‹ L'Aérophile (volume 4)Chapitre 16 sur 81 · BAROMÈTRE · texte numérisé non relu

BAROMÈTRE

més des courbes d'une netteté et d’une finesse admirables, sauf dans les premiers moments de l'ascension où le trait était un peu épaissi par suite des vibrations des stylets.

Si l’on s'en rapporte aux traces marquées sur le cylindre enfumé, on trouve que la pression barométrique minimum atteinte au moment de la rupture de l'aérostat serait de 389 m'llimètres correspondant à une altitude (sans correction) de 5,351 mètres.

La température minima est de — 33°.

Mais si l’on tient compte de l'amplitude des traits provoqués par les oscillations, on peut estimer que la pression barométrique minima a du être d'environ 420 millimètres, soit une altitude de 4,738 mètres (sans correction). En introduisant la correction de température, on trouve que le ballon sonde n'a pas du dépasser beaucoup l'altitude de 4,009 mètres. Mèmes remarques au sujet du thermomètre,

L'atterrissage a eu lieu à 9 heures 7 minutes,

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Le voyage a donc duré 17 minutes, 13 pour la montée et 4 pour la descente, soit une vitesse d’ascension de 5 mètres environ par seconde et une vitesse de chute de 17 mètres par seconde.

On remarquera que le trait laissé par le stylet du baromètre est très net dans la dernière partie de la chute, ce qui indique que les oscilations n'existaient plus, comme si les débris du ballon avaient été soumis aux seules lois de la gravité.

Au moment de l'atterrissage, le thermomètre, dont le réchauffement n'était pas aussi rapide que celui de l'air, s'arrête à — 15°.

En donnant le compte rendu de nos travaux, constamment poussés par le seul amour de la science, nous avons toujours indiqué les moyens que nous avons employé pour obtenir les résultats auxquels nous sommes arrivés.

Nous sommes heureux d'avoir trouvé des imitateurs. Nous sommes aussi certain d’avoir la sympathie de tous les amis des sciences qui nous ont encouragé les premiers dans ces expériences. Ainsi soutenus dans nos efforts, nous espérons porter plus haut, toujours plus haut nos conquêtes dans l’espace inconnu.

Gustave HERMITE.

BASCENSION DU, BALASCHORF"

Tandis que M. Hermite dirigeait les opérations du lancer du ballon-sonde, j'exécutais une ascension montée avec M. Le Cadet. Comme altitude nous étions battus d'avance par M. Suring, de Berlin, qui avait de l'hydrogène pur à sa disposition ; mais nous avons rempli notre mission en poussant le Balaschoff jusqu'à son extrème limite 4,300 mètres.

La descente a été heureuse bien que rapide au début. Nous avions gardé une provision de lest suffisante pour modérer la chute du ballon, alourdi par le grésil et la neige ; mais le jet du lest était long et fort pénible, le sable, humide au départ, ayant gelé et formant des blocs compacts que nous devions briser.

Nous passons au-dessus d’un village (Arville, Seine-et-Marne) sans oser jeter du lest. Immédiatement après, notre guiderope touche le sol, nous enrayons la chute en jetant des blocs de sable. Le vent fraichit de plus en plus, apportant la neige du nuage épais de 2,090 mètres que nous avons traversé et que nous précédons, le courant inférieur étant beaucoup plus rapide. Le terrain est favorable : l'ancre est jetée, la soupape ouverte en grand; l'ancre laboure la terre faisant fonction de frein puissant. Deux chocs, la nacelle s'incline sur le flanc, c'est le moment ; le clapet de déchirure est arraché, le ballon se vide rapidement et tombe dans un froissement de voiles.

Tous nos instruments sont intacts.

Il est 11 heures 13 minutes. Nous sommes sur le territoire de la commune d’Arville, canton de Château-Landon, arrondissement de Fontainebleau (Seine-et- Marne), sur les confins du Loiret.

Les paysans ne sont arrivés que pour nous donner de bonnes poignées de mains.

Après le dégonflement, nous sommes conduits dans une propriété admirable, la ferme de Laurecourt où nous sommes reçus avec une amabilité et une courtoisie dont nous ne saurions trop les remercier, par M. et Mme Emile Michaut et leurs fils Maurice et René.

Nous avons en France de véritables gentlemen Farmers. Rien à envier de ce côté à la vieille Angleterre. Que ceux qui parlent de la décadence de la race et de

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