DEUXIEME PARTIE
Exécution des clichés. —-- Suspensions d'appareil. — Pointage et déclanchement. Chambre photographique. — Suspensions.
Les premières épreuves de photographie aérienne (Batut et Wenz 1888-1890; ont été obtenues avec des chambres faisant corps avec le cerf-volant ou fixées à l'intérieur même de la bride. Ces systèmes, dont les inconvénients sont évidents (difficulté et danger de lancement d'un cerf-volant chargé) ont été rapidement perfectionnés par leurs auteurs, conduits tout naturellement à dégager l'appareil du voisinage immédiat du cerf-volant.
A l'heure actuelle, plusieurs types de suspensions ont été imaginés, mais quelle que soit leur diversité apparente, elles peuvent se ranger dans deux calégories parfaitement définies :
1° Suspensions où l'appareil fait corps avec le câble.
Le type original de ces suspensions est dû à l’Américain Eddy (1897) (fig. 11) ; les systèmes qui s’y rattachent sont ceux de MM. Wenz, Dupuy-Delcourt, Lecornu, ete.
2° Suspensions pendulaires où l'appareil est indépendant de l'inclinaison du câble.
Le type original est dû à l'Américain Gilbert Totten Woglom (1897) (fig. 11). Les systèmes Dinochau (1904! et Saconney (190%) Aubry, dérivent du même principe.
Nous avons donné la préférence, en ce qui concerne les opérations de photo-topographie aérienne, aux suspensions pendulaires. iGelles-ci permettent, en effet, d'avoir la certitude, lorsque l'on amortit leurs oscillations, que le pointage en hauteur de l'appareil reste constant quel que soit le changement de courbure du câble (formant « chaînetle ») et quelles que soient les variations de son inclinaison lorsque la vitesse de vent diminue ou croîl.
Principe des suspensions pendulaires. — «) Le système pendulaire le plus simple est formé de 4 brins issus d’un méme point du càble et aboutissant aux extrémilés de deux axes (réels ou fictifs) passant par le centre de gravité de l'appareil.
Un tel dispositif n'empêche pas la rotation de la chambre sur elle-même : il ne peut donc convenir qu'à des appareils panoramiques formés de plusieurs chambres rayvonnantes. (Appareils de M. Cailletet et de l'ingénieur russe Thiélé\, ou bien encore à des chambres pointées verticalement de haut en bas (Génie italien). Dans les deux cas, quellé que soit la rotation de l'appareil, la Zone de terrain photographice reste toujours la méme.
Les applications les plus intéressantes qui ont été faites du système de suspension avec chambre panoramique, sont celles de M. Thiélé (1898-1908) dont les lévers de Ja région de Kharbin (1905! en Sibérie, de la Transcaucasie et de la vallée du « Dnieper » (1903), constituent de vérilabtes monuments photo-topogra-
1 Voir dans l'Aérophile du 1° novembre 1909, p. 49$, la première partie de cet important travail.