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LA COUPE DES AÉRONAUTES ET LES ASCENSIONS DE L'AÉRO-CLUB

La course de ballons dénommée « Coupe des aéronautes », organisée par notre confrère La France Automobile a eu lieu, le 12 juin, conformément au règlement que nous avons publié dans notre numéro de mai dernier.

Le prix consistait en un objet d'art challenge offert par M. Blum, à l’aéronaute ayant franchi la plus longue distance à vol d'oiseau, du point de départ au point

d'atterrissage et sans escales intermédiaires.

(Cliché communiqué par la Franc Automobile.) La Coupe des Aéronautes

C'est devant plusieurs milliers de spectateurs massés sur la terrasse de la Petite-Provence ou se pressant autour des barrières entourant le parc aérostatique du jardin des Tuileries que s’est donné, entre cinq et sept heures du soir, le départ des ballons dans l’ordre suivant :

Le Volga (1,000 m. 3.), monté par Mme Savary et MM. Delattre et Gillon.

Le Malgache (730 m. 3.) monté PA NM denEaValetteteteAr Ballif.

L'Aéro-Club (650 m. 3.) monté par M. le comte Castillon de St- Victor.

L'Alcoy (320 m. 3.) monté par M. Hervieu.

L'Amérique (1,700 m. 3.) monté par M. de Santos-Dumont.

Le Centaure (1,630 m. 3. plus 4 ballonnets de 50 m. 3.) monté par MM. Ile comte de La Vaulx et Mallet.

Le vent soufflait du nord nord-est: les ballons ont traversé Paris du nord au sud. Le plus court Voyage a été celui du Volga qui a atterri à 8 heures du soir à la ferme de Chateaupair, près Dourdan (parcours 42 kilomètres 500).

Le Malgache a pris terre à Dourdan à 7 heures 45 du soir (parcours 45 kilomètres).

L'Alcor est descendu une premièrefoisà Sevilly, près Mirebeau (Vienne), (parcours 283 kilomètres), puis est reparti pour atterrir définitivement, à 8 heures du matin, à

Lepeux, commune d’Echiré (Deux-Sèvres), à 63 kilomètres de la première escale (parcours total 346 kilomètres).

L'Amérique a effectué un voyage merveilleux et nous regrettons qu'Eole n'ait pas mieux récompensé la science déployée par M. Santos- Dumont qui a maintenu en l'air son aérostat pendant 21 heures 25 minutes, sans toucher le sol même avec le guiderope.

Le hardi aéronaute qui a touché terre à 4 heures 10 minutes du soir, à Nouaud, commune de St-Quentin, canton de Felletin Creuse (parcours 332 kilomètres), avait remarqué dès le départ que les courants inférieurs l'entraînaient dans l’ouest-sudouest. En conséquence, il chercha et trouva dans les hautes régions de l'atmosphère le vent du nord qui n'a manqué qu’un peu de rapidité pour lui faire gagner la coupe qu'il méritait si bien par ses habiles manœuvres.

Au cours de son ascension, M. Santos-Dumont s'est élevé à 4,600 mètres.

L'Aéro-Club est descendu à l'Ile d’Elle (Vendée), près de Marans, à 5 heures 1/2 du matin (parcours 380 kilomètres).

Le Centaure a atterri dans la ferme de la grande-Côte, commune d'Aiguillon-sur- Mer, à 7 heures 40 minutes du matin (parcours 390 kilomètres).

L'Aéro-Club, dans sa séance du 20 juin a homologué les résultats de la Coupe des aéronautes. Comme on a pule constater par les chiffres que nous donnons ci-dessus, le vainqueur est M. le comte de La Vaulx.

Trois jours après la Coupe des Aéronautes s’ouvrait la deuxième exposition internationale d'automobiles ou l’éminent architecte, M. Rives, avait réservé une section à l'aérostation, qui a présenté un réel intérêt.

Mentionnons les hélices-lest de M.le vicomte Decazes, les appareils pour ascensions maritimes de MM. Archdeacon et Lhoste dans le stand de M. Besançon, auprès des appareils de tous genres combinés par cet habile constructeur. Les treuils à vapeur et générateurs à hydrogène pour ballons captifs de MM. Eouis Godard et Surcouf. L'appareil de chauffage du gaz des aérostats par la vapeur, dénommé thermosphère, de E. Aimé. La nacelle, le moteur et le propulseur du ballon dirigeable de M. de Santos-Dumont.

La maquette de l'aérorama projeté pour l'Exposition de 1900, par MM. G. Caiïllaux et Paul Marsac, et qui promet d’être des plus intéressants et susceptible d'attirer l'attention générale.

Enfin les curieuses études de nuages et de scènes aéronautiques exécutéesaucours d'ascensions libres par M. Dumoutet.

Les ascensions libres ont été nombreuses pendant l'exposition d'automobiles. Le 15 juin, jour de l'ouverture, notre confrère Frantz Reichel a fait sa première ascension, sous la direction de M. Cabalzar, à bord de l’Automobile-Club de France cubant 730 mètres. Les conditions météorologiques étant défavorables, le voyage a été très court : La descente a eu lieu à Bagneux, 30 minutes après le départ.

Le 17, le comte de La Vaulx, MM. Lehideux et Jacques Faure s’élevaient à bord du Centaure (1,630 m. 3.), vers 7 heures du soir et atterrissaient le lendemain matin, à 6 heures 45 minutes, à Vouzeron (environs de Vierzon).

Le 18, MM. de Castillon de St-Victor et Aimé partaient dans le Volga (1,000 m. 3%.) et atterrissaient par un violent orage, à une heure du matin, près d'Epernay.

Le 25, MM. Santos-Dumont et Aimé quittaient le sol de l'exposition, à 6 heures 45 minutes du soir, à bord d’un ballon de 850 m. 3. et atterrissaient heureusement, à la tombée de la nuit, à Savigny-le- Temple, canton de Melun.

Le 28, M. et Mme Ph. Vernes, Mie Oberkampf et M. Mallet partis à bord du Centaure, à 4 heures, descendaient près Beauvais, à 7 heures du soir.

Le 30, M. Santos- Dumont s'élevait à 5 heures 45 dansle Brazi/, petit ballon de

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113 m. 3. gonflé à l'hydrogène. Nous reproduisons la dépêche qu'il nous adressait au

retour :

« Paris 30 juin, 8 h. 25 du soir.

« Parti des Tuileries avec 7 kilos de lest dans monballon de 113 mètres cubes, j'ai voyagé pendant une heure entre 800 et 900 mètres, et laMatt em aNSe Van a heures du soir.

« Un quart d'heure après, mon ballon était plié, et à 7 h. 20 je prenais le train pour arriver à Paris à 8 heures avec mon matériel aérostatique.

« Est-ce un record ? SANTOS-DUMONT. »

Oui, c’est un record.

Le 5 juillet, le ballon Le Centaure, monté par le comte de La Vauket MM. A.-M. Singer, Louis Labbé et Marcellin, partaient à 6 heures du soir, se dirigeant dans le sud. L’atterrissage eut lieu à 9 heures du soir, près du petit village Maise, dans la Beauce, à 64 kilomètres de Paris.

Le 6, M. Santos-Dumont accompagné d'un jeune voyageur s'élevait, à bord d'un ballon de 650 m. 3., en présence du ministre du Commerce venu pour visiter l'exposition. Descente, 3 heures après sur une place de la ville de Melun.

Le 7, M. Baudin, ministre des Travaux publics, assistait à l'ascension du Pégase, (650 m. 3.), monté par le comte de La Vaulx et M. Felckoner,et du Brazil (113 m.3 à l'hydrogène), conduit par M. de Santos-Dumont. Les deux ballons partis à 6 h. 15 eta 6h. 17 m. du soir, sont descendus heureusement à Rungis et à Fresne.

Le 8, M. E. Aimé en une causerie intéressante traitait de la « Thermosphère ». La conférence terminée, MM. E. Aïmé, Serpollet, Mme Serpollet, le vicomte de La Moutière sont partis sous la direction du comte de La Vaulx, à 11 h. 1/2 du matin, dans le ballon Le Centaure. Atterrissage à 2 h. 1/2 à Villiers-le-Bäcle.

Le 9, jour de la clôture de l'exposition, a eu lieu un rallye-ballon militaire en présence de M. Lépine, préfet de police. Plusieurs des aéronautes ont été pris par les cyclistes ou les motocyclistes qui avaient mission de les capturer, il y a eu quelque dépêche sauvée des poursuiveurs.

Les aérostats comprenaient :

Le Pégase, monté par M. Santos-Dumont accompagné par M. Georges Prade, du Vélo. Atterrissage à Athis, dépêche sauvée.

Le Touring-Club (1,700 m. 3.), monté par M. le comte de La Valette, Archdeacon, Ballif, Delaire et M. Clément-Maurice, qui emportait un cinématographe destiné à fixer et à enregistrer sur pellicules les péripéties du voyage aérien. Atterrissage à 8 h. 1/2 du soir à Marolles-en-Hurpoix après un guideropage de 15 kil. au cours duquel les aéronautes ont franchi la ligne de Limours et la ligne de grandeceinture sans détériorer un seul fil télégraphique. Pendant que M. Ballif portait sa précieuse dépêche, le ballon était capturé par les cyclistes lancés à sa poursuite.

Le Véga (800 m. 3.). dirigé par M. Hervieu accompagné de Mie Berthe Loewis et de M. de Morlhon, secrétaire de l’Automobile-Club, a été pris par MM. Ronceray et Olin. Après avoir débarqué Me Lœwis, le Véga a repris le cours de son voyage.

Le Centaure, conduit par le comte de La Vaulx, ayant à son bord Mlle Jeanne Masson, MM. Massé, Achard et Blantier, parti à 7 h. 1/2 du soir, a atterri heureusement, après un séjour de plus de 14 heures dans les airs, à Ville- Vonceaux, sur

- les bords de la Loire, près de Blois.

Pendant les trois semaines où furent exécutées ces ascensions, jamais le moindre

accident ne vint ralentir l’élan donné par l’Aéro-Club. V. CABAIZAR.

Le Direcieur-Gérant : Georges BESANÇoN.

2 } : = : — PB PROPHIEE Directeurs : GEORGES BESANÇON et WILFRID DE FONVIELLE

7e Année — N°8 Août 1899

PORTRAITS D'AÉRONAUTES CONTEMPORAINS

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