MORT DE M. GASTON TISSANDIER
Nous apprenons avec regret la mort de Gaston Tissandier, qui avait abandonné déjà la rédaction en chef de la Nature, par raison de santé, depuis plusieurs années.
Le nom de Gaston Tissandier restera dans les annales de la navigation aérienne comme associé à celui de Giffard, qui lui confia la direction de son grand ballon captif de l'Exposition de 1878, et facilita généreusement ses premiers succès. Il fut le quatrième aéronaute à sortir de Paris pendant le siège à bord du Céleste, ballon construit par Giffard pour les expériences que MM. W. de Fonvielle et Tissandier ont racontés dans les Voyages Aériens. C'est par la publication de ce volume à la rédaction duquel contribuèrent Glaisher et Flammarion que Tissandier dût sa rapide popularité.
La retentissante catastrophe du Zénrfh à laquelle il échappe comme par miracle, accrût sa réputation.
Nous reverrons pour le surplus à l'excellente notice biographique que M. Aimé a publiée dans le numéro d’octobre-novembre 1804 de l’Aérophile, avecun portrait très ressemblant exécuté d’après une photographie que Gaston Tissandier avait luimême choisi avec beaucoup de soin.
A la suite de difficultés intérieures, il donne sa démission de membre de la Société française de navigation aérienne dont il avait été le président annuel. En qualité de membre de la Société fraternelle des aéronautes du siège, il en faisait de nouveau partie comme membre honoraire.
Il laisse de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique très intéressants non seulement sur la navigation aérienne mais sur un grand nombre de sujets, notamment sur la chimie.
Son œuvre principale est la Nature, qui, grâce à son talent, à son activité, à son humeur égale, et à son amour de la vérité scientifique acquit une réputation universelle.
Il fit partie, comme chevalier de la Légion d'honneur, de la liste des aéronautes du siège récompensé par le gouvernement de M. Thiers.
Le gouvernement Suédois le fit chevalier de l'ordre de l'Etoile polaire de Suède, pour le récompenser de la part prise à la préparation de l'expédition Andrée, pour laquelle il se passionna et qui fut par lui la cause de bien des embarras.
Son administration du ballon captif, fut la cause indirecte de son mariage. La perte de sa femme à laquelle il était excessivement attaché et qui lui a donné une fille et un fils assombrit ses dernières années.
Il était le plus jeune de trois frères, qui ont toujours vécu ensemble et que la mort seule a séparés.
Albert est aussi un aéronaute, et a exécuté la plupart des charmants dessins dont les œuvres aéronautiques de Gaston sont illustrées.
Le principal mérite des expériences de Gaston et d'Albert, sur la direction électrique des ballons, est d’avoir été les premiers inventeurs à songer à ce moyen peu dangereux et relativement commode de démontrer que la propulsion aérienne n’est pas une chimère.
Les frères Tissandier ont ouvert Je filon que les frères Renard ont exploité fructueusement après eux,
A. CLÉRY
UN VÉLOCIPÉDE AËRIEN
Le vélocipède volant existe, à ce qu’il paraît, depuis 10 ans en Amérique et est monté par le professeur Carl E. Myers de Francfort, dans l'Etat de New-Vork. Cet aéronaute a exécuté de la sorte des ascensions plus ou moins comparables à celles de M. Danilewski, dans les états de Maine, de New- Hampshire, de New- Jersey, de Delaware, de Maryland, de Virginie, de New-Vork, etc, L'aéronaute reste assis
Le ballon de M. Myers, à 409 mètres d’altitude.
sur la selle d'un vélo, à l’aide duquel il met en mouvement une hélice en toile de 2 m. 4 de diamètre. Autrefois son hélice avait un diamètre de 4 m.5, maisil a trouvé avantageux de la réduire, ce qui permet de lui donner un mouvement de rotation beaucoup plus rapide.
Le ballon est à peu près pareil à celui de M. de Santos-Dumont ; il ne cube que 110 mètres, ce qui suffit avec du gaz hydrogène pur pour enlever l’aérostat, son contenu et son équipage. Voici la liste des poids : ballon, 25 kil. 20; selle et accessoires, 6 kil. 75; hélice et gouvernail, 2 kil, 02; filets, cordages et ancre, 7 kilogs. M. Myers, 51 kil. 75 ; lest et autres agrès, 13 kil. 50. Total : 106 kil. 220.
D'après M. Myers, le « cycle aérien » pèse un peu plus que le volume d'air déplacé. C'est l’action de l’hélice qui le maintient flottant et il déscend aussitôt que l’on cesse de mettre l’hélice en mouvement,
fa, L'AÉROPHILE 107
M. Myers imprime, paraît-il, à son ballon des mouvement à droite et à gauche, il le fait monter en spirale, et descendre de même.
Les deux figures que nous reproduisons, grâce à la courtoisie de la rédaction des Mittheilungen, montrent les évolutions du vélocipède volant. Dans la figure 1 le ballon plane à une altitude de 400 mètres : dans la figure 2 il s'élève en décrivant une spirale.
Il est regrettable que l’on ne possède pas d'observations faites en temps calme sur cet aérostat dont les mouvements seraient susceptibles d'être étudiés avec des procédés optiques en employant deux stations éloignées l’une de
Le cycle aérien. l'autre d'une distance connue, Dans chacune de ces stations se trouverait un observateur manœuvrant un théodolite ou un dromographe de M. Hermite.
Paul ANCELLE.
INFORMATIONS
SUR UN RECORD ALLEMAND. — Les Mittheilunghen reproduisent dans leur numéro de juillet l’article que nous avons publié sous ce titre, et le font suivre de réflexions fort judicieuses. Les officiers qui ont exécuté la belle ascension du 2 mars, n'avaient nullement l'intention de concourir pour un record international. Ils n'étaient nullement obligés de descendre, et nul doute qu'ils n’eussent continué plus longtemps leur route s'ils avaient eu en tête autre chose qu'un voyage d'agrément. Leur excursion est très curieuse et promet de belles performances lors des concours de 1900, auxquels nous espérons qu'ils prendront part.
L'AÉRONAUTIQUE A L'EXPOSITION DE 1900. — Le premier sous-comité de la section X s’est réuni le mercredi 30 août, à 4 heures du soir, dans les bâtiments de l'avenue Rapp. A l’ordre du jour : Discussion d’une proposition de M. Aubry ; modification au programme des concours à la suite des décisions prises par le comité dans sa séance du 4 juillet.
RÉSILIATION D'ACTE D'ASSOCIATION. — MM. Louis Godard et Surcouf, qu'unissait un acte d'association reprennent, à la suite d'une résiliation à l'amiable, leur liberté commune.
UNE COURSE DE BALLONS A NICE. — Notre excellent confrère M. Paul Meyean, directeur de la France-Automobile, organise à Nice, à l’occasion des fêtes automobiles, une course de ballons qui aura lieu le jeudi 29 mars, après midi. M. le comte de la Vaulx, vice-président de l’Aéro-Club, s’est déjà fait inscrire.
NÉCROLOGIE. — Nous avons le regret d'apprendre la mort de M. Joseph-Emile Bloch, décédé le 19 août, à l'âge de 34 ans. M. Emile Bloch était un aéronaute amateur distingué qui avait exécuté plus de soixante ascensions.
io8 SEPTEMBRE 1809