tous ces oiseaux, dont le rapport est inférieur à 2,8, sont des gallinacés ou des palmipèdes, sauf le Parus cœruleus et le Bombicylla garrula, pour lesquels il y a des déterminations, peut-être insuffisantes, de Harting. Pourtant les faisans, les coqs de bruyère, les perdrix, volent bien, de même que les canards, les Fuligula, les Plotus. Mais ils sont absolument incapables de faire du vol à voile.

En somme, le rapport R, chez les oiseaux capables de vol, ne descend jamais au-dessous de 2.4, et très exceptionnellement il est inférieur à 2.55. Le rapport R’ a toujours été, sauf une seule exception, celle d’une Fuligula clangula (Müllenhoff) et d’un Anas clypeata (Mouillard), supérieur à 3.0.

Telles sont donc les limites minima pour le vol des oiseaux rameurs : R = 2.4, R’ — 3.0.

La limite minimum pour les oiseaux volant à voile est plus difficile à établir: il me semble qu’on sera près de la vérité en admettant un minimum de 4.2 pour R et de 4.5 pour R’. Il ne s’agit évidemment que du vol à voile avec vent faible; car, avec un vent fort, tous les oiseaux de poids notable, quelle que soit leur surface, doivent étre capables de vol à voile, encore qu’ils ne s’y hasardent presque jamais.

Nous avons voulu alors étudier la question par la méthode expérimentale, qui, sauf une seule tentative, très imparfaite, de Mouillard, n’a pas été employée encore.

I1 s’agit de sectionner une portion de la surface alaire, et par conséquent de diminuer le rapport R d’un oiseau jusque à le rendre incapable de voler.

C’est évidemment sur des pigeons, à défaut d’oiseaux de grand vol, que l'expérience peut être faite.

Les pigeons nous ont donné des chiffres très concordants. Sur 14 pigeons, nous avons obtenu la moyenne suivante : R = 3.5 ; R' = 3.9 (1).

En diminuant la surface alaire par une section parallèle au bord supérieur de l'aile, nous avons pu rendre le rapport R plus faible, allant de 2.6 à 3.1. 3.1.

Or le résultat a été extrêmement net. Chez les pigeons dont le rapport était devenu 9:1:1959229;

(1) Voici les mensurations portant sur 16 pigeons.

Surf. Surf, Sur”.

Poids aluire eau tale totale 1

R’. Envergure E/P 1/4

1 467 6956 » » 39 » » ) 2 16% 652 115 801 3-3 DA 68 8:17 D 53001010 1000 ST MST 3.8 69 9.0 He: 436 (99 » » 3.6 » » »

5 129 : 555 113! 710 3.2 3.6 63 8.6 6 120 : (675 108" 8012345100 3-8 69 9.0 7 16 670 150 CSS 03725003 O5 NCS. 5 Ge Be 987 749 158 927 3.8 4.2 nil 9.8 0 96000616 115 0E/D0ES D 3.9 67 9.4 107 365 618 SSEAN7630#3:0 3.9 68.5 9.5 Lie” 365 628 156 834 3.5 4.0 72.0 10.1 12% 365 69 130 839 3.5 .0 74.5 10:5 19%: 945 659 145 867 3.65 4.2 » »

VA 335 002 150 786 3.5 4.0 65 9.3 15 330 58 196,07141:83%55) 13.9 66 9.6 16%: 215 OT O7 0744 0 3.5 93.0 » »

Moy. » » » 3.5 3.9 » 9.5

536 1 Décembre 1909

2.85; 2.80, il y avait possibilité de voler. Au prix d'un grand effort et de battements fréquents des ailes, le pigeon s'élevait dans l'air, se maintena.s en l'air, et poursuivait un vol horizontal sans trop baisser.

Mais, à partir de 2.75, et, à plus forte raison, quand Je rapport n’était plus que de 2.6, il y avait impossibilité de voler. Cependant certains oiseaux, comme les perdrix et les canards, volent parfaitement quand R = 2.7. Mais le battement des ailes est alors très fréquent.

A vrai dire il ne suffit pas de connaître le rapport R : car on peut empêcher un pigeon de voler en abaïissant son rapport seulement à 3. Mais, pour cela, il faut rogner les ailes autrement et sectionner les rémiges. Inversement, si l'on rogne les pennes et es plumes de couverture en respectant les rémiges, le pigeon peut encore voler, même quand R = 2.75 et 2.65 ; à 2.6 il ne peut plus voler.

On voit qu’il s’agit là de mesures vraiment très précises. Je suis sûr que tous ceux qui répéteront ces expériences seront étonnés de leur netteté, presque mathématique.

Un pigeon dont les rémiges sont coupées, et qui ne vole plus à 3, est évidemment à la limite. Aussi avons-nous pu faire, sur un pigeon à ailes ainsi rognées, une expérience intéressante.

ous avons sectionné les rémiges d'un pigeon et réduit son rapport à 3.04. IT était incapable de vol. Aussi notre surprise fut-elle grande quand le lendemain nous constatâmes que ce même pigeon volait très bien. 11 volait même si bien que nous faillimes le perdre. Maïs, en l'examinant, nous nous aperçûmes quil avait diminué de poids. Son poids n’était plus que de 396 gr. au lieu de 450; et par conséquent, le rapport R s'était relevé de 3.04 à 3.2. Alors, pour le ramener à son poids de la veille, on le gava en lui injectant de l'eau sucrée dans le jabot, et on constata que son poids était remonté à 446 gr. Eh bien ! alors il ne put plus se soutenir dans l'air, assuréent parce que le rapport de la surface au poids avait diminué, étant revenu au rapport de la veille 3.05.

Ainsi, quand, par rognure des ailes, les pigeons ont un rapport diminué, mais compatible encore avec le vol, si ce rapport est limite, il suffit d’augmenter même très légèrement le poids du pigeon, pour que le vol lui devienne tout à fait impossible.

Une autre expérience nous a donné des résultats imprévus. Si l’on diminue la surface d’une seule aile, dans quelles proportions faudra-t-il le faire pour empêcher un pigeon de voler ?

La diminution de surface d'une aîle n'empêche pas de voler le pigeon qui eût volé, si l'autre ail: avait été rognée également. Un pigeon qui avait 3.5 a pu voler quand la surface d’une de ses ailes à été diminuée de 335 à 292; il a pu voler encore quand l’aile a été diminuée à 247; mais cette aile ayant été diminuée à 232 (toujours par section des rémiges), il n’a pas pu voler. A supposer que les deux ailes eussent été rognées, son rapport R eût

passé successivement de 3.5 à 3.2, puis à 3.0, puis à 2.85.

Nous avons fait plusieurs expériences en alourdissant des pigeons par des injections de mercure dans le péritoine. Quand l'injection ne pénètre pas dans Tes vaisseaux, l'animal peut survivre plusieurs

heures, et il ne paraît pas incommodé pendant une heure ou deux. Cependant le vol est difficile, sinon impossible, quand le rapport est descendu à 2.9 ou inmême à 3,0.

Il ne nous paraît pas qu’on en puisse conclure avec certitude; car on à changé notablement le centre de gravité de l'oiseau.

De même, en expérimentant au Brésil sur les urubus, qui sont d’admirables voiliers, et dont le rapport est 5, nous avons entouré le corps de loiseau avec des lames de plomb, de manière à abaisser le rapport de 5.0 à 4.6. Dans ces conditions, ces urubus n’ont pas pu voler, et, abandonnés à euxmêmes au dessus de l’Amazone, ils ont fini par se noyer, au bout d’un assez court espace de temps, une minute ou une minute et demie.

La manière dont ils se sont abaissés est curieuse. Au début, ils ont pu prendre leur essor, et s'élever en battant des ailes; mais ils ne pouvaient prolonger ce vol ramé ; car, à l’état normal, ils ne font jamais plus de cinq battements d’aile consécutifs. Après 3 ou 4, ou, assez rarement 5 battements, ils font du vol à voile. Or les urubus, alourdis par des lames de plomb, n’ont pas su, ont voulu, faire autrement que les urubus normaux. Après 5 battements, ils se relevaient, faisaient du vol à voile, ce qui les abaissait; puis, de nouveau, se maintenaient par le vol ramé et redescendaient de nouveau, pendant le vol à voile, de sorte que finalement, à la suite de ces descentes successives que ne compensaient pas des vols ramés de trop courte durée, ils se rapprochaïient de plus en plus du fleuve, et finissaient par y tomber.

Cette expérience, faite sur trois urubus, avec des résultats identiques, est à refaire; car il est fort possible que des lames de plomb gênent le vol de l’oiseau (de même qu’on ne pourrait calculer le poids qu’un homme est capable de porter, si l’on garnissait chaque chaussure d’un poids de 20 kilogr.). En tout cas, si imparfaite que soit cette première tentative, et en attendant qu nous puissions expérimenter encore avec des urubus ou des voiliers, elle semble prouver que, pour le vol à voile (avec vent faible), le rapport 4.5 est un minimum, alors que, pour le vol ramé, le rapport 2.7 est un minimum.

Nous avons, chez divers oiseaux, déterminé, ce qui n'avait pas été fait encore, le rapport de la surface caudale avec la surface troncale, la surface alaire et la surface totale, laquelle est somme de ces trois partielles surfaces.

Pour mesurer la surface troncale, nous avons adopté un procédé très approximatif, assez grossier assurément.

Nous pouvons schématiquement (mais comment trouver de meilleur schéma ?) représenter le corps de l'oiseau, moins les ailes et la queue, par un losange dont la grande diagonale est mesurée par la longueur de l'œil à la queue, et la petite diagonale par l'envergure, diminuée de la longueur des deux ailes.

Soit alors la surface totale de l’oiseau représentée par 100; on aura en chiffres ronds

Surface caudale.... 8 Surface alaire...... 84 Surface troncale.... ..8

11 va de soi, d’une part, que ces chiffres sont des moyennes, et, d'autre part, qu’il faut éliminer les

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