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SUR L'ASCENSION DU & BALASCHOFE

BUT DE L'ASCENSION. — L’ascension projetée avait pour but d'étudier la distribution verticale des éléments météorologiques correspondant à une situation atmosphérique déterminée par une certaine distribution des pressions à la surface de l’Europe.

M. Teisserenc de Bort, à qui incombait le choix du jour de l'ascension, m'avait chargé des observations suivantes à poursuivre jusqu'aux plus grandes hauteurs possibles :

1° Observations du psychromètre Assmann exposé à l'air libre à 1 m.50 de la nacelle.

26 Observations d’un baromètre anéroïde et d’un baromètre à mercure.

3° Observations des nuages. Estimation des modifications de l’état de l’atmosphère, de la direction et de l’intensité des courants aux diverses altitudes,

Je devais, en outre, assurer le bon fonctionnement du triple enregistreur, baromètre-thermomètre-hygromètre, disposé à l’intérieur du panier parasoleil, qui devait être suspendu aussi loin que possible du ballon.

M. Besançon, chargé de la conduite de l'aérostat, devait repérer la route.

PRÉPARATIFS. — Les instruments mis à ma disposition par la Commission étaient :

Un psychromètre d'Assmann ;

Un baromètre à mercure à tube étroit et large cuvette ; Un petit baromètre anéroïde de M. Teisserenc de Bort ; Deux thermomètres frondes :

Le triple enregistreur de MM. Hermite et Besançon ;

Ces instruments avaient été comparés et étalonnés par M. Dufour, au Bureau central météorologique.

L'aérostat le Balaschoff ne pouvant être gonflé qu'au gaz d'éclairage, comportait un matériel trop lourd pour une ascension de hauteur. M. Besançon adopta, en conséquence, une petite nacelle de 1 mètre de profondeur, de 1 m. 10 de largeur et 1 m.40 de longueur, dont la moitié était mise à ma disposition comme champ d'expériences.

Je demandai d'ailleurs et obtins que M. Besançon munit le ballon de sa soupape à clapet de déchirure pour assurer l'atterrissage dans le cas probable de vent.

Je m'occupai de l'installation des instruments et en particulier du psychromètre Assmann, sur la nacelle.

Le psychromètre devait étre porté à 1 m.50 de la nacelle. La température devait être suivie et lue dans cette position de l'instrument. On devait pouvoir ramener celui-ci près de la nacelle pour mouiller le thermomètre et remonter le ventilateur. Tout cela devait être fait avec aisance, rapidité et précision.

Le dispositif que j'ai adopté et fait construire remplit toutes ces conditions.

Le dessin ci-joint dispense de toute description. C’est une potence verticale démontable, que l’on peut faire tourner aisément dans les douilles fixées dans un angle intérieur de la nacelle. Une lunette de cathétomètre, fixée à la console par deux pièces mobiles à angle droit, permet de suivre les colonnes des thermomètres dans une orientation quelconque de la potence (si l’on remarque que sous certaines incidences la colonne de mercure, très fine, de ces thermomètres ne se distingue pas du reste du tube, et qu’un changement d'éclairement devient de ce fait nécessaire, on comprendra l'avantage de mon dispositif).

Le baromètre à mercure fut suspendu au cercle par un système de cordages. J'aurais préféré disposer d’une suspension marine dont j'avais combiné l'installation dans un angle de la nacelle, mais celle-ci étant petite devait étre très encombrée par les sacs de lest et par les boites des instruments.

Je fixai le baromètre anéroïde et ma montre sur une planchette à proximité du baromètre à mercure et du viseur du psychromètre.

Je me munis, en outre, d’une petite boussole moins commode que la boussole à fond de verre des aéronautes, mais pourtant nécessaire.

Tout était prêt le 13 mars, premier jour fixé pour l'ascension.

Le poids total du matériel, comporté par les 1,700 mètres cubes de gaz d'éclairage du ballon, faisait prévoir que nous ne dépasserions guëre l'altitude de 4,000 m., et nous ne jugions pas nécessaire de nous munir de tubes d'oxygène pour parer aux effets de la raréfaction de l'air.

D'ailleurs, rien n'avait été prévu à cet effet dans l'organisation de l'ascension.

ASCENSION. — Le 23 mars, à midi, M. Teisserenc de Bort décida que l'ascension aurait lieu le lendemain 24 mars, à 8 heures du matin. Le ballon, transporté à l'usine à gaz de la Villette par les soins de M. Besançon depuis plusieurs jours, fut gonflé dans la nuit, par temps calme et ciel clair.

Le 24, à 6 heures du matin, j'installai mes instruments sur la pelouse du terreplein de l'usine, et procédai à la mesure de la température et de l'humidité. Je réglais et mettais en marche l’enregistreur que M. Besançon disposait ensuite dans le panier parasoleil.

A7h.1/2, M. Cailletet apportait son appareil photographique et son appareil à

; 4 = + s “ . 1 D Support du Feychromètre Assmann à bord de la nacelle di Dalaschof

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prise d'air. Il me fit procéder devant lui au déclanchement du premier appareil. Le tout fut arrimé convenablement à la nacelle par M. Besançon. J'installai ensuite le psychromètre Assmann sur sa potence. Je ne disposai le baromètre à mercure qu'après le départ.

L'appareil photographique de M. Cailletet fut ouvert par M. Besançon quelques secondes avant le lâchez-tout qui eut lieu à 8 heures 7 minutes.

Les courbes ci-jointes sont celles mêmes qui ont été obtenues au cours de l’ascension sur le cylindre de l'enregistreur suspendu à l'intérieur du panier parasoleil, à 4 mètres environ du ballon et de la nacelle.

(Les échelles doivent être corrigées, comme je l'indique, d'après les comparaisons de M. Dufour),

Tableau des résullats déduits des observations faites au cours de l'ascension du Balaschoff, le 24 mars 1899, par M. G. LE CADET

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