TOMBES D'AÉRONAUTES
Une promenade méditée en ce merveilleux et imposant cimetière du Père- Lachaise, aux frondaisons à peine rouillées de l'automne, m'a permis de retrouver trois tombes d’aéronautes aussi intéressantes au point de vue artistique qu'historique.
En réalité, ce ne sont que deux tombes retrouvées, car la première a été popularisée par l'image et même est devenue pour les aéronautes de tous pays un lieu de pélérinage. C'est le monument élevé aux martyrs de la science, Sivel et Crocé- Spinelli. Ce tombeau se trouve dans l'avenue Circulaire, division 71: il est l'œuvre du sculpteur Dumilâtre.
Les héroïques victimes de la catastrophe du Zénith sont représentées étendues côte à côte. Leurs corps dévêtus qu'une main pieuse a recouvert d’un linceul, sont encore crispés par l’agonie. Leurs visages, que la vie a quitté, sont douloureux, mais les traits ont gardé leur noblesse. On sent l'âme qui les animait, âme vivante, agissante, altérée de l'infini qu'ils ont essayé d'étreindre. C’est d'un réalisme merveilleux, et rien ne prête plus à l'émotion.
Fleurs et couronnes entourent ce bronze d'une tiède sympathie ; sur le socle, par une naïve inconvenance, des centaines de pélerins, par leur signature, leurs élans d'admiration, ont laissé trace de leur pieuse visite. Les aéronautes ont le culte du souvenir, et ce ne sera pas en vain que toit à l'heure je ferai appel à leurs nobles sentiments.
Le 15 avril 1875, le ballonle Zénith s'élevait de terre de l'usine à gaz de la Villette, sous les auspices de Paul Bert, emportant MM. Sivel, Crocé-Spinelli et Gaston Tissandier.
Les trois aéronautes perdirent connaissance à 8,000 mètres de hauteur. Le Zénith s'éleva encore plus haut, et ramena à terre deux cadavres. Crocé-Spinelli et Sivel avaient succombé sous l’excessive dépression. Par miracle, seul M. Tissandier échappa à la mort.
Cette catastrophe nous a appris que l’homme ne peut guère dépasser sans danger l’altitude de 6,000 mètres.
L'autre tombe se trouve du côté opposé du cimetière, avenue Casimir-Perier, 8e division. C'est celle de Robertson. Elle porte pour épitaphe :
ROBERTSON Né à Liège en 1763 Mort aux Batignolles, le 2 juillet 1837 Physique Fantasmagortie Aérostats
Robertson est aujourd’hui assez oublié. Pourtant on lui doit le perfectionnement
du miroir d'Archimède et du parachute, et comme aéronaute, d’utiles observations.
Ami de Volta, Robertson, ébloui par la popularité qui s’attachait alors au nom de Blanchard, se passionna pour l’aérostation.
Une ascension, qu'il fit le 18 juillet 1803 à Hambourg, le fit connaître. Il s’éleva à 7,800 mètres (?), et adressa un mémoire de ce voyage à l’Académie de Saint-Pétersbourg. Ses observations portaient sur l'électricité atmosphérique des nuages, qu’il prétendait avoir obtenue vitrée, et sur l'affaiblissement graduel de l'action magnétique de la terre. Mais ses opinions furent très discutées, et à Paris les membres de l'Institut décidèrent, sur la proposition de Laplace, que des expériences auraient lieu pour vérifier les dires de Robertson.
Biot et Gay-Lussac furent désignés par la savante assemblée pour les exécuter. La première ascension eut lieu le 20 août 1804. Elle est restée célèbre dans les annales de l’aérostation et de la science.
Le rapport de Biot et Gay Lussac contredisait presque en tous points les assertions de Robertson.
Les expériences magnétiques qu'ils firent à l’aide de l'aiguille de Borda, les amenèrent à établir la proposition suivante :
« La propriété magnétique n’éprouve aucune diminution appréciable depuis la surfacé de la terre jusqu’à 4,000 mètres de hauteur; son action dans ces limites se manifeste constamment par les mêmes effets, et suivant les mêmes lois. »
Ils constatèrent, en outre, que l'électricité atmosphérique était résineuse, et crurent pouvoir déclarer qu’elle croissait avec les hauteurs, et que l'humidité de lair diminuait avec l'altitude.
Le 16 septembre 1804, Gay-Lussac s'éleva seul à une grande hauteur (7,016 mètres), et ses observations confirmèrent en tous points les précédentes. L'échafaudage de Robertson était donc détruit. ;
La tombe de Robertson, « homme d'esprit qui sut gagner au milieu des bouleversements de l'Europe avec la fantasmagorie et les ballons une fortune qui s'élevait à près d’un million de francs », est une réelle curiosité.
C'est un tombeau énorme, lourd, d'un goût douteux, surchargé d'ornements tels que têtes de morts aïlées et hiboux. C’est plutôt le monument d'un « prestidigitateur » que d’un savant. Néanmoins, dans ce faste caractéristique, deux bas-reliefs attirent l'attention. [ls sont relativement en bon état et mériteraient d’être fixés par la photographie à titre documentaire.
L'un représente une scène de magie devant un public nombreux avec évocation de fantômes; l’autre, qui nous intéresse plus, reproduit une ascension dans les premières années du siècle. La scène est parfaitement reconstituée, l'attitude des personnages, la vérité des costumes, le gamin grimpant sur la balustrade pour mieux voir l'aérostat planant au fond, un spectateur le suivant de sa longue-vue, les tonneaux ayant servi à la préparation de l'hydrogène, les mains tendues pour acclamer, tout cela forme un tableau anecdotique des plus curieux. J'ignore le nom du sculpteur de ce bas-relief, évidemment unique en son genre.
La troisième tombe cest celle de Mme Blanchard, avenue de la Chapelle, section 13. Elle est du reste assez difficile à découvrir, perdue dans le fourré.
Cette tombe n'est ni artistique, ni théâtrale comme les deux précédentes. Elle est modeste, sans caractère, composée d'une petite colonne portant sur le fût une sphère simulant le pôle d’un ballon recouvert de son filet ; de la soupape s'élève un bouquet de flammes. Voici l’épitaphe : 4
a NP
À La Mémoire DE MAGe SOPHIE ARMANT Veuve BLANCHARD Célèbre Aéronaute Victime de son Art et de son 1ntrépidité Elle fut enlevée A ses Amis le 6 juillet 1819 dans sa 43° année
Ce qui ajoute à l'impression de tristesse que dégage cet humble monument, c’est l'état de vétusté dans lequel il se trouve. Les herbes couvrent le socle, la mousse ronge la pierre, cette sépulture est complètement délaissée. La famille de Mme Blanchard a sans doute disparu. Si l’on n’y prend garde, l’humble pierre s’effritera emportant jusqu'au souvenir de la vaillante femme.
Je parlais au commencement de cet article de la religion du souvenir et d’un devoir pieux à remplir. La mémoire de Mme Blanchard appartient aux aéronautes. Son courage, son sang-froid, sa science, qualités uniques chez une femme, la propagation dans les masses de la science aéronautique par ses nombreuses et remarquables ascensions, sa fin tragique, tout la désigne pour un culte ému et respectueux.
Certes, il ne sera pas coûteux de réparer cette pauvre tombe et d'y déposer quelques fleurs. Un jeune et puissant Aéro-Club vient de se fonder, groupant les illustrations de la science et de l’industrie. C’est à lui, ainsi qu'à la vaillante revue l'Aérophile, qu'incombe le devoir de réunir les bonnes volontés des aéronautes et de leurs nombreux amis. Mme Blanchard tut des leurs, il importe que son souvenir
demeure vivace.
Emile STRAUS.
Ascension du ballon-sonde Aérophile n° 4
Un nouveau lancer de notre ballon-sonde Aérophile n° IV (40 m5), a été exécuté le 19 septembre dernier.
Le départ a eu lieu non pas à Paris, comme d’habitude, mais à Boulogne-s-Mer, dans le jardin des Tintelleries, en présence des membres du Congrès de l’Association française pour l'avancement des sciences, réunis cette année dans cette ville.
Retenus à Paris par des affaires urgentes, nous n'avons pu, ni M. Besançon, ni moi, présider à cette expérience. Nous avions donné nos instructions à M. Juchmès qui s’est fort bien acquitté de la mission délicate que nous lui avions confiée.
Le ballon a été gonflé avec du gaz d'éclairage. Le poids du matériel aérostatique était de 9 kil. 870 gr. Quant au panier parasoleil et au baro-thermographe, ils ne pesaient ensemble que 1230 gr. Le poids total était donc de 11 kil. 100 gr.
Le départ s'est effectué à 10 h. 20 du matin par un assez fort vent de N.-W. qui rendit le départ difficile. Le ballon atterrit à 12 h. 35 m. à Bourlers, près de Chimay (Belgique). Notre Aérophile a donc franchi les 230 kilomètres à vol d'oiseau qui séparent ces deux localités en 2 h. 15 m., ce qui donne une vitesse moyenne considérable (102 kilomètres à l'heure).
Je suis allé moi-même recueillir l’aérostat et les appareils qui avaient beaucoup souffert, car l'atterrissage s'était effectué au milieu d'une forte bourrasque accompagnée de pluie. Après un trainage d'un kilomètre environ à travers des haies et des rochers, le filet se rompit et les appareils restèrent à terre pendant que
‘enveloppe, continuant sa course furibonde, s'arrétait enfin un peu plus loin
déchirée en mille morceaux contre une barrière faite en fils de fer armés. Heureusement, nous avions employé notre baro-thermographe à cylindre protégé, sans cette précaution, les diagrammes sur noir de fumée auraient été complètement détruits. Nous mettons sous les yeux de nos lecteurs le fac-simile de ces courbes baro-thermographiques, dont une partie seulement, relative au thermomètre, a été malheureusement effacée.
Nous voyons que la vitesse verticale dans la première phase de l'ascension a été ce. ar seconde. La pressi de x O Cerne ession
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—?ule raissanttout-àa-coup àtravers l’épaisse couche de nuages, et redonnant des ailes factices au ballon, ou bien encore admettre l'influence d'une couche d'air très chaude, mais cette énigme semble être à tout jamais insoluble, car la courbe thermométrique correspondante a été effacée par ce traîinage malencontreux. Il reste bien sur cette partie du papier enfumé, précisément au point exact correspondant à la réascension, une sorte de trait à peine visible qu'on pourrait prendre volontiers pour la courbe du thermomètre et qui indiquerait nettement une augmentation brusque de température de quelques degrés centigrades. Mais nous avons adopté comme ligne de conduite de ne reproduire sur nos diagrammes que les courbes absolument réelles, indiscutables, quelles que soient leurs bizarreries, et de ne jamais laisser égarer notre imagination sur des traits vagues qui pourraient satisfaire telle ou telle théorie. a
La température minima a été de — 45° centigr. La décroissance thermométrique a donc été singulièrement rapide puisqu'elle est de 1° par 100 m. environ. (Dans l'ascension de longue durée du 16-17 septembre, la décroissance pour 4,700 m. a été de 1° par 185 m.)
Enfin, je mentionnerai la forme de l'Aérophile aperçu avant l'atterrissage et qui affectait l'aspect caractéristique d’une figue.
Remarque curieuse : notre ballon-sonde s'est arrêté à 300 m. de l'endroit où est descendu M. Besançon, le 15 novembre 1891, lorsqu'il partit avec M. René de Kniff à bord de l’aérostat le Sirius, de l'usine à gaz de la Villette pour aller observer une éclipse totale de lune.
Une coïncidence analogue s’est déjà produite avec l’Aérophile n° III (465 më), qui, lancé de Paris dans la nuit du 14 novembre 1896, alla atterrir au matin, à Graide, en Belgique également, et à un kilomètre à peine du point où s'arrêta M. Besançon, parti de Cambrai le 17 août de la même année dans le 7'ouring-Club.
Gustave HERMITE.
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Le record de la distance à vol d'oiseau parcourue en ballon
Communication faite à la Société française de navigation aérienne en la séance du 5 octobre 1890.
En apprenant la nouvelle de la belle traversée aérienne que viennent d'effectuer MM. le comte de Castillon de St-Victor et Mallet, nous avons voulu nous rendre compte, M. Hermite et moi, si ce voyage constituait le record de la distance parcourue à vol d'oiseau en ballon.
Westerum, lieu d'atterrissage du Centaure, est situé à 10 kilomètres au sud-sud-ouest de Westervik (Suède), à 1,339 kilomètres de l'usine à gaz du Landy.
Nous avons constaté, après quelques recherches, que MM. de Castillon de St-Victor et Mallet, détiennent bien le record de la distance à vol d'oiseau par ballon monté. En effet, le ballon Wz/le-d'Orléans, monté par MM. Rollier et Bézier, parti de la gare du Nord, le 24 novembre 1870, a atterri au Lifjeld, situé à environ 6 kilomètres au nord du lac Siljordsvand, près de l’église de Siljord et de la ferme de Mœn.
Le Lifjeld se trouve à 114 kilomètres au sud-ouest de Christiania et à 1,246 kilomètres de la gare d'Orléans, lieu de départ de MM. KRollier et Bézier.
Les aéronautes de la Vr//e-d'Orléans ayant sauté, le ballon délesté de leurs poids repartit pour tomber au Lid, ferme située sur un mont à 290 kilomètres au nord du premier lieu d'atterrissage.
C'est cette seconde descente qui a créé la confusion à la faveur de laquelle on a attribué jusqu'ici à MM. Rollier et Bézier, un parcours de 1,600 kilomètres.
Le ballon la V//e-d'Orléans a parcouru 1,536 kilomètres : 1,246 kilomètres avec voyageurs, plus 290 kilomètres à vide.
Le record de la distance à vol d'oiseau appartient donc à MM. le comte de Castillon de St-Victor et Mallet, par 1,330 kilomètres.
Georges BESANÇON.
BRIE NNNDES AS CENSIONS
14 septembre, 7 h. 13 m. soir. (Usine à gaz du Landy).— Le Centaure, 1,600 m.3., monté par MM. le baron Emile de Langsdorff, André Guilloux, Mme X, et l’aéronaute Mallet, a atterri le 15, à 5 heures du soir, dans la plaine du Léche, près de Montmorillon, ayant parcouru environ 300 kilomètres. |
Le voyage a duré une vingtaine d'heures et les quatre passagers nous informent qu'il a été des plus agréables. Pendant longtemps, l’aérostat est resté à une altitude de 3,500 mètres. L’atterrissage n’a pu s'effectuer qu'après un léger trainage.
16 septembre, 6 h. 25 m. soir. (Usine à gaz du Landy). — Ascension du Touring- Club, 1,850 m. 4. MM. Maurice Farman et Gustave Hermite partent dans le but de gagner la Coupe des Aéronautes. Atterrissage le 17, au bord de la Méditerranée, à 0 h, 33 du matin, à Vergière, canton de St-Martin-de-Crau, golfe de Fos (Bouches.
du-Rhône), à 626 kilomètres du Landy. Le record précédent est battu par 236 kilomètres.
22 septembre, 6 h. 45 m. soir. (Usine à gaz du Landy). — Le Centaure s'élève sous la direction de M. Mallet, ayant à son bord MM. le baron de Langsdorff et André Guilloux qui ont l'intention de prendre la Coupe des Aéronautes.
Descente près de Charolles (Saône-et-Loire), le 23 à 3 h. 1/2 du soir. Parcours, 312 kilomètres.
30 septembre, 6 h. 15 m. soir. — (Usine à gaz du Landy). — MM. le comte de Castillon de Saint-Victor et Maurice Mallet partent à bord du Centaure dans le but de s'approprier la Coupe des Aéronautes. Atterrissage à Westervik (Suède), le re octobre, à 5 h. 30 m. du soir. Parcours 1,330 kilomètres, battant le précédent record de 704 kilomètres.
10 octobre, 1 h. 45 m. soir. (Usine à gaz de la Villette). — L'A//iance, 1,206 m. 3., dirigé par M. Edouard Surcouf, ingénieur-aéronaute, ayant à son bord M. Chardon, secrétaire général de l'Exposition de 1900 et M. Darras. Voyage circulaire. Descente à Louvres (Seine-et-Oise), à 4 heures du soir.
19 octobre, midi. (Parc aérostatique de Vaugirard). — Ascension de Za Lorraine, ballon de 1,200 m. 3., construit par M. Lachambre, conduit par M. le comte de la Vaulx, ayant à son bord M. le comte d'Hauterive et M. Ricard, qui en étaient à leur début. Descente à 3 h. 30 m. auprès d'Alençon, dans la propriété de M. le comte Ræderer qui offrit une hospitalité cordiale aux voyageurs aériens. Parcours, 180 kilomètres.
20 octobre, midi 15 m. (Usine à gaz du Landy}. — Baptème de l’Aéro-Club, ballon en coton de 1,630 m. 3.
Après le champagne offert par M. de Castillon de Saint-Victor, pendant les manœuvres d'équilibre dirigées par M. Mallet, constructeur du ballon, la gracieuse marraine Mme Jacques Faure est montée à bord, assistée du bureau de l’Aéro-Club, pour la cérémonie d’inauguration. Le parrain, M. de Castillon de Saiïnt-Victor a prononcé un discours aux acclamations d’une réunion des plus choisies.
Après lui ont pris la parole : M. Jacques Faure, trésorier, et M. de La Valette, vice-président.
On a bu au succès de l’idée aérienne et le ballon s'est élevé emportant dans la direction de l'Ouest MM. Ernest Archdeacon, de La Valette, Henry de la Vaulx, de Castillon de Saint-Victor et Jacques Faure.
Le départ a été contrôlé par MM. Emmanuel Aimé, Georges Besançon, Henry Ducasse et Lachambre, membres de l’Aéro-Club.
L'Aëéro-Club a fait escale à Fréneuse, le même jour, dans les environs de Mantes, à 6 h. 15 minutes du soir.
Après avoir débarqué trois des voyageurs et avoir remplacé leur poids par du lest, il est reparti à 6 heures 45 minutes ayant à bord le comte Henry de la Vaulx et le comte de Castillon de Saint-Victor. Il s’est élevé à 700 mètres et a gardé toute la nuit cette altitude dans un courant de direction inverse qui l’a ramené au point de départ vers 9 h. 30.
A partir de ce moment, les aéronautes laissant à droite les lueurs de Paris, ont été entraînés au Sud-Est, vers Sens, qu'ils ont pu reconnaître. Puis, au matin, remontant vers le Nord, ils sont passés près de Sézanne (Marne). Revenant franchement à l'altitude moyenne de 2,000 mètres, la direction de l'Est, ils ont traversé Vitry-le- François, marchant vers la frontière, et ont atterri enfin à 11 heures 50 minutes, en pleine obscurité, dans la commune de Void, près de Commercy {Meuse), au milieu de vallées boisées.
À partir du premier atterrissage, à FKréneuse, les aéronautes ont donc fait un séjour en l’air de 29 heures 5 minutes, battant ainsi toutes les performances antérieures et établissant le record du monde de la durée des ascensions aériennes d’une seule traite.
Le temps total du voyage par escales a été de 35 heures 35 minutes.
28 octobre, 4 h. 45 du soir (usine à gaz du Landy).— L'Aéro-Club conduit par M. le comte de Castillon de St-Victor, ayant comme passagers MM. Jacques Faure, les comtes des Isnards et de Rochefort, a atterri heureusement le 20, à 8 heures du matin, près de Munden (Hanovre), après un voyage au cours duquel les aéronautes ont essuyé une tempête. Parcours 580 kilomètres.
29 octobre, 1 h. 40 du soir (usine à gaz du Landy), — Ascension du Centaure,
dirigé par M. le comte H. de la Valette. Passagers : M. le baron Raoul de Laire, Henry Ducasse, Vincent et Boureau.
Atterrissage à 5 kilomètres de Compiègne, à Choisy-le-Bac. Moitié du parcours exécuté au guiderope.
Les aéronautes ont reçu le plus charmant accueil au château des Effes, de la part de M. Guisard et de sa toute charmante femme.
(Jardin d’Acclimatation). — Le Sé/ect, 700 mètres cubes, monté par M., Mme, Mile Carton et M. Simplex, est parti à 3 h. 15. Il a atterri à 4 heures du soir, à Orryla-Ville.
Le Caprice, 500 mètres cubes, s'est élevé à 3 h. 30, emmenant Mme Lachambre, MM. Machuron et Berlot. Descente à 4 h. 15, à Belloy, près de Luzarches.
La Lorraine, 1,200 mètres cubes, conduit par M. Lachambre et six voyageurs, MM. Dubois, G. Vinet, Béchade, Bereau père et fils et Herbert Silberer, parti à 3 h. 45, est tombé à 6 heures du soir, près de Coucy-le-Château (Aisne).
1% novembre, 4 h. 45 du soir (usine à gaz du Landy). — Le Centaure, monté par le comte Henri de La Vaulx, accompagné du Prince Karageorgewitch et du comte de Boussignac, a heureusement atterri en vue des phares de Boulogne, à 8 h. 30 du soir par la tempête. Parcours 205 kilomètres.