L'AÉROSTAT SIVEL POUR L'EXPLORATION DU POLE NORD
Coupe verticale suivant l'axe de l’aérostat, échelle de 0,002 par mètre
Coupe transversale de la nacelle, échelle de 0,004 par mètre
À, Aérostat sphérique de 18,0(0 mètrés cnbes. CG, Compensateur à air annulaire. f, Filet enveioppant l'aérostat et le compensateur et recouvert par la chemise. G a, Nacelle-chaloupe-traineau avec patins et bout de mät. S, Soupape supérieure. S’, Soupape inférieure. TT, Tubes à soupapes du compensateur, a, Cercle supérieur attaché au filet. a’, Cercle inférieur supportant la nacelle,
Ajoutons que M. Sivel ne s'est pas contenté de ce compensateur pour les limites inférieures et qu'il fait encore usage du guiderope, ou corde de 500 à
600 mètres, dont toute la longueur ou une partie seulement pend toujours hors
de la nacelle. Sitôt que le câble touchera terre, l'appareil allégé gagnera en force ascensionnelle et il descendra seulement jusqu'a ce qu'il se trouve en équilibre vertical. Il a également l'intention de s'en servir comme moyen accidentel de ralentissement de la marche, en utilisant le frottement de cette corde sur le sol. M. Sivel préconise, pour la matière de ce guiderope, le pitre, substance filamenteuse plus légère que l'eau et qui flotte. L'utilité est incontestable dans les endroits où la mer sera libre.
Les agents d'arrêt, temporaires ou définitifs, consistent dans le guiderope, dans les ancres et, en mer, dans un système inventé par M. Sivel. C'est un cône ouvert, en toile, à peu près semblable à un filet à papillons. L'ouverture est placée directement au bout d'une corde, au-dessous de l’aérostat. Si on laisse tomber ce cône dans l’eau, il entre par sa pointe, se remplit d’eau et oppose une surface considérable au liquide, il diminue le mouvement de l’aérostat qui peut ainsi devenir très faible.
L'appareil tout entier est recouvert d’une chemise en étoffe blanche, placée sur le filet et la couronne, destinée à diminuer l'influence des radiations calorifiques du soleil et à diminuer la diffusion du gaz hydrogène, par voie d'endosmose.
La nacelle, en forme de chaloupe pontée, possède une ossature élastique et solide à la fois, formée d'osier, de bambous et de rotins, recouverte de peaux imperméables, en dedans et en dehors. La paroi intérieure est munie d'un capitonnage destiné à maintenir une température intérieure convenable. Le pont sert à clore la nacelle, à faciliter les observations et à recevoir les hommes de garde et les observateurs. La nacelle contiendra huit à dix hommes, les vivres nécessaires, les instruments, le lest, etc.
Au moment de l'atterrissage les aéronavigateurs hisseraient le mât et la voile, s'ils se trouvaient sur la mer libre; ils attèleraient au traîneau les chiens qu'ils auraient emportés ou eux-mêmes, s'ils se trouvent sur la terre glacée ou sur des banquises.
MM. J. Crocé-Spinelli et Olivier ont conseillé à M. Sivel de recouvrir l'étoffe de plaques supérposées de papier japonais, sorte de feutre à longs filaments solides, et prenant plus facilement les vernis que les fibres tordues des étoffes ordinaires. Ces papiers ont d'ailleurs d'énormes résistances à la traction, ils sont très minces, puisqu'ils n’ont que deux centièmes de millimètres et moins.
On pourrait donc en superposer un grand nombre et ils prendraient admirablement le vernis (1).
Pour mémoire, disons que les premières montgolfières se faisaient en papier commun placé sur de simples toiles d'emballage.
Comme dimensions et poids, voici ceux que donne le rapport :
Dix hommes et leurs bagages personnels. . . . . . 1.200 kilogr. Instruments d'observation avec leurs caisses. . . . 300 ADM S TOC NOUTIS 1 UE Ne EU D EE 200
Guiderope compensateur. .
Re 500 EnsinsdérretNancresetRcondases) EEE 600 NacelleRpatins ponte tete rc re 800 NAVTES AE NE RER ER UE à RQ 4.000 JE SRE TE PAT RS TES PE DE PE Eee Re 4.000 Etoffe de la couronne recouverte de son filet. . . 4.000 Ballon enleRetMCheMISE RENE 3.400
Oral OC 00 IO
Voilà quel était le très intéressant projet de Sivel auquel on sera fatale-
(4) Ilest regrettable qu’André n'ait pas employé les divers perfectionnements proposés par Sivel et Crocé-Spinelli. Il eût certainement augmenté ses chances de succès.
ment ramené chaque fois que l'on voudra étudier sérieusement la question des explorations par la voie aérienne.
Nous n'hésitons pas à citer ensuite par ordre de dates le roman de Victor Patrice : Au pôle Nord en ballon, publié en 1885, et écrit dans le goût des romans de Jules Verne. En effet, tout projet peut être assimilé à un roman, qui reste dans le domaine idéal, alors même qu'il est étudié avec toute la rigueur scientifique.
(A suivre). GAL PESCE.