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TR
l’Aérophile
Le brevet de pilote-aviateur de l’Aéro-Club de France
(Mise en vigueur : 1” janvier 1910).
Article premier. — L'Aéro-Club de France peut délivrer un brevet de pilote-aviateur à tout aviateur francais ayant accompli les performances suivantes, conformément au règlement de la Fédération Aéronaulique Internationale :
Trois circuits fermés, sans contact avec le sol, d’au moins cinq kilomètres chacun ;
L'aviateur sera obligé d'atterrir et d’arrêler son moteur, après chaque circuit, de facon que l'atterrissage et l'arrêt se fassent à une distance de moins de 150 m. d'un point désigné à l'avance par le postulant ;
Les étrangers appartenant à un pays représenté à la Fédération Aéronautique Internationale ne pourront obtenir le brevet de l’Aéro-Club de France qu'avec l’autorisation de leur pouvoir sportif national, mais ce brevet peut être délivré à un étranger dont le pays n’est pas encore représenté à la Fédération Aéronautique Internationale.
Art. 2. — Les demandes seront adressées à M. le Président de la Commission d'aviation de l'Aéro-Club de France à Paris avec la photographie du postulant en deux exemplaires et l'indicalion de ses nom, prénoms et adresse, sa nationalité, son lieu et sa date de naissance. Cette Commission décidera s’il y a lieu de présenter les candidats au Comité de direction qui accordera ou refusera le brevet, sans avoir à motiver sa décision près de l'intéressé.
Art. 3. — Le brevet, constitué par une carte d'identité sera délivré gratuitement.
Art, 4 — L'Aéro-Club de France décline toute responsabilité pour tous les accidents, dégâts et dommages, généralement quelconques, qui pourraient survenir aux pilotes-avialeurs, à leurs appareils, à des tiers, pendant les expériences faites par eux en vue de solliciter ce brevet.
Les ballons étrangers et la douane française
Depuis longtemps, l'Aéro-Club demandait au gouvernement la suppression des droits de douane qui frappent, en France seulement, les ballons venant de l’étranser.
M. Deélaunay, directeur général des douanes, vient d'informer M. Léon Barthou, vice-président de l’Aéro- Club, que, désormais, les ballons étrangers bénéficieront dé l'admission temporaire moyennant la consignation des droits qui, précédemment, étaient définitivement perçus, même quand le matériel — ce qui se produisait toujours — élait réexpédié à l'étranger.
Une quittance constatant le versement provisoire et fixant le délai de réexportation sera délivrée au moment de l'atterrissage. Il suffira, pour obtenir le rem- Boursement, de représenter cette pièce au bureau des douanes de sortie.
La nouvelle réglementalion ne dispensera pas les aéronautes des obligations qui leur sont imposées par une circulaire du ministre de l'Intérieur, en date du 12 mars 1909, dans un but de sécurité nationale.
Homologation de records
Sur la proposition de la Commission d'aviation de J'Aéro-Cluh, la C. A. M. a homologué à 200 mètres le record de la hauteur battu le 18 octobre 1909 par le comle de Lambert (précédent record Latham 155 m.)
Les records suivants ont élé également homologués :
Record de vitesse : 200 kilomètres en 3 h. 42 m. 345.
Record de distance : 234 kilomètres, 212 m. ‘Précedent record H. Farman, 180 kilomètres), k
Record de durée : # h. 17 m. 53 s. 2/5 (Précédent record
IT. Farman : 3 h. 4 m. 56 s. 2/5).
Records de temps 108 kil. 930 en 2 heures ; 162 kil. 276 en 3 heures ; 215 kil. 622 en 4 heures.
Ces records sont détenus par Henry Farman qui les a battus ou établis le 3 novembre 1909 à Mourmelon, en circuit fermé.
Nécrologie
Edmond Seux. — C'est avec un sentiment de pénible surprise que l’on à appris la fin tragique de l’aviateur Edmond Seux.
Le malheureux inventeur s'était livré passionnément à l'étude de l'aviation ; il avait présenté à l’Académie des Sciences des observations intéressantes sur le vol des oiseaux, eb l’Aérophile s’honore d’avoir publié plusieurs de ses travaux.
Seux passait bientôt à l’applicalion de ses principes. Là, les déboires commencèrent avec le grand planeur qu'il présentait au concours de modèles de l’Aéro-Club. Il construisit ensuite un premier aeroplane, puis un deuxième, réellement intéressant, en collaboration avec M. Resch. Son plus récent appareil se trouve encore à Lyon ; il ne put même pas êlre essayé faute d’un moteur. Seux avait, en elfet, sacrifié toutes ses ressources, pour ses recherches, il avait même contracté des engasgements auxquels il ne pouvait faire face ; il s’évadait de la vie qui avait trahi son rêve le plus cher, en se jetant dans le Rhône.
L'infortuné Edmond Seux était né à Annonay, le 27 mai 1869. (V. Aérophile de mars 1906). Il emporte lu sympathie et l'estime de tous ceux qui l'ont approché.
A la Commission Aérienne Mixte Importantes décisions.
La Commission Aérienne Mixte a décidé, le 11 novembre, qu'à l’avenir aucun meeting d'aviation ne serait autorisé s'il n’est organisé par des sociétés, groupements ou comités d'organisation constitués sous forme de Sociétés d’Encouragement, ne pouvant réaliser de bénéfices du fait de ces organisations. Si des bénéfices étaient réalisés, ils devraient être employés comme prix
La Commission Aérienne Mixte a pensé qu'elle devail se préoccuper d'assurer aux mainileslations sportives de dirigeables ou d’aviation, toutes les garanties nécessaires autant vis-à-vis du public qu'il importe de défendre contre des organisateurs qui pourraient n'avoir ni compétence, ni scrupules, que vis-à-vis des pouvoirs publics, dont l'appui pourrait être sollicité pour assurer le succès de réunions de ce genre.
La Commission Aérienne Mixte a été frappée par les faits suivants : |
D'une part, certains aviateurs ont des exigences el des procédés inadmissibles ; d'autre part, il est impossible de penser qu'un contrôle sévère sous toutes ses formes et des garanties suffisantes puissent être assurés nar des organisateurs de réunions qui ne voient dans la locomotion nouvelle qu’une spéculation.
La Commission Aérienne Mixte considère qu'elle à la mission de veiller au développement et au perfectionnement de la locomotion aérienne en réglementant ses diverses manifestations pour empêcher qu'elles ne deviennent des exhibitions foraines dangereuses ou des spectacles qui ne peuvent aider en rien aux progrès de la science. ;
La Commission Aérienne Mixte estime que ce n'esf pas la grande quantité de réunions qui pourra donner des résultats intéressants, mais, qu'au contraire, leur nombre devra être plutôt restreint. ER
La Commission Aérienne Mixte rappelle que la Fédé. ration Aéronautique Internationale a déjà, dans sa conférence de Zurich, fixé les droits et les ohbligalions des aviateurs en ce qui concerne leurs engagements dans les concours. Elle a notamment décidé que l'engagement doit être pris par le pilote lui-même et qu’il ne peut pas, sous peine de disqualification, s'engager aux mêmes dates dans des endroits différents. |
La Commission Aérienne Mixte, afin de compléter pour la France ces décisions, décide en outre qu'à l'avenir aucune réunion comprenant des épreuves régulièrement dispulées, c’est-à-dire au cours desquelles des classements seront établis sous quelque forme que ce soit, ne sera autorisée que si l'organisateur est agréé par ‘à Commission Aérienne Mixte. Cet agrément ne seru donné qu'aux sociétés, groupements ou comités qui déclareront ne vouloir retirer aucun bénéfice de pareilles
réunions et se soumeltre au contrôle financier de la Commission Aérienne Mixte.
Cependant, dans le cas où un bénéfice serait réalisé, il devra être affecté comme prix à de nouvelles épreuves proposées par les mêmes organisateurs. Pendant ce temps, les fonds seront mis en dépôt dans une caisse indiquée par la Commission Aérienne Mixte.
Si les organisateurs déclaraient, au bout d'une année, ne pas vouloir organiser ces épreuves, la Commission Aérienne Mixte disposerait des fonds à litre d’encouragement à la locomotion aérienne.
Les organisateurs devront se munir d’une licence accordée gratuitement par la Commissic:n Aérienne Mixte. Le droit de contrôle de la Commission Aérienne Mixte sera reconnu dans la demande que feront les organisateurs.
Une sous-commission sera nommée pour vérifier l’exploitation financière el s'assurer de la sincérité des enggements.
Tout contrat particulier intervenu, en dehors de l'engagement et des conditions du programme, entre organisateurs et participants, devra être immédiatement communiqué à la Commission Aérienne Mixte, ou à ses mandataires, sous peine de disqualification des organisateurs et des pilotes intéressés.
La Gommission Aérienne Mixte se réserve également de faire verser d'avance le montant des sommes offertes en pJix.
A parlir du 1” janvier 1910, chaque aviateur ou pilote d'aéronat devra étre possesseur d'une licence, délivrée à titre gracieux par la Commission Aérienne Mixte. Cette licence ne pourra être délivrée qu'aux possesseurs d'un brevet d’aviateur ou de pilote d’aéronat. Cette licence sera valable pour l’année et son numéro, ainsi que celui du brevet, devront élre mentionnés sur tout engagement. Dès maintenant, la Commission Aérienne Mixte reconnait comme valabies les brevets délivrés par l’Aéro-Club de France.
La délivrance de la licence est facultative et le retrait peut en être opéré à n'importe quel moment par la Commission Aérienne Mixte sans qu'elle ait à fournir aucune raison. Les licences sont renouvelables chaque année.
La Commission Aérienne Mixte se réserve le droil de suspendre temporairement et de retirer la licence à tout aviateur qui participerait à des épreuves ou réunions non agréées par elle.
Les mêmes sanctions pourraient être prises contre l'aviateur qui prendrait part à des exhibitions ou à des spectacles sussceptibles de discréditer l'aviation.
L'aéronautique appliquée à l'égyptologie. — M. Dow Covington, l’'égyptologue et explorateur américain bien connu, qui a fait des études spéciales sur Ja Grande Pyramide de Chéops et qui, de retour tout récemment de l'Ouest-Saharien avec la « Covington Copper City Expedition », visite Paris ,et Londres, prépare une deuxième expédition pour relrouver |’ « Oasis Perdue » qui est peut-être la Copper City, la « Cité du Cuivre ».
I veut aussi visiter l'ile presque inaccessible d'Avesha, en Sennussiland. On prétend qu'elle renferme j'Epée du Prophète et un ancien temple égyplien. Elle est entourée d’un marécage salé infranchissable, Jamais aucun homune, ni un chameau, ni un cheval, mi un bateau, n'a pu traverser ce lac. Plusieurs ont essavé, mais tous sont morts, engloutis par les sels mouvants.
Un petit dirigeable, par exemple le Zodiac, du comte de La Vaulx, ou un äéroplane qui pourrait tenir l'air sur une longue distance, seraient les seuls moyens pratiques d'v arriver, M. Dow Covington espère s’entendre avec un aviateur présent à Paris. Ce projet serail très facilité par la Semaine d'aviation qui aura lieu en février prochain, à Héliopolis, près du Caire. Un des participants de celle Semaine pourrait faire cet intéressant voyage d'Ayesha. Ce serait un essai curieux et inattendu d'utilisation pratique d'un dirigealle où d'un aéroplane. — M. D.
Les brevets Wright. — On sait que les frères Wright, entre autres actions judiciaires intentées à divers constructeurs. poursuivent la Société Aéronautique Américaine et Glenn H. Curtiss pour contrefacon de brevets. Ceux-ci opposent aux Wright diverses antériorités,
Aux Etats-Unis, d’après eux, des brevets antérieurs de plus de deux ans ont été obtenus par les inventeurs suivants : Marriolt, en 1869 : Davis, en 1884; Bechtel, en 1890; Mouillard, en 1897; Stanley, en 1900, et Johnston, en 1903. Les brevets Wright datent de 1906.
Ils prétendent également que cinq ont été pris en Angleterre, quatre en Allemagne et un en France, qui sont antérieurs aux brevets Wright, et que l’ensemble de ces brevets ne laisse à aucun des détails de l’aéroplane Wright son originalité.
A l’appui de ces assertions, les défendeurs produisent un dossier de publications qui donnent le détail de tout ce que les Wright disent inventé par eux. Ils ajoutent que les inventeurs suivants ont créé ou utilisé, au moins deux ans avant les Wright, leurs diverses innovations : D' A. Spralt, Octave Chanute, A.-F. Zahm, A.-M. -Herring, Hugo, Mattultalk, John, J. Montgomery (1), E.-P. Johnston et Carl Dientsbach.
Souscription pour l'aéronautique militaire
Le comité chargé de la répartition de la souscription pour l'aéronautique militaire dont notre confrère Le lemps à pris l'heureuse initiative à la suite de la catastrophe du République, s'est réuni le 15 novembre à l’Aéro-Club de France.
Elaient présents : MM. Armengaud jeune, ingénieur ; Léon Barthou, président du Comité du Tourisme aérien du Touring-Club de France ; Alphonse Berget, professeur à l'Institut océanographique ; L.-P. Cailletet. membre de l'Institut, président de l'Aéro-Club de France ; Louis Delaunay-Belleville, industriel ; Bernard J. Dubos, membre de l'Aéro-Club de France, d'Estournelles de Constant, sénateur, président du Groupe sénatorial de l'aviation ; Robert Esnault-Pelterie. ingénieur ; C. de Freycinet, sénateur, ancien ministre de la Guerre ; Louis Godard, constructeur ; Emile Lamberjack, constructeur ; Alfred Loreau, président âe la Commission technique de l'Automobile-Club de France : Maurice Mallet, constructeur ; Paul Painlevé, membre de l’Institut ; Emile Picard, membre de l’Institut ; le marquis de Polignac, président du Comité d'aviation de Champagne ; René Quinton, président de la Ligue nationale aérienne; Eugène Schneider, député : Rodolphe Soreau, président de la Société de navigation aérienne ; Edouard Surcouf, constructeur ; Henry de La Vaulx, vice-président de l’Aéro-Club de France ; Lazare Weiller, ingénieur.
S'étaient fait excuser : MM. Besançon, secrétaire général de l’Aéro-Club de France ; Darboux, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences ; Henri Julliot, ingénieur, et Krebs, ingénieur.
Le comité s’est immédiatement constitué, et a composé ainsi son bureau : ‘
Président M. L.-P. Cailletet. — Vice-présidents : MM. d'Estournelles de Constant, le général Langlois, sènateur; Eugène Schneider; Alfred Loreau; Paul Painlevé. — Secrélaires : MM. Alphonse Berget, Rodolphe Soreau, président de la Société française de navigation aérienne et de la Commission d'aviation de l’Aéro-Club.
Le service de la trésorerie sera assuré par le trésorier de l’Aéro-Club de France, M. G. de Castillon de Saint- Victor, auquel seront remis les fonds de la souscription pour les répartir suivant les décisions du comité.
Il a été nommé une commission exécutive chargée de réaliser les décisions du comité, et composée de MM. Léon Barthou, le général Langlois, Paul Painlevé et des deux secrétaires du comité.
Après un échange de vues, et une intéressante communication de M. Cappazza, sur les expériences des dirigeables militaires en Allemagne, le comité a décidé le principe de l'attribution d'une somme dont l’importance sera déterminée plus tard aux veuves des adjudants Réau et Vincenot, et une commission technique it été nommée pour faire une enquête auprès des constructeurs de dirigeables et d’aéroplanes, afin de présenter au comité un projet pour l'achat de différents en-
(1) Pour John J. Montgomery, voir dans l’Aérophile d'août 1905, la description de son aéroplane sans moleur le Santa-Clara, où se trouve très nettement indiqué un dispositif de gauchissement des ailes, mais il n’est pas question de la connexion de ce gauchissement avec un gouvernail de direction,
y. a RÉ éd ie ce
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PAérophile du 1” Décembre 1909 ce X11]
MAL IMITÉS
les aéroplanes des célèbres constructeurs
VOISIN FRERES
restent les ROIS des biplans
STABILLITÉ + |: SÉCURITÉ BRESCIA.— Prix de la hauteur : 198 mètres.
BERLIN. — Prix de la distance: 130 kil. (2 h. 41 m. 405.)
Prix des passagers.