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l’Aérophile 537
oiseaux, comme les oies, les faisans, les paons, et quelques autres, chez lesquels la queue est un ornement, une parure, servant à l'excitation sexuelle, et mon plus un gouvernail aidant à la direction du vol.
La longueur du corps de l'oiseau, dans son rapport avec l’envergure, est assez variable, moins cependant qu’on ne le croirait tout d’abord. Le maximum de l’envergure par rapport à la longueur a été chez une mouette, 2.9 ; chez un Heterospizias, 2.0 ; le minimum chez l’Ostinops à ailes très courtes, 1.2 et une Crotophaga, dont la queue est démesurément longue, 1.3. De même un petit Chelidoptera a donné 1.2 eu un C'eleus, 1.4. Sur 59 oiseaux très divers, la moyenne à été de 2 (exactement 1.9), ce qui signifie qu’en général l’envergure est double de la longueur du corps, queue comprise.
La longueur de la queue est très variable par rapport à celle du corps. La moyenne des mensurations me donne 2 pour la longueur du corps et 1 pour celle de la queue. Mais c’est là un chiffre très approximatif, car les différences sont considérables selon l'espèce, et il faut, de cette moyenne, éliminer assez arbitrairement les oiseaux dont la queue a pris de grandes proportions.
Pourtant on ne sera pas loin de la moyenne vraie en adoptant ces chiffres. Il s'ensuit donc que, si l’envergure est de 1, la longueur totale du corps sera à peu près de 0.50; la longueur de la queue étant de 0.16, et la longueur du corps de 0.4.
A supposer toujours que l’envergure est de 1 mètre, quelle sera la longueur moyenne de l'aile? Nous pouvons supposer que la surface alaire est représentée par un rectangle dont le grand côté est l’envergure. Il s’agit de connaître le petit côté du rectangle alaire. Nos mensurations nous permettent de le déterminer avec précision.
Sur près de 100 mensurations, la moyenne a été de 0.223. Mais cette moyenne ne signifie que peu de chose, car elle eût été toute différente si nous nous étions adressés à d’autres espèces. Ils vaut mieux chercher les écarts de cette moyenne.
Le minimum du petit côté s’est trouvé chez les mouettes, il a été seulement de 0.10 (de 0.095 chez un Larus). Chez les hirondelles, il est de 0.16. Nous supposons que cette étroitesse de l'aile est liée à la facilité des virages chez les mouettes et les hirondelles qui, pour atteindre leur proie ont besoin de changer de direction facilement et fréquemment. Mais ce n’est évidemment qu’une hypothèse.
Chez les grands voiliers, le petit côté du rectangle est voisin de 0.2. Aussi peut-on adopter en chiffres ronds ce nombre 0.20, plutôt que 0.22, comme représentant assez bien la largeur moyenne de l'aile des oiseaux dont l’envergure est de un mètre.
Quant au maximum de ce petit côté du rectangle, nous l’avons vu, chez un Ortalis quttata, mauvais volateur, de 0.35. Ce chiffre est exceptionnel. Tous les autres oiseaux avaient le petit côté du rectangle alaire au-dessous de 0.29.
De même, sauf les hirondelles et Jes mouettes, parmi les oiseaux examinés, il ne s’en est pas trouvé dont le petit côté ait été inférieur à 0.16.
Enfin, nous noterons ceci, qui est assez important. En sériant les oiseaux d’après la grandeur du
petit côté, on voit que la largeur plus ou moins considérable de l’aile (autrement dit le petit côté du rectangle alaire) est sans relations avec la plus ou moins grande surface. Nous trouvons, en effet, en moyenne
Petit côté du R.
Rectangle alaire — 0.274 0.41 0.249 0.4 0.227 0.41 0.213 0.41 0.190 0.42 0.176 0.43
Il est donc bien évident que les oiseaux à grande ou à petite surface (par rapport à leur poids) ont indifféremment l'aile étroite ou l'aile large, de 0.28 à 0.16, pour un mètre d'envergure.
Ces données expérimentales étant établies, on peut en tirer quelques conclusions intéressantes au point de vue de la construction d’un aéroplane. Non pas assurément que les conditions mécaniques puissent être identiques pour un oiseau monoplan et pour une machine à pétrole biplane, mais on peut imaginer un oiseau gigantesque, pesant autant que nos aéroplanes, et connaître quelles seraient ses formules, s’il était anatomiquement constitué comme la plupart des oiseaux.
Bien entendu nous prendrons pour type l'oiseau faisant du vol à voile, et non l'oiseau au vol ramé.
Rappelons alors les chiffres donnés plus haut
RAS RE 55 Envergure = 1.00.
Petit côté du rectangle M0?
longueur du corps..... 1000250 Longueur de la queue.....— 0.16
Surface totale 1.00
n — caudale O7 — troncale........ 007
— HN do aeuooscac = 0.86
Donc, pour les grands oiseaux pesant 1.000 kil., 500 kil. et 100 kil., nous aurons à peu près les données suivantes, en chiffres ronds.
Constantes des grands oiseaux (schéma)
POITSS ENMEOr) EEE ER EEe 1000 500 100
Surface alaire (en m‘).......... 85 16 5.5 Surface totale (en m°’)........ 30 è GA SUBIACE CAUTAlE Rent 229 1.6 0.6 Surface troncale...:.......... 20 1.6 0.6 Envergure (en mètres). 11.5 9 5.5 Largeur de l’aile...... 2.8 1.8 1.0 Longueur (avec queue). 6 4.5 2.85 Largeur du corps....... 0.6 0.55 0.4 Longueur de la queue Ce 2 15 0.75 Largeur de la queue...,...... 12 1.06 0.8 Vitesse de pente (mèt. par sec.) 27 25 19
Kilomètre-heure............... 9% 88 67
Re ete Me tee ae NE Te 5 5.05 5.05 RE ere dan uecre hr RE e 5.47 5.6 5.6
IL est probable que ces données pourront, dans une certaine mesure, être utilisées par les constructeurs d’aéroplanes. En tout cas elles représentent exactement le type de l'oiseau.
Prof, Crarzes RicHer, Ca. Rroner fils, et AxBertT Rioner.
538 1 Décembre 1909
NOTE sur la qualité du planement des oiseaux
Les formules les plus générales que l'on puisse donner du vol plané, sont les suivantes :
A — a SV: (1) B — b SV? (2)
où À esl la réaction normale à la vitesse relative V de
l'air sur l'aile ct B la réaction résistante suivant la vi-
tesse relative V de l'air sur la méme aile.
Un oiseau, comme un aéroplane, a des résistances passives que nous désignerons par C :
C — cv? (3)
La résistance totale à l’avancement sera donc la somme des résistances actives B et des résistances passives C, soit :
G DB C— (o ++) SV? (4) ——>-
V a et b sont deux coefficients variables qui sont fonction de la forme, du profil et surtout de l'incidence des ailes. Si s est la surface orthographe équivalente aux résistances passives, on à :